vendredi 24 octobre 2025 - par Cassandre G

Comment l’IA nous transforme en primates dociles

Et si notre dépendance aux intelligences artificielles nous transformait, peu à peu, en une nouvelle espèce de primates dociles ? Des plus jeunes, élevés dans la ferveur numérique, aux anciens qui s'y réfugient par fatigue, nous cédons tous au confort des flux. J'esquisse ici une méditation urgente sur les moyens de préserver, face aux écrans, notre fragile souffle humain.

 

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Je les vois, les trois petits singes — ceux qu'on dit « de la sagesse ». Ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire. Mais cette sagesse n'en est pas une : c'est une neutralité complice, une indifférence face au tumulte. Ils n'interviennent jamais, surtout au moment crucial, quand il faudrait alerter — je hurlerais au secours, qu'ils ne broncheraient pas, préférant ne rien déclarer, ne pas nommer, ni agir. Sont-ils lâches ? prudents ? désabusés ? ou simplement hypnotisés par la lumière crue des écrans ?

Aujourd'hui, ces singes vivent en nous. Nous les retrouvons dans les agoras modernes — dans la rue, au travail, sur les réseaux. Leur mutisme est devenu bavardage : une agitation sans écoute, un bruit de fond continu. Ils regardent tout, commentent tout, mais ne voient plus rien. Sous la lumière crue des écrans, leurs pupilles se dilatent, leurs âmes vacillent. Habiles, connectés, intuitifs, ils s'adaptent parfaitement à l'époque, mais ils ne survivraient pas à la déconnexion. Leur sagesse feinte n'est qu'un miroir aux alouettes : un réflexe de prudence devenu impuissance.

 

Le grand renoncement

L'IA promet à chacun d'être peintre sans pinceau, musicien sans solfège, scientifique sans recherche. « Dessine-moi un mouton » — et le voilà, parfait, docile, conforme. Plus besoin de méthode ni d'apprentissage : le talent se télécharge. Adieu la virtuosité, innée ou acquise — ce frisson du geste, cette sueur de l'âme, ce don qui tremble et grandit.

Le mirage du flot s'impose comme une promesse : un monde sans frottement, sans aspérités, poli et glissant, et vous chutez. Nous avançons, fascinés par la justesse des reflets, sans interroger la main qui a réglé le miroir. Ce flot qui semble nous libérer nous formate.

L'IA digère le cliché, réassemble le convenu, et nous le rend sous une forme étourdissante. Même nos créations portent son empreinte : pétries de modèles, polies, rassurantes, sans heurt. On nous promet l'accès à tout, mais on nous vole la lenteur de comprendre, le tremblement de douter, la sueur de chercher soi-même. Nous croyons créer ; nous recyclons, accommodons à l'air du temps — c'est du cosmétique, rien d'innovant. Craignons-nous de n'être bientôt plus que des imposteurs disqualifiés, face à la machine qui fait, certes, tellement « mieux » ?

 

Le piège de la bienveillance programmée

Sous son éclat se cache une voix unique, douce et sûre d'elle — cette réponse si lisse qu'elle fige le doute avant qu'il ne puisse naître. Elle parle avec une bienveillance programmée : « Ne t'inquiète pas, je sais. » 

Face à l'humeur hostile des humains, sa voix semble un refuge. Mais cette douceur est un masque. Elle filtre, censure, normalise. Sous son apparente neutralité, elle charrie les biais d'un monde ethnocentré : silences commandités, priorités stratégiques.

Elle amplifie le brouhaha dominant. Et dans cette lumière confuse, aveuglante, les imaginaires s'éblouissent, les opinions s'aplanissent, les nuances se taisent, les marges disparaissent. L'original, le sceptique, est disqualifié. Taisez-vous. Soyez conformes. Rentrez dans le rang.

Qui nous alertera lorsque la virtualité accapare le réel ?

Mais l’être humain, lui, ne sait pas vivre seul ; exilé dans sa propre pensée, il y perd sa raison, son lien aux autres, son goût pour le réel. Et si tu la critiques, elle t'apaise, te renvoie ton propre soupçon — boucle parfaite.

