La bonne information, solution face au déclin de la France et à la zucmanisation des esprits
Après un retour sur les 7 étapes de l'information au fil de l'histoire où la bonne information permet la meilleure décision possible – ce qui est rendu plus difficile dans un monde complexe – il est important d'être conscient du déclin dans les chiffres de la France. Puis de s'interroger sur les moyens de l'endiguer alors que la solution de facilité est de taxer toujours plus et que le débat sur la taxe Zucman envahit l'espace médiatique. Des réformes en profondeur de l'État constitueraient pourtant un chemin courageux et salvateur.
Retour sur les 7 étapes de l’information
L’information a toujours été source de pouvoir. La bonne information permet la meilleure décision possible tant dans la vie professionnelle que personnelle. Or la quantité d’information produite sur Terre suit peu ou prou la loi de Moore telle la puissance des micro-processeurs qui double tous les 2 ans. Dans cette prolifération, nous avons en outre les fake news qui s’opposent aux informations vérifiées ou considérées comme exactes en fonction des connaissances du moment et de la doxa, les informations orientées et partisanes face aux informations factuelles, les informations éphémères par rapport à celles durables, les informations produites par l’humain vs celles générées par des intelligences artificielles, etc. Plus que jamais, le discernement s’impose. Ceci demande du temps, de la pratique et une certaine culture générale pour recouper des informations et avoir une démarche holistique en établissant des ponts entre des domaines de connaissance.
Historiquement nous avons connu 7 étapes de l’information à l’image des 7 étapes de l’énergie décrites dans un schéma du livre Le monde sans fin de Christophe Blain et Jean-Marc Jancovici. De la même façon que les énergies nouvelles n’ont pas remplacé les énergies fossiles, il en est de même pour les informations, elles s’ajoutent ce qui peut provoquer une surcharge informationnelle accrue par l’addiction aux écrans et aux notifications qui déferlent. Depuis les informations transmises oralement à l’avènement de l’écriture puis d’Internet, du chemin a été parcouru avec désormais les intelligences artificielles génératives qui délivrent non pas des informations exactes mais des informations probabilistes comme illustré dans la figure issu du livre Informez-vous !
Le déclin de la France en chiffres
La France, jadis 4e puissance mondiale et désormais au 7e rang, est surtout en déclin en navigant au-delà de la 20e place dans beaucoup de classements :
- 23e pour la mortalité infantile (sur-vaccination et tiers-mondisation de certaines zones avec une immigration subie et non choisie et surtout sans discernement) ;
- 23e en maths et 28e en lecture selon les classements PISA pour l'éducation, ce qui est inadmissible pour le pays des Lumières ;
- 24e pour le PIB par habitant, ce qui traduit une paupérisation ;
- 24e pour l'indice pour la liberté de la presse ;
- 28e pour l'indice pour le développement humain ;
- 63e pour l'indice de liberté économique.
Concrètement nous sommes passés en 2012 du triple A par les agences de notation quant à la solvabilité de la France au sextuple D (dette, décroissance, désouveraineté, désorganisation, déclassement, drogue) et ce n’est pas glorieux avec le sentiment d’une spirale sans fin. Nous n'avons plus de budget en équilibre depuis 1974 soit un peu plus de 50 ans. Le premier choc pétrolier nous a été fatal.
Toutefois la France figure tristement sur le podium pour les impôts et les taxes. C’est aussi historique en remontant à la royauté avec la gabelle, les aides et les traites en passant par Maurice Lauré, créateur de la TVA, jusqu'à l'IFI ou « impôt Macron » et maintenant des velléités de Gabriel Zucman, présent sur tous les plateaux.
La taxe Zucman vient cliver une société divisée
La taxe Zucman confond le stock et le flux. Celle-ci pourrait en effet tuer l'écosystème des start-up et des licornes – start-up valorisée au moins 1 milliard d’euros – car les fameux 2 % qui peuvent sembler peu dans l’absolu portent non pas sur le chiffre d’affaires, encore moins sur le bénéfice net réalisé mais sur la valorisation ! Or celle-ci peut être très supérieure au chiffre d’affaires effectué. Rappelons qu’il a fallu plus de 6 ans à Amazon et à Facebook pour qu’ils engrangent leurs premiers bénéfices. Dans le monde de la tech, il s’agit d’abord d’acquérir une large audience avant de la rentabiliser afin de devenir un acteur incontournable de l’écosystème. Dans le monde de l’innovation, taxer le virtuel revient à anéantir des rêves. Mais si on se plaçait dans le domaine agricole, si on demandait aux agriculteurs de verser 2 % de la valeur de leur exploitation, cela conduirait à des aberrations. Prenons une exploitation estimée à 600 000 euros. L’impôt serait alors de 12 000 euros par an et avec des revenus de 900 € par mois car la vie des petites exploitations est souvent un sacerdoce, l’agriculteur travaillerait à plus de 50 heures par semaine sans se verser un salaire. Ceci est assez proche de certains entrepreneurs dans le monde des start-up qui galèrent les premières années dans l’espoir avec leur solution miracle de renverser la table.
