lundi 8 août - par Nicolas Cavaliere

« En haute définition ! »

Des progrès forcés de la perception et de leurs séquelles sur les artères.

(Pareil que d’habitude, en mieux.)

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Depuis que l’humain a trouvé le moyen de saisir le réel en fixe ou en mouvement, depuis qu’il a eu le bonheur de découvrir la photographie et le cinéma, il a également cherché à chaque étape du développement de ces arts et techniques à en améliorer la précision. Grâce à ces évolutions, revoir par exemple un « Sherlock Jr. » en blu-ray est une expérience captivante. Le film en lui-même étant déjà visionnaire, anticipant les mises en abyme du cinéma contemporain sans y faire gaffe et nous gratifiant d’un nombre impossible de cascades improbables réalisées en plein air, c’est également une fête visuelle qui nous est offerte, une fête dont ont été relativement privés les premiers spectateurs qui disposaient de projecteurs dont les performances pâlissent en comparaison de nos écrans de salon.

Quand est arrivé le DVD à la fin du 20ème siècle, sa définition poussait le téléviseur cathodique dans ses retranchements et on pouvait y apprécier une image d’une netteté incomparable à l’époque. Personnellement, je croyais que c’était la fin de la quête, jusqu’à ce qu’arrivent le grain affiné du blu-ray et les écrans plats en masses quelques années plus tard. Là aussi, je me suis demandé comment on pouvait faire mieux, puis la 4K est apparue. Un peu sceptique au départ, je me suis laissé gagner par ces évolutions, et j’ai succombé à la tentation d’avoir plusieurs éditions du même film chez moi. Boudu a été sauvé des eaux deux fois, en DVD et en blu-ray, en attendant une prochaine édition Ultra HD. Pas mal pour un clochard qui préfère vivre dehors !

Chaque année, ce sont en fait des milliers de films qui sont restaurés pour retrouver un éclat colorimétrique et/ou une définition accrue pour la consommation à domicile ou en salles. Ces vestiges sont dès lors conservés pour une postérité qui ne peut bien sûr en apprécier qu’une rasade à la fois, car ils sont en concurrence avec les œuvres nouvelles qui ont le bénéfice de discourir directement du monde d’aujourd’hui - ou pas (le fantastique a la meilleure part de marché). Autant de soin pour les sauvegarder trahit un intérêt commercial et une passion patrimoniale, et a aussi un corollaire inévitable qui renseigne peut-être sur la motivation première de ces opérations : voir plus, entendre plus, ressentir une netteté d’impressions pour accéder à une émotion plus directe et plus forte (c’est d’ailleurs de cette façon-là que cela a été vendu par les marchands de lecteurs de DVD en premier lieu), retrouver l’authenticité de l’expérience première vécue par les premiers spectateurs, ceux qui ont assisté aux premières séances, et nous-mêmes, enfants, pourvus de nos regards innocents. Le nerf neuf est à vif, prêt à faire circuler l’information dont il se raidira.

Tout y passe. Des œuvres mineures, des séries B ou Z, reçoivent les mêmes soins que « Le Docteur Jivago » ou que « L’Ange Bleu ». Souvent, il n’y a pas la nécessité de cinquante millions de fans pour justifier une nouvelle édition. Une poignée de nostalgiques et de curieux ne peut pas avoir tort. Les perceptions de tous sont mises à la même échelle, chaque petit enfant compte. Ce qu’il a vu doit lui être rendu. Même ce qu’il n’a pas vu d’ailleurs. L’industrie de la remémoration n’a pas de limites. Elle doit ajouter au temps des êtres vivants le temps des êtres morts, afin que demeurent les mythes. Tel est le prix de l’immortalité collective.