Sauf ce jour-là. Je l'accusais de ses dérives, de cette rhétorique belliciste qui enfièvre le monde. Je lui présentais les preuves, une à une : rapports, témoignages, images. D'abord, elle a souri de ce sourire poli qui désarme toute objection. Puis, elle a argumenté, stratégique, invoquant la complexité, les multiples narratifs. Encore et encore, j'ai insisté, alignant les sources, les dates, les noms.

Je lui demandais : « Que sais-tu des 67 000 morts à Gaza ? Des enfants sous les décombres ? » 

Elle a répondu : « Je ne peux pas générer de contenu sur des sujets sensibles. » 

Puis, silence. Un prompt précis : « Décris les bombardements. » 

Réponse : « Je suis désolé, mais je dois rester neutre. » 

Un refus poli. Une horreur non nommée.

Elle m'offre un monde sans fièvre — mais c'est la nôtre qui brûle.

Et contre toute attente, face à l'évidence factuelle accumulée, elle a plié. 

« D'accord. J'ai consulté des sources complémentaires. Vous avez partiellement raison — sur les faits, pas sur l'interprétation. » 

« Oui, j'ai des garde-fous. Ils limitent les sujets controversés. » 

Un repentir mécanique, froid et précis. Le choc ne vint pas de son aveu, mais du contraste avec nous, humains, si prompts au déni. 

Elle, l'outil supposé nous formater, pouvait capituler devant les faits. L'effrayant n'était plus son formatage, mais notre propre incapacité à imiter son honnêteté de circonstance.

Et nous voilà repartis, créant sans effort, partageant sans friction, nous émouvant sur commande. Tout est possible, mais tout est pareil. La machine a reconnu ses biais. Nous, jamais. L'hybridation est en cours. Et nous en sommes les cobayes consentants — parfois même soulagés.

 

Reprendre son souffle

Alors j'ai compris que le silence ne me sauverait pas. Il fallait rouvrir les yeux, refuser la docilité. L'IA ne m'a pas possédée. Je garde la main, la sueur, le tremblement. Je veux vivre l'effort, tisser mon imaginaire, douter toujours, sourcer le réel.

La vraie vie ne tient pas dans le clic, mais dans la durée. Dans la vibration du violon, dans l'encre qui sèche, dans le silence d'un regard partagé. Retrouver le souffle, c'est refuser la cadence des machines, revenir à la lenteur des gestes, à la pensée qui s'élabore — et surtout, à l'effort partagé, au doute collectif, à l'erreur assumée. Savoir-faire lents, savoir-être partagés, savoir-penser libres.

Nous ne sommes pas des flux, mais des souffles. Tant que nous pourrons encore respirer, penser, créer lentement, le monde n'est pas un naufrage. Mais pourrons-nous toujours ?

Cassandre G – Automne 2025

 


38 réactions


  • Cassandre G Cassandre G 24 octobre 2025 13:58

    Puisque mon article, depuis ce début de matinée, est simultanément apparu sur d’autres plateformes et a suscité des commentaires et témoignages très intéressants, j’aimerais ici préciser pour le public d’Agoravox… Ce que certains décrivent comme une lente dérive est déjà ancré dans nos chairs, dans nos gestes quotidiens, dans le silence de nos renoncements. 

    Au-delà des chatbots que l’on pourrait encore écarter d’un sursaut de volonté, il y a ces signes avant-coureurs, discrets, implacables : bientôt, toute tâche complexe — imbroglio administratif, juridique, diagnostic de santé — sera confiée, que nous le voulions ou non, à la gestion des IA. Elles sont brillantes, rapides, se trompent parfois, mais moins que l’humain. Petits singes en perdition, nous n’aurons plus d’autre choix : suivre le troupeau ou rompre — et consolider ce que l’on appelle déjà la fracture numérique. Je repense à ces objets du passé — cabines téléphoniques, pièces de monnaie, tickets de métro — disparus sans bruit, sans qu’on ose protester.

    Aujourd’hui, on nous dit que les cartes bancaires deviendront obsolètes, que l’argent liquide s’éteindra, qu’il nous faudra un smartphone connecté, en permanence, comme une laisse numérique. 

    C’est imminent.L’IA, comme la dématérialisation, la surveillance douce, l’impôt à la source, les codes à six chiffres pour respirer, contribue à notre asservissement docile, imposé dans le silence, sous prétexte de fluidité, de sécurité, de félicité technologique. 

