jeudi 10 janvier - par Méchant Réac

Le « pognon de dingue » des autoroutes : au secours l’Etat veut revenir !

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Au secours, l’Etat revient !

La solution, c’est l’Etat. C’est le rêve éternel de l’état providence alors qu’il est le cauchemar de l’économie française depuis 50 ans. Nationaliser n’est d’ailleurs pas le bon terme, car les autoroutes sont toujours propriété de l’Etat qui a concédé une mission de service public au privé. Pourquoi ? Parce qu’elles sont mal gérées ? Parce qu’elles ne remplissent pas leur mission ? Parce qu’elles ne respectent pas leurs engagements ? Non, trois fois non…

La politique française n’étant plus qu’une vaste sphère démagogique, on veut plaire au peuple. Coupler cette démagogie au réflexe bien national du mépris pour ceux qui réussissent, on veut punir les entreprises qui font du bénéfice ! Alors, on jette à la vindicte populaire VINCI (ASF), EIFFAGE (APRR) et ALBERTIS (SANEF). Pourtant, ces entreprises seraient en droit de se retourner contre l’Etat pour ne pas avoir assuré sa mission régalienne de sécurité des biens et des personnes.


D’autre part, rompre un contrat de concession engage des pénalités afin de dédommager ces entreprises (on a eu le cas avec l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ou encore les portiques écotaxes). Quel en sera le coût ? Ensuite, la gestion des routes nationales et départementales sont publiques devrait nous décourager de confier à l’Etat l’exploitation de nos autoroutes.

Qui profites du « pognon dingue » des péages d’autoroute ?

En 2016, les recettes des péages ont dépassé les 9,5 milliards d’euros, selon le rapport de l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer). Les trois sociétés privées Vinci (ASF), Eiffage (APRR) et Abertis (Sanef) se partagent les 9.000 km d’autoroutes françaises.

L’Etat se sert à hauteur de 37% de cette somme via la T.V.A., l’impôt sur les sociétés et la redevance domaniale, soit plus de 3,5 Md€ par an. L’investissement, la construction de nouveaux tronçons, l’entretien du réseau, représentent 2,7 Md€ soit 30 % de l’argent des péages. En 2015 (complété en janvier 2017), les sociétés autoroutières ont établi un plan de relance autoroutier de 4 Md€. En contrepartie, l’Etat a accordé une prolongation des concessions autoroutières ou l’autorisation de hausse supplémentaires de péage. Les coûts d’exploitation, c’est-à-dire les salaires des employés, les achats de matériels complètent les dépenses des sociétés d’autoroutes pour une somme de 1,44 Md€ (16% du C.A.). Vinci (ASF), Eiffage (APRR) et Abertis (Sanef) emploient 12.500 salariés.

Ils restent une manne de 2,8 Md€ qu’on appellera, par vulgarisation, « bénéfice » (que les comptables m’excusent). Un peu plus de la moitié est redistribuée aux actionnaires sous la forme de dividendes soit 1,5 Md€. Le reste (1,3Md€) est mis en réserves et permet le remboursement des dettes de ces sociétés. Or, si ASF appartient à Vinci, le groupe appartient à plus de 9% aux salariés et 7% à des épargnants individuels (et 5% en autocontrôle). APRR est une filiale à 50% de Eiffage, groupe détenu à plus de 20% par ses employés.
 

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* *

L’autoroute n’est pas la seule solution pour se déplacer en France. Il n’y a pas une situation d’exclusivité qui créerait une violation de la liberté de circuler : le train, l’avion, le réseau de routes nationales peuvent se substituer. Et il ne faut pas oublier non plus, l’aspect sécuritaire de ce réseau. En 2016, 170 usagers ont trouvé la mort sur le réseau autoroutier, soit 1.7 morts pour 2.000 km parcourus (versus 3477 au total).

Services et Sécurité, ça se paye non ?



