Mortelle canicule
« Les efforts engagés ces dernières années pour nous adapter aux chaleurs extrêmes n’ont pas été vains. La France est mieux préparée aux fortes chaleurs qu'elle ne l'était en 2003. Mais elle ne l'est pas encore suffisamment pour affronter le climat des prochaines décennies. » (Sébastien Lecornu, le 6 juillet 2026 dans "Le Figaro").
Une quatrième canicule pour cet été a commencé à sévir ce mardi 28 juillet 2026 en France, avec un pic le 29 juillet 2026. La plus intense fut la deuxième canicule, avec son cortège de victimes. La canicule était un sujet de politique politicienne.
Quelques heures avant l'examen de la motion de censure déposée le 2 juillet 2026 par les écologistes et les insoumis pour protester contre cette canicule (!), j'exagère, pour contester la réaction du gouvernement sur l'épisode caniculaire (motion de censure très largement rejetée le 6 juillet 2026 par l'Assemblée), le Premier Ministre Sébastien Lecornu a publié une tribune dans "Le Figaro" qui commençait ainsi : « La France sous 40 degrés : beaucoup l’avaient prédit, tous n’y ont pas cru, mais nous y sommes. La canicule que notre pays vient de traverser a révélé nos forces comme nos failles face à un été plus chaud qu’aucun autre. Elle a provoqué des drames humains, en particulier pour nos aînés, qui ont souffert seuls dans leur appartement, parfois jusqu’à trouver la mort. Le bilan humain définitif sera bientôt établi. Il sera rendu public. En transparence. Démocratiquement. ».
Eh bien, nous y voici. Le bilan est désormais officiel, même s'il reste partiel. Mais avant de l'évoquer, revenons à la séance des questions au gouvernement du mardi 30 juin 2026 à l'Assemblée Nationale où les esprits chauffés à blancs par le soleil se sont agités. La récupération politicienne de crises exceptionnelles comme l'a été cette deuxième canicule et aussi les énormes feux de forêt un peu plus tard, contre le gouvernement paraît dérisoire quand il faut au contraire s'unir pour trouver des solutions à court terme (sauver les vies et si possible les habitations) et à long terme (que doit-on faire ensemble pour se mettre à niveau des enjeux climatiques ?).
La présidente du groupe écologiste à l'Assemblée, Cyrielle Chatelain, avait réussi alors un exploit : mettre en colère le Premier Ministre Sébastien Lecornu qui, d'habitude, par une résilience intérieure exceptionnelle, a toujours gardé la tête froide face à toutes les bêtises et désinformations qu'il a pu entendre à l'extrême droite ou à l'extrême gauche dans l'hémicycle depuis qu'il est à Matignon. C'est sans doute la principale qualité d'une personnalité au pouvoir, avoir le cuir épais, être dure à cuire !
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À la séance des questions au gouvernement du 30 juin 2026, cette dame a voulu mettre en difficulté le gouvernement en laissant croire (campagne présidentielle oblige) que seuls les écologistes (qui ont déjà été au pouvoir, rappelons-le), seraient capables d'arrêter la canicule. Et elle a commencé avec ses gros sabots : « La canicule de 2026 est la plus intense et la plus précoce jamais mesurée. Elle est le fruit de votre politique (…). Pourquoi cette obstination à tous nous emmener dans le mur ? Parce que certains pensent que l’argent les protège, qu’ils peuvent se créer une bulle de confort ? Depuis dix jours, cette bulle éclate. Nous subissons tous la chaleur, mais il y a ceux qui en souffrent et ceux qui en meurent ! Cela, c’est encore votre responsabilité (…). Sous votre gouvernement, la canicule s’est transformée en violence politique. Quand cesserez-vous de nier votre responsabilité dans ces événements ? ». Plus c'est gros, plus ça passe ? Pas sûr, pour ce genre de chose. Au contraire, ce type de déclaration tend à renforcer le climato-scepticisme involontairement. L'excessif est insignifiant.