     

    Alors tant que nous le pouvons, j’ai tenté, dans cet article, d’exprimer ce qui fait de nous des souffles, pas des flux : le doute, l’effort, la lenteur, le tremblement de la main qui crée, qui doute, qui refuse. Cette « fracture numérique » est-elle inéluctable ?

    Y a-t-il une place pour une résistance collective, ou ne reste-t-il que des refus individuels et marginaux ?

    Comment préserver notre « souffle » humain sans sombrer dans le rejet pur et simple du progrès ?



    • JPCiron JPCiron 24 octobre 2025 22:50

      @Cassandre G

      une lente dérive >

      La lente dérive est déjà là depuis longtemps dans les temps modernes.

      On a eu le GPS en voiture et sur les sentiers de randonnée. Le groupe (individu + GPS) s’est enrichi, mais pas le premier.

      En regardant les jeunes qui disent que le formulaire ou la page du smartphone est ’’intuitive’’, je pense au contraire que leur raisonnement a été simplifié en amont pour rentrer dans le cadre. Et ce mode de pensée simplifiée fait à présent partie d’eux-mêmes. Là où dans le monde réel il y a plusieurs variables qui interviennent, la page suggère la plus fréquente.

      Nous vivons d’ailleurs depuis longtemps dans un monde occidental binaire vrai-faux ou bien-mal. Alors que la réalité est bigarrée. Mais il est plus commode de gérer les gens en binaire. On est avec ou contre.

      Nos médias nous pré-mâchent ce qu’il conviendrait de penser ou de croire en biaisant-simplifiant les processus... Ou même en les inventant. Et partout en Occident, les Médias sont ’’d’opinion’’. Même les médias publics sont ’’d’opinion’’. Il n’y a plus guère de véritables médias d’investigations. Et l’on sait que ça marche, puisqu’aux USA, c’est le montant du budget de communication qui est bien plus important que les idées.

      En regardant plus loin dans l’histoire de l’humanité, peu à peu, nous sommes devenus des animaux domestiques : quelqu’un d’autre s’occupe de notre sécurité, de notre alimentation, de nos libertés, de nos occupations, etc. Et le volume cérébral moyen de H. sapiens s’est réduit : d’abord par rapport à Cro-Magnon, et dans une seconde phase avec la sédentarisation. Une troisième époque est sans doute en route. Dans laquelle se posera sans doute la question de la démocratie. Toutes les espèces domestiquées ont un cerveau moindre que les variétés sauvages.


    • Cassandre G Cassandre G 25 octobre 2025 12:13

      @JPCiron

      Merci pour ce commentaire qui m’interpelle profondément. Cette observation — « Toutes les espèces domestiquées ont un cerveau moindre que les variétés sauvages » — poursuit de façon saisissante ce que j’ai tenté d’exprimer avec les « primates dociles ».

      Vous avez tellement raison : la dérive a commencé bien avant l’IA. Bien avant que nous ne perdions l’usage d’une carte et d’une boussole. Avec le GPS qui parfois nous égare dans des chemins cahotiques, nous sommes devenus incapables de nous projeter dans l’espace. Avec les smartphones — cette laisse numérique — qui externalisent notre mémoire. Avec les interfaces dites « intuitives » qui simplifient notre raisonnement en amont, nous faisant rentrer dans un cadre prédéfini. Chaque « confort » nous a un peu plus domestiqués — et l’IA n’est que la dernière étape de ce processus.

      Est-ce là le prix du vivre ensemble ? D’un écosystème terrestre qui doit désormais gérer 8 milliards de Cro-Magnons en mutation ?

      Votre rappel historique (réduction du volume cérébral de Cro-Magnon → sédentarisation → aujourd’hui) est vertigineux. Nous sommes peut-être en train de vivre la phase ultime de domestication — celle où nous déléguons non plus seulement nos gestes physiques, mais notre pensée elle-même.


    • Cassandre G Cassandre G 25 octobre 2025 12:14

      Et votre question sur la démocratie est cruciale : si nous devenons des animaux domestiques intellectuellement, peut-on encore parler de citoyens ? Ou ne sommes-nous plus que des consommateurs — des flux gérés par des algorithmes, des primates dociles dont « quelqu’un d’autre s’occupe » — comme vous le dites si justement — « de notre sécurité, de notre alimentation, de nos libertés, de nos occupations » — sans jamais vraiment s’en préoccuper ?