33 réactions


  • Jeff Parrot Jeff Parrot 10 janvier 10:23

    Donc sur 9.5 Milliards, 1.5 Milliards sont reverses aux actionnaires, plus de 15.5% de marge nette pour les actionnaires sans aucun risque dans un business garanti par l’etat, et sans aucune inovation ni incertitude, qui dit mieux ?

    Cette marge serait mieux investie a desendetter l’etat.

    Par ailleurs, vous etes gonfles en disant « Alors, on jette à la vindicte populaire VINCI (ASF), EIFFAGE (APRR) et ALBERTIS (SANEF). » C’est tout l’inverse qui se passe. Malgre les operations peages gratuits, des peages detruits, des bureaux vinci detruits, aucun debat dans la presse ni chez les politiques sur ce sujet.

    Aussi Vinci c’est egalement le racket du stationement


  • Buzzcocks 10 janvier 10:32

    Les autoroutes sont moins accidentogènes que les routes de campagne, donc votre remarque finale est totalement à côté de la plaque. Qu’elles soient gérées par n’importe qui, vous avez moins de chance de percuter un platane ou un type qui s’est assoupi arrivant en face.

    Sinon, vous allez être content, EDF doit céder les barrages à Vinci, Total et autres, par décision européenne. Vous allez pouvoir écrire qu’un barrage Total est plus sur qu’un barrage EDF.


    • joletaxi 10 janvier 11:22

      @Buzzcocks

      a-t-on une idée des sommes récoltées par les péages, et du « bénéfice »net après amortissements et frais de fonctionnement ?
      car j’ai vaguement idée que depuis le temps, on les a déjà payées ,ce qui, en toute logique devrait conduire à leur gratuité non ?

      Ce serait en plus une vraie mesure de sécurité routière.
      hein ?
      cela fera partie des invariants ?
      kesako ?
      le gouvernement va organiser des parlottes citoyennes, une péripétie, paraît ?
      mais ne serons pas abordés les invariants
      par exemple , la poursuite du graal climatique,c’est trop important voyez-vous
      et quoi encore ?
      on sait pas, mais je suis enclin à penser que la liste va être rigolote


  • baldis30 10 janvier 10:39

    « Service et Sécurité, ça se paye »

    ainsi que vous l’écrivez .... en abrégé .... ça donne quoi .... SS si je ne me trompe


  • math math 10 janvier 12:42

    Les autoroutes ont été payé par les Français avec leur argent..mais la mafia au pouvoir pour remplir ses poches les vendent aux privés...

    La mafia française est pire que celle d’Italie...et la police regarde passer les trains ?


    • baldis30 10 janvier 18:00

      @math
      bonsoir
      « la police regarde passer les trains  »
      vous retardez  : Il n’y a plus de trains on a enlevé les rails pour récupérer l’acier et en faire des flashballs ...


  • zygzornifle zygzornifle 10 janvier 13:00

    Une fois que l’état aura récupéré les autoroutes ils seront vendus aux Chinois ....


  • sweach 10 janvier 13:03

    Vous n’êtes pas bien.

    Alors soyons très claire, l’Etat c’est NOUS !

    Vous pouvez parler de mauvaise gestion ou je ne sais quoi, mais quand on voit 2,8 Milliard d’euro prit dans la poche des Français pour finir la poche de privé et d’actionnaire, c’est tout sauf de la « bonne gestion »

    Renationaliser les autoroutes en gardant la gestion actuel ferait donc une économie de 2,8 Milliard sur les ménages, cette privatisation forcé par Villepin étaient une très mauvaise affaire pour l’état et le peuple.

    Oui nos autoroutes sont bien entretenu, mais à y regarder de plus près elles sont TROP entretenu, on voit donc des travaux d’entretien inutile qui sont facturés à prix d’or aux usagés.

    Peut être que dans l’avenir on fera une politique plus social et on n’empêchera plus les gens de circuler sur le territoire sans les taxer.


