vendredi 12 juillet - par C’est Nabum

Poubelle sera la vie …

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Le paradigme du consumérisme effréné.

Elles sont le symboles de cette société de l'opulence, de l’excès, du mépris de la nature et de la démonstration sans limite de notre capacité à toujours repousser plus loin les limites de l’acceptable, du raisonnable, du convenable. Elles dégueulent notre mépris, elles regorgent de nos reliefs, elles empuantissent l’atmosphère et dénaturent nos rues. Elles sont individuelles ou bien collectives, enterrées ou bien démonstratives. Depuis quelques années, elles se parent se distinguent les unes des autres de manière à nous en faire voir de toutes les couleurs afin que se perpétue une sélection dont nous doutons tous des effets.

Jadis, en une époque lointaine, où ni développement durable ni le tri sélectif n’entraient en ligne de compte, elles étaient promptement ramassées au petit matin par des éboueurs qui n’avaient pas besoin d’un vocable anglophone pour faire convenablement leur métier. Il y avait bien quelques animaux errants pour en renverser quelques-unes mais les employés de l’époque étaient en mesure de se baisser pour rattraper la chose.

Puis, la mécanisation a évité aux hommes de soulever les poubelles. L’uniformisation a jeté aux oubliettes nos vieilles poubelles qu’elles fussent métalliques ou bien en plastique. Nous avions tous l’obligation d’utiliser le contenant estampillé, doté d’un système automatique assurant le « soulevage » et le vidage au cul du camion dévoreur de nos immondices. De ce qu’il faut bien reconnaître comme une évolution, tout ce qui dépassait ou bien tombait, pour une raison quelconque, était laissé là, en plan sur le trottoir. Le rendement et le cahier des charges ne permettant plus aux gars accrochés derrière la benne, de ramasser les miettes.

Nous n’étions pas au bout de nos peines. La sélection naturelle avait mis à la tête de nos cités des gens capables de réfléchir mieux que les autres. Il nous fallait désormais faire le travail de triage avant la gare centrale, équiper nos demeures de bacs de différentes couleurs pour répartir ce qu'il nous faudrait ensuite porter dans des réceptacles gigantesques. Le travail changeait de mains et c’était à notre tour de prendre des gants. Honte à ceux qui ne montraient pas un esprit civique tout autant qu’écologiste. Qu’importe si leurs petits logements rendaient impossible une organisation qui exigeait place et patience.

Ensuite, les grands conteneurs furent enterrés. Ils choquaient la vue et l’odorat de ceux qui passaient devant sans oublier les nuisances sonores pour les riverains du bac aux verres. Cela aurait pu être un progrès considérable du point de vue esthétique si le vidage de ces avaleurs de misère n’avait pas été réduit par soucis d’économie. Les pourtours de ces charmantes gueules béantes se transformèrent en décharges à ciel ouvert pour peu qu’elles soient éloignées du centre de la cité, toujours mieux servi !

C’est alors que nous découvrîmes que nos efforts étaient souvent vains. Que le tri que nous acceptions de réaliser au nom d’un bel idéal était soigneusement méprisé par les sociétés qui avaient empoché le marché public. Du tri, du recyclage, il y en avait certes, mais à la marge, pour moins de dix pour cent de ce que nous avions déposé. Pire encore, le nombre des rotations diminuant, surtout à la périphérie des métropoles, les grandes bacs collectifs devinrent des montagnes désolantes tout autant que débordantes de notre consommation effrénée.

Moins belle serait la vie sans nos poubelle d’antan. Pour corser le tout, les réceptacles à ordures placés sur la voie public se firent transparents pour éviter nous dit-on d’y cacher une bombe. L’argument serait recevable si ces sacs plastiques étaient retirés régulièrement. Hélas, ils regorgent eux aussi de canettes, de cartons, des emballages disgracieux et mal odorants de la restauration rapide, grande pourvoyeuse de déchets urbains. Il y a tant qu’il serait aisé d’y enfouir un objet explosif …

Tout ce joli bazar est d’ailleurs prisonnier d’un savant colimaçon métallique en forme de ressort à double hélice, capable de déchirer la poche quand le préposé au ramassage fait enfin sa tournée. L’esthétique du mobilier urbain prime sur son efficacité au pays des commanditaires. Tout est parfait dans le meilleur des monde puisque nulle loi sérieuse ne vient punir ces sociétés qui emballent à outrance. Nos rues deviennent des immondices, nos rivières des poubelles, nos forêts des décharges.

Dans nos campagnes, ils font plus fort encore. Pour satisfaire sans aucun doute à la sauvegarde de la planète, chacun doit prendre sa voiture pour aller déposer dans la grande poubelle collective munie d’une ouverture automatique avec système de pesée intégré, sur présentation d’une carte magnétique individuelle. Des emplois en moins et des milliers de déplacements plutôt que celui d’un seul camion, la logique est à l’œuvre, celle que je ne parviens jamais à m’expliquer.

Ils nous prennent vraiment pour des idiots ceux qui organisent cette joyeuse pagaille. Leurs discours pour bien huilés qu’ils soient ne sont jamais en rapport avec les intentions affichées. Naturellement au bout du compte, il y a des marchés juteux, emportés par des sociétés si peu vertueuses qu’elles ont toutes compris que pour empocher la mise il fallait offrir quelques cadeaux à des donneurs d’ordre au-dessus du tout soupçon. Les seuls dindons de la farce, comme toujours, c’est nous autres.

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16 réactions


    • C'est Nabum C’est Nabum 12 juillet 14:11

      @Séraphin Lampion

      NOus sommes d’accord
      Et nous devrions réclamer une commission d’enquête sur les cadeaux reçus par ces crapules de la part de ces sociétés


  • exocet exocet 12 juillet 14:59

    Bonjour, Cenabum

    merci pour cet article.

    Je crois que c’est sur France 3 ; « poubelle la vie »... smiley


  • jymb 12 juillet 14:59

    Dans ma petite ville, on est passé en 25 ans d’une relève quotidienne des ordures à une relève..hebdomadaire ( sauf dans l’ultracentre) 

    Donc les poubelles croulent sous les ordures qui mûrissent au soleil à 35 degrés, une insulte au bon sens et à l’hygiène basique 

    Quand aux impôts galopants (pour la minorité pressurée qui en paye), ils servent visiblement à vandaliser les rues en multipliants les casses voitures hypertrophiés, dangereux et archi polluants, ou faire d’ingénieux travaux de voirie visant ouvertement à paralyser les déplacements et tuer l’activité économique de ceux qui ont l’outrecuidance de ne pas être des assistés

    Ils servent aussi à imprimer un journal municipal sur d’épais feuillets en papier glacé où l’on célèbre les mérites du conducatore local et ses glorieuses réalisations, ou bien encore les gueuletons au frais du contribuable pour persuader le troisième âge de lui apporter des suffrages, toujours ravis de bâfrer à l’oeil 

    Etonnez vous que l’on devienne méchant...


    • C'est Nabum C’est Nabum 12 juillet 15:26

      @jymb

      Rassurez vous les sociétés font des bénéfices et les élus reçoivent des cadeaux

      cessons de nous plaindre et supprimons nos déchets
      Naturellement parmi eux, nos élus sont du nombre


  • foufouille foufouille 12 juillet 17:10

    souvent ce sont les élus et leurs copains qui se goinfrent dans un palais dans le palais dédié à la « gestion » des ordures.


  • titi 12 juillet 18:09

    Homard soit qui mal y « panse » 


  • Florian LeBaroudeur Florian LeBaroudeur 12 juillet 18:24

    Et sans ce chère Mr Poubelle, il n’y aurait pas de poux belle 


  • zygzornifle zygzornifle 13 juillet 10:12

    Elles sont le symboles de cette société de l’opulence, de l’excès, du mépris de la nature

    En fait ce sont les emballages, chez les pauvres on ne jette que ce qui n’est pas comestible , bientôt avec les 10 milliards de ventres gargouillant ça ne vas pas s’améliorer a moins que De Rugy nous offre généreusement le gite et le couvert ....


  • ETTORE ETTORE 13 juillet 14:08

    On y trouve beaucoup de choses sur les trottoirs....

    Y compris des humains.

    Rassurez vous, dans les building hypers climatisés, les nantis voient la société de haut, la seule fois ou ils vont sous terre, c’est pour la cave à champagne.

    Il arriveras un moment où les rats prendrons le dessus, d’une façon ou d’une autre

    (vecteurs de propagation des maladies, et autres réjouissances...)

    Voilà ce que cela seras de vouloir des hamburgers à tout prix....faute de mieux.


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