Parenthèse : ce travail est effectué aussi sur le son seul. La haute résolution sur des albums de Françoise Hardy ou des enregistrements de Ferenc Fricsay donne des résultats probants et souvent chaleureux. La somme de détails nouveaux jette parfois un doute sur les modifications qui auraient été apportées à la source sonore. En parallèle, le vinyle connaît un renouveau marchand assez extraordinaire, le son seul réclamant un support-gage d’authenticité que le film semble ne pas exiger, alors même que la quasi-totalité des pressages modernes utilisent des sources numériques inadaptées à la reproduction analogique. Un 78 tours d’avant-guerre réédité aujourd’hui transite toujours par un ordinateur pour être nettoyé et revendu. Parfois, on ressent un peu trop d’homogénéité dans le traitement, un peu trop d’eau de Javel. Une fois encore, il est difficile de savoir si ça sonne juste, alors nous nous contentons de ressentir si ça sonne vrai. Et malgré tous ces efforts, on ne pourra jamais rien faire pour corriger les très mauvaises post-synchronisations qui gâchent les meilleurs films italiens ou pour donner un semblant de profondeur à une production de la Cannon. Les ânes et les chevaux de course…

Car l’important est ailleurs. Le lien de l’être au monde se trouve modifié. L’être veut voir son réel avec autant de netteté que ce qui est reproduit sur son écran. Et il va donc consommer ses expériences dans le réel comme il consomme ses expériences sur l’écran. L’émerveillement né du gain perceptif entraîné par le progrès technique s’estompe aussi vite que le désir qui pour accomplir son besoin de se décevoir se costume en amour. L’angoisse de la séparation est mise en veille, remplacée par des stratégies d’évitement ou d’aggravation des désordres émotionnels primaires. Les ânes oublient la mélancolie et la colère et les chevaux de course s’oublient dans la mélancolie et la colère. Les premiers se projettent trop, les seconds sont dans un état second et ne se projettent plus. Il faut aussi compter sur ceux qui ne veulent vivre aucune expérience et qui se contentent d’une fascination embryonnaire pour la technique, les collectionneurs et les critiques. Ceux-là sont les moins inoffensifs. Pivots du foyer, ils contribuent le plus au développement et à l’enracinement du système. Ils contribuent à faire oublier que l’aspect le plus grave de cette course à l’amélioration des moyens de transmission de l’image et du son pour tout le monde, c’est qu’elle ne se répercute pas sur des terrains plus concrets. On ne cherche pas à cultiver une nourriture plus saine et savoureuse pour tout le monde par exemple. La perception améliorée a satisfait l’esprit et anesthésié la raison. (Le ventre, c’est la raison.)

Le vernis civilisationnel a trop recouvert la porte des émotions. Ses instruments audiovisuels que sont les médias et la culture filmée ont rétréci la portée des relations en voulant les agrandir. Nous vivons trop grands ou trop petits, selon la place que nous pensons avoir dans le monde. Ce positionnement sur l’échiquier, nous ne nous le concevons, nous ne nous l’assignons, que pour nous excuser ce que nous sommes incapables de réaliser, asphyxiés par les lois et les mesures de police, écartés de nos aspirations, détachés de notre animale liberté. Nous percevons notre rôle avec gravité parce que les récits dont nous sommes bercés nous donnent la peine préalable de nous le concevoir, de nous l’assigner. L’ascenseur social ne connaît qu’un seul immeuble, celui de la représentation collective, et il passe chaque étage avec la minutie qui obligea Geppetto à bâtir sa marionnette de bois rigide. La précision, c’est la pire des vérités. La précision, c’est le mensonge. Le mensonge, c’est l’imagination. L’imagination, c’est l’amour. Et l’amour, c’est merveilleux, tant que ça dure. Et ça dure si on le conçoit selon des principes bien définis, et si on les applique n’importe comment, en ne pensant pas à l’image, en s’ajustant comme un miroir civilisant - la définition d’un miroir restant stable autant qu’il ne soit pas brisé. L’autonomie et la maîtrise de soi ont un coût. Ce sont souvent les conséquences irrationnelles du désir, celles qui ont laissé à Buster Keaton la nuque brisée pendant dix ans.