  • marmor 10 janvier 15:12

    Il est mignon l’auteur, il doit être actionnaire chez Vinci !

    Un exemple de gabegie des partenariats public/privé générant de grosses commissions pour les ministres attributaires : le viaduc de Millau : Gayssot et Voynet attribuent la construction à Eiffage, estimant que le coût prévu de 320 millions d’€ n’est pas supportable par l’état, en 2001 la concession de 78 ans est signée.

    L’état ( nous) prenons en charge l’achat des terrains et les infrastructures, à charge de Eiffage de construire. Coût final pour Eiffage : 400 millions d’€. Après un peu plus de trois ans de travaux, en 2004, le viaduc est ouvert. Selon les propres chiffres de Eiffage, l’investissement est amorti en 2006. Aujourd’hui, selon les mêmes sources, le chiffre d’affaires des passages est d’environ 75 millions d’€ /an soit depuis l’ouverture, 1350 millions d’€ avec bloquage par contrat jusqu’en 2045 irrévocable !

    Belle affaire pour Eiffage ! Emplois générés pour l’exploitation : zéro !


  • Cyril22 10 janvier 15:14

    Il ne s’agit pas avant tout d’une question de principe, car mettre en concession peut être une solution pour confier un service à des société spécialistes du domaine concerné. Le problème est que, pour des raisons obscures, il y a un contrat léonin en faveur des sociétés concessionnaires et au détriment de la collectivité, conduisant à ce que le kilomètre d’autoroute payante en France est le plus cher d’Europe (le péage de l’A65 est même le plus chère du monde au kilomètre). Le contrat est blindé de telle sorte que l’état n’a aucun moyen d’action sur le prix du péage, tout est répercuté à la hausse.Il y aurait bien un moyen indirect de pression, en bannissant ces sociétés pour de futurs contrats d’équipement si elles ne modèrent pas leurs tarifs. Mais il semble que les moyens de pression des affairistes sur les gouvernants soit plus forte que la réciproque (eh oui, un bon poste au chaud en fin de mandat).


  • marmor 10 janvier 15:20

    L’Etat se sert à hauteur de 37% de cette somme via la T.V.A.

    Vous n’êtes pas sans savoir que les sociétés recupèrent la TVA et que c’est encore le client final qui paye, donc il faut ôter 20% des 37 que l’état peut encaisser sur ces sociétés. Public ou privé, la TVA va de toute façon dans les caisses de l’état !


  • Taverne Taverne 10 janvier 15:28

    Sous les PV les péages.

    Sur les routes communales et départementales, c’est le Code de la route qui s’applique mais sur les autoroutes c’est le Vinci code qui prévaut. C’est cela la révolution de la privatisation : sous les PV le péage.


  • ninportequoi 10 janvier 15:48

    « L’investissement, la construction de nouveaux tronçons, l’entretien du réseau, représentent 2,7 Md€ soit 30 % de l’argent des péages ». 

    Les sociétés autoroutières sont filiales de sociétés du BTP. En conséquence les travaux (30 % de l’argent des péages) sont confiés aux maisons mères. Donc ce qui est présenté comme une charge dans l’article est en fait une source supplémentaire de profits pour les mêmes acteurs.

    Les 14 milliards versés au départ pour obtenir les concessions sont déjà remboursés 12 ans plus tard. Ce coût étant assumé, les bénefs vont encore augmenter, à moins que les société d’autoroutes ne décident de faire encore plus de grands travaux d’améliorations (bénéfices qui tomberont encore dans les poches des maisons mères).

    12 ans plus tard on feint encore de s’étonner sur les clauses extrêmement avantageuses des concessions pour les sociétés autoroutières. Cette privatisation a été faite sous Villepin. Son ministre de la justice était Pascal Clément. On sait moins que cet avocat a été embauché ensuite non pas par Vinci (cela aurait paru un peu gros) mais, plus discrètement, par le cabinet d’avocat de Vinci. S’agissait-il d’un pantouflage , d’un emploi fictif en remerciement des clauses avantageuses du contrat ?

    On est dans la même situation que pour NDDL. Le préfet qui a encadré l’étude publique préalable (étude truquée comme cela à été démontré) fut lui aussi embauché ensuite par Vinci.

    Ce que défend en fait notre Méchant Réac, c’est un système généralisé de connivence entre classe politique et grandes entreprises, et un système de corruption qui s’enrichit indécemment sur le pillage du bien public. Les gilets jaunes à qui les gras profiteurs du système expliquent sans fin « qu’il faut faire des sacrifices » ont bien raison de mettre leur nez la-dedans.


    • Eric F Eric F 10 janvier 18:23

      @ninportequoi
      « connivence entre classe politique et grandes entreprises »
      C’est en effet le nœud du problème, c’est pourquoi dans le « grand débat », rien de ce qui touche aux « profits » n’est mis dans la discussion, c’est verrouillé. Alors le gouvernement met sur la sellette les catégories un peu aisées (taxe d’habitation), afin de protéger les financiers. On verra dans les semaines à venir si ce genre de manipulation fonctionne.


  • Esprit Critique 10 janvier 18:18

    « ... 1.7 morts pour 2.000 km parcourus … »

    Dans ces conditions situ traverses la France aller et retour, t’es mal !


    • Eric F Eric F 10 janvier 18:40

      @Esprit Critique
      c’est une erreur dans le chiffre : la statistique est de 1,7 morts par milliard de kilomètres parcourus (il y en avait 8 fois plus en 1980), distance équivalente à 4 aller et retour terre-soleil
      https://fr.statista.com/statistiques/506632/taux-mortalite-tues-sur-autoroute-france/

      A titre de référence, la distance totale parcourue en un an sur les routes françaises est de plus de 700 milliards de kilomètres, dont 80 milliards sur autoroute, on voit que c’est un marché juteux ...mais aussi qu’on a des efforts de rationalisation à faire en améliorant la « proximité » logement-travail et production-consommation, ce qui devrait être les vrais objectifs des COP plutôt que des chiffres au doigt mouillé, et la marchandisation du carbone.


  • Esprit Critique 10 janvier 18:30

    « ..... En 2016, les recettes des péages ont dépassé les 9,5 milliards d’euros…. reste une manne de 2,8 Md€...... Un peu plus de la moitié est redistribuée aux actionnaires sous la forme de dividendes soit 1,5 Md€. ….. »

    ça nous fait du 16 % net ! (Or marge récupérée sur les travaux facturés par les maisons mères.)

    Vous pouvez ranger vos mouchoirs ….

    Méchant Réac aime quand c’est juteux !


    • Eric F Eric F 10 janvier 18:41

      Le gouvernement cherche à financer les mesures sociales, mais se refuse de faire contribuer les comparses.


  • soi même 10 janvier 21:38

    L’État c’est nous et pas les freluquets qui ses sont accaparés le pouvoir.


  • jeanpiètre jeanpiètre 10 janvier 22:10

    bizarre , l’auteur nous délivre un article à l’opposé de la doctrine, réac, il est juste gavé de bfm business , la pensée pseudo libérale, et la vrai extrême droite , celle de la conivence mafieuse de l’état et des investisseurs , tous 2 verreux


    • Breton8329 Breton8329 12 janvier 13:49

      @jeanpiètre il ne réfléchit pas , il récite. C’est un illuminé ; il a vu la vierge et il est dans la croyance, plus dans la réalité. Ils sont nombreux comme ça. C’est une vraie secte, la secte des idiots utiles.


  • clouds clouds 10 janvier 22:21

    En fait, tu es un comique, non ?


  • Gérard Gérard 11 janvier 00:13

    Deux choses : la première est que c’est le contribuable qui a financé essentiellement les autoroutes : études, travaux, indemnisations des expropriations... De plus le prix de leur entretien est en partie à la charge du contribuable. Elles sont archi-amorties, pourquoi en faire une sinécure pour le privé, alors que leur produit pourrait être versé aux retraites, à la sécurité sociale ou à la santé... La deuxième chose est le modèle Suisse. Figurez-vous que c’est une obligation constitutionnelle dans ce pays d’affecter le produit de jeux, du tabac et de l’alcool à l’assurance vieillesse ! Ici on privatise la Française des jeux, alors que son produit aurait pu servir aux retraites par exemple.


  • Julien S 11 janvier 08:13

    Je n’ai pas la télé, ne la regarde pas sur ordinateur, n’ai jamais pris de crédit à la consommation et ne circule pas sur les autoroutes. 

    Je ne suis pas du tout un violent, mais le seul travail que j’ai jamais fait, le travail de sape, je le pratique par l’abstention économique, à ne pas confondre avec l’imbécile décroissance. 

    Alors je suis content que vous vous fassiez écorcher sur les autoroutes pour que j’aie moins d’impôts. 


  • Ecométa Ecométa 11 janvier 10:00

    Selon l’Autorité de la concurrence entre 2006 et 2014, et on continue depuis sur le même rythme ; le chiffre d’affaire des sociétés d’Autoroutes a progressé de 26 %.

    Comment expliquer une telle progression ?

    La réponse ne vient ni du trafic, dont la hausse s’est limitée à +4% entre 2007 et 2013, ni de l’ouverture de nouvelles sections autoroutières. il vient essentiellement de la hausse des tarifs.

    Des tarifs en hausse de 21,7% depuis 2007

    Les tarifs des péages ont en effet augmenté en moyenne de 1,97% par an entre 2006 et 2013, soit plus vite que l’inflation (+1,66% sur la même période).


    Une marge nette de 20 à 24% : tout ceci sans aucun risque

    La comparaison du ratio de l’excédent brut d’exploitation sur le chiffre d’affaires dépasse ainsi les 70% pour cinq d’entre elles. Un niveau qualifié « d’exceptionnel ». De fait, ce ratio ne s’élève qu’à 33% dans les télécoms, qui sont le secteur d’activité le plus rentable. A des années lumières de la distribution qui se contente de 8%.

    Les tarifs devraient être sérieusement régulés et une baisse devrait même s’opérer !


  • sylvain 11 janvier 10:46

    On peut se demander si méchant reac est vraiment un reac ou encore un gauchiste infiltré, qui aurait du coup parfaitement réussi son coup !

    En tout cas pas la peine d’en rajouter, tout le monde semble convaincu que les gestionnaires d’autoroutes sont des gros porcs qui se gavent


    • ninportequoi 11 janvier 15:20

      @sylvain
      Pourquoi « semble convaincu ». C’est un fait chiffré : les gestionnaires d’autoroutes sont des gros porcs qui se gavent.
      La question n’a même pas à être débattue La seule question c’est de savoir quand un tel scandale va finir.


  • Ecométa Ecométa 11 janvier 11:00

    14,6 milliards de dividendes distribués

    Les sept concessionnaires historiques ont distribué 14,6 milliards d’euros de dividendes depuis 2006 à leurs actionnaires, soit plus que le montant de leurs bénéfices nets sur la période (136% de ce résultat net, exactement, contre seulement 56% entre 2003 et 2005).

    Depuis la privatisation, les SCA privilégient l’endettement à l’autofinancement pour leurs nouveaux investissements. Et les actionnaires d’ASF et d’APPR se sont votés des dividendes exceptionnels pour rembourser l’argent emprunté pour racheter les réseaux lors de leur privatisation

    Le prix de vente au concessionnaires avait été réduit de 10 milliards


    Rentabilité maximale

    Pour rentabiliser leur investissement, les sociétés d’autoroutes vont actionner trois leviers.

