Frédéric Lefèbvre : le bouffon du sarkozysme
On ne présente plus l’inénarrable Frédéric Lefèbvre avec son look de loubard de banlieue costard-cravaté pour se donner un air de respectabilité. On croyait avoir tout subi de la part de cet homme de main amoral et cynique. On se trompait...
Problème pour Frédo de Neuilly, ce sous-maroquin aux multiples attributions* dépasse très largement ses capacités d’action, et notre ex-tonton flingueur de la bande à Matamore craint, non sans raisons, de se mordre la queue en intervenant publiquement sur l’un des dossiers dont il a théoriquement la charge, mais qu’il ne maîtrise pas encore. Un défaut de maîtrise bien excusable : nommé le 14 novembre 2010, Frédo vient de terminer la lecture de sa carte de visite. Promis-juré, dès la semaine prochaine, il attaquera la facette « artisanat », première dans l’ordre alphabétique de ses attributions.
Silencieux sur son action gouvernementale, Frédo n’entend pas rester muet pour autant. C’est la raison pour laquelle il a choisi de s’emparer du sujet de préoccupation n°1 des Français : l’emploi. Non pour délivrer les banalités habituelles ou sembler croire, comme Xavier Bertrand, que c’est le Père Noël qui, en descendant dans la cheminée de l’Élysée avec sa hotte bourrée de jobs, va résoudre les conséquences de la désastreuse politique sarkozyste. Non, Frédo de Neuilly a choisi une autre voie : la dénatalité. Si la demande d’emploi est supérieure à l’offre, c’est la faute à ces obsédés de Français qui copulent comme des lapins, qui forniquent tels des patrons du FMI en tous lieux et toutes occasions sans se préoccuper des conséquences de leurs actes irresponsables sur le marché de l’emploi et sur les comptes de l’État.
Frédo de Neuilly n’oublie qu’une chose (problème de connexion neuronale ? dégénérescence de l’hippocampe ?) : la dénatalité qu’il appelle de ses vœux ne porterait ses premiers fruits que dans une vingtaine d’années. Or, le problème de notre pays se pose dès aujourd’hui avec la plus grande acuité. Et là, curieusement, Frédo ne dit pas un mot sur les initiatives imbéciles qu’il a soutenues et votées : Pas un mot sur les stupides attaques portées contre les 35 heures alors qu’il faudrait sans doute aller plus loin encore dans le partage du travail. Pas un mot sur l’inepte défiscalisation des heures supplémentaires qui porte pourtant un grave préjudice aux comptes publics et contribue à maintenir au chômage et dans la précarité, voire dans la galère, des milliers de nos compatriotes. Et bien sûr pas un mot sur la réforme des retraites à la sauce Sarkozy-Fillon dont on s’aperçoit désormais à quel point elle est calamiteuse pour l’emploi en maintenant en poste des employés de plus de 60 ans ou des salariés usés par une vie de travail alors que des centaines de milliers de jeunes crèvent de ne pas trouver de job.
Frédo préfère la dénatalité et, en creux, fustige tous les parents débiles qui ont choisi d’avoir des enfants. On attend avec impatience le projet de loi qu’il ne va pas manquer de concocter (s’il parvient à rétablir l’opérationnalité de quelques synapses) et de soumettre à Fillon dans le but de « nouer l’aiguillette » des Français et de remplacer les allocations familiales par des taxes exponentielles sur les enfants d’un couple. Une telle loi pourrait, comme il est d’usage, prendre le nom de son promoteur, en l’occurrence Lefèbvre. Elle serait pourtant beaucoup plus parlante si elle portait le nom d’Hervé Gaymard, en référence à cet éphémère ministre des Finances de Jean-Pierre Raffarin, père de... 9 enfants. Un ennemi de la Nation qui doit d’urgence être montré du doigt, voire banni du territoire pour fait de sabotage social.
Mais déjà Frédo de Neuilly mijote l’étape suivante : la stérilisation des couples de gauche, histoire de faire d’une pierre deux coups !
* Lefèvre est Secrétaire d’État, chargé du commerce, de l’artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme, des services, des professions libérales et de la consommation. Excusez du peu. Il ne manque plus que les urinoirs publics et le toilettage des chiens !...



, et tron soit disant tout le monde savait !!! on l’a fait ministre !) 