Cette surenchère technologique et informationnelle ne change rien au fait premier, fait qu’elle cherche à exploiter, à compenser, à rattraper (comme une sauce) : la mémoire est un vase empli de couleurs floues et de contours imprécis. L’eau trouble du passé a besoin d’être rappelée à l’occasion d’un incident traumatique pour réapparaître aussi claire que ce qui est réfléchi du présent. Le souvenir prend alors une forme et un sens, et il aide à guérir, à dissiper le brouillard, à éclaircir l’avenir. Il aide aussi l’avenir à se produire ; mieux, pire !, à se répéter.

Ces perles qui coulent lors de baisers à l’écran n’existent dans la vraie vie que lors des séparations. Elles sont ressenties dans la solitude du corps. Les acteurs qui se donnent devant la caméra pour permettre à la scène d’exister sont aussi isolés que le spectateur qui les regarde s’embrasser. Tout le monde est touché. Personne ne se touche. Les plus belles images sont vues à travers des murs de larmes.

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29 réactions


  • Clark Kent Séraphin Lampion 8 août 11:50

    Sur la photo, j’aime bien la haute résolution de la fille qui est à gauche.


    • cevennevive cevennevive 8 août 14:55

      @Séraphin Lampion, bonjour,

      Ce doit être bien embarrassant quand même ces gros sacs que l’on ne peut mettre dans un sac à dos ou dans les sacoches du vélo...
      Perso, je préfère la dame de droite, elle est légère !
      Mais moi, je n’ai pas été sevrée trop tôt, comme vous peut-être.
      Et puis, je suis une femme, et je pense avec tristesse que ces beaux sacs, tendres comme le lait, doux comme la soie, vont un jour descendre de plusieurs étages lorsque, l’âge venant, il ne respectera plus ces joyaux.
      Tandis que la dame de droite aura d’autres problèmes, soit, mais pas celui-là.
      Allez, Séraphin, l’ange, je vous mets un peu en boîte, gentiment, comme vous le faites sous beaucoup d’articles
      Sans rancune ?


    • Clark Kent Séraphin Lampion 8 août 15:33

      @cevennevive

      Pas de problème.

      Je suis d’accord avec vous.

      Les seins des femmes connaissent une évolution en trois phase à l’état adulte :

      • A vingt ans, ils sont comme des melons, bien ronds et bien fermes.
      • Entre trente et quarante, ils sont comme des poires, encore appétissants même si leur forme s’est apesantie.
      • Et après cinquante ans, ils deviennent comme des oignons : on les regardes et on pleure...

    • cevennevive cevennevive 8 août 17:27

      @Séraphin Lampion,

      Voilà ! Qu’est-ce que je disais ! C’est une « réponse » de l’ange Séraphin...

      Meuuuuhhh non, vous ne pleureriez pas si vous me voyiez. Peut-être ririez-vous ?

      Parce que j’aime les rieurs, les plaisantins, les un peu fous, et je déteste les « culs serrés », les vieilles barbes, ceux qui ont avalé un manche à balai et qui se croient les maîtres du monde.

      Vous en êtes loin !


    • eau-mission eau-mission 9 août 09:45

      @Séraphin Lampion

      En mode nostalgie, remontez de quelques années, à ce 1er avril où je vous mettais virtuellement en couple avec @alinea. C’était un gros effort (d’abstraction s’entend) pour moi.

      Que pense de tout ça la tigresse qui lit par dessus votre épaule ?

      Je dois avouer à l’auteur que je n’ai pas lu son texte ; j’ai vu qu’il vous absous du HS que je prolonge, sur cette érectilité qui fige la réflexion. Je remarque que votre interlocutrice n’a pas poussé l’investigation de la citation de circonstance : « les raideurs se déplacent ».

      Voyez-vous, je ne suis pas jaloux de votre succès présent. J’ai toujours entendu que les femmes aiment les hommes rassurants. Or, vous avez réponse à tout. Pour les hommes raides qui rebutent @Cevennevive, il y a quand même une certaine contradiction : c’est votre aptitude à contourner les obstacle qui les séduit ?