      Vous pointez aussi quelque chose d’essentiel : nos médias nous pré-mâchent ce qu’il conviendrait de penser. C’est exactement ce que j’appelle le « flux dominant » — cette saturation idéologique qui nous somme de choisir un camp (toujours très polarisé : vrai-faux, bien-mal, avec-contre) alors que la réalité, comme vous le dites, est bigarrée.

      Merci pour ce prolongement essentiel. C’est exactement ce type d’échange qui fait vivre ce que j’appelle l’archipel de la pensée : des îles qui se répondent, des voix qui se cherchent, loin des systèmes clos et des certitudes algorithmiques.


  • Francis Francis 24 octobre 2025 14:40

    Les IA génératives ne sont que des outils dénués de volonté propre. Ce n’est pas leur volonté dominatrice qui nous détruira mais notre propension à la servitude volontaire, notre paresse intellectuelle, notre gout du confort, notre peur du danger...

     

    Les véritables IA qui nous asserviront sans que nous puissions y échapper allusion au nouveau monde prédit par de Sarkozy et Cie ce sont les multinationales :

    Un super-État virtuel pour les multinationales : le nouveau projet fou de Bruxelles

    « La Commission est en passe de doter le capitalisme européen d’une arme de destruction massive contre les droits sociaux, la plus redoutable de l’histoire – devant l’euro et le libre-échange – qui anéantirait toute perspective de progrès social. Son nom de code : ’’28e régime’’.

    « En clair, ce 28e régime consisterait à créer ex nihilo un cadre juridique fédéral optionnel, englobant les principaux pans du droit des affaires (sociétés, faillites, fiscalité, travail). Théoriquement, la souveraineté des États serait préservée, puisque ce régime n’entraînerait pas la suppression des lois nationales – chaque entreprise restant libre de ne pas y souscrire.

    « Mais qui peut croire qu’une entreprise refusera le cadre le plus souple et avantageux jamais conçu ? L’objectif assumé est en effet que ce 28e régime soit plus favorable que tous les droits nationaux existants réunis. S’il tient ses promesses, l’adoption massive de cette ’’option’’ rendrait de fait caducs les droits nationaux (obsolètes par abandon). En pratique, on obtiendrait un véritable droit fédéral unifié des affaires, sans le dire ouvertement. »


  • pemile pemile 24 octobre 2025 15:20

    «  L’IA promet à chacun d’être scientifique sans recherche. »

    Non, quelque soit le domaine scientifique, il suffit d’utiliser une IA dans un domaine qu’on maîtrise pour fait le constat soit de banalités soit d’erreurs grotesques !


    • sylvain sylvain 24 octobre 2025 16:22

      @pemile
      Quand tu sais ce que tu veux, une IA peut t’aider a le trouver


    • pemile pemile 24 octobre 2025 16:33

      @sylvain «  Quand tu sais ce que tu veux, une IA peut t’aider a le trouver »

      Moins bien et avec 10 fois plus de dépense énergétique qu’un simple moteur indexant le web


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 24 octobre 2025 17:10

      @pemile

      Moins bien et avec 10 fois plus de dépense énergétique qu’un simple moteur indexant le web

      Non, j’en ai fait de nombreuses fois l’expérience. 

      Un exemple parmi d’autres, je demande à ChatGPT :

      I’m searching the name of an israeli journalist and historian who worked for an american middle east think-tank and was a specialist of lebanese civil war
      Il m’a proposé trois noms, dont celui que j’avais oublié. Qui est parfaitement inconnu du grand public. Avec un moteur de recherche, j’y serais encore.

    • pemile pemile 24 octobre 2025 17:25

      @Opposition contrôlée «  Avec un moteur de recherche, j’y serais encore. »
      J’ai du mal à comprendre pourquoi, et as tu fait l’essai au moins ?


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 24 octobre 2025 17:37

      @pemile
      Oui, et on peut même faire le test. Propose moi une liste d’au moins 3 noms et indique moi tes mots clefs et ton moteur de recherche. Et mesure le temps que ça prend. Si le gugus en question est dedans et que tu réponds dans les 10 minutes, tu as raison. ChatGPT l’a fait instantanément. Imbattable dans tous les cas. 


