Vivre est un village Vivre est un village 14 mars 09:42

@Vivre est un village

- La politique n’est pas en crise pour tout le monde

[...]Alors ne tombons pas dans le panneau. L’horreur économique décriée par les « antimondialisation » n’est pas la crise du politique, mais la victoire d’une politique. Le défi auquel se trouve confrontée la démocratie n’est donc pas de replacer l’économie sous le contrôle des politiques : elle l’est déjà. Il est de remettre les politiques au service du bien commun.[...] La compétition généralisée lamine la cohésion sociale qui conforterait le pouvoir collectif des citoyens, elle transforme une majorité politique potentielle en collection d’individus isolés et désarmés.[...](p103)

3) De la guerre économique à la guerre « incivile »

[...]Le délitement des liens sociaux constitue à la fois la conséquence et la condition nécessaire à l’extension d’une compétition généralisée.[...]

[...]D’une part, la compétition généralisée diffuse un poison insidieux. Elle se déploie graduellement, sans que personne ait été informé qu’une guerre était déclarée ; elle n’attaque pas la société frontalement, mais un secteur après l’autre ; ses effets psychologiques restent longtemps confinés dans l’intimité des individus. Aussi nous a-t-il bien fallu vingt ans pour nous rendre compte que la société a changé, et la prolifération des symptômes de désocialisation pour comprendre que la société est malade.[...](p107)

- État puissant et néolibéralisme : les dessous d’un paradoxe apparent

[...]Entre le milieu des années 1970 et la fin des années 1990, en pleine « mondialisation libérale », le poids des dépenses publiques (en pourcentage du PIB) a augmenté dans tous les grands pays industriels. Le poids des prélèvements obligatoires a suivi globalement le même mouvement, et, quand il ne l’a pas fait, cela s’est traduit par un gonflement des déficits publics. Les États-Unis, réputés les plus libéraux, ne font pas exception : le poids des dépenses publiques est passé de 31,6 % en 1970 à 35,8 % en 2000, et celui des prélèvements obligatoires de 30,5 à 34,2 %.

Voilà un premier indice de ce que le projet néolibéral n’est pas un désengagement de l’État, mais, au contraire, son réengagement au service d’intérêts particuliers et d’un autre modèle de société.[...](p108)

[...]Encore une fois, le but des néolibéraux n’est pas d’affaiblir l’État, mais de disposer à leur guise d’États assez puissants pour imposer, à l’intérieur comme à l’extérieur, un ordre conforme à leurs intérêts et à leur vision du monde.[...](p109)


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