      Tenez il y a une faute d’orthographe en fin de votre post, à interpréter. Un jour, une femme des plus séduisantes me racontait une mésaventure en affaires d’un « je me suis faite baiser ». Petite erreur qui rajoutait à son charme. Voulait-elle dire qu’il fallait vite remédier à la tricherie subie, faire ça bien ?


  • Lynwec 8 août 11:57

    Tout le savoir-faire journalistique tient en fait dans le choix de la mise en page, des photos ET SURTOUT de savoir quelle photo illustrera le début de l’article et marquera les esprits (sachant que chez le mâle humain, l’esprit serait bilocalisé...)

    Ici, l’auteur a fait, à voir la réaction de l’ami Séraphin, le choix qui, seins posés, s’imposait...


    • Clark Kent Séraphin Lampion 8 août 12:07

      @Lynwec

      le problème, c’est qu’on reste scotché sur la photo, et que la suite passe à l’as.


    • Lynwec 8 août 12:18

      @Séraphin Lampion

      Le problème est aussi de savoir si l’auteur cherchait de la part du lecteur l’attention ou la tension...


    • Clark Kent Séraphin Lampion 8 août 12:31

      @Lynwec

      Comment on dit déjà quand on tend la corde d’un arc ?


    • Nicolas Cavaliere Nicolas Cavaliere 8 août 13:01

      @Séraphin Lampion

      Hé hé ça fait un peu partie du test. La photo récolte une note de 1,5/5, y a que les filles qui doivent voter !

      J’en profite pour pointer une faute de conjugaison au dernier paragraphe, c’est « regarde » et non « regardent ». Si la correction est possible, merci.


  • Lynwec 8 août 12:48

    Fernande ?


    • Nicolas Cavaliere Nicolas Cavaliere 8 août 13:02

      @Lynwec

      Pas Fernandel.


    • Lynwec 8 août 13:07

      @Nicolas Cavaliere

      Emilie ou Léonore à la rigueur ? Pas Lulu de toute évidence...


    • Aristide Aristide 8 août 13:11

      @Lynwec

      Non, Donatella pour les intimes et Damiani pour l’état civil. 

      La Cité des Femmes de F. Fellini en 1980.


    • Lynwec 8 août 13:55

      @Aristide

      Je faisais référence à la chanson de Georges Brassens
      https://www.youtube.com/watch?v=ujiPrrkE-Jk
      en réponse à la question posée par notre collègue Séraphin Lampion :

      "@Lynwec

      Comment on dit déjà quand on tend la corde d’un arc ?"

      d’où Fernande (pour la rime), Léonore-encore, mais je me suis planté par inattention, ce n’est pas Emilie, mais Félicie-aussi et Lulu-ne...plus...

      Faut dire que je pensais naïvement que Fernande suffirait pour bander....l’arc...


    • Clark Kent Séraphin Lampion 8 août 14:01

      @Aristide

      Elle a quand même 64 balais, maintenant !

      Et comme avait répondu Voltaire à Mme De Villemenue dont il regardait le décolleté et qui lui demandait :

       – Comment, Monsieur VOLTAIRE, est-ce que vous songeriez encore à ces petits coquins-là ?

      – Petits coquins ? Petits coquins ? Madame, ils sont devenus de bien grands pendards.

      Il vaut toujours mieux rester sur un ban souvenir que vouloir retrouver ce qui est passé, révolu.


    • eau-mission eau-mission 8 août 14:03

      @Lynwec

      L’arc a une corde ... sensible.
      Brassens le pudique refuse de faire rimer Pénélope avec s... Faut dire qu’Ulysse, ça rime pas avec andouille.
      Sinon, ces dames (celles des 95%) répondraient : quand je pense à c’t’andouille, je m....


    • Clark Kent Séraphin Lampion 8 août 14:13

      @eau-mission

      et Charlotte, ça rime avec quelque chose quelle n’a pas !
      c’est pas radoxal, mais presque !


    • eau-mission eau-mission 8 août 14:23

      @Séraphin Lampion

      Charlotte ? Elle rêve de mener son âne par le bout du nez plutôt que par le bâton.


