mardi 30 août 2011 - par Michel Santi

La règle d’or à la rescousse de la spéculation ?

“Qui sauvera les sauveteurs ?” Telle est la question posée en fin de semaine dernière par le Président allemand Christian Wulff qui, déplorant les déficits publics de son pays ayant atteint 83% du P.I.B., s’en est pris à la BCE, accusée de « largement outrepasser son mandat ». Les interventions de la BCE ayant consisté à acheter pour 110 milliards d’Euros de Bons du Trésor espagnols et italiens furent effectivement violemment critiquées en Allemagne par nombre de responsables dont la respectée Bundesbank. Accusée de violer les traités en secourant des pays européens « sans légitimité démocratique », la BCE s’apprête néanmoins à recevoir un ultime camouflet le 7 Septembre prochain, date de la décision de la Cour Constitutionnelle allemande qui devra statuer sur la légalité des contributions allemandes aux opérations de sauvetage des pays sinistrés. Il est plus que vraisemblable que l’augmentation substantielle du Fonds de Stabilité (de 440 à 2’000 milliards d’Euros) souhaitée par les politiques européens sera ainsi rejetée par cette instance suprême allemande.

En réalité, le Président allemand, comme sa Banque Centrale et la majorité de ses citoyens, entendent ainsi démontrer qu’ils résisteront aux pressions des marchés. Wulff n’a-t-il pas stigmatisé la Chancelière Merkel pour avoir interrompu ses vacances à cause de la volatilité boursière en assenant un : « ils (les leaders politiques) ne devraient pas réagir nerveusement à l’occasion de chaque chute des marchés » ? Ou encore : « Ils ne devraient pas se laisser diriger par les banques, par les agences de notation ou par les média erratiques »… Ce faisant, il pose une question fondamentale car des décisions de cette nature et impliquant des sommes de cette envergure ne doivent être prises que dans le cadre des Parlements, sources de toutes les légitimités dans nos démocraties européennes. N’est-il pas navrant de constater que, tout au long de cette crise, nos Chefs d’Etat et de gouvernement européens se soient progressivement transformés en analystes financiers scrutant anxieusement les aléas boursiers ou suspendus avec déférence aux verdicts prononcés par les agences de notation ?

Et la volonté de mettre en place une « règle d’or » ne fait que prouver cette reconversion de nos autorités politiques en « traders » ! Il est certes judicieux de limiter constitutionnellement la boulimie dépensière d’un Etat … tout comme il fut sage pour Ulysse de s’attacher au mât de son navire pour ne pas céder au chant des sirènes. Cette précipitation, à quelques mois d’élections majeures dans plusieurs pays européens, comme le ton péremptoire employé par celles et ceux qui la défendent semblent pourtant suspects car une question insidieuse reste en suspens : cette règle d’or est-elle adoptée dans l’objectif de calmer les marchés et de satisfaire aux exigences des agences de notation ? Car ces amendements constitutionnels seront probablement accompagnés de clauses autorisant le dépassement de ces quotas d’endettement. Le fameux « frein à l’endettement » allemand voté en 2009 prévoit en effet qu’en cas « de situation d’urgence exceptionnelles qui échappent au contrôle de l’Etat et compromettent considérablement les finances publiques, ces limites supérieures de l’emprunt peuvent être dépassées »…

Alors, que veulent vraiment les ardents défenseurs de cette règle d’or si ce n’est de caresser les marchés « dans le sens du poil » et de les persuader que la chute du domino grec ou portugais n’entraînera pas l’Espagne ou la France ? Les avocats de cette « règle d’or » savent bien que son adoption apaisera le courroux des investisseurs (avec des retombées bénéfiques pour leur propre carrière), quitte à ce que ce plafond soit relevé, voire violé ultérieurement. La précédente règle d’or allemande adoptée en 1949 n’avait-elle pas été transgressée une bonne dizaine de fois ?

Voilà donc la Constitution de nos démocraties qui se meut en pacificatrice des marchés à la faveur des bons offices de nos plus hautes autorités politiques.



19 réactions


  • Catherine Segurane Catherine Segurane 30 août 2011 11:08

    Excellent article. J’ajouterai ceci :

    « Les marchés » aiment bien se retrancher derrière ce mot qui laisse entendre qu’ils sont impersonnels, mais en réalité, il faudrait les nommer : les dirigeants d’une poignée de grandes banques, qu’on pourrait très bien identifier si on voulait.

    Les éléments de manipulation pure sont nombreux dans la présente crise, ou pseudo-crise, on finit par ne plus savoir (des fois, je me dis qu’il y a juste une propagande massive en vue d’un agenda qui se met fort bien en place : mettre des plans de rigueur partout).

    Exemples d’indices de manip :

    - les rumeurs se succèdent ; une fois c’est le triple A de la France qui est dit menancé, puis celui de l’Allemagne ; dans les faits, c’est les USA qui perdent leur triple A

    - c’est en principe le marché obligataire qui est menacé par ces non-remboursement, mais ce sont les actions qui chutent

    - c’est en principe l’Europe qui est dans l’oeil du cyclone (du moins à en croire la presse anglo-saxonne) mais l’euro ne cesse de monter

    - c’est la note des USA qui est dégradée mais le krach boursier est en Europe (les indices boursiers américains n’ont pas baissé de façon significative)

    - quelques jours après les rumeurs de perte du AAA français, les taux auxquels la France emprunte baissent

    Bref, j’ai l’impression que « les marchés » ne croient pas vraiement eux-mêmes à leur propre propagande.

    Cependant, les prédateurs en profitent bien :

    - plans de rigueur partout ; d’abord dans les pays sur-endettés (Grèce ...) puis, dans ceux qui sont en train de se surendetter pour venir en aide aus premiers (France)

    - les obligations pourries des banques, que les Etats endettés pourraient tout simplement racheter au prix où elles sont tombées sur les marchés (donc avec forte décote) sont et seront rachetées par la BCE et le FESF avec une décote minime


    • Roosevelt_vs_Keynes 30 août 2011 11:25

      « Bref, j’ai l’impression que »les marchés« ne croient pas vraiement eux-mêmes à leur propre propagande. »

      Ca n’est pas qu’une impression.

      Comme vous l’avez souligné implicitement dans votre dernier article -"Si vous n’arrêtez pas ça, vous n’êtes plus rien. - les marchés financiers n’existent pas pour faire de l’argent. La raison d’être de ces entités (Wall Street / La City) remonte à la création de l’empire britannique par Lord Shelburne et leur objectif avoué est de détruire définitivement les principes des Traités de Westphalie, cauchemar des intérêts financiers.


    • kiouty 30 août 2011 11:56

      Constat très juste sur les paradoxes des fameux marchés.

      « Les marchés » aiment bien se retrancher derrière ce mot qui laisse entendre qu’ils sont impersonnels, mais en réalité, il faudrait les nommer : les dirigeants d’une poignée de grandes banques, qu’on pourrait très bien identifier si on voulait.

      C’est assez vrai, mais ce n’est pas aussi simple, car fondamentalement, rien qu’avec un compte-courant et livret A, on participe à ce système, notre argent est « prêté » et créée de la dette privée, qui est alors monétisée, et tout ça avec des intérêts qui participent à la concentration des richesses. Rien qu’avec un compte-courant et un livret A, on participe tous quelque part à ce système fou et on est tous des « investisseurs » bien malgré nous.


    • Roosevelt_vs_Keynes 30 août 2011 12:18

      @ Kiouty

      Vous dites : "Rien qu’avec un compte-courant et un livret A, on participe tous quelque part à ce système fou et on est tous des « investisseurs » bien malgré nous."

      C’est précisément ce raisonnement que l’oligarchie voudrait qu’on ait. C’est précisément pour cette raison qu’ils ont si peur du débat sur le Glass-Steagall.

      Car l’épargne n’a rien à faire entre les mains des spéculateurs, et elle n’y a pas été de 1945 à 1984.

      « La gauche européenne devrait mobiliser l’opinion pour obtenir la spécialisation des banques en banques de dépôt et banques d’investissement, dans l’esprit du Glass-Steagall Act, aboli en 1999. (…) Les socialistes français proposent de séparer de nouveau les activités des banques de dépôt et celle des banques d’affaires. Les premières doivent gérer l’épargne et accorder des prêts aux entreprises, les secondes peuvent faire des paris sur l’avenir – autrement dit, spéculer—, mais avec les fonds qu’elles auront recueillis à cet effet. » Source


    • echange DE BONS PROC2D2S entre riches francais et .. L UMP



      ils sont impayables a l ump...AMIS DES RICHES...ET DES NICHES FISCALES ..OU BOUCLIER .MEME LES
       
      TRES RICHES LES TROUVENT PEU COMPETENTS...ECHANGER DE GROS CHEQUES
       
      POUR L UMP OU LES CAMPAGNES DE L EMPEREUR SARKO 1ER.......CHEQUES
       
      RENFLOUES PAR MOINS D IMPOTS A PAYER (ARTICLE NOUVEL OBS SEMAINE DERNIERE...°)


  • Roosevelt_vs_Keynes 30 août 2011 11:14

    Le président du Bundestag, Norbert Lammert, a été encore plus virulent que le président allemand, dans le Handelsblatt du 24 août 2011 : « Pas de pleins pouvoirs absolus » en Allemagne.

    L’ensemble du système financier mondial s’est effondré et, bien que l’épicentre de ce krach soit la zone transatlantique, aucune région du monde n’est immunisée contre cette désintégration en cours.

    Un changement radical de politique est la seule manière d’éviter un effondrement total de civilisation, commençant par la région transatlantique, qui réduira la population mondiale à moins de deux milliards d’individus en très peu de temps.


  • bigglop bigglop 30 août 2011 18:51

    Bonjour,

    Très bon article Santi,

    Donc tous les politiques restent dans la doxa du traitement de la crise financière par des mesures de rigueur, d’austérité qui ne font que soigner les effets et non pas le cause,comme les barbiers qui saignaient leurs patients pour évacuer les humeurs, Le patient mort, se drapant dans leur ignorance crasse, ils déclaraient que les humeurs étaient trop importantes pour le guérir.
    Ils ne font que « courir », ventre à terre, derrière les marchés financiers spéculatifs, en « espérant » satisfaire leur appétit insatiable.


    Seulement, il faudrait changer les règles, réguler les marchés financiers, lutter efficacement contre les paradis fiscaux, l’évasion fiscale (en interne:niches fiscales, avantages correspondant à des niches, dépoussiérer certaines aides qui datent de 30 voir 40 ans)
    Aujourd’hui, nous sommes dans une phase de reconfiguration de la construction européenne (1)  dans l’optique d’un accord de grand marché transatlantique (Nord-amérique et Europe).


    Derrière ces projets de "règle d’or « , de »financiarisation" de l’économie vous trouvez des personnages comme Van Rompuy (2), Juncker, Merkel et la Fondation Bertelsmann (3), Mario Draghi (ancien Vice-président de Goldman-Sachs Europe 2000-2005,Gouverneur de la Banque d’Italie de 2005 à 2011, adhésion de la Gréce à l’UEM, 21/01/2001 (4)) et surtout au bénéfice des Banques Mondiales comme Goldman-Sachsq.

    L’application de cette règle d’or reviendrait à interdire à tous les états de financer des dépenses budgétaires au-delà d’une limite d’endettement en %. Lors du traité de Maastricht les 3% du PIB ne reposent sur aucune analyse économique, financière, mais sur une estimation « à la louche » :

    "En juin 1981, alors qu’il était chargé de mission à la Direction du Budget du ministère des Finances, l’économiste Guy Abeille raconte[4] avoir été mandaté avec son chef de bureau de l’époque Roland de Villepin d’établir un critère économique utilisable par le Président Mitterrand dans ses discours. Faute de mieux, Abeille et Villepin proposent alors ce critère relativement simple basé sur un ratio déficit/PIB qui, du propre aveu d’Abeille, « ne mesure rien » et sur une norme (3%) qui « n’a pas d’autre fondement que celui des circonstances » (le déficit budgétaire de l’époque atteint déjà presque 2% du PIB)[5]." (5).

    Par conséquent, il serait impossible, en cas de modifications des situations économiques et financières de réviser un budget, déjà voté, à la hausse au-delà des 3%, sauf dérogation dont je n’ai pas connaissance (peut-être sur autorisation de la BCE ou d’une instance supranationale européenne à venir)

    Vers une plus grande intégration financière européenne signifie la création d’une nouvelle entité européenne supranationale qui contrôlerait la BCE, le FESF et la Banque MES ainsi que la politi- que budgétaire des états européens impliquant la perte de souveraineté des états et de leurs citoyens dont le vote deviendra inutile.

    Actuellement, la BCE rachète de la dette souveraine « pourrie » sur le marché secondaire, 70 mds € en 2010 (Grèce, Irlande), 115 mds € en 2011 (Espagne, Italie) et pour un capital de la BCE de 5,197 mds € ???

    Ces rachats devraient être transférés au FESF dont la dotation devrait être de 440 mds € (projet de le porter à 2 000mds €, opposition de l’Allemagne), avec une participation de la France de 110 mds €. D’ou vient cet argent ?

    Très rapidement, le FESF (6) devrait être intégré à la « banque » MES (6) (Mécanisme Européen de Stabilité) dont le contrat de banque a été radicement remanié en avril 2011 :

    • garantie inconditionnelle et irrévocable en cas d’insolvabilité d’un pays, donc une hypothèque éternelle.

    Le FESF est une société privée de droit luxembourgeois dotée d’une personnalité juridique. Voyez l’embrouille !

    La Banque MES est une Société Anonyme de droit luxembourgeois créée pour une durée illimitée sans aucune possibilité d’en sortir pour un état signataire,

    Une capacité de prêt illimité avec un fond de départ de 500 mds €, plus un dépôt de garantie des états de départ de 700 mds € qui pourra être augmenté indéfiniment. Il s’agit donc d’une Organisation Internationale qui disposera d’un pouvoir supranational sur la construction budgétaire des états européens.

    En conclusion, les marchés financiers spéculatifs vont continuer à faire des profits colossaux sur le dos des états européens donc des citoyens et les contrôleront par le privatisation des services publics et plus grande intégration des multinationales transnationales

    Toutes ces modifications, statuts, contrats ont été adoptés le 24 juin 2011.

    Faites circuler et posez les bonnes questions sur cette "construction européenne" à tous les candidats à la présidentielle de 2012

    (1)http://www.mecanopolis.org/?p=24040

    (2)http://www.mecanopolis.org/?tag=rompuy

    (3)http://www.mecanopolis.org/?p=8261

    (4)http://www.amb-grece.fr/politique_etrangere/la_grece_dans_l%27ue.htm

    (5)http://fr.wikipedia.org/wiki/Crit%C3%A8res_de_convergence

    (6)http://www.agoravox.fr/actualites/europe/article/le-fesf-l-ue-et-la-banque-mes-le-97421


    • morvan 1er septembre 2011 06:33

      Bonjour à tous, bonjour bigglop - et merci de cet article Santi. Je suis Morvan, coauteur avec aobc de l’article en juillet « l’UE, le FESF et la »Banque-MES«  » rappelé ici. En réaction au commentaire de bigglop - il nous semble primordial de ne surtout pas « LEUR » prêter le flanc, en leur fournissant nous-mêmes des armes pour nous contredire, ou dévier l’attention de leurs manoeuvres d’instauration à marche forcée de l’« ordre » qu’ils veulent nous imposer. Dans cette logique, deux points essentiels sont à rappeler ou repréciser :
      1) Dans les documents « mis à disposition » (voir les liens vers les documents joints à notre article [6]), les statuts juridiques respectivement du FESF et prévisionnellement de la « Banque-MES » sont :
      a) Pour le FESF la forme juridique Société Anonyme (SA)
      b) Pour la « Banque-MES », une ORGANISATION INTERNATIONALE (OI), en aucun cas une SA.
      C’est une différence fondamentale : une SA doit se conformer au cadre juridique transnational bien établi des SA, alors qu’une OI « s’invente » son propre corpus juridique proposé à la validation par Traité.
      2) Nous, les peuples, et tout particulièrement les peuples de langue française, NE DISPOSONS TOUJOURS PAS DES TEXTES DES ACCORDS SUR LE FESF ET LA « Banque-MES », SIGNES respectivement le 21/06/2011 par les Ministres des Finances, et le 24/06/2011 par les Chefs d’Etat.

      C’est cette publication/mise à disposition que nous devons, que les peuples doivent revendiquer en tout premier lieu, nous devons EXIGER D’AVOIR ACCES A CES DOCUMENTS SIGNES EN NOTRE NOM.

      Et tant que ce premier pas n’a pas été franchi, tant que cette exigence minimale n’a pas été posée, ne nous laissons pas embarquer dans d’autres débats, ne nous laissons pas dévier vers des polémiques dérivatives, par lesquelles ce que l’on nous présente comme blanc dans l’instant sera noir dans l’heure suivante.
      Nous, qui n’appartenons à aucun groupe, n’avons ni blog, ni livre ou autre à vendre, n’avons publié dans notre article que des points vérifiables et incontournables - précisément pour ne pas ouvrir .....le piège à c...
      Merci à tous de votre engagement - pour le rétablissement des droits des peuples, pour le bien des peuples. Notre BIEN COMMUN.



  • Bardamor Bardamor 30 août 2011 19:29

    Cet article occulte que :

    - La spéculation est faite pour compenser les gains de productivité d’économies tournées vers le secteur tertiaire, c’est-à-dire la mise en valeur de biens de moins en moins souvent fabriqués en Europe ou aux Etats-Unis. La spéculation se tourne naturellement -ou elle n’a pas de raison- vers les continents ou les industries qui sont les plus profitables, donc de moins en moins vers les pays occidentaux. Le pire dans les banqueroutes espagnole, grecque ou irlandaise, c’est qu’elles sont très dissuasives pour les investisseurs de s’y risquer de nouveau.

    - Le président allemand est un tartuffe. La tendance de l’Etat à gaspiller ne fait que refléter celle des ménages eux-mêmes. Ceux-ci gaspillent exactement comme l’Etat : sans se rendre compte qu’ils vivent au-dessus de leurs moyens. Cela revient à prôner la sobriété une fois la choppe de bière vidée.

    - Les investisseurs sont les plus méfiants quant au redémarrage de l’économie, car les mieux informés ; mais ils sont contraints de faire bonne figure, afin de permettre une restauration de la confiance, minimum pour relancer la croissance.

    - Le mécanisme impersonnel de l’économie est celui de l’Etat lui-même, personnalité morale qui n’est personne mais implique tout le monde.
    On se doute bien que le gouvernement ne peut dépendre d’un mandat impératif des électeurs. Question de délais ; aussi parce que l’électeur n’a pas le plus souvent de volonté que ses intérêts soient le mieux défendus par tel ou tel.
    Le gouvernement répond donc aux exigences, notamment dans le domaine économique, des poids lourds bancaires et industriels. Sarkozy fait le trader et le représentant de commerce des dernières industries françaises, de son propre aveu parce qu’il n’y a rien d’autre à faire. En revanche on voit moins bien l’intérêt d’attaquer les régimes arabes et de remplacer l’ancienne dictature par une nouvelle. 




    • Eusèbe 30 août 2011 22:07

      Encore un qui croit que le progrès est lié à une idéologie. Les investisseurs, Ahaha ! On se demande qui est le tartuffe. Quel tissu d’âneries. Gardez ça pour les séances de catéchisme des néoclassiques.


  • BA 30 août 2011 21:49
    Du 1er septembre 1963 au 31 août 1973, le Français Pierre-Paul Schweitzer est resté 10 ans directeur général du FMI.

    Du 17 juin 1978 au 15 janvier 1987, le Français Jacques de Larosière est resté 9 ans et demi directeur général du FMI.

    Du 16 janvier 1987 au 14 février 2000, le Français Michel Camdessus est resté 13 ans directeur général du FMI.

    Christine Lagarde sait qu’elle va rester plusieurs années à la tête du FMI. Christine Lagarde sait que, maintenant, elle ne peut pas être virée du jour au lendemain par le président de la République.

    Donc maintenant, elle dit ce qu’elle pense : « En Europe, les banques ont besoin d’une recapitalisation urgente. »

    Mardi 30 août 2011, nous apprenons que l’Institut international des normes comptables s’inquiétait des mensonges et des trucages des banques européennes. Des banques européennes n’utilisent pas les prix de marché pour calculer les dépréciations sur les obligations d’Etat grecques qu’elles détiennent. Mais elles utilisent « un modèle interne de valorisation » ! En clair : elles sous-estiment leurs pertes en mentant effrontément !

    Lisez cet article :

    L’Institut international des normes comptables (IASB) s’inquiète des différentes méthodes utilisées par certaines entreprises européennes pour valoriser et passer des dépréciations sur les titres de dette publique grecque, lit-on dans une lettre de l’IASB mise mardi 30 août sur son site internet.

    Dans un courrier adressé début août à l’Autorité européenne de contrôle des marchés (Esma), l’IASB met en garde les régulateurs contre le recours par certaines entreprises à des méthodes internes de valorisation de la dette publique de la Grèce plutôt que par utilisation des prix de marché.

    L’Institut international des normes comptables ne cite pas nommément les entreprises en question. Mais d’après le Financial Times, qui se réfère à une source ayant eu connaissance du courrier, la lettre de l’IASB vise sur les banques et les compagnies d’assurance, et en particulier BNP Paribas et CNP Assurances.

    « C’est un sujet de grande importance pour nous », écrit dans le courrier Hans Hoogervorst, le président de l’IASB.

    « Parce que ce cas (la dette grecque, NDLR) fait clairement apparaître des applications incohérentes, nous jugeons de porter ce sujet à votre attention », poursuit le responsable.

    Selon le quotidien britannique, les banques et les compagnies d’assurance européennes auraient par conséquent dû passer des provisions et des dépréciations plus importantes sur la dette souveraine grecque lors de la publication de leurs derniers résultats.

    « BNP Paribas a provisionné son exposition sur la Grèce en plein accord avec ses auditeurs et les autorités compétentes, conformément au plan arrêté par l’Union européenne du 21 juillet », a réagi une porte-parole de la banque française.

    CNP Assurances n’a en revanche pas souhaité commenter les observations de l’IASB.

    La banque et l’assureur français ont chacun annoncé des décotes de 21 % sur leurs actifs grecs, comme convenu fin juillet lors du dernier plan d’aide à Athènes, ayant jugé que la dette grecque ne pouvait être évaluée au prix du marché en raison du manque de liquidité des titres grecs.

    Début août, BNP Paribas, qui a passé une charge de 534 millions d’euros sur la Grèce dans ses comptes du deuxième trimestre, a expliqué avoir valorisé ses titres de dette grecque en appliquant un modèle interne de valorisation plutôt qu’en utilisant leurs prix sur le marché, jugés « non représentatifs » par la banque.

    Les établissements financiers qui ont en revanche utilisé les prix du marché, comme Royal Bank of Scotland, ont opté pour des décotes beaucoup plus lourdes, de l’ordre de 50 %.

