samedi 23 mars - par Massoumeh raouf

Iran - La nomination de Ebrahim RaÏssi : Un ultime sursaut pour essayer de préserver le régime

Le nouveau chef du judiciaire en Iran est connu pour être surtout l’un des principaux acteurs des massacres de 1988 et mais aussi le candidat malheureux aux dernières présidentielles iraniennes.

Membre de la ‘Commission de la Mort”, Ebrahim RaÏssi figure parmi ceux qui ont exécuté la fatwa de L’ayatollah Khomeiny pour éliminer plus de 30 000 opposants politique en 1988 dont mon frère Ahmad Raouf-Basharidoust que j’ai publié son histoire dans un livre de BD. " Un petit prince au pays des mollahs “. Un massacre considéré comme le plus grand crime contre l'humanité depuis 1945 et qui reste étrangement impunis depuis. La nomination de RaÏssi comme figure de référence de la justice iranienne laisse songeur sur le devenir des droits de l'homme en Iran.

Cette nomination est aussi et surtout un message clair adressé à tous les opposants au régime. Ce professionnel de la répression n'a pas été nommé par hasard. 30 ans qu'il gravit les échelons au sein de l'appareil judiciaire iranien, 30 ans qu'il est proche des ayatollahs au pouvoir, 30 ans d'expérience dans la violence qui feront certainement la différence. Ali Khamenei en le nommant lui a confié une mission, celle de transformer l'appareil judiciaire afin qu'il soit “en ligne avec ses besoins, avancées et défis”. Cela donne une idée assez précise de la direction prise par le régime.

Après 1 an et demi de manifestations populaires à travers tout le pays, le peuple ne décolère pas. Les mollahs n’ont pas d’issue de secours face au mouvement de protestation national et aux soulèvements qui ont plongé le régime dans l’agonie. Ses convulsions et ses tensions internes ne lui laissent plus aucune occasion de se livrer à des mises en scène de modération. Les mollahs sont dans l'impasse quant à l'issue de ces mouvements. Une chose est certaine, vue l’ampleur des manifestations, les opposant ne s'arrêteront pas tant que les mollahs resteront à la tête du pays.

Avec cette nomination, Ali Khamenei joue sa dernière carte, celle de la terreur, de la violence et de la répression accrue. Un ultime sursaut pour essayer de préserver son régime. Espérons que dans sa quête, il ne fasse pas la même terrible erreur que Khomeiny, qui, quelques mois avant sa mort, avait lancé une fatwa réclamant l'élimination pure et simple des 30000 prisonniers politiques pour la plupart les membres de l’organisation de l’OMPI L’ennemi juré du régime iranien.

On aurait pu penser que les parties soit disant modérée du pouvoir se serait élevé contre cette nomination. Il n’en est rien. Les différentes factions du régime se sont même félicités de voir RaÏssi ainsi installer à la tête du système judiciaire iranien. Une preuve de plus qui vient ébranler la conception selon laquelle le gouvernement iranien serait soit disant modéré. Mollahs et gouvernement iranien n’ont qu'une seule et unique ambition : éliminer toute opposition afin de préserver leur pouvoir et garder la mainmise sur les richesses du pays, et ce au détriment du peuple iranien.

Les manifestations populaires sont loin de s’estomper, quant aux arrestations des opposants, celles-ci vont sans nul doute connaître une croissance exponentielle dans les prochaines semaines. Le mirage de la modération étant passé place désormais à la répression.

 

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16 réactions


  • Christian Labrune Christian Labrune 24 mars 14:48

    Merci pour toutes ces informations. La France des Macron & Mogherini est engagée dans une « franche collaboration », comme on disait dans les années 40, avec le régime islamo-nazi de Téhéran. La presse française, par conséquent, n’informe guère sur ce qui se passe là-bas, ou raconte les pires conneries dont ne manqueront pas de se faire ici l’écho un certain nombre de détraqués que les régimes sanguinaires excitent.

    Espérons que tout cela finira aussi subitement que le totalitarisme soviétique, sans un bain de sang. Il y a toutefois cette différence que personne dans les années 80, à Moscou ne croyait plus à la religion du communisme. Le fanatisme islamique, en revanche, n’est toujours pas mort, et on peut en attendre le pire.

    Espérons que tout cela finira avant l’automne.


    • Ouallonsnous ? 24 mars 18:14

      @Christian Labrune

      S’il y a un régime nazi au proche orient, dénonçons le régime siono nazi de l’entité sioniste !


    • leypanou 24 mars 18:26

      @Christian Labrune
      Le fanatisme islamique, en revanche, n’est toujours pas mort, et on peut en attendre le pire 

       : pire que l’exceptionnalisme états-unien, cela n’existe pas.

      A commencer par les sanctions économiques et financières unilatérales contre différents pays dont le seul tort est de ne pas plaire au Grand Satan, un véritable acte de gangstérisme d’après PC Roberts.


    • Alren Alren 25 mars 15:06

      @Ouallonsnous ?
      Trump, Netanyahou, Khamenei, Ben Salmen, Maduro, Merkel, Macron : une belle brochette !!!


    • Alren Alren 25 mars 15:08

      @Alren

      Pas Maduro bien sûr !!! Mais Guaido le putchsiste raté !!!


    • V_Parlier V_Parlier 26 mars 21:18

      @kader
      De plus ce fameux régime iranien tant décrié aujourd’hui a été mis en place avec la participation active de la France, déjà servile valet des USA, rappelons le nous.


  • baldis30 24 mars 17:10

    Bonjour,

     article de très bonne information ... pas celle de la presse aux ordres !


  • JC_Lavau JC_Lavau 24 mars 18:28

    De la part d’un bloqué préventivement :

    sls0 24 mars 15:30

    @Arthur S
    Massoued Raouf, l’anti Iran me bloque de façon préventive, du coup je ne peux plus démontrer que ses chiffres sont faux et qu’il falsifie ses sources.


  • Mazdak Teherani Mazdak Teherani 24 mars 23:33

    Merci pour cet article instructif. La dérive totalitaire des mollahs en Iran fait craindre le pire.


  • HAMID ASSADOLLAHI HAMID ASSADOLLAHI 25 mars 10:10

    On va bientôt commémorer le souvenir de votre frère Ahmad Raouf-Basharidoust, jeune résistant iranien tombé en martyr, dans un Iran libéré du joug de la théocratie. 


    • blablablietblabla blablablietblabla 25 mars 14:48

      @HAMID ASSADOLLAHI
      En Iran c’est « dieu » qui gouverne , comment est-ce possible que la population iranienne aient pu supporter cela autant de temps et que ça continue. Je me demande bien si c’est pas les blocus et autres sanctions économique qui ont renforcés les mollahs et leur république islamique.


    • Alren Alren 25 mars 15:14

      @blablablietblabla

      « les blocus et autres sanctions économique qui ont renforcé les mollahs et leur république islamique. »

      C’est une certitude. Les manifestations d’un « ennemi extérieur » permet à tous les pouvoirs de justifier la répression de l’opposition et la restriction des libertés.

      C’est d’ailleurs pourquoi les gouvernants US ont besoin de faire croire au peuple qu’ils ont des ennemis pour maintenir l’absurde et monstrueusement injuste système capitaliste financiarisé qui n’a rien à envier au théocratisme capitaliste iranien.


    • blablablietblabla blablablietblabla 25 mars 15:58

      @Alren
      Exactement, on la vu en Algérie aussi avec le fln , qui depuis plus de 50 ans parle de l’ennemie extérieur, alors que l’ennemie était bel et bien à l’intérieur. On a vu ce que ça a donné pendant une décennie , et visiblement ça ne fonctionne plus , le peuple algérien a compris.


    • Ouallonsnous ? 26 mars 19:04

      @blablablietblabla

      Il n’en reste pas moin que l’ennemi intérieur, les frères musulmans est bien encore là !!!


    • blablablietblabla blablablietblabla 26 mars 22:41

      @Ouallonsnous ?Bonsoir, tout à fait et ça ne m’étonne pas y a plus de mosquées que d’écoles la bas.


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