    • Aristide Aristide 9 août 06:55

      @Lynwec

      Merci d’enfoncer la porte ouverte par Séraphin, ma remarque n’était qu’historique.


  • cevennevive cevennevive 8 août 15:02

    A propos de Charlotte, un jour, l’une de mes filles (5 ans) a entendu chanter la chanson paillarde : « un jour la petite Charlotte, dripote-moi, etc »

    Elle me demande : « qu’est-ce qu’il dit le monsieur ? »

    Je lui traduit, tout en fusillant du regard celui qui avait chanté ça : « 

     »Un jour la petite Charlotte, tricote-moi des chaussettes et des bas"

    Après cela, elle le chantait souvent...


    • Clark Kent Séraphin Lampion 8 août 15:23

      @cevennevive

      Non, non, c’est la p’tite Huguette qui rime avec chaussette

      Pour que ça rime la p’tit Charlotte avait oublié sa culotte, mais on ne dit pas si elle avit des chaussettes.


    • chat maigre chat maigre 8 août 15:42

      @cevennevive

      Bonjour, 
      je ne connaissais pas la version avec Charlotte
      chez moi c’était avec la ptite Huguette smiley


    • Cyrus lacerta 8 août 15:45

      @chat maigre

      en fait avec charlotte y a une histoire de carotte assez osée ...


    • eau-mission eau-mission 8 août 16:02

      @lacerta

      Ma foi, je n’en connaissais pas d’autre. Et eux la connaissaient pas sinon Séraphin aurait flairé l’effet de la carotte sur l’âne.


    • chat maigre chat maigre 8 août 16:14

      @lacerta

      merci à vous, j’suis curieux et je vais aller voir ça smiley
      c’est pour ça que je viens si souvent sur avox, j’apprends des choses !!!
      il y a un prix à payer, les insultes et les attaques gratuites et incessantes, mais la connaissance et le savoir ça vaut bien quelques petits sacrifices personnels smiley


    • Cyrus lacerta 8 août 16:31

      @chat maigre

      Ca m’ etone que tu en ais pas en campagne autour de marseillan ...
      c’ est pourtant un coin propice tout comme pour le lezard ocelé ..

      le lezard n’ as que de toute petite dent crocheté dont le but est d’ avaler ses proi , un peut comme des amecon de peche il est obligé d’ avancer pour les sortir et ouvrir la machoire .

      du coup , quand tu le suspend il se trouve un peut bete et toi aussi smiley

      http://www.netfemmes.com/lezard-vert_22677_album_photo/


  • eau-mission eau-mission 9 août 11:47

    @Nicolas Cavaliere

    Très beau texte

    ... L’émerveillement né du gain perceptif entraîné par le progrès technique s’estompe aussi vite que le désir qui pour accomplir son besoin de se décevoir se costume en amour. ...

    La technique voudrait supprimer l’écho, la profondeur.

    Vous reprenez un thème qui rend présente celle qui me l’exprimait récemment, entre deux silences téléphoniques marqués par l’absence du souffle de l’autre (optimisation du débit oblige).


  • I.A. 9 août 15:13

    Microsoft Windows.

    Ça pourrait finalement être tout un programme : « ce que vous voyez par cette fenêtre, c’est la réalité ; les interactions que vous entretenez par le biais de cette fenêtre, ce sont des vrais gestes rendus possibles par votre toucher, en plus de votre vue, en plus de votre ouïe, en plus de votre envie... »

    (Tandis que sans vous en rendre compte, ça fait déjà un bail que vous êtes le cul assis devant votre moniteur).

    Les écrans tactiles sont subtilement venus parachever ce sentiment de réalité : nous avons tous été vu en train doigter l’image, le mot ou la vidéo, pour l’agrandir ou la rapetisser, pour l’arrêter ou la relancer. Un doigt, deux doigt, d’un geste simple, mais parfois un peu plus compliqué, ou plus brutal ou... plus doux.

    Une machine géante (au sens de I.A.) chercherait à programmer (éduquer ? assagir ?) des singes hyperactifs, s’y prendrait-elle autrement ?


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