jeudi 6 septembre 2018 - par CN46400

Amérique Latine : une longue histoire de migrations

L’immigration en Amérique Latine est ancestrale, avec les Espagnols et les Portugais pour des raisons essentiellement linguistiques, puis au cours des XIXème et XXème siècles pour des raisons économiques et, plus tard, politiques.

La campagne médiatique orchestrée aujourd’hui sur l’exode des Vénézuéliens vers les pays limitrophes obligent à rappeler quelques chiffres puisque, du 2 mars au 28 août de cette année, 721 fausses informations (fake news pour employer le langage à la mode) dont 187 pour le seul mois d’août sont venues envenimer le paysage informatif mondial, mais aucune ne fait mention des réfugiés Colombiens au Venezuela. Il convient donc de restituer les réalités.

Mais avant tout, il n’est peut-être pas inutile de rappeler que de nombreux pays ont été l’objet de migrations internes et externes à l’Amérique Latine pour diverses raisons.

Quelques exemples non exhaustifs :

-  En Argentine, en Uruguay et au Venezuela, il y a une forte population d’origine italienne.


-  Au Chili, les Anglais au nord pour les mines de salpêtre, les Allemands au sud (rien à voir avec les criminels nazis réfugiés surtout au Paraguay et en Bolivie) où des terres leur ont été offertes généreusement pour cause d’occupation des terres, les Français au centre pour la viticulture et, en Patagonie, le saviez-vous, où la moitié de la population de Punta Arenas est d’origine Croate.

-  Au Pérou, où les restaurants chinois ne se comptent plus.

Tout cela pour dire que les migrations sont des phénomènes liés aux difficultés momentanées d’un pays qui poussent les populations à chercher un avenir meilleur vers d’autres cieux, que ce soit pour cause de crise économique, de violences liées au trafic de drogue, d’exactions de paramilitaires, ou de guerre civile et d’assassinats en masse.

La France aussi a connu plusieurs vagues migratoires pour des raisons similaires : Polonais, Espagnols, Portugais, Italiens, Maghrébins, Africains.

Ce que ne disent pas les médias qui se déchaînent contre le Venezuela est que 5,6 millions de Colombiens, 500 000 Péruviens et 400 000 Equatoriens ont été accueillis au Venezuela comme des frères et soeurs lorsqu’ils vivaient dans des conditions difficiles et dangereuses dans leurs pays d’origine. 20% des maisons de la GMVV (Gran Misión Vivienda Venezuela) ont été alloués à des Colombiens, soit prés de 440 000, 1 million de boîtes CLAP (Comités Locales de Abastecimiento y Producción) contenant des aliments de première nécessité sont distribuées chaque mois à des familles colombiennes ce qui représente un coût de 300 millions de dollars par an.

A titre de comparaison, il y a 2,5 millions de migrants Paraguayens, Boliviens et Chiliens en Argentine,
en République Dominicaine, 750 000 migrants, essentiellement Haïtiens,


au Costa Rica, 600 000 migrants Salvadoriens, Colombiens et Nicaraguayens,
au Panama, 200 000 migrants Colombiens, Chinois et Etasuniens.

Or, selon l’ONU, seulement 442 000 Vénézuéliens ont émigré en Colombie en juin 2018. Pour cela, la Colombie a reçu 6 millions de dollars des Etats-Unis. Le Venezuela n’a jamais reçu un centime. Le Venezuela a offert des soins médicaux à des centaines de milliers de Colombiens soit 17% du total. Une consultation médicale en Colombie coûte 30 dollars. 7% des naissances au Venezuela sont des enfants de Colombiens.

Mais cela n’empêche pas tous les médias à l’unisson de clamer la faillite économique d’un régime qui fait tant pour les étrangers venus se réfugier sur son sol, cela n’empêche pas le Pérou de fermer sa frontière avec l’Equateur pour endiguer l’invasion, dixit, de migrants Vénézuéliens, cela n’empêche pas le Brésil de masser des troupes à la frontière, cela n’empêche pas la Colombie d’avoir des déclarations belliqueuses en vue d’une intervention militaire fomentée par les Etats-Unis comme si le Venezuela pouvait représenter un danger pour la région et encore plus pour les Etats-Unis !

L’exode des Vénézuéliens n’est en fait qu’un prétexte à une opération militaire préparée.

Voilà la face obscure de la vérité que l’on veut vous dissimuler.

Christian RODRIGUEZ

http://www.ultimasnoticias.com.ve/noticias/politica/jorge-rodriguez-6-millones-y-medio-de-colombianos-peruanos-y-ecuatorianos-viven-en-venezuela/



7 réactions


  • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 6 septembre 2018 09:39
    "L’immigration en Amérique Latine est ancestrale, avec les Espagnols et les Portugais pour des raisons essentiellement linguistiques, puis au cours des XIXème et XXème siècles pour des raisons économiques et, plus tard, politiques."

    Quelle drôle d’introduction ... L’immigration est essentiellement un facteur économique capitaliste, de plus on ne peut pas parler dans ce cas d’immigration mais plutôt de colonisation.

    • CN46400 CN46400 6 septembre 2018 17:15

      @bouffon(s) du roi
      Les migrations humaines ont commencé bien avant que n’existe le capitalisme. Chercher de l’herbe plus verte est dans la nature humaine...


  • cyborg 6 septembre 2018 12:55

     
     
    Les souchiens d’Amériques du Sud ont été exterminés à 90% grâce aux géniales migrations des capitalo-gauchistes.
     


    • nemetoral 6 septembre 2018 18:51

      @cyborg


      Et pourtant, il n’en sont pas moins tanto pushiste, tanto populiste, tanto nationaliste, certainement pas le peuple impérial obéissant et discipliné des rêves fascistes.

      Souvient toi de ton commentaire ci-dessus la prochaine fois que tu nous sortira encore ton annerie que l’immigration de masse est un « grand remplacement ethnique organisé ».

      Ce qui n’enlève pas par ailleur d’autres argument a ton discourt anti-immigration (armée de reserve du capitalisme, pression a la baisse sur les salaire, mise en scéne de la division communautaire...) 

      ++


    • cyborg 6 septembre 2018 20:31

      @nemetoral
       
      2100 : 30% de blancs en UE de l’Ouest (prévision OMI)
       

       

       


    • CN46400 CN46400 7 septembre 2018 08:22
      @cyborg
      30% de blancs en 2100, c’est beaucoup par rapport à la population du Monde qui est en train de devenir un village. Mais la question qui compte, au delà de la couleur de peau, c’est celle du bonheur qui dépend surtout de la quantité, et de la qualité, de la force de travail qui sera postée à ce moment-là. Et, bien sûr, de qui qui encaissera la plus-value ainsi crée, « l’infime minorité » bourgeoise ou « l’immense majorité » prolétarienne ?.....

    • microf 7 septembre 2018 15:40

      @nemetoral


      Bravo @nemetoral, magistrale votre réponse qui remet á sa place ce @cyborg.
      On dirait que certains ont la mémoire courte dans ce Forum, aujourd´hui ont dit ceci, demain on dit cela.

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