lundi 15 avril - par Sylvain Rakotoarison

Vincent Lambert entre la vie et la mort

« Comme fouettés par des esprits invisibles, les coursiers solaires du Temps passent avec le léger carrosse de notre destinée. Et il ne reste rien d‘autre à faire que de tenir solidement, avec une ferme résolution, les rênes, et tantôt à droite, tantôt à gauche, de guider la course des roues entre la roche et le précipice. Où va-t-on ? Est-il quelqu’un qui le sache ? À peine si l’on se rappelle d’où l’on vient. » (Goethe, 1787).



Dans quelques jours, le Conseil d’État va donner son avis, ou plutôt, sa décision sur le respect de la procédure d’arrêt des soins de Vincent Lambert faite par l’hôpital de Châlons-en-Champagne et confirmée par le tribunal administratif de la même ville.

L’audience a eu lieu le vendredi 29 mars 2019 et les juges administratifs suprêmes se sont donnés trois semaines pour donner leur jugement qui pourrait aller de l’acceptation de l’arrêt des soins (et donc, de l’arrêt de la vie de Vincent Lambert) à la recommandation de transférer Vincent Lambert dans un établissement spécialisé qui a l’expérience et la compétence pour soigner son état pauci-relationnel (conscience minimale) dans lequel vivent environ mille sept cents personnes en France dans des conditions hélas difficiles tant pour elles que pour leur entourage familial et amical.

Ces juges administratifs, qui sortent des grandes écoles (pour la plupart de l’ENA), ne sont évidemment pas préparés à donner un avis qui aura pour effet le maintien de la vie ou la mort d’une personne. Du reste, ils y seraient préparés "scolairement" qu’ils n’y seraient jamais préparés humainement parce que personne ne peut être préparé à planifier la mort, pas même les médecins dont les prévisions sont parfois trompeuses (par exemple, en novembre 1981, on avait donné à François Mitterrand à peine quatre ou cinq ans encore à vivre à cause de son cancer, il est mort en janvier 1996).

Attendre la mort… Tout être humain, dès sa naissance, attend sa mort, car c’est à peu près la seule chose de certain pour son avenir. Cela rend la vie parfois très absurde, déprimante ou vaine, mais heureusement, si ce sentiment, cette connaissance intime et ultime, cette garantie qu’il n’y a aucune garantie, revient régulièrement, et en particulier au fil des décès et des deuils que les êtres connaissent au cours de leur existence, la vie l’emporte toujours, et avec elle, une certaine folle insouciance, celle finalement de refuser d’anticiper l’avenir pour ne pas savoir, ne pas vouloir savoir qu’à la fin de la route, il y aura toujours un cimetière ou un crématorium.

Une fois cela dit, de manière très théorique, il y a des personnes qui voient la mort s’approcher réellement près d’elles. Les personnes âgées, mais si à 80 ans, on peut se dire que l’échéance n’est plus très loin, certaines peuvent vivre parfois au-delà de 100 ans, et ces vingt années, dont on martèlera que cela dépendra de l’état de santé pendant cette période, c’est carrément une génération nouvelle, des arrière-arrière-petits-enfants peut-être, des technologies qui ont évolué, un monde totalement différent finalement. C’est exaltant de durer.

À condition évidemment de ne pas avoir de problème de santé, mais ces problèmes, hélas, on peut aussi les rencontrer jeune, très jeune même. Et c’est sans doute la deuxième catégorie des personnes qui voient leur mort se rapprocher vite, celles qui sont malades, dont l’état de santé montre qu’elles seraient "condamnées", un vilain mot car aucun médecin ne peut en fait connaître l’avenir. Cependant, il est possible que cette vie qui se rétrécit devienne insupportable à la personne malade et c’est pour cette raison que le législateur français a adopté, à la quasi-unanimité (ce qui est rare et donc à souligner), plusieurs lois sur la fin de vie (chacune améliorant la précédente), la dernière étant la loi Claeys-Leonetti promulguée le 2 février 2016.

Celles-ci proposent comme principes la lutte contre la souffrance et la liberté du patient de se soigner ou pas. Pour lutter contre la souffrance, il y a les soins palliatifs qui demandent des moyens budgétaires et qui répondent à la grande majorité des situations difficiles. Pour les autres situations, la possibilité d’une sédation profonde et continue permet "l’endormissement" du patient sans transgresser la barrière morale et sans violer le serment d’Hippocrate, à savoir, sans donner délibérément la mort. En la laissant juste venir dans les meilleures conditions de confort, c’est-à-dire, sans souffrance.

D’autres situations, certes, laissent entendre que la mort pourrait être proche. C’est hélas la situation de Serge Atlaoui dans une prison de Jakarta, condamné à mort pour un crime qu’il dit ne pas avoir commis (trafic de drogues) et qui a épuisé tous ses recours judiciaires. C’est le cas plus généralement de tous les condamnés à mort qui attendent plus ou moins leur grâce ou leur exécution. C’est le cas aussi de situations de guerre, de crime, de prise d’otages, etc. où la mort violente peut survenir rapidement.

Vincent Lambert, lui, ne se retrouve dans aucune des situations décrites plus haut. Car il est vivant, il n’est pas en fin de vie. Cela fait six ans que certains voudraient arrêter sa vie en arrêtant de le nourrir et de l’hydrater (la première procédure d’arrêt de soins a commencé le 10 avril 2013), et cette procédure a été faite sous prétexte que Vincent était en fin de vie, et avec le recul, on voit bien qu’il n’était pas en fin de vie, il vit toujours, malgré tout, malgré plusieurs semaines sans alimentation (jamais une personne a montré qu’il tenait autant à la vie dans une telle situation). Vincent s’accroche à la vie, il n’est pas dans le meilleur état de santé, mais il vit, et il n’est pas seul car il a des personnes autour de lui qui veulent l’aider, l’accompagner et qui l’aiment. Les médecins qui soignent des patients dans la phase terminale de leur maladie témoignent souvent que les rares personnes qui réclament l’euthanasie sont celles qui semblent en manque d’amour.

