mardi 27 décembre 2011 - par AJD

Chine : l’ex-dissident de la place Tiananmen retournera en prison

Condamnation, ce lundi 26 décembre, du cyberdissident Chen Xi, ex-dissident de la place Tiananmen qui, après avoir purgé 13 ans de prison, va retourner derrière les barreaux pour dix autres années, notamment pour avoir, selon les autorités chinoises, «  incité à la subversion du pouvoir de l'Etat  ».

Un tribunal de la province du Guizhou, dans le sud-ouest du pays, a condamné, ce lundi 26 décembre, le cyberdissident chinois, Chen Xi, à dix ans de prison. Motif : « incitation à la subversion du pouvoir de l'Etat  ». Une infraction fourre-tout de l'Empire du milieu, permettant à l'Etat de se débarrasser, pour longtemps - très longtemps - de tous les trouble-fête et autres partisans de la démocratie à l'occidentale.
 
Condamné pour avoir publié sur Internet 36 essais contre le parti unique et pour avoir soutenu des candidats indépendants aux élections locales, Chen Xi, ex-dissident de la place Tiananmen (1989), retourne ainsi en prison, où il avait déjà passé 13 années de sa vie, pour le motif sacro-saint de « subversion du pouvoir de l'Etat ».
 
« Je ne connais pas exactement l'intitulé des charges », avait déclaré son épouse à son arrestation, « parce que le tribunal et les procureurs ne m'ont pas montré l'acte d'inculpation ». C'est désormais chose faite : Chen Xi, tout comme le prix Nobel de la paix, Liu Xiaobo, qui purge, depuis 2009, une peine de prison de 11 ans, a été condamné pour le même motif. 
 
Trois jours plutôt, vendredi, un tribunal de la province du Sichuan, voisine de la province de Guizhou condamnait à 9 ans de prison l'opposant Chen Wei, également pour des essais publiés sur Internet et pour avoir appelé – toujours sur la Toile - à soutenir les révolutions arabes.
 
Cette lourde condamnation a été dénoncée par le Haut Commissaire aux droits de l'Homme, Navi Pillay, qui a appelé, ce lundi 26 décembre 2011, à la libération par les autorités chinoises de « toute personne détenue pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d'expression ».
 
Abdoulaye Jamil Diallo


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