jeudi 10 septembre - par Sylvain Rakotoarison

Il y a 25 ans : le commandant Massoud et les attentats du World Trade Center

« Je regrette profondément que nous n'ayons pas été capables d'aider cet homme courageux qui, pourtant, avait averti la communauté internationale des dangers imminents qu'elle encourait. » (Nicole Fontaine, le 15 septembre 2001 à Bruxelles).

C'était il y a 25 ans. Une génération ! Cela fait froid dans le dos quand on imagine où l'on en est aujourd'hui. Nicole Fontaine était la Présidente du Parlement Européen à l'époque. Elle était une députée européenne française et centriste, elle serait un peu plus tard ministre de Jacques Chirac. Son engagement européen a été récompensé en devenant la deuxième femme à présider le Parlement de Strasbourg, après Simone Veil. Elle avait invité le commandant Massoud à venir s'exprimer à Strasbourg devant les députés européens. Cela s'est passé le 5 avril 2001. C'était le premier (et le seul) voyage en Europe du chef militaire afghan.

Ahmed Chah Massoud, surnommé le Lion du Panchir, avait 47 ans. Depuis 1992, il était le Ministre de la Défense et le chef de l'armée islamique. Il était le Vice-Président de l'État islamique d'Afghanistan (sous la Présidence de Burhanuddin Rabbani), en lutte armée contre les talibans, ces islamistes radicalisés.

Dans l'enceinte du Parlement Européen, le commandant Massoud a lancé un cri d'alarme au "monde occidental" qui n'a pas été entendu. Il disait aux gouvernements européens et plus largement jusqu'au gouvernement américain qu'il fallait l'aider à renverser le régime taliban, car ce régime islamiste, en collusion avec le réseau terroriste d'Al-Qaïda (dirigé par Oussama Ben Laden), menacerait l'Occident d'une manière ou d'une autre.

Il a donc demandé des soutiens politiques et des pressions sur le gouvernement pakistanais qui soutenait le régime des talibans, mais il ne souhaitait aucune aide militaire : ni troupes étrangères ni armement. Cette visite à Strasbourg était donc historique et les députés européens qui l'ont accueilli l'ont bien compris comme cela.

Le 9 septembre 2001, il y a 25 ans, le commandant Massoud s'est fait assassiner dans le nord-est de l'Afghanistan, dans un attentat suicide commis par deux terroristes tunisiens qui se sont fait passer pour des journalistes venus l'interroger avec de fausses lettres de recommandation et des faux passeports (délivrés par l'ambassade d'Iran en Belgique).
 

Deux jours plus tard, les États-Unis ont connu une vague inédite d'attentats terroristes, avec le détournement de quatre avions de ligne régulière et l'assassinat de près de 3 000 personnes. Nous avons changé d'époque.

Comme l'expliquait Nicole Fontaine le 15 septembre 2001, l'avertissement du commandant Massoud n'a pas été suffisant et il a fallu ces attentats du 11 septembre 2001 pour que les États-Unis, dans une coalition impliquant d'autres puissances notamment européennes (dont la France), s'engageassent en Afghanistan pour renverser le régime taliban.

Nicole Fontaine exprimait en effet ses inquiétudes ainsi : « Je suis profondément triste et consternée, et j'éprouve les plus vives inquiétudes pour l'avenir de l'Afghanistan. Sa mort crée un vide immense. Avec lui, disparaît la figure la plus emblématique de la résistance du peuple afghan à toutes les oppressions. Il continuait de porter les espoirs de libération du peuple afghan contre la folie destructrice du pouvoir en place à Kaboul. (…) Ses demandes pathétiques auraient mérité à ce moment là et depuis longtemps plus de soutien de la part des gouvernements occidentaux. (…) Je regrette aujourd'hui qu'il ait fallu les tragiques événements survenus aux États-Unis pour que la communauté internationale songe à réagir. Le peuple afghan vit dans les ténèbres et la guerre depuis des décennies. Ce n'est pas lui qui mérite une nouvelle punition collective. Quant aux auteurs de ces actes odieux et à leurs commanditaires quel que soit l'endroit où ils se trouvent dans le monde, ils doivent être pourchassés, neutralisés et jugés. Le régime des taliban, qui bafoue les droits les plus universels de la personne humaine, ternit dans le monde entier l'image d'un Islam ouvert et tolérant. Il doit être mis au ban de la communauté internationale, comme on l'a fait pour celui des khmers rouges, mais après trop d'attentisme et deux millions de morts. À Kaboul, c'est la liberté qu'on assassine. ».

