vendredi 5 juin - par GÉOPOLITIQUE PROFONDE

Les actions de sociétés minières en période de crise


 Article initialement paru dans la Revue Or & Argent de mars 2020


​Les prix de l'or augmentent... ceux des dividendes aussi

Les actions minières ont globalement été de bons investissements en 2019. L’ETF GDX (l’indice de référence) s’est apprécié de près de 40 % durant les 12 derniers mois et les principales sociétés ont vu leurs actions performer.

Pour cette nouvelle année, des minières majeures ont décidé d’augmenter la rémunération de leurs actionnaires.

En janvier 2020, l’américain Newmont Mining a annoncé maintenir sa production pour les cinq prochaines années tout en augmentant son dividende de 79 % à 1 $ par action par an à compter d’avril prochain. La société a évoqué la possibilité d’autres annonces favorables aux actionnaires prochainement, nous allons voir ce qu’il en est avec la crise actuelle.

Le Canadien Barrick Gold a annoncé quant à lui une hausse de 40 % de son dividende à 7 cents par action début février tout en abaissant ses prévisions de production sur cinq ans. Barrick réévalue également la composition de son portefeuille : il vend des actifs (les mines les moins rentables) et essaie de diminuer sa dette.

L’entreprise a notamment bénéficié de la vente en novembre 2019 de la moitié de la mine Kalgoorlie, dans l’Ouest australien, pour 750 M$. Au total en 2019, la production d’or de Barrick a augmenté de 21 % sur un an (5,4 Moz), notamment grâce à l’acquisition de son concurrent britannique Rangold. 

Le groupe a pour ambition d’attirer des investisseurs plus généralistes dans son capital.


Analyse des actions minières

Tandis que les prix de l’or augmentent et que la production mondiale diminue, cette augmentation des dividendes doit être remise en perspective. Covid-19 mis de côté, la viabilité économique des minières reste tout de même préoccupante pour les investisseurs de long terme  ; en effet, il est difficile d’appréhender les perspectives de croissance d’une industrie fondée sur une ressource qui s’épuise. La prospection et l’extraction risquent de coûter de plus en plus cher en temps, en énergie et en argent investis, tout ceci pour des minerais de moindre qualité.
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L’offre mondiale d’or devrait baisser de 30 % d’ici 2029 ce qui engrangerait une hausse des prix de l’or, mais les marges et les dividendes des actionnaires pourraient être touchés négativement par ce phénomène. Néanmoins, ce marché est plutôt axé sur des investissements à court et moyen terme qui laissent toujours de bonnes opportunités. Nous étudierons le sujet dans les prochains numéros.
 
Avec le Covid-19, les perspectives de récession mondiale et le choc de la demande ont déjà affecté les valeurs minières
 
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Investir dans les actions aurifères en période de crise

Les perturbations opérationnelles devraient s’accroître au fur et à mesure que les pays mettent en place des quarantaines pour contenir le virus, selon le dernier rapport de Fitch Solutions.

En effet, bien que les activités minières aient tendance à se situer dans des endroits reculés, il existe une possibilité plutôt élevée de réduction de personnel et de perturbations de la chaîne d’approvisionnement en raison des différentes mesures gouvernementales.

Ceci pourrait amener à une réduction ou un arrêt des productions minières. Sans risque, nous pouvons d’ores et déjà réviser à la baisse les prévisions de production pour l’année 2020.

La propagation mondiale du coronavirus ralentira considérablement la croissance économique en général, mais le secteur des métaux et des mines serait modérément exposé selon le dernier rapport sur les secteurs mondiaux (mi-mars 2020) de l’agence de notation Moody’s.

La chute des prix des matières premières serait en effet défavorable pour l’industrie, mais de nombreux producteurs ont amélioré leur résilience depuis la dernière crise du secteur de 2015-2016. Elle avait notamment causé des difficultés importantes aux entreprises les plus petites et les moins diversifiées amenant à un nombre important de faillites.

Les entreprises actuelles sont plus globales, mieux notées et donc plus en capacité de résister à un ralentissement du marché selon l’agence, mais je compléterai en notant que c’est un scénario assez optimiste. 
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Le meilleur moment pour investir dans les minières ?

Dans une autre perspective, nous pouvons penser que la frilosité des investisseurs à s’impliquer dans ces entreprises volatiles couplée aux trésoreries limitées de ces dernières (qui devront tenir le temps du confinement), ainsi qu’à la fermeture de sites de productions à cause de la pandémie sont autant de facteurs-risques à prendre en considération.

En fait, cette situation profitera à un petit pourcentage d’investisseurs qui sauront bien se positionner et au bon moment. 

Bien que les prix de l’or aient chuté depuis début mars, avec une reprise significative tout de même en cette fin de mois, Ole Hansen, chef de la stratégie des matières premières à Saxo Bank, a déclaré qu’il ne s’attendait pas à ce que les marges des producteurs d’or souffrent, car le coût de l’énergie, en particulier le pétrole, a diminué de manière bien plus significative.


Franck Pengam, le 4 juin 2020.

 
Investir dans les compagnies minières en 2020 est une opportunité unique : prenez connaissance de notre rapport spécial dans le dernier numéro de la revue Or & Argent.
 
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6 réactions


  • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 5 juin 15:07

    C’est pas un article, c’est de la publicité déguisée. Je ne sais pas ce que foutent les modérateurs...


    • Jeekes Jeekes 5 juin 15:30

      @Opposition contrôlée
       
      C’est pas la première propagande du genre, ça fait des mois que ce mec (sorti dont ne sait où) nous bassine avec ses conseils pourris pour nous inciter à acheter, qui de l’or, qui de l’argent...
       
      D’une manière totalement désintéressée, comme il va de soi.
       
      Enfin, c’est ce qu’il affirme.
      Moi je pense qu’il touche. Rien qu’un faisan de plus !
       
      Mais bon, la modé est peut-être inscrite à la fiche de paye aussi ?
       


    • GÉOPOLITIQUE PROFONDE GÉOPOLITIQUE PROFONDE 6 juin 22:32

      @Jeekes
      J’écris sur Agoravox depuis 2015.

      Et vous ?

      Vous ne faites que ça écrire des « commentaires » ?

      J’ai déjà conseillé d’aller dans telle ou telle boutique dans mes articles ?

      Non et je ne vois pas le problème même si je le faisais ce n’est pas vous qui décidez.

      Ne me cherchez pas trop parce que de tels articles je peux en publier deux par semaines, comme ça vous pourrez écrire encore plus régulièrement

      de beaux commentaires que je ne lirai pas  smiley


  • Arogavox Arogavox 5 juin 15:12

    En attendant, il semblerait que, pour les riches investisseurs avertis qui ne se gâtent pas la bile, les virus aient plus d’avenir que l’uranium ! (Qui mise encore sur l’uranium enrichi ? concurrencé par les P4 ? ou par un certain Bill ?)


    • Arogavox Arogavox 5 juin 15:17

      Comment vérifier cette info  ?

      « En effet, dans quoi investit ce fonds ? Dans les énergies fossiles (Total, BP…), l’industrie de l’armement (BAE Systems au Royaume-Uni), dans les industries d’extraction minière, ... »


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 6 juin 10:46

      @Arogavox
      Bah, ça s’appel la diversification : quand un fond devient énorme, on peut être sûr qu’il investit... partout.


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