Dans sa réponse (qui n'est pas limitée par le temps, les deux minutes habituelles, car un Premier Ministre a le privilège de pouvoir s'exprimer au Parlement quand il le veut et pendant autant de temps qu'il le veut), Sébastien Lecornu a commencé par une pensée aux victimes mais aussi aux combattants de la canicule : « Avant de vous répondre, au nom du gouvernement, je veux dire à nouveau notre émotion à l’égard de l’ensemble des victimes, de leurs familles et de leurs proches et, puisque vous ne l’avez pas fait, saluer l’engagement remarquable des services de l’État, celui des soignants qui font tenir l’hôpital, des pompiers, du corps préfectoral, des policiers, des gendarmes. On peut critiquer le gouvernement, mais pas semer le doute sur l’action de l’État, comme je vous entends le faire dans les médias depuis plusieurs jours, alors que l’État tient face à chaque crise ! ».
Le chef du gouvernement lui a renvoyé la balle en rappelant que les écologistes ont, eux aussi, étaient au pouvoir : « En bon républicain, j’ai la faiblesse et l’humilité, une qualité que votre propos ne transpirait guère !, de considérer que tous les gouvernements, singulièrement depuis l’élection de Jacques Chirac à la Présidence de la République, ont, chacun à sa mesure, agi contre le réchauffement climatique. Le nier, c’est abîmer le consensus républicain ! Pendant le quinquennat du Président de la République François Hollande, plusieurs ministres issus de votre famille politique ont d’ailleurs été aux responsabilités : vous ne pouvez pas dire de vous-mêmes que vous avez été inactifs ces dernières années ! Là encore, ce qui se joue derrière tout cela, notamment entre les républicains, c’est le consensus au sujet de l’avenir en matière de climat. Avançons. ».
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Et de brosser les actions du gouvernement : « Vous ne pouvez pas dire qu’aucune mesure n’a été prise. Le Plan national d’adaptation au changement climatique a ainsi été élaboré en 2011 puis actualisé en 2018 et en 2025. (…) 4,5 milliards d’euros, 25 000 projets, tout ça, c’est concret. Quelque 18 milliards étaient consacrés à l’adaptation au changement climatique en 2021 contre 28 milliards en 2025. On peut toujours considérer que ce n’est pas suffisant, mais il faut bien expliquer aux Françaises et aux Français que le déficit public est dû précisément au choix politique que nous avons fait de consacrer davantage d’argent à de telles mesures. Alors pourquoi caricaturer, pourquoi travestir la réalité et la vérité ? (…) Si nous avons évidemment besoin d’accélérer, les gouvernements successifs n’ont pas été inactifs. (…) À chaque fois qu’il faut agir, vous nous faites défaut ! Je pense à la programmation pluriannuelle de l’énergie, dont l’étude a été l’occasion pour votre groupe de déposer une motion de censure alors que l’extrême droite attaquait le gouvernement au sujet de la décarbonation, ou au plan d’électrification des usages, duquel votre groupe n’a pas dit un mot. C’est tout le problème de l’écart entre écologie politique et instrumentalisation de l’écologie à des fins politiques ! ».
Il en est venu à une certaine colère : « C’est la première fois que je sors de mes gonds lors d’une séance de questions au gouvernement : d’où sortez-vous ce bilan humain fallacieux de 10 000 morts, dont vous-même et les vôtres, du président Gontard, votre collègue sénateur, à madame la députée Rousseau, faites état sur les plateaux de télévision depuis plus de trois jours ? C’est scandaleux, c’est indigne ! Chaque mort est un mort de trop, mais si votre formation politique, qui est un parti de gouvernement, ne fait pas confiance à Santé publique France, à l’administration sanitaire du pays, comment nous en sortirons-nous ? De grâce, madame la présidente, faites preuve d’un peu de dignité et de responsabilité ! ».
Sébastien Lecornu a cité Santé publique France ce 30 juin 2026 comme juge de paix pour les statistiques. Le bulletin de cette institution est sorti justement le 22 juillet 2026 (on peut le lire en le téléchargeant) et il fait état de, exactement, 5 764 décès en excès pour la période du 17 juin au 2 juillet 2026 pour l'ensemble des 92 départements qui ont été concernés par cette canicule (98,5% de la population hexagonale), sur la base de 21 674 décès observés et de 15 910 décès attendus. Cela reste évidemment énorme, mais cela n'a rien à voir avec les chiffres donnés gratuitement, sans aucune base sérieuse, par les écologistes. Santé publique France a constaté ainsi : « Cet excès de mortalité toutes causes pendant un épisode de canicule est le plus élevé observé depuis 2003, sans toutefois en atteindre les niveaux. Plus de la moitié (56%) des excès de décès sont concentrés sur les journées du 25 au 27 juin. ». Soit 36% en excès. Rappelons qu'en 2003, 15 000 à 20 000 décès en excès avaient été à déplorer pendant le mois d'août caniculaire.
