Quel côté ce mur-frontière enfermera-t-il ?
Mercredi la loi américaine finançant à hauteur de 1,2
milliard de dollars le début de l’édification de
Treize ans après l’entrée en vigueur de l’accord de
libre-échange commercial nord-américain (Alena), les autorités mexicaines
expriment une vive contrariété, Vicente Fox comme Felipe Calderon y voyant non
seulement un échec des efforts de négociation mais aussi un danger. Le futur
président l’a dénoncé comme une « honte », et a dit lors d’un voyage
en Colombie : « Cela ne
résout pas le problème et, j’insiste, cela incitera de nombreux
Latino-Américains à prendre davantage de risques, ce qui pourrait déboucher sur
des décès. »
De fait, malgré
le triplement des effectifs de gardes-frontières et l’affectation de six mille
soldats de
La construction va se heurter à de
nombreux obstacles, au point que certains doutent qu’elle soit réalisable. Aux
obstacles géographiques - des sommets escarpés, des canyons profonds, des
cours d’eau rapides - s’ajoutent des difficultés juridiques -traversée de
réserves indiennes, zones de préservation de la vie sauvage - et des
inquiétudes de propriétaires de ranchs sur l’avenir de leur main-d’œuvre. Le
sénateur de l’Arizona, Jim Kolbe, résume :« Ce n’est pas réalisable, c’est juste une déclaration politique avant
les élections. » Les élections au Congrès sont proches.
Le 18 juillet 2003, à Mexico, un ministre français prononçait un discours au Musée d’anthropologie, intitulé « Le nouvel esprit de la frontière ». Les auditeurs ont pu entendre :
« En phase de développement, une civilisation n’a pas besoin de se protéger derrière une barrière ; elle maîtrise les zones voisines par son influence et son rayonnement. » Et Et encore :« Ce n’est que lorsqu’elle est en déclin et en perte de créativité qu’une société éprouve le besoin de se barricader derrière un mur [...] Ces barricades ne nourrissent pas une civilisation. Elles concentrent l’énergie sur la peur de l’autre, et non sur les activités créatrices qui seules assurent le rayonnement, l’influence et le renouvellement des sociétés. »
Mur anti-immigrants ou exutoire de la peur ?
