Depuis le jour où il a appris qu’il n’était pas sélectionné
pour la Coupe
du monde, Grégory Coupet garde une boule à l’estomac. Chronologiquement, juste
après, il décrit la souffrance physique et nerveuse : « C’était comme si je
recevais un coup de poing dans la figure. Ca a été une terrible déception [...]
Nerveusement, j’ai craqué. C’est comme si je ne pouvais plus respirer ».
Puis, avec un peu de recul, il dit
dans l’été à L’Equipe magazine :
« On m’a vraiment fait beaucoup de mal ». Aujourd’hui, il explique dans
Le Parisien : « Je suis
toujours partant même si je serai sans doute moins heureux qu’avant. », et
précise en parlant de Domenech et de Martini : « Ne
me demandez pas de passer une soirée avec eux. ». Que d’efforts sensibles
pour prendre du recul, des distances avec les événements, avec les personnes. « On
est là pour travailler, pas pour s’aimer... ». Oui, mais ce n’est pas gai.
Que
d’amertume aussi : « Quoi que je dise ou quoi qu’on
fasse, la Coupe
du monde m’est passée sous le nez et cela ne s’oublie pas », dit-il en
marge du rassemblement de Clairefontaine, préparatoires aux matches
qualificatifs contre l’Ecosse et les Iles Féroé. Sentiment d’une occasion
ratée, gâchée sans qu’il se sente responsable : « Pourtant dans
l’année précédente, j’avais le sentiment d’avoir fait tout ce qu’il fallait
pour être au meilleur niveau. » Un vide dans le passé, une incertitude
pour l’avenir : « En 2010 (pour le Mondial) j’aurai trente-sept ans
et je ne l’envisage pas parce que je ne sais pas comment je serai et parce
qu’il y a une excellente génération qui arrive derrière. » Il précise :
« En fait, j’ai le sentiment que je fais le tampon entre une génération
qui a de l’expérience et une génération qui arrive et qui a un très gros talent ».
Le tampon en question semble coincé dans un étau.
A l’Université Laval, au Canada, le professeur Jean-Pierre
Brun et son équipe se sont penchés sur le lien entre les conditions de travail
et la souffrance psychique. Ils ont dégagé quatre facteurs pathogènes : la
surcharge quantitative, le déficit de reconnaissance de l’entourage, des
relations très pauvres avec le supérieur, une faible participation aux
décisions associée au manque de circulation des informations. Etonnant
recoupement.
S’il repensait au surnom que Bats lui a donné : le
warrior ?