    Premier levier : réduire les effectifs par l’automatisation
    Ils étaient environ 20 000 avant la privatisation, désormais 14 000, soit une petre de 6 000 salariés, 30% de la masse salariale.

    Second levier : travailler en circuit fermé lorsqu’il faut entretenir le réseau autoroutier. Ce réseau mature et de bonne qualité a besoin d’investissements. L’Autorité de la concurrence constate que les grands groupes Vinci et Eiffage font appel à leurs filiales pour réaliser ces travaux.

    Dernier levier : agir sur le tarif des péages. On sait ce qu’il en est 2 % l’an ; bien plus que l’inflation.


  • Oscar Ollo Oscar Ollo 11 janvier 11:16

    J’ai du mal à voir où l’auteur veut en venir : d’une part il fustige l’état, qui est « le cauchemar de l’économie française » et d’autre part, il se demande « qui profite du pognon dingue des péages d’autoroutes ? »

    De nombreux intervenants ont souligné les contrats d’exploitations léonins, la connivence politique-grandes entreprises, etc…  Je passerai sur des arguments qui peuvent être discutés comme le fait que les autoroutes en question soient amorties, ce n’est pas mon propos.

    Ce qui me fait bondir est prétendre que « L’autoroute n’est pas la seule solution pour se déplacer en France. Il n’y a pas une situation d’exclusivité qui créerait une violation de la liberté de circuler : le train, l’avion, le réseau de routes nationales peuvent se substituer ». C’est vrai en théorie, mais cet argument ne tient pas une seconde : le train… (soupir !). L’avion… (re-soupir !) et les routes nationales… (sanglot !). 

    Ouvrir le marché est courir le risque de la mise en place de plusieurs autoroutes parallèles.  Pour un libéral, c’est un bienfait mais pour n’importe qui d’un peu sensé une hérésie : des infrastructures comme une autoroute ne sont jamais qu’un mal nécessaire (demandez à ceux qui habitent à-côté) et il vaut mieux les limiter autant que faire se peut. Le libéral pur et dur imagine que chacun assumera ses responsabilités, mais il oublie que si les conséquences ne se produiront qu’à long terme ou seront supportées par d’autres, la nature humaine est ainsi faite qu’il se fichera éperdument des responsabilités en question.

    Pour moi, ce genre d’infrastructure est clairement de la responsabilité de l’état. Qu’il ait laissé la bride sur le cou à des concessionnaires pour plumer les automobilistes depuis la construction des autoroutes en question est un manquement à ses missions.


  • Breton8329 Breton8329 12 janvier 13:45

    Votre approche comptable d’un problème complexe n’est pas la bonne, déjà parce que beaucoup d’effet ne sont pas chiffrables. Ensuite, parce que l’objectif d’une entreprise, quelle qu’elle soit, est de faire du bénéfice, c’est à dire de réduire les coûts et les principaux postes sont la maintenance, le coût du travail et les investissement (surtout si elles ne sont pas assurées d’un renouvellement du bail), tout en maximisant les bénéfices, c’est à dire en aumentant le prix des payages. Si vous êtes un peu attentif, vous remarquerez que c’est très exactement ce qui se passe et cela se fait au détriment des français. Quant à votre couplet sur déficience de l’Etat, vous savez comme tout le monde, que ce sont les mêmes qui dirigent l’Etat et les entreprises, mais que leurs salaires sont beaucoup plus confortables lorsqu’ils basculent dans le privé. De là à imaginer qu’ils défendent davantage les intérêts des entreprises que ceux de la majorité des citoyens, il y a un petit pas que je franchis allègrement et qui est parfaitement documenté. Enfin, qui veut tuer son chien dit qu’il a la rage et c’est très exactement ce que font aujourd’hui les libéraux qui veulent la fin des Etats européens pour créer l’europe supranationale utopique. 


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