_yartiDaliSalvador2019A05

Certains promoteurs de la loi Claeys-Leonetti (qui, rappelons-le, est une loi précieuse, à la fois sage et subtile, prenant en compte la spécificité de chaque situation humaine) expliquent que si cette loi devait ne pas s’appliquer à Vincent Lambert, alors, inéluctablement, une loi légalisant l’euthanasie arriverait un jour en France parce que cela voudrait dire que la loi actuelle ne suffirait plus à répondre aux situations délicates.

Je trouve ce type de position (par exemple exprimée par l’un des auteurs de la loi, que je respecte beaucoup, Jean Leonetti, actuel vice-président de LR et caution centriste de Laurent Wauquiez) particulièrement malsaine, pour au moins deux raisons.

La première, c’est que Vincent Lambert est une personne unique et ce qui sera décidé de sa situation, de son avenir, de ses possibilités d’amélioration de vie, est unique, spécifique et ne devra jamais être pris comme un modèle, un exemple, un cas général. En quelques sortes, c’est le risque de l’écho médiatique, la situation de Vincent est instrumentalisée, elle l’est des deux côtés, par ceux qui demandent l’arrêt des soins comme ceux qui demandent leur maintien. Elle est nécessairement instrumentalisée car elle est médiatisée. Elle le sera aussi par la justice car cette situation créera un précédent par la jurisprudence.

La seconde raison, sur le fond, c’est que cette affirmation est fausse. Le problème n’est pas dans les moyens d’interrompre une vie douloureuse qu’il faut à tout prix achever. La loi actuelle le permet par la sédation profonde, sans souffrance pour la personne concernée. Le problème est ailleurs, il est dans la liberté du patient, ce qui signifie que pour l’exercer, il faut qu’il puisse exprimer clairement sa volonté.

Or, Vincent n’a jamais exprimé de volonté, ni avant son accident, le 20 septembre 2008, ni moins après, où son état physiologique ne le permet pas. Il n’a pas rédigé de directives anticipées, il n’a désigné aucune personne de confiance, comme le propose la loi actuelle. Certes, il a maintenant une tutrice, son épouse, mais cela ne concerne pas le domaine de la fin de vie, le fait d’être tuteur ne s’applique pas à cette loi Claeys-Leonetti mais plutôt aux éventuelles affaires administratives et financières, matérielles.

_yartiDaliSalvador2019A06


Le problème, qui a fait que les tribunaux administratifs ont été beaucoup sollicités, c’est que la famille, l’entourage très proche n’a pas d’accord sur l’avenir de Vincent. Son épouse veut l’arrêt des soins, ses parents veulent le maintien des soins et le transfert dans une unité qui connaisse la situation très spécifique de Vincent (plusieurs établissements ont déjà proposé de lui ouvrir leurs portes).

Aucune loi ne pourra résoudre une absence de consensus familial. On aura beau jeter des anathèmes, dire par exemple que les parents sont des catholiques intégristes (ils ne sont que des parents aimant leur fils), mais on peut aussi dire que l’épouse veut "en finir" pour pouvoir refaire sa vie. Si c’était le cas, on pourrait la comprendre mais cela ne justifierait pas pour autant l’arrêt des soins.

Ce n’est pas tout à fait ce qu’a dit le chef de service qui a initié la première procédure d’arrêt de soin, mais c’est quand même son sens général. Répondant à des questions de Cécile Bouanchaud le 10 juin 2015 sur Europe 1, le docteur Éric Kariger a déclaré en effet, pour fustiger la diffusion d’une vidéo prise par un ami de Vincent qui le montrait vivant : « Ca s’appelle de la manipulation. J’en ai les larmes aux yeux en vous parlant. C’est douloureux, c’est dramatique. C’est irrespectueux pour le malade, pour son épouse et sa fille, qui ne peuvent pas faire le deuil, à travers cet acharnement qui vient de leur propre famille. C’est dramatique. ».

Comme je l’ai dit plus haut, la médiatisation entraîne nécessairement une part d’instrumentalisation et donc de manipulation de part et d’autre. Ce qui est dramatique, et cette réaction du médecin a de quoi faire frémir sinon bondir, c’est qu’il parle de "deuil" comme si Vincent était déjà mort.

C’est sûr, c’est certain, les proches de personnes très dépendantes vivent un enfer, c’est un changement radical de vie, c’est une transformation qui dévaste les projets de vie, qui est lourd à porter, qui tue même (50% des proches aidants meurent avant la personne dépendante qu’ils accompagnent), mais la question n’est pas là, la question n’est pas de dire que pour supprimer les conditions de cette vie tragique des proches, il faut supprimer la personne dépendante. C’est le respect de la personne humaine et la dignité humaine qui sont en cause, là.

La loi sur la fin de vie est pour soulager la douleur des personnes en fin de vie, pas pour soulager la conscience des proches, leur faciliter une vie particulièrement dévastée psychologiquement et matériellement, par cette dépendance de l’être cher. C’est important de souligner cet élément. Du reste, il faudrait prévoir l’accompagnement psychologique des proches aidants, leur vie est à rude épreuve, il est difficile de ne pas flancher.

Il n’est pas temps de faire le deuil. Vincent l’a démontré depuis six ans. Il vit, il est même capable probablement de vivre encore longtemps. Il est encore jeune. Les experts sollicités par le tribunal administratif ont conclu en novembre 2018 que Vincent ne souffrait pas, que son maintien en vie n’était pas une "obstination déraisonnable" malgