lundi 27 avril - par Baptiste B.

La dette ?

On est beaucoup à se poser des questions sur la dette. Pourquoi le Japon est-il si zen alors que sa dette s'élève à plus de 250% de son PIB ? Pourquoi compare-t-on la dette au PIB ? L'état n'est-il pas par définition solvable ?...

Suite à mon dernier article sur la dette plusieurs lecteurs ont partagé leurs idées et leurs remarques en commentaire. J’ai trouvé cet échange intéressant et je vais utiliser cet article pour répondre à certaines de ces remarques plus en détail.

 

Résumé de mon article : En 2020, la France c'est une dette à 120% de son produit intérieur. Ce niveau d'endettement est un danger pour la pérennité de notre système économique. Il est aussi symptomatique d’une utilisation intéressée des politiques budgétaires visant davantage à manipuler un électorat sur le court terme qu’à assurer la santé économique française sur le long terme. 

 

Lien vers mon dernier article : https://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/reflexion-sur-l-endettement-de-l-223605

 

1 - « Je renvoie tous ceux que ça intéresse aux écrits de l’économiste William Nordhaus »

 

Les écrits de Nordhaus ont en effet constitué une base de réflexion pour mon article et il y est d’ailleurs cité. Sa thèse est détaillée dans : « The Political Business Cycle, » The Review of Economic studies, 1975.

Pour la résumer brièvement : les gouvernements tiennent à ce que l’économie soit en pleine forme durant les années électorales. Ils ont donc tendance à influencer la conjoncture économique de telle manière à ce que le taux de chômage et d’autres indicateurs économiques renvoient un message positif à l’électorat à la veille d’un scrutin. Ces écrits sont très importants car ils ont été parmi les premiers à mettre en évidence ces pratiques carriéristes et à désacraliser l’image de l’état bienfaiteur.

 

Les crises économiques importantes durant les mandats sont des périodes durant lesquelles ces comportements ont tendance à stopper. En France, la zone euro et la Banque Centrale Européenne permettent de nuancer la marge de manœuvre de l’état car le gouvernement français n’a pas un contrôle total de ses politiques économiques.

 

2 – « Et le Japon alors ? »

 

Jadis (en 1992), le Japon dégageait un excédent budgétaire, et sa dette publique représentait moins de 70% du PIB. Aujourd’hui la Japon a une dette d’environ 10 000 milliards d’euros soit plus de 250% de son produit intérieur brut !

Les agences de notation lancent régulièrement des avertissements aux autorités nippones et la note souveraine du pays est désormais loin de la prestigieuse note "AAA" perdue en 1998. De plus, le gouvernement ne semble pas s’en préoccuper et le vieillissement de la population ainsi que les différents plans de relance semblent présager une dette encore plus importante dans les années à venir. Le gouvernement a même calculé que son évolution future pourrait atteindre 600 % du PIB en 2060.

Comment est-ce possible ?

Il y a deux raisons principales à mon sens. La première est idéologique : les japonais ne perçoivent pas la dette d’une manière aussi négative que les européens. La deuxième : la dette japonaise est détenue à plus de 90% par des agents économiques japonais.

 

Beaucoup de responsables politiques japonais perçoivent la dette comme un investissement et non pas comme un poids. La dette au Japon c’est avant tout un pari sur l’avenir.

Autre explication : la dette nippone est détenue très majoritairement par des agents économiques domestiques. En effet, 36,7 % de leur dette est détenue par la Banque du Japon, 24,7 % par les institutions financières du pays et 21,8 % par les assureurs locaux (Septembre 2016, selon le ministère des finances japonais). Par conséquent, moins de 7% de leur dette est détenue par des étrangers, contre par exemple, 60 % pour la France. Ainsi, le Japon n’est pas sous la menace d’une situation où les investisseurs étrangers, inquiets de la capacité de rembourser du gouvernement, stopperait de prêter au Japon. De plus, les institutions financières nippones continuent d’acheter les obligations émises par l’État dans toutes les situations. Le Japon continue donc de se prêter de l’argent à lui-même, avec des taux d’intérêts négatifs et personne ne considère ça comme un problème.

 

3- « Il faut voir dans la dette, non pas le fait que l’on vive au-dessus de ses moyens, comme on aime à nous le reprocher pour justifier les mesures draconiennes qu’on nous impose, mais le résultat de la dynamique qui anime le système dans son ensemble. Comment pourrait-il ne pas y avoir de la dette puisque sans dette il n’y a pas d’argent ? Mais il est tellement plus simple et lucratif pour ceux qui en tirent profit de culpabiliser le citoyen plutôt que d’admettre que si la monnaie est effectivement une dette par nature, elle est une dette de la société envers sa population et non de la société envers les banques. »
Philippe Derudder

 

La vision de Philippe Derudder peut paraître opposée à la mienne, je pense cependant que nous nous accordons sur certains points.

Pour P. Derudder, l’économie est au service de l’homme et non l’inverse. Je partage cette vision. Pour moi, la dette ne peut en aucun cas permettre de culpabiliser l'ensemble des citoyens et il est du devoir des responsables politiques d'assumer leurs responsabilités. 

De plus, je n’utilise pas le niveau d’endettement actuel pour préconiser des mesures draconiennes. Je critique justement que ce niveau d’endettement, aussi important soit-il, n’a pas permis de réduire les inégalités ni de véritablement améliorer le quotidien des français car il est davantage le résultat d’une utilisation politique des mesures économiques.

 

4- « Tout le monde communique sur un déficit en % du PIB. 3%, 5%, 6% ça parait finalement peu. Sauf que les recettes de l’État, ce n’est pas le PIB. Si on évalue le déficit de l’État au regard de ses recettes. On est sur 76 milliards de déficit pour 310 milliards de recette. Le déficit est donc de 25%. »

Toujours rapporter la dette au PIB peut être trompeur. Par exemple, ce rapport peut porter à confusion lorsqu’on le compare entre les différents états. Prenons l’exemple de deux pays, l’un qui n’a pas fait le choix d’être un état fortement social comme les États-Unis où la part de recettes publiques dans le PIB est d’environ 25% et un état fortement social comme la Suède où cette part est d’environ 47%. Si leurs rapports PIB/Dettes étaient les mêmes, ils porteraient à confusion quant au véritable danger que représentent leurs dettes pour leurs économies respectives.
En fait, lorsque l’on parle de la dette il faut prendre en compte de nombreus indicateurs : recette fiscale/ taux d’intérêts sur 10 ans/ PIB ...

On pourrait aussi parler de dette nette c’est à dire une dette à laquelle on soustrait les « réserves financières » des états : les actifs financiers (actions...). Dans ce cas au contraire cette dette nette serait inférieure à la brute (environ 37% du PIB en 2007 pour la France).

 

5- « La démagogie électoraliste que vous décrivez est pour beaucoup dans le développement de notre dette publique.

D’un autre côté, la réalisation des promesses est plus aisée lorsque la croissance est forte, ce qui a moins été le cas durant les dernières décennies. »

 

Je pense que notre système électoral n’est pas "l’origine du mal" intrinsèquement, mais bien ce dont il est représentatif, c’est à dire un système que beaucoup de responsables politiques utilisent pour maximiser leurs chances électorales. 
Je précise par ailleurs que je n’effectue à aucun moment une hiérarchisation des moteurs essentiels de la dette. Quand je parle « d’origine du mal », c’est par ce que pour moi ce problème est le plus grave car il résulte d’un choix moral. De plus, le choix du « courage politique" que je prône n’est soumis à aucune circonstance particulière et me parait donc particulièrement intéressant d’un point de vue théorique.

 

 

6« La France est le pays le plus taxé au monde, les gouvernements successifs dépensent l’argent des contribuables comme un gosse son argent de poche dans un magasin de bonbons….

Les énarques sont une plaie pour le pays, tout ce qu’ils touchent part en fumée, ils sont hautement nuisibles, ils sont comme des tiques sur le dos d’un animal suçant le sang jusqu’à sa dernière goutte … »

 

Vous avez raison, la France est le pays le plus taxé du monde. L’étude annuelle de l’Organisation pour la coopération et le développement (OCDE) sur la fiscalité révèle que la France est bien en 2017 le pays le plus taxé au monde avec des recettes fiscales atteignant 46,2 % de son PIB (elle est juste devant le Danemark (46% de son PIB)). 
L’augmentation de la pression fiscale est une tendance de long terme dans les pays développés. En effet, la moyenne des recettes fiscales des pays de l’OCDE s’élevait à 34,2% du PIB en 2017 contre 33,8 % en 2000.

Les faits sont là : la France prélève beaucoup et elle s’endette beaucoup. Alors où va l’argent ? Comment pouvons-nous n’avoir que le 26 ème IDH le plus élevé au monde (ex-aequo avec la Tchéquie) ?

Il y a plusieurs éléments à prendre en compte pour répondre à cette question et il est sûr que les responsables politiques et les gouvernements au pouvoir durant les dernières décennies doivent prendre leurs parts de responsabilité. Mon article ne les épargne guère et je critique cette utilisation trop fréquente des politiques économiques à des fins personnelles et carriéristes.

Cependant, je pense qu’il important de ne pas tomber dans la caricature. De ne pas crier au « tous pourris » ! J’espère que j’ai toujours raison de croire que certains responsables politiques ont une véritable vision et ne sont pas de simples carriéristes. Peut-être que je suis naïf, peut-être que je changerai d’avis, mais j’y crois.

 

7- Pourquoi parlez-vous du taux négatif comme « négation du progrès » ? 

 

Quand je parle du taux négatif qui « nie la philosophe du progrès », je parle bien de l’idée qui se cache derrière le taux négatif. En fait, le taux négatif nie la « philosophie du progrès » car il refuse de voir l’intervalle de temps qui sépare le prêt de son remboursement comme une source de progrès, un espace temporel qui va permettre à l’homme de s’améliorer et dans ce cas de générer un profit.

Quand je parle de "philosophie du progrès", je parle de l’idée que le temps qui passe représente pour l’homme une possibilité de s’améliorer. En d’autres termes, que demain nous aurons progressé et c’est cela qui nie le taux négatif.

 

8- « L’état ce n’est pas une entreprise, il est éternel et donc toujours solvable. La dette ce n’est pas un problème ».

 

Évidemment, un état n’est pas un agent économique comme les autres. En effet, il n’a pas vocation à être rentable comme une entreprise privée et est considéré comme beaucoup plus solvable que tout autre agent. Ainsi, même si un état enchaîne les années avec des déficits importants et a une dette très significative, il sera très souvent perçu comme toujours solvable par les agents à capacité de financement et n’aura donc pas de mal à emprunter à des taux d’intérêt faibles. De plus, on compare souvent la dette au PIB, mais un état possède aussi un patrimoine qui peut être perçu comme une assurance par les acteurs financiers. En France, une division de l’Insee a évalué le patrimoine net de la France à quatorze mille milliards sept cent soixante-deux millions d’euros (14 762 000 000 000 euros), soit presque huit fois son PIB ou plus de 7 fois sa dette.

 

Cependant, ça ne le rend pas éternel. En effet, « Il n'y a aucune création humaine qui ne met pas un terme à son existence" (Machiavel). L’histoire nous a d’ailleurs démontré que des états peuvent disparaitre. 

De plus, même si un niveau de dette très important ne met pas forcément en danger la survie d’un pays, elle est très dangereuse pour les gens qui y habitent. En Grèce, la dette trop importante avait effrayé l’ensemble des acteurs économiques (notamment le FMI) et elle ne parvenait plus à emprunter auprès d’acteurs privés. Huit ans d’austérité ont suivi et ce n’est toujours pas fini ! Pour rassurer l’ensemble des acteurs économiques la Grèce a coupé ses dépenses. Voici les mots du premier ministre Tsipras en juin 2017 devant ses députés : « « Aujourd’hui, nous tenons une session parlementaire historique : après huit années, nous votons pour les dernières mesures d’austérité de l’ultime". Par exemple, la Grèce est le seul pays de l’UE où le salaire minimal a diminué depuis 2008 et il a notamment été abaissé de 28 % en 2013 pour atteindre 684 euros brut mensuels.

Donc, même si l’état est un agent économique à part il n’est pas éternel et sa solvabilité peut parfois être remise en question. Par conséquent, une dette trop importante peut être un problème, d’autant plus que comme très souvent malheureusement les premiers à en souffrir seront les habitants du pays en question.



24 réactions


  • Charles 27 avril 16:49

    Merci pour l’article.

    Vous parlez de la situation grecque, or la situation que traverse l’Italie aujourd’hui n’est pas loin d’être identique.


    • Baptiste B. 27 avril 17:37

      @Charles

      Oui la situation économique de l’Italie est préoccupante.
      En effet, elle inquiète l’ensemble des acteurs financiers. Et, alors que François Écalle, ancien rapporteur général à la Cour des comptes sur la situation et les perspectives des finances publiques, parle d’elle comme du « maillon faible » de la zone euro, les créditeurs semblent avoir perdue confiance en sa solvabilité. En effet, l’Italie emprunte désormais à 2,2 %, quand l’Allemagne est à -0,530 %.
      Vous avez raison, les mêmes interrogations commencent à se poser que pour la Grèce en 2012. L’Italie pourra-t-elle continuer à emprunter ? Si elle n’y arrive plus, que se passera-t-il ?

      En tout cas pour la France l’effondrement économique de l’Italie serait une catastrophe car « Si l’Italie tombe. Le prochain domino, c’est la France » (François Écalle).


  • Pcastor Pcastor 27 avril 17:11

    L’exemple du Japon est intéressant car laBCE pourrait faire ce que la banque centrale japonaise fait à savoir racheter de la dette publique et la transformer en obligations perpétuelles non porteuses d’intérêt ( en clair monétiser la dette par création monétaire et l’« annuler » en fait).

    La BCE peut racheter de la dette publique sur le marché SECONDAIRE, ce n’est pas interdit par le fameux article 123 du TFUE, les décisions de la BCE se prenant à la majorité des 2/3 de son conseil d’administration, sans droit de veto, ce qui peut permettre de passer outre à certaines réticences.


  • Louis 27 avril 17:11

    Si ramener la dette au PIB porte à confusion dans quel but cela est-il fait ?

    Sinon article intéressant.


    • Baptiste B. 27 avril 17:27

      @Louis
      merci pour votre commentaire.

      Le but est simple : comparer la dette à la taille de l’économie des états (le PIB).

      Beaucoup d’économistes considèrent que le PIB est un indicateur macroéconomique aux nombreuses limites (non prise en compte des externalités, de l’économie domestique et souterraine ...). Il mesure l’activité économique d’un pays certes mais il doit être utilisé avec d’autres indicateurs permettant de décrire les inégalités, le niveau de vie des habitants... (IDH, pourcentage de la population sous le seuil de pauvreté...)

      En fait, le PIB (produit intérieur brut) est aujourd’hui l’indicateur macroéconomique de référence et on a parfois l’impression que les analyses économiques s’arrêtent à comparer le PIB (entre les états ou entre différentes périodes). C’est une erreur ! 

      Le PIB est devenu une institution et on compare aussi la dette à lui car tout aujourd’hui passe par le PIB.


    • Rémi Mondine 28 avril 13:31

      @Baptiste B.
      Globalement le PIB est la masse fiscalisable. 
      La TVA est par exemple directement liée au PIB. Les masses salariales sur lesquelles reposent les cotisations également et l’impot sur le revennu en dérive. 
      la croissance est donc necessaire pour augmenter la matiére fiscale financant l’état ce qui permet á la caste technocratique de se reproduire.


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 27 avril 17:27

     

    "La dette, au Nord comme au Sud, collective ou individuelle, est au cœur du modèle économique libéral actuel. Elle permet de transférer et prélever, par les intérêts, la richesse du travail vers le patrimoine des plus riches, ceux qui peuvent prêter. Pour réduire le paiement des intérêts de la dette, on met en place des politiques de rigueur au Nord et d’ajustement structurel au Sud. Toujours plus le plus grand bénéfice d’une minorité."

    Manifeste Utopia - Avant propos d’André Gorz - 2008, page 85


    • Baptiste B. 27 avril 17:54

      @Séraphin Lampion

      merci pour votre commentaire

      Vous écrivez : « Elle (la dette) permet de transférer et prélever, par les intérêts, la richesse du travail vers le patrimoine des plus riches, ceux qui peuvent prêter. »

      Aujourd’hui, les taux d’intérêt sont négatifs ou aux alentours de zéro et l’inflation est positive. Par conséquent le crédit ou la dette profite au contraire aux débiteurs. En effet, le taux d’intérêt très faible et le taux d’inflation supérieur va déménager du pouvoir d’achat des créditeurs vers les débiteurs

       


    • Pcastor Pcastor 27 avril 18:03

      @Baptiste B.
      Ce qui explique entre autres que la charge de la dette : les intérêts ( la seule chose qu’on paie, le Trésor faisant rouler la dette : une obligation ou un bon arrivant à maturité on ne paie pas de capital pendant la durée de l’emprunt obligataire le trésor emprunte pour rembourser) sont en baisse constante depuis 2012, cette baisse s’inscrivant dans la durée et le long terme.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 27 avril 18:17

      @Baptiste B.

      Les taux négatifs dont vous parlez concernent des titres de dette publique de pays jugés « sûrs », (comme l’Allemagne et la France), mais en fait, ils révèlent la grande incertitude quant à l’évolution future de l’économie et des marchés financiers : les investisseurs se disputent ces titres dits « sans risque », malgré des rémunérations parfois négatives en effet.

      Mais en fait, les taux bas ont également un impact en matière d’inégalités sociales. « On ne prête qu’aux riches », même quand l’argent est bon marché. Dans le cas de l’immobilier, la situation actuelle offre aux investisseurs et aux particuliers les plus riches la possibilité de multiplier les placements dans la pierre. Résultat : les prix de l’immobilier ne cessent de croître au détriment des populations moins bien loties qui, elles, subissent l’envolée des prix et loyers. A Paris, cette hausse s’apparente à une bulle spéculative avec tous les dangers que cela comporte. Cela amène également certaines grandes entreprises à s’engager dans des opérations de « buy-back » : elles s’endettent non pour investir, mais pour racheter leurs actions, afin d’en gonfler artificiellement le cours…

      En plus, les taux négatifs affectent les monnaies et encouragent les capitaux flottants à se déplacer pour trouver de meilleurs rendements vers des pays comme la Chine et le Brésil, dont les taux d’intérêt sont plus élevés, ce qui pousse à la hausse le cours de leurs monnaies et dégrade la compétitivité de leurs exportations. Pour tenter d’enrayer le phénomène, les banques centrales de ces pays ont puisé dans leurs réserves de change de façon à contenir la hausse et la volatilité de leurs taux de change.

      Il est donc devenu difficile pour les banques centrales d’envisager un changement de politique monétaire, parce qu’une remontée des taux d’intérêt pourrait provoquer une vague d’insolvabilité parmi les entreprises les plus fragiles, qui subsistent grâce à des conditions de crédit particulièrement favorables et parce qu’elle pourrait provoquer un krach sur le marché des obligations.

      Ce fragile équilibre est en train de vaciller.


    • Pcastor Pcastor 27 avril 18:32

      @Séraphin Lampion
      Il est vrai que l’endettement des entreprises est beaucoup plus préoccupant.
      Pour le reste, les masses de liquidités qui circulent dans le monde ( certains parlent de trois fois le PIB mondial) « garantissent » des possibilités d’emprunt à des taux intéressants pour les pays dits sûrs.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 27 avril 19:02

      @Pcastor

      peut-être, mais même si les intérêts sont (momentanément) négatifs, il faut rembourser le capital.
      ce sont les générations à venir qui devront le faire et, parmi elles, ce ne sont pas forcément ceux dont les parents auront bénéficié des retombées de ces emprunts qui devraont faire face aux échéances


    • Pcastor Pcastor 27 avril 19:39

      @Séraphin Lampion
      « la dette publique ne sera jamais remboursée » titre sinon provocateur du moins iconoclaste d’un financier, à classer dans les hétérodoxes.
      La doxa libérale se focalise sur le STOCK de la dette : plus de 2000 milliards d’euros pour la France...en référence au dogme ordo-libéral allemand inscrit dans le traité de Lisbonne
      Cela ne correspond en aucune manière à la gestion de cette dette par le Trésor français.
      Au budget de l’Etat ne figure que le remboursement des intérêts de la dette, pas le remboursement en capital. ( vous pouvez vérifier.)
      Pour une raison simple, la dette est en fait constituée de bons et obligations du trésor à taux et à échéances variables ( pour l’anecdote , il existe un ou deux emprunts à échéance de 50 ans)
      Ces bons ou obligations ne génèrent aucun remboursement en capital pendant leur durée de vie, simplement le paiement d’intérêts, quand ils existent et le remboursement du capital emprunté à l’échéance.
      Que fait le trésor quand un emprunt arrive à terme , il EMPRUNTE pour rembourser, ce qui s’appelle faire rouler la dette.
      ça peut durer indéfiniment, avec les aléas liés aux taux , mais la seule chose que paie l’Etat français , inscrite au budget de la Nation ,ce sont les intérêts.
      Le reste c’est de l’enfumage néolibéral.
      Au passage la banque de France est propriètaire du quart environ de la dette publique française et elle reverse une bonne partie de ses bénéfices à l’Etat.
      Enfin , la dette française est considérée comme parfaitement soutenable en particulier par le FMI., avec une cofiance dans les capacités du pays à lever l’impôt et des actifs supérieurs au stock.
      Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas s’attaquer à sa réduction, ce que la BCE peut faire en transformant son stock ( lié au quantitativ easing) en dette perpétuelle non porteuse d’intérêt, inscrite à son bilan, surtout que le secteur bancaire italien est en difficulté, de même que la bundes bank ...
      Bref une vision de la dette portée par l’Allemagne ( die schuld qui veut aussi dire culpabilité) et une plus réaliste, moins idéologique .


  • gerard JOURDAIN 27 avril 19:43

    Tant qu’un pays peut rembourser les frais financiers, il n’y a pas de problème.

    Le Japon ne peut s’amuser à ne pas payer les frais fi ; les japonnais en crèveraient.


  • papat 28 avril 09:20

    une phrase de mayer amschel rothschild pour comprendre l’origine de la dette irremboursable et de la plus grande arnaque de tous les temps !

    « Donnez moi le contrôle sur la monnaie d’une nation, et je n’aurai pas à me soucier de ceux qui font ses lois. » 

    le larbin pompidou rothschild de l’époque a mis cette citation en oeuvre le 3 janvier 73 !

    de cette loi scélérate découle précarité , privatisation, austérité !

    sans cette loi la france n’aurait que quelques milliards de dettes !

    un autre exemple du mensonge ,un ménage qui emprunte à 3% pour l’achat d’un bien immobilier en 2000
    3 ans plus tard ce ménage trouve un prêt à 1%
    que fait il ? comme il est plus futé que nos pseudo élites il transforme son prêt à 3 pour passer à 1.
    ses mensualités baissent et sa durée d’endettement aussi.
    pourquoi la france ne peut pas emprunter à 1 pour rembourser à 3 ?
    parce que macron de Rothschild la tient par les .....



  • Parrhesia Parrhesia 28 avril 09:30

    Faisons simple : 

    Aussi longtemps que les monnaies, quelles qu’elles soient, ne seront plus indexées (a priori sur l’or) elle resteront des outils de manipulations économiques à tous les niveaux entre les mains de prestidigitateurs, qui, de plus, pourront continuer à évoluer en toute impunité !!!