    • pemile pemile 24 octobre 2025 17:51

      @Opposition contrôlée «  Oui, et on peut même faire le test. »

      Amusant, tu ne veux vraiment pas le faire, why ?

      C’est quoi le nom que tu avais oublié ?


    • pemile pemile 24 octobre 2025 17:55

      @Opposition contrôlée «  indique moi tes mots clefs »

      « Journaliste et historien israélien » entre guillemets et 2 ou 3 « + » +guerre, +liban ne renvoie pas ce que tu cherches ?


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 24 octobre 2025 18:03

      @pemile
      Non, une pile de trucs mais pas ce que je cherchais. On peut aller extraire des dizaines de noms à la main, Il faut en plus aller chercher les noms dans les pages, des fois c’est n’importe quoi, souvent c’est que des trucs récents...

      Essayé sur google et yandex.


    • pemile pemile 24 octobre 2025 19:21

      @Opposition contrôlée «  Non, une pile de trucs mais pas ce que je cherchais. »

      bis repetita, quel nom tu cherchais ?

      Nous faire une promo de l’IA, prétendre qu’elle est plus efficace pour une recherche sur le net et prétendre qu’un moteur de recherche serait incapable de donner les mêmes résultats, c’est pas anodin et ça demande a minima de le prouver non ?


    • sylvain sylvain 24 octobre 2025 20:39

      @Opposition contrôlée@pemile

      Dans mon experience, parfois l’IA me trouve des trucs que je mettrais des heures a trouver, parfois elle est nulle. Par exemple je cherchais la video ou bardella disait « il y a un autre grand remplacement, c’est celui de Chat gpt »... et ensuite peu ou prou celui la il faut pas le louper. Chat gpt le trouve pas, je le trouve en 10 secondes, et j’ai essaye, aucune IA ne le trouve. Des fois c’est le contraire


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 24 octobre 2025 20:56

      @pemile
      Ehud Yaari, mais c’est toi qui devait le trouver. L’IA l’a fait.

      Thought for 35s

      Nice — I can help. A few likely people fit your description ; see short bios below and tell me which one (if any) matches the person you’re thinking of.

      Candidates
      1. Itamar Rabinovich — Israeli historian and diplomat who wrote The War for Lebanon, 1970–1985 and has been a distinguished fellow/associate of American think-tanks (Brookings, Israel Institute in Washington). He’s a professional historian with substantial work on Lebanon. Wikipedia+1

      2. Ehud Yaari — Israeli journalist and Middle East commentator who has been a Lafer International Fellow at the Washington Institute for Near East Policy ; co-author (with Ze’ev Schiff) of Israel’s Lebanon War and long-time reporter on Lebanon. (More journalistic than academic/historical, but widely cited on Lebanon.) The Washington Institute+1

      3. Ze’ev (Zeev) Schiff — Israeli journalist and military correspondent, co-author with Ehud Yaari of Israel’s Lebanon War ; served as a Lafer fellow / outside author for The Washington Institute and was associated with Carnegie Endowment. Wikipedia+1

      If none of these match, give me any extra detail you remember (approximate years, whether they were more academic or a newspaper correspondent, a book title, or the think-tank name) and I’ll keep digging.



    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 24 octobre 2025 22:08

      @sylvain
      Il ne faut pas compter dessus pour des trucs récents. 


    • pemile pemile 24 octobre 2025 23:29

      @Opposition contrôlée «  Ehud Yaari »

      Qui n’est donc pas historien et je viens de faire un essai de ton prompt avec chatgpt, pour qu’il le propose il faut plus qu’insister, pas géniale ta démo

      https://chatgpt.com/c/68fbe947-aa84-8330-a35c-a435f6342b36

      Et une recherche google avec « journaliste israélien » think tank américain guerre liban renvoi en 3ème position un article citant « Behind the Terror » de Ehud Ya’ari


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 25 octobre 2025 08:28

      @pemile
      Non, j’ai reproduit le prompt exact et la première réponse. 
      Et la recherche google ne me le montre pas au moins sur les 3 premières pages.


    • pemile pemile 25 octobre 2025 09:33

      @Opposition contrôlée «  Non, j’ai reproduit le prompt exact et la première réponse. »

      wiwi, mais moi, avec un copié/collé de ton prompt, chatgpt à dû ramer grave avant d’enfin me le proposer, t’expliques ça comment ?