On connaît hélas la suite : les Américains se sont enlisés autant que les Soviétiques en Afghanistan, région au relief montagneux très difficile pour combattre des rebelles. Les Américains ont décidé de se retirer de l'Afghanistan de manière unilatérale en août 2021. Vingt ans, jour pour jour, après l'assassinat du commandant Massoud, sa tombe a été vandalisée par les talibans qui ont repris le pouvoir à Kaboul. Impression d'immense gâchis.
 

Mais revenons aux attentats du 11 septembre 2001 qui furent comme une douche froide pour les Américains. On se souvient du visage interloqué du Président George W. Bush lorsqu'il a appris les attentats. Il était alors filmé car il visitait une école. Il a vite quitté les lieux et s'est retrouvé dans son avion présidentiel à tourner en rond dans le ciel en attendant d'en savoir plus.



En plus des 19 terroristes, 2 977 personnes ont perdu la vie lors de ces attentats attribués à Oussama Ben Laden, et 6 291 personnes ont été blessées. Ce nombre de victimes est à peu près celui qu'il y a eu dans les attentats terroristes pendant les vingt années qui ont suivi 2001 en Europe, Russie en Turquie, perpétrés par les islamistes.

Le plus impressionnant fut l'attentat contre les deux tours du World Trade Center, que deux avions détournés par les terroristes ont heurtées, et ces tours se sont effondrées. Le symbole de la puissance des États-Unis, de Manhattan, a été touché.

Un Boeing 767 avec 81 passagers et 11 membres d'équipage qui a décollé à 07h59 de Boston pour Los Angeles (vol American Airlines 11) a été détourné vers 08h14 puis a percuté la Tour Nord du World Trade Center à 08h46. De même, un Boeing 767 avec 56 passagers et 9 membres d'équipage qui a décollé à 08h14 de Boston pour Los Angeles (vol United Airlines 175) a été détourné à 08h45 puis a percuté la Tour Sud du World Trade Center à 09h03. Aucun passager n'a survécu et 2 606 autres personnes dans les deux tours ont péri, dont 343 sapeurs-pompiers et 60 officiers de police. La Tour Sud (WTC 2) s'est effondrée à 09h59 et la Tour Nord (WTC 1) à 10h28. Les bâtiments WTC 3 et WTC 7, en proie au feu, se sont effondrés respectivement à 10h28 (à la suite de la Tour Nord) et à 17h25 (toutes les heures sont données en heure de New York).

Un Boeing 757 avec 58 passagers et 6 membres d'équipage qui a décollé à 08h20 de Washington pour Los Angeles (vol American Airlines 77) a été détourné à 08h53 et s'est écrasé sur la partie ouest du Pentagone à 09h37. Aucun survivant de l'avion et 125 personnes travaillant au Pentagone ont été ainsi assassinées.

Enfin, un quatrième avion, un Boeing 757 avec 37 passagers et 7 membres d'équipage qui a décollé à 08h42 de Newark (New York) pour San Francisco (vol United Airlines 93) a été détourné à 09h28 et, contrairement aux trois précédents, les passagers se sont rebellés (ayant eu connaissance du crash des avions contre les deux tours du WTC) et l'avion s'est écrasé à Shanksville, près de Pittsburgh (en Pennsylvanie) à 10h03, ne faisant aucune autre victime que les personnes à bord de l'appareil. Détourné, l'avion se dirigeait vers Washington et certains considéraient qu'il visait la Maison-Blanche.

On pourra toujours se poser la question de la date qui commence cette période que nous vivons, de troubles et de désordres internationaux : le 9 novembre 1989, chute du mur de Berlin et, le 25 décembre 1991, la chute de l'Union Soviétique ; le 11 septembre 2001 avec ces attentats ; ou encore le 24 février 2022, début de la guerre en Ukraine envahie par Vladimir Poutine ?... Toujours est-il que ces attentats ont provoqué des réactions en chaîne : l'intervention américaine en Irak en 2003, provoquant un espace politique et territorial pour Daech après les Printemps arabes en 2011, et la vague d'attentats en Europe, en particulier en France depuis 2012. Beaucoup de morts, beaucoup trop de morts. Et la guerre que livre Donald Trump en Iran n'a pas pour conséquence de favoriser la paix (c'est une litote). L'histoire humaine a souvent été sanglante.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (05 septembre 2026)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Les attentats du 11 septembre 2001.
La naissance du complotisme 2.0.

