Blancs comme neige ?
Quelques heures d’intenses chutes de neige sur la Capitale ont suffit à paralyser Paris et sa banlieue. Au jour d’après, des questions subsistent face à ce manque d’anticipation qui va coûter plusieurs millions d’euros à la collectivité. Dans le viseur du gouvernement : Météo France.
Nicolas Sarkozy le clame depuis toujours : le mot « fatalité » ne fait pas partie de son vocabulaire. A chaque problème se trouve potentiellement une solution. Sauf que l’Homme est souvent démuni lorsque Zeus décide de faire des siennes. Et en cette fin d’automne, on ne peut pas dire que le Dieu du ciel y soit allé avec le dos de la cuillère.
Après la Province la semaine passée, c’est donc Paris qui a été fortement touché par la neige mercredi. Quelques heures ont suffit à recouvrir la Capitale d’un manteau blanc, pour le plus grand plaisir des enfants et des photographes.
Entre 10 et 15 centimètres de neige au sol. Les conséquences n’ont pas tardé à se faire sentir, elles furent mêmes immédiates : transports au point mort (bus, avions…) et bouchons monstrueux sur le réseau routier. La nuit fut longue, ou plutôt courte, pour les automobilistes cherchant tant bien que mal à rejoindre leur domicile à l’issue de leur journée de travail, ainsi que pour les voyageurs bloqués dans les aéroports.
A 17 heures mercredi, le Ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux était formel : « il n’a pas de pagaille ». Avec un peu de chance, la nuit lui aura porté conseil. Au regard des images et des informations chiffrées qui lui seront parvenues entre temps, le mot « pagaille » fera peut-être à présent partie de son vocabulaire.
L’Etat cherche dès lors à se défendre. Il n’a pas pu anticiper ces intempéries, car l’organisme chargé de prévoir les conditions climatiques, Météo France, n’a pas vu venir la chose. En tout cas pas l’intensité de l’épisode neigeux. Il n’en fallait pas plus au Premier Ministre François Fillon pour justifier l’absence des moyens logistiques mis en œuvre pour le déneigement, qui aurait permis de limiter la casse, concernant le trafic routier.
Les choses sont enfin rentrées dans l’ordre en ce jeudi après-midi. Oubliera-t-on pour autant ces 24 heures ? Si pour Nicolas Sarkozy, chaque problème a une solution, on ne doute pas également que chaque problème ait son responsable. De la fatalité à l’erreur fatale, il n’y a qu’un pas que celui qui fait la pluie et le beau temps du pays franchira peut-être. Certaines oreilles font siffler.
« Je m’en irai dormir dans le paradis blanc, où les nuits sont si longues qu’on en oublie le temps ». Pour les automobilistes bloqués dans leur voiture en cette glaciale nuit d’hiver, ce paradis blanc aura eu quelque chose d’un enfer.
Gwendal Plougastel


