mercredi 4 janvier - par C’est Nabum

Des mystères insondables

 

De la guirlande à la lampe à huile.

 

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Il fut une époque lointaine durant laquelle les humains inquiets regardaient le lent et inexorable raccourcissement des jours tandis qu'un manteau de neige couvrait la campagne. Les yeux rivés vers le ciel, chacun guettait un signe mystérieux, une promesse céleste pour que cesse ce rétrécissement de la Lumière. Le monde allait-il plonger dans les ténèbres ?

De plus observateurs, de plus savants sans doute n'ignoraient pas que le cycle de la rotation de la Terre autour du soleil dictait ce phénomène qui prendrait fin au solstice d'hiver pour ouvrir un nouvel espoir avec le retour progressif des lumières du jour. Ils n'avaient alors pas besoin de guirlandes électriques, de grandes roues dérisoires, de chalets de Noël pour se réjouir du renouveau. Sans dépenser le moindre liard, ils célébraient le changement de cap en mettant la bûche au feu et cela suffisait à leur bonheur.

Yule avait ouvert le bal des offrandes en apportant la bûche dans tous les foyers. Il récompensait les enfants sages, couvrait de cendre les plus chenapans. Les offrandes étaient d'autant plus appréciées qu'elles étaient simples, rares et inattendues. Le seul véritable cadeau qui soit alors était le retour de la lumière, pas celle qui se coupera au bon vouloir d'un État qui ne sait plus ce qu'est la providence, qu'elle fut divine ou bien présidentielle !

Les cadeaux s'empileront en dépit de la flambée des prix tandis que le chauffage ne se mettra nullement au diapason des célébrations symboliques. Il faudra grelotter pour satisfaire à une sobriété qui vient justement célébrer les lumières qui nous gouvernent en bradant depuis des années notre indépendance énergétique. Cela n'empêchera pas le grand maître de cérémonie de venir s'inviter sur un écran aussi plat que ses ambitions, pour apporter des vœux sans étrennes à une population qui doit apprendre à se priver de tout.

La trêve des confiseurs passée, il faudra avaler la pilule de la hausse des prix, de la stagnation des salaires et du triomphe de la paupérisation tandis que le monarque et sa princesse continueront de mener grand train tout en prêchant la rigueur pour ses sujets. Mais l'heure doit demeurer à l'injonction aux dépenses pour que l'économie continue son petit bonhomme de chemin vers l’abîme.

Alors, tout doit contribuer à maintenir l'illusion pour que les plus gros continuent de s'enrichir sans fin sur le dos d'une masse jamais aussi nombreuse et aussi méprisée. Puis, reprendra le bal des cérémonies de vœux dans les municipalités qui n'ont pourtant plus d'argent pour ouvrir les piscines aux scolaires. L'eau ou le champagne, le choix est vite fait pour ceux qui ont toujours su nager.

Au gui l'an neuf, le peuple aura les boules et la gueule de bois quand il s’apercevra qu'il ne peut plus boucler la fin du mois. Maigre consolation, du côté de la ceinture, le tour de taille facilitera le bouclage de la ceinture, il ne faut pas voir tout en noir tandis que notre bon gouvernement continuera de nous remonter les bretelles pour nous montrer plus économes à l'encontre du train de vie des ministères.

Que se passera-t-il lors du solstice d'été. Les feux de la Saint Jean seront sans doute interdits pour ne pas mettre le feu aux forêts, tandis que les climatiseurs tourneront à fond et que l'eau viendra à manquer dans nos rivières. Pendant ce temps, le tour de France gaspillera à tour de manivelle de l'essence pour des types qui font la route à la seule force des mollets. Si vous y comprenez quelque chose, venez donc éclairer ma lanterne, une vulgaire lampe à huile, n'en déplaise à notre bon freluquet.

À contre-feu.

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