    Au total, par des méthodes comptables différentes, les banques européennes ont déprécié quelque trois milliards d’euros sur leurs obligations grecques.

    Toutefois, selon les calculs de Citigroup, les banques européennes pourraient encore devoir passer 6,65 milliards d’euros sur la Grèce.



  • Dominique TONIN Dominique TONIN 30 août 2011 21:57

    @ l’auteur,
    Article court ms suffisamment explicite. On y perçoit bien le lien étroit qu’il y a entre les banques, les grosses fortunes et le monde politique, et pas simplement qu’en France. De fait, on comprend mieux certaines décisions du gouvernement SARKOZY qui ne collent, ni avec l’opinion publique, ni avec une logique économique !
    Il faut changer tout ça ! www.lepf.fr


  • platon613 30 août 2011 22:00

    Bonne idée,non ?

    Une petite ville à l’est de Rome veut se rendre indépendante de l’Italie et de l’Euro et a déjà imprimé sa propre monnaie : le Fiorito.

    http://www.news-26.com/cosmopolite/990-une-ville-italienne-imprime-sa-propre-monnaie.html


  • Pyrathome Pyrathome 30 août 2011 23:19

    Le monde occidental va devoir affronter la vérité : qui a fabriqué ce monde ? dans quel but ? au profit de qui ? avec les ressources colossales dont ils ont disposé depuis l’après guerre, comment tous les dirigeants occidentaux pouvaient ils faire pire pour leurs peuples.............sans parler de l’état pitoyable dans lequel ils ont mis la planète......

    À lire ici.............continuez monsieur Santi !! et merci de toutes ces infos pertinentes !
    La règle d’or, c’est pour taper sur les doigts et la tête des politicards et des banquiers de l’apocalypse....


  • Francis, agnotologue JL 31 août 2011 09:53

    Je voudrais rebondir sur votre conclusion : "Voilà donc la Constitution de nos démocraties qui se meut en pacificatrice des marchés à la faveur des bons offices de nos plus hautes autorités politiques.« 

    pour ajouter ceci : »La démocratie est plus intelligente que les marchés" (François Hollande)

    Malheureusement, les marchés votent tous les jours - avec leurs pieds dans la corbeille -, et l’économie s’en ressent. La démocratie ne s’exprime que rarement, et l’économie s’en fout !


  • pmxr pmxr 3 septembre 2011 23:34

    Je suis sur le retour des vacances, et je collectionne les pièces étrangères en euro .... comme ça va devenir des objets «  collectors » !

    La messe est dite !

     ;o)


  • BA 4 septembre 2011 21:26
    Samedi 3 septembre 2011, un article très important dans le Wall Street Journal :

    Talks on Greek Bailout Are Stalled.

    The suspension pushed yields on Greek government debt to levels indicating that investors see a default by Athens soon as a near certainty : Interest rates on one-year paper blew out past 70 % and two-year yields rose close to 50 %.

    « I expect a hard default definitely before March, maybe this year, and it could come with this program review, » said a senior IMF economist who is keeping close tabs on the situation. « The chances for a second program are slim. »

    Traduction :

    Les pourparlers sur le renflouement grec sont au point mort.

    La suspension des pourparlers a poussé les rendements sur la dette grecque à des niveaux indiquant que les investisseurs voient un défaut de paiement d’Athènes comme une quasi-certitude à brève échéance : les taux d’intérêt sur ​​les obligations à un an dépassent 70 % et les taux des obligations à deux ans sont de presque 50 %.

    « Je m’attends à un dur défaut de paiement certainement avant Mars, peut-être même cette année, et il pourrait venir avec cet examen de programme d’aide », a déclaré un économiste du FMI qui garde un œil attentif sur la situation. « Les chances pour un deuxième programme d’aide sont minces. »


    Grèce : taux des obligations à un an : 72,054 %. Record historique battu.
    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 47,202 %. Record historique battu.
    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 18,282 %. Record historique battu.

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