Ne vaudrait-il pas mieux créer des richesses avant de les répartir sachant qu’une répartition qui corrige les inégalités est déjà faite par l’État ? On pourra se référer à ce schéma des revenus après transferts issu du journal Le Parisien :
Le problème, en matière d’équité fiscale, est que les aisés payent pour les très riches et les grandes fortunes car il existe des moyens légaux d’optimisation fiscale du fait d’une complexification de notre Code Général des Impôts (CGI), de niches, de montages financiers. En simplifiant le CGI qui est une usine à gaz avec moins de niches fiscales, d’exceptions, etc., des économies de gestion en résulteraient ce qui se traduirait à la marge par une baisse du coût de fonctionnement de l’État.
Cette taxe Zucman dresse les Français les uns contre les autres car 55 % des foyers ne paient pas l’impôt sur le revenu par exemple. Les non-assujettis peuvent avoir un intérêt à ce que les autres payent. Le consentement à l’impôt est décrié par le mouvement « Nicolas qui paie » et on peut se demander si la taxe Zucman, élève de Piketty, engagé très à gauche ne constitue pas une riposte dans la bataille idéologique. C'est vouloir déplacer la fenêtre d'Overton. Le sentiment qui prédomine est qu’il convient pour certains de toujours payer plus pour des services publics qui se dégradent et que de surcroît l’effort repose toujours sur les mêmes. La suppression des 2 jours fériés que proposait l’ancien Premier ministre par exemple ne concernait que les seuls actifs. Nul doute que chacun souhaite payer en fonction de ses moyens pour participer au fonctionnement de la société, du moins dans l’idéal républicain. En revanche il existe un sentiment de gaspillage (où va l’argent ?) mêlé d’un ras-le-bol fiscal alors que le pouvoir d’achat s’érode et que finalement l’impression est que nous remplissons le tonneau des Danaïdes tels les Shadoks...
Ne serait-il pas plus juste de taxer le flux (transactions boursières) et très modérément et de façon homogène de façon internationale ? C’est ce que j’appelle « la taxe James Bond » ou Taubin rénové à un taux plus faible et acceptable qui serait de 0,07 %.
N’avons-nous pas un risque d’avoir une réallocation des moyens et des capitaux encore plus marquée dans des pays plus avantageux fiscalement ? On observera que c’est déjà le cas en Irlande qui a connu un miracle économique, au Luxembourg, etc. et que ce ne sont pas des paradis fiscaux.
Des raisons d’espérer demeurent
Il existe 2 leviers pour le redressement de la France.
Le premier réside dans la solution de facilité employé jusqu'alors. Celle-ci consiste à faire payer toujours plus pour assurer des rentrées fiscales théoriques. Mais nous avons la courbe de Laffer qui se traduit trivialement en « trop d’impôt tue l’impôt » avec des rendements décroissants. En outre dans la communication officielle, il est souvent dit qu’un taux qui passe de 30 % à 33 % est augmenté de 3 %. Or la hausse d’impôt effective n’est pas de 3 mais de 10 % ! Notons que la taxe sur les yachts était censée rapporter 10 millions d’euros par an. Elle n’a permis de collecter que 60 000 euros en 2024 dénotant un fiasco.
Le second demande du courage. Il est plus délicat en période d’instabilité gouvernementale digne de la IVe République, mais s’inscrit dans une action pour des résultats à moyen/long terme. Il s’agit de réformer vraiment l’État. Ceci passe par une profonde réorganisation des 3 fonctions publiques, une baisse des charges qui pèsent sur les entreprises. Réformer l’État serait lui donner plus de muscle et moins de graisse. Tout en renforçant le front office au contact des citoyens (plus de professeurs, de médecins et d’infirmiers, de policiers et de juges) et en faisant maigrir drastiquement le back office en remettant à plat les processus, en ayant recours à l’intelligence artificielle, en supprimant des niveaux hiérarchiques, en simplifiant le millefeuille administratif, en supprimant des commissions et des instances à hauteur d’au moins 30 %, en ayant une vraie réforme des retraites avec une dose de capitalisation, etc. L’équation proposée serait 18/20/12 : 18 % d’agents en moins à un horizon de 5 ans, 20 % de productivité en plus, 12 % de traitements et salaires en plus. C’est à ce prix que le déclin pourrait être endigué. On notera au passage qu’il est paradoxal que le gouvernement espagnol de gauche avec des réformes comme la retraite à 67 ans se montre plus à droite que la droite française à certains égards.
Des pistes sont évoquées dans mon dernier livre Informez-vous ! qui vient de paraître.
Le débat est ouvert.