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La particularité de cette deuxième canicule de 2026, au-delà de son intensité (et ses records de température : 42,5°C à Bordeaux, 40,1°C à Paris, 42,7°C à Niort, 43°C à Brive, 43,8°C à Saintes…), c'est qu'elle s'est déroulée assez tôt en saison, si bien qu'il y avait encore beaucoup d'activités scolaires et professionnelles, au contraire du mois d'août, ce qui a exposé beaucoup plus de population.
Santé publique France a insisté sur le fait que la canicule a touché toutes les classes d'âge de la population adulte, y compris les moins âgés : « Un excès de mortalité toutes causes a été observé de manière inédite pour toutes les classes d’âge à partir de 15 ans, avec une augmentation marquée des décès dès 45 ans, soulignant l’impact sanitaire lié à l’intensité remarquable et la durée de l’exposition à la chaleur de la population. Les personnes âgées de 75 ans et plus constituent les deux tiers de ce bilan provisoire avec au moins 3 719 décès en excès (+33,3%). Les décès toutes causes, observés durant cet épisode de canicule, ont augmenté pour tous les types de lieux de décès : établissement hospitaliers, domicile et EHPAD/Maison de retraite. ».
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Sur le plan géographique, la population de la région parisienne a été très touchée puisqu'il y a eu 81,2% de décès en excès, soit 1 999 décès supplémentaires. Les autres régions très touchées sont Centre-Val-de-Loire (+62,6%), Pays de la Loire (+55,2%) et Grand-Est (+38,9%). On peut remarquer que ces quatre régions n'avaient pas forcément l'habitude de températures élevées.
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Tous les lieux de décès sont impactés : « Les décès toutes causes, observés durant cet épisode de canicule, ont augmenté pour tous les types de lieux : établissement hospitalier, domicile et EHPAD/Maison de retraite. ».
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Ces données de mortalité sont des estimations arrêtées au 20 juillet 2026 provenant d'un échantillon d'environ 5 000 communes couvrant 84% de la mortalité nationale. Le communiqué de Santé publique France précise par ailleurs : « Un délai existe entre la survenue d’un décès et sa transmission à Santé publique France : en moyenne et sur l’année, 50% des informations sont disponibles à J+3, et près de 95% à J+10. Ce délai peut s’allonger lors de périodes spécifiques (vacances scolaires, jours fériés, week-ends prolongés, ou pics épidémiques). Les informations collectées incluent l’âge et le type de lieu de décès (domicile, EHPAD/maison de retraite, établissement hospitalier, etc.). Cette information est collectée par l’officier d’état-civil au moment de la déclaration du décès à la mairie et doit être considérée avec prudence car il peut subsister une confusion entre le domicile et l’EHPAD/Maison de retraite. ».
Et l'organisme a donné rendez-vous à la fin de l'été pour une consolidation des statistiques : « L’estimation finale de l’excès de mortalité consolidée sur l’ensemble de l’été et détaillée par vague de chaleur sera présentée dans le bilan estival produit après la période de surveillance, rallongée de la période de consolidation des données de mortalité. ».
C'est clair que cette deuxième canicule de 2026 a été inédite à plus d'un titre, en intensité, en durée, en répétition. L'année 2026 a été une année record, mais ce record sera sans doute battu dans les années à venir. Bienvenue dans le nouveau monde du bouleversement climatique !
Aussi sur le blog.
Sylvain Rakotoarison (28 juillet 2026)
http://www.rakotoarison.eu
Pour aller plus loin :
Mortelle canicule.
Bulletin Canicule et Santé de Santé publique France, le 22 juillet 2026 (à télécharger). Séance des questions au gouvernement le 30 juin 2026 à l'Assemblée Nationale (texte intégral).
Cyrielle Chatelain.
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Rapport du GIEC sur le changement climatique publié le 8 octobre 2018 (à télécharger).
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L’industrie de l’énergie en France.
Le scandale de Volkswagen.
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Ces feux sont un cocktail de chemtrails qui brulent super bien et d’ondes HAARP pilotés par la CIA, le MOSSAD (d’où ce temps maussade hahaha, quel humour j’ai MOI quand même) les franc-mac et les satanistes de chez Rotchsild (ptit clin d’œil à mon pote Rimbaud)