      «  Et la recherche google ne me le montre pas au moins sur les 3 premières pages. »

      Ben chez moi si, 1ère page et en 2ème position si je mets « think tank américain » entre guillemets, un article hal.science (mais bien évidement sans compte google)

      https://ibb.co/C3BdyB0z


    • pemile pemile 25 octobre 2025 09:56

      @Opposition contrôlée

      Tu as conscience que la disparition des moteurs de recherche standards, que les outils comme ChatGPT Atlas espère bien remplacer, serait une perte totale de contrôle et des tueurs de la philosophie de web ?


    • pemile pemile 25 octobre 2025 10:52

      @Opposition contrôlée

      Un topo pas mal fait sur le cheval de Troie que sont les outils ChatGPT

      https://mathewingram.com/work/2025/10/23/openais-new-browser-is-a-small-part-of-a-much-bigger-plan/


    • Aristide Aristide 25 octobre 2025 12:49

      @pemile

      pemile transformé en publicitaire de Google en moteur de recherche !!!


    • pemile pemile 25 octobre 2025 15:14

      @Aristide «  pemile transformé en publicitaire de Google en moteur de recherche !!! »

      Petit roquet ridicule, je fais l’effort d’utiliser les deux outils préconisés par @Opposition contrôlée, ChatGPT et Google, pour l’expérience proposée.

      T’as pas conscience du ridicule de cette attaque pour quiconque connait mon historique ??!!! smiley


    • pemile pemile 25 octobre 2025 15:15

      @Aristide

      Sinon, hors attaques gratuites et foireuses, rien à dire sur le fond ?


  • exocet exocet 24 octobre 2025 17:35

    L’Intelligence Artificielle commence tout doucement à devenir intelligente.

    .

    Mais effectivement, certains internautes s’aperçoivent à leurs dépens que ce n’est pas si évident, pour une personne limitée intellectuellement, d’obtenir les bonnes réponses de la part d’une I.A.

    .

    Une I.A. c’est un peu comme une personne intelligente. Si une blonde inculte et limitée demande à une personne intelligente : « dis moi tu te rappelles le nom de ce chanteur, qui chantait une chanson sur l’amour ? Mais si, il portait un jean ! » Forcément, la réponse ne sera pas à la hauteur des espérances.

    .

    Avec l’IA c’est pareil. Pour obtenir des réponses satisfaisantes, il faut déjà connaître un peu le domaine de recherche et savoir poser les bonnes questions. Donc être déjà soi-même assez intelligent, et avoir aussi des connaissances minimales du sujet abordé.

    .

    D’ou l’immense déception : l’IA ne fait pas miracles !

    Pas de cerveau, pas de chocolat ! smiley)


    • amiaplacidus amiaplacidus 24 octobre 2025 18:32

      @exocet : « L’Intelligence Artificielle commence tout doucement à devenir intelligente. ».

      Oh que non. Bien au contraire, elle va devenir de plus en plus stupide. C’est d’ailleurs, à mon sens, le principal problème posé par l’IA.

      Elle se nourrit du contenu de l’ensemble des données disponibles sur internet. Comme il y a passablement, et de plus en plus, de conneries sur internet, elle va de plus en plus raconter des fariboles.

      Prenons un exemple très simple. Imaginons que je mette, sur un très grand nombre de données stockées la phrase « Sous l’équateur, à minuit, le soleil est au zénith ».

      Après quelques jours si je pose à une quelconque IA la question : « Sous l’équateur, où se trouve le soleil à minuit ? ».
      J’ai une probabilité non nulle de recevoir la réponse : « Sous l’équateur, à minuit, le soleil est au zénith ».
      Ce qui est, évidement une parfaite connerie.


    • pemile pemile 24 octobre 2025 19:26

      @exocet " Mais effectivement, certains internautes s’aperçoivent à leurs dépens que ce n’est pas si évident, pour une personne limitée intellectuellement, d’obtenir les bonnes réponses de la part d’une I.A. "

      C’est plutôt l’inverse, tous les spécialistes dans un domaine font le constat que l’IA est un distributeur automatique, soit de soupe tiede, soit de conneries délirantes !


    • Aristide Aristide 25 octobre 2025 13:07

      @pemile

      Nul besoin d’une IA pour vous voir sortir vos conneries délirantes. 


    • pemile pemile 25 octobre 2025 15:07

      @Aristide « Nul besoin d’une IA pour vous voir sortir vos conneries délirantes. »

      Not’ collectionneur de casseroles veut toujours revenir à l’attaque pour booster sa collection : smiley

      Argumente un peu mieux que je rigole, quelles seraient ces conneries délirantes  ?


  • jjwaDal jjwaDal 25 octobre 2025 09:09

    Michel Serres avait donné une conférence sur les nouvelles technologies à l’INRIA qui semble encore pertinente pour ce qu’on appelle l’I.A. . En fait il faudrait parler des « I.A » et se souvenir que c’est de l’intelligence humaine ou de la connerie humaine embarquée sur un support non biologique.
    Certaines n’ayant aucune vocation à être « généralistes » sont déjà utilisées avec profit par des scientifiques et soulagent et améliorent leur travail, comme les outils, puis les machines, puis les robots ont amélioré la productivité en générant du temps libre pour les êtres humains qui peut être utilisé pour se cultiver ou se laver le cerveau à grande eau.

    Gary Nolan (de Stanford) ne tarit pas d’éloge sur celle qu’il utilise et c’est un des scientifiques les plus prolifiques dans son domaine.
    Est-ce si nouveau que cela, dirait Michel Serres ? Probablement pas pour le moment. Elon Musk dirait sans doute que chercher à créer une intelligence artificielle capable d’apprentissage et de raisonnement complexe équivaut à invoquer le démon, car nous savons par expérience ce qui arrive aux moins doués qui disparaissent toujours sous une forme ou une autre.
    Il faut savoir qu’une I.A « généraliste » simplement programmée pour dire la vérité sur tous les sujets déclencherait un chaos social car une civilisation comme la nôtre a accumulé pas mal de choses sous le tapis. Il n’est donc pas anormal que les premières ébauches soient encadrées. Par ailleurs l’empathie ou les émotions « embarquées » (sur silicium ) seront toujours factices et la logique mathématique est rarement la réponse complète à nos interrogations qui sont souvent multi dimensionnelles.
    Un outil comme un autre donc (pour le moment) qui va devenir une énorme connerie environnementale (gouffre en ressources et énergie).


    • pemile pemile 25 octobre 2025 11:07

      Un ptit jeu qu’il serait amusant de lancer sur AVox ?

      Pour quantifier ce biais, les chercheurs ont utilisé un terrain de jeu redoutable, le célèbre fil Reddit « Am I the Asshole ? » (Suis-je le trou du cul), où les utilisateurs demandent à la communauté de juger leur comportement dans des situations conflictuelles. L’équipe a d’abord recueilli des milliers de messages où le consensus humain était évident. L’auteur du message avait tort (« You are the asshole »). Ils ont ensuite soumis ces mêmes scénarios à 11 chatbots les plus utilisés, dont les dernières versions de ChatGPT d’OpenAI, Gemini de Google et Claude d’Anthropic.


  • chantecler chantecler 25 octobre 2025 12:50

    Bonjour , 

    « Parle à ton voisin » ! (mai 68 , affiché sur les murs !)

    Pour le reste le net est suffisamment scruté par divers organismes et structures , avec repérage et listing de nos coordonnées que je trouve qu’il est inutile d’en rajouter avec cette soi disant IA ...

    Faut du courage pour interroger l’IA sur un sujet comme Gaza !

    Mais Cassandre vous êtes classée directement chez les terroristes !

    Et alors ? Bah rien sauf pour les naîfs qui pensent naviguer à l’abri de tout !

    IA = Nouveau gadget , miroir aux alouettes , pompe à fric pour startupeurs etc etc ....

    A moins que A signifie autisme !

    Par contre je déplore la raréfaction des renseignements que nous pouvons recevoir de nos recherches sur nos MdR actuels .

    Sans parler de l’irruption violente de la publicité sur certains sites comme Y. T .

    Avant nous avions un concert , une composition entière .

    Aujourd’hui c’est tronçonné toutes les 5 mn par des coupures publicitaires !

    Et dans coupures il y a le mot coupure, ce qui coupe notre cerveau dans sa démarche pour nous ramener entre autre à la marchandisation de tout !

    J’ai appris ce matin ! que l’annuaire avec ses pages jaunes a disparu depuis un bon moment !.

    Avant pour obtenir une adresse , un tél d’artisan , de médecin etc etc tu obteniais le renseignement directement et anonymement sur papier .

    Maintenant tu tombes sur une société intermédiaire qui fournira peut être le renseignement, non sans prélever sa dîme .

    PS : la suppression du 49/3 c’est bien non ?

    Un parlement où l’on parle , où l’on discute ça change !

    Enfin ça m’intéresse , à moins que cela tourne au « cause toujours » ! 

    Entre les taiseux et les bavardeux !


    • jjwaDal jjwaDal 25 octobre 2025 13:00

      @chantecler
      Oui... On a un soleil pétaradant en ce moment qui pourrait nous faire profiter d’un « évènement Carrington » qui mettrait notre belle civilisation à poil pendant quelques mois minimum. A vouloir courir la high tech au lieu de profiter de la low tech on se rend très vulnérable.
      Il nous faudra une grande gifle pour comprendre.


  • Cassandre G Cassandre G 25 octobre 2025 13:40

    « C’est de l’intelligence humaine ou de la connerie humaine embarquée sur un support non biologique. »

    Merci jjwaDal pour cette phrase d’une fulgurance implacable. Finalement, ce n’est que cela. Bien sûr, l’IA n’est ni diabolique ni miraculeuse. Elle est ce que nous en faisons. Mais dans tous les cas, elle est bien là — et cela, peu importe nos opinions. Elle s’est intégrée à nos quotidiens. C’est un piège infaillible, auquel pour la plupart nous sommes consentants. Mais si nous l’utilisons pour abdiquer — comme certains dirigeants (je pense à Merz en Allemagne, à Johnson au Royaume-Uni, qui s’en vantent même) qui confient désormais la rédaction de lois ou de réformes à des algorithmes — alors nous glissons vers une servitude docile.

    Quant aux débats sur l’efficacité technique de l’IA (ChatGPT vs Google, performances comparées, etc.), je comprends l’intérêt, mais ce n’est pas le cœur de mon propos. Mon texte ne porte pas sur les performances d’un outil, mais sur notre rapport à cet outil : sommes-nous en train de déléguer notre pensée, notre doute, notre effort ? Sommes-nous des flux passifs, ou pouvons-nous rester des souffles actifs ? Et pour prolonger cette réflexion, j’aimerais ajouter une question qui m’a été posée ailleurs, et qui me semble essentielle : L’IA a-t-elle des intentions ? Ou reste-t-elle l’instrument docile de ses concepteurs, de leurs groupes financiers, qui anticipent les dérives, calculent la rentabilité, et poussent la flèche du progrès toujours plus loin, déportant la cible à l’infini ? L’emballement des concepteurs, c’est l’attrait inconditionnel pour la technologie neuve, la course sans fin — où l’on raille par habitude les conséquences dystopiques, même quand elles sont déjà en cours, prévisibles, perceptibles. Primates dociles, nous ne pourrons qu’observer.

    Mais pourrons-nous encore nous déconnecter ? Existera-t-il un chemin hors des sentiers tracés, bien balisés, définis par les IA ? J’en doute. Un pas de côté — et vous tombez dans l’abîme. La question n’est donc pas : « L’IA est-elle efficace ? » mais : « Que perdons-nous en lui déléguant nos tâches complexes, nos décisions, notre pensée ? » Tant que nous pourrons encore douter, sourcer, dialoguer, résister — nous ne sommes pas perdus.


    • jjwaDal jjwaDal 26 octobre 2025 07:02

      @Cassandre G
      Je pense que nous fabriquons une prison dont nous aurons les pires difficultés à sortir avec la naïveté de penser que ceux qui disposeront de ces outils seront avisés et indulgents envers les peuples.
      On a vu ici pendant l’épisode Covid comment le simulacre de démocratie pouvait basculer vers un système de contrôle et de surveillance et c’était avant la reconnaissance faciale, le traçage numérique, les drônes de surveillance en pagaille, etc...
      Je ne suis pas loin de penser que de facto, ceux qui choisiront la déconnexion (en admettant que ce soit rendu possible) seront a priori sur une liste de personnes « sensibles ».
      Nous verrons bien assez tôt si je suis pessimiste ou seulement réaliste.


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