11 septembre 2001, quinze ans plus tard.
Complot vs chaos : vers une nouvelle religion ?
Nouveau monde.
Qu’aviez-vous fait le 11 septembre 2001 ?
11 septembre, complot ?
Les théories du complot décortiquées sur Internet.
Ben Laden, DSK, même complot ?
Commandant Massoud.
Et Trump crache sur nos héros en Afghanistan !
Hommage national à nos quatre soldats morts en Afghanistan le 20 janvier 2012.
Assassinat de Burhanuddin Rabbani, ancien Président afghan.
Kaboum.
Emmanuel Macron sur les Talibans à Kaboul.
Les Talibans à Kaboul en 2021.
Les soldats français morts en Afghanistan.
Chasseur alpin en Afghanistan.
L’invasion de l'Afghanistan par l'armée soviétique.
Séismes en Afghanistan : "plus de 1 000 victimes" près d'Hérat.

 



7 réactions


  • Yann Esteveny 10 septembre 10:40

    Message à tous,

    Pendant que l’oligarchie et ses médias aux ordres jusqu’aux dernier sbire fêtent ses 25 ans de mensonges sur le complot du 11 septembre 2001, Monsieur Thierry Meyssan a donné dernièrement un bel interview :

    « J’ai été interdit de médias » : Thierry Meyssan raconte l’après-11-Septembre - YouTube


  • Thierry Meyssan était l’invité de Clémence Houdiakova et Alexandre Cuignache sur Tocsin, le 9 septembre 2026.

    Ils l’ont interrogé sur les attentats du 11 septembre, Alexandre Cuignache soulignant qu’aucune procédure contradictoire n’a été engagée aux États-Unis et que les autorités se bornent à répéter, depuis 25 ans, un discours manifestement mensonger.

    Comme il l’expliquait, dès la parution de son livre, L’Effroyable imposture, Thierry Meyssan a narré comment, ce jour là, le président des États-Unis et son gouvernement ont été relevés de leurs fonctions et remplacés de 10 heures à 16h30 environ, que tous les membres du gouvernement et tous les parlementaires du Congrès ont été « placés en sureté ». Il s’agissait clairement d’un coup d’état, à l’issue duquel le président Bush a été contraint de changer de politique.

    Dans les années qui ont suivies, les États-Unis ont créé une police politique secrète pour surveiller leurs propres citoyens, légalisé la torture et assassiné plus d’un million de personnes au « Moyen-Orient élargi ».

    https://www.voltairenet.org/article224912.html


  • Macron n’a jamais vécu dans le monde réel, mais dans un train fantôme dont il n’a jamais été capable de donner le nom du conducteur.

    Il avait seulement remarqué la présence de quelques passagers, improbable. 


  • Résistance 71

    11 septembre 2026

    Depuis 25 ans, on nous raconte que le 11 septembre 2001, quatre avions de ligne américains furent détournés par des islamistes / terroristes saoudiens d’Al Qaïda pour commettre des attentats majeurs sur le sol américain. Que deux avions ont percuté deux tours du WTC de New York, les tours WTC 1 et 2, qui se sont effondrées après plusieurs heures ainsi qu’une troisième tour, celle du WTC 7 (3 tours avec 2 avions). Qu’un autre avion détourné avait percuté le Pentagone et qu’un quatrième avion s’était écrasé en rase campagne après une révolte des passagers.
    Ce narratif martelé ad nauseam depuis un quart de siècle, n’a jamais tenu la route d’un examen approfondi. Beaucoup a été dit et écrit sur ce sujet, ce dès les semaines qui suivirent les évènements. Le fait est que le monde a changé. Il y a un avant et après 11 septembre 2001. L’après étant fait de chaos et de guerre perpétuelle menée par un empire anglo-américano-sioniste débridé, cherchant à assujettir toute la zone d’Asie occidentale pour contrôler une très grande portion des ressources énergétiques planétaires. Ce qu’a déclenché le 11 septembre, c’est une accélération de la 3ème guerre mondiale, qui est la guerre de l’oligarchie et de son système étatico-marchand contre les peuples. Le but final : la mise en esclavage de l’humanité ou ce qu’il en restera au seul profit d’une caste de parasites retranchée dans ses zones vertes protégées et essayant de vaincre la mort dans un délire transhumaniste à la sauce IA.
    Aujourd’hui, nous vivons les derniers moments de ce segment d’histoire déclenché en ce 11 septembre 2001. Ces derniers moments sont ce qui devait être l’apothéose pour un empire, le bouquet final : la chute du dernier domino énergétique de la région… L’Iran.
    Un quart de siècles de dispersion et d’usure stratégique couplées à une arrogance sans borne ont mené l’empire à sa phase terminale, celle où il implose sous le poids de ses contradictions internes inéluctables, comme tous les autres empires avant lui.

    En ce qui concerne les attentats faux-drapeau du 11 septembre 2001, nous en avons longuement débattu sur ce blog depuis bien des années et ce qui demeure de plus important est cette traduction d’une analyse implacable que nous avions faites et publiée en septembre 2014. Nous n’avons rien à dire de plus que ce qui y est dit. Cette analyse scientifique montre aussi du doigt les responsables et acteurs de ce crime toujours impuni. A lire et diffuser sans aucune modération…

    https://resistance71.wordpress.com/2026/09/11/an-25-apres-11-septembre-resistance-71/


  • Nous y sommes le 11 septembre 2001. 

    Des Saoudiens attaquent les U,S . 19 saoudiens ?

    Les pauvres afghants étaient seulement un prétexte 


  • Résistance 71

    2 mars 2020

    Dans l’histoire récente, il y a un avant et un après 11 septembre 2001.
    Depuis cette date, l’oligarchie transnationale a fait rentrer le monde dans dans cette vaste escroquerie planétaire de la « guerre contre le terrorisme » où l’on sait depuis des lustres maintenant (et en France depuis les « Commentaires sur la société du spectacle » de Guy Debord en 1988), que l’État est le terrorisme, confirmé depuis par la mise au grand jour de l’Opération Gladio « Stay Behind » de l’OTAN, qui a maintenant été remplacé par un Gladio 2.0 qui a commencé quelques années avant les attentats du 11 septembre, au moment de la création par les services actions des renseignement yankees (CIA), britanniques (MI6) et pakistanais (SIS) d’une armée mercenaire, financée par l’Arabie Saoudite ayant pris pour non « La Base » ou en arabe « Al Qaïda ».
    Ce réseau fut la couverture des attentats du 11 septembre perpétrés par l’état profond américain et ses complices des basses œuvres israéliens.


  • Les États-Unis ont lancé une vaste campagne diplomatique visant à saper l’autorité de la Cour pénale internationale (CPI). Washington a adressé un ultimatum à ses partenaires européens de l’Alliance atlantique, leur enjoignant de cesser immédiatement toute interaction avec cet organe judiciaire international.
    Selon le quotidien américain Politico, citant des documents diplomatiques internes et des déclarations de sources haut placées, cette initiative a été lancée par le représentant permanent des États-Unis auprès de l’OTAN, Matthew Whitaker. Lors d’une réunion à huis clos des ambassadeurs des 32 États membres de l’Alliance à Bruxelles, le diplomate américain a exhorté ses homologues à dénoncer le Statut de Rome, traité fondateur de la Cour pénale internationale. M. Whitaker a conclu son discours en avertissant que la Maison Blanche suivrait de près la position de chaque pays.
    Parallèlement à ces déclarations verbales, la mission américaine a diffusé un mémorandum officiel affirmant explicitement l’intention des États-Unis de « démanteler systématiquement les capacités de la CPI ». Washington exhorte ses alliés à condamner publiquement les « pouvoirs excessifs » du tribunal, à évaluer les menaces qu’il représente et à bloquer totalement son soutien logistique et financier. « Mettons fin à cette farce une fois pour toutes », rapporte la publication, citant le communiqué américain.
    Les pressions exercées par les États-Unis ont provoqué de profondes divisions et un vif mécontentement au sein du corps diplomatique européen. Les représentants de la France et des Pays-Bas ont rapidement publié des déclarations officielles défendant la souveraineté de la CPI. Un ambassadeur européen, s’adressant à la presse, a qualifié les exigences américaines de « tout à fait choquantes », tandis qu’un autre diplomate a exprimé sa profonde déception face aux agissements d’un partenaire clé, qui portent atteinte aux fondements du droit international.
    La campagne contre la CPI s’est intensifiée en raison des inquiétudes au sein de la Maison Blanche quant à d’éventuelles poursuites contre des militaires et des responsables américains pour crimes de guerre commis lors de campagnes à l’étranger, comme en Afghanistan.


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