    Or les intérêts défendus in fine par ces prestidigitateurs ne sont plus, en aucune circonstance, ni humains, ni a fortiori sociaux.

    Tout ce qui sort du cadre de cette vérité de plus en plus lumineuse n’est plus que du pipeau !!!

    Pour qu’un système monétaire non indexé soit équitable, ce qui devrait être la moindre des choses pour un système monétaire, il faudrait que ses gestionnaires soient des saints !!!

    Prévenez-moi lorsque ce sera le cas !!!

    ( Se référer, à ce sujet, aux manœuvres des pays, dont la Chine, qui recommencent à reconstituer leurs stocks d’or pour se mettre à l’abri des fluctuations des monnaies de singe !!!) 


  • robert robert 28 avril 12:37

    ah ah ah !! la dette !!

    oui, la dette !! plus personne ne se pose de question !! oui il y a une dette que nous devons rembourser, oui même nos petits enfants la rembourserons !

    mais c’est quoi cette dette ! a qui a-t-on emprunté ! pourquoi faire ? tous les pays du monde ont une dette ; Macron ne veut-il pas effacer la dette africaine ? donc nous n’avons pas de dettte !!!

    on ne peut pas emprunter à quelqu’un qui n’a pas d’argent

    on veut tout simplement nous escroquer, il faut réfléchir avec la tête, pas avec les pieds


  • alain-pat877 28 avril 16:52

    La dette c’ est le fait pour un pays de s’endetter dans une monnaie étrangére qu ’ il ne produit pas.Le Japon est le premier pays créancier mondial il se prête donc a lui même en Yen parce qu il utilise ses excédents commerciaux,c’ est un pays qui n’a aucun probleme de financement et qui posséde les dettes des autres pays.Le jeune auteur de l article ainsi que beaucoup d ignares incultes dont des économistes confond dette publique intérieure et dette publique extérieure.Seule la dette extérieure compte parce qu elle est libellée dans une monnaie étrangére que le pays débiteur ne peut pas produire.


    • JL JL 28 avril 17:00

      @alain-pat877
       
       ’’Seule la dette extérieure compte parce qu elle est libellée dans une monnaie étrangére que le pays débiteur ne peut pas produire.’’
       
       De ce point de vue, l’euro est-il une monnaie étrangère ou nationale ? Je devine la réponse.
       


    • alain-pat877 30 avril 03:34


      L’euro est la seule monnaie au cours légal en France vous avez la réponse.


    • alain-pat877 30 avril 03:52

      @alain-pat877
      La dette c’ est le fait pour un pays de s’endetter dans une monnaie étrangére qu ’ il ne produit pas.Le Japon est le premier pays créancier mondial il se prête donc a lui même en Yen parce qu il utilise ses excédents commerciaux,c’ est un pays qui n’a aucun problème de financement et qui posséde la dette des autres pays,puisque le Yen japonais est la monnaie la plus forte du monde.Le jeune auteur de l article ainsi que beaucoup d ignares incultes dont des économistes confond dette publique intérieure et dette publique extérieure.Seule la dette extérieure compte parce qu elle est libellée dans une monnaie étrangére que le pays débiteur ne peut pas produire.


    • alain-pat877 30 avril 06:41

      @alain-pat877

      *L’euro est la seule monnaie qui a cours légal en France vous avez la réponse.


  • Polybe 29 avril 13:54

    Nos chers dirigeants, qui regardent régulièrement ce qui se passe à l’international pour nous imposer des mesures toujours plus contraignantes, pourraient également regarder les systèmes fiscaux de pays tels que Singapour.

    Les dépenses de la Cité-Etat y sont fixées par la loi à 16% du PIB. Chez nous elles n’ont pas de limites et représentent 56,5% et l’Etat et les collectivités territoriales ne cessent de les augmenter au profit de qui ?


  • papat 29 avril 14:00

    il faut 3 clics de souris d’ordinateur pour créer 700 milliards ! pourquoi doit on payer des intérêts aux usuriers qui font ces clics ? la solution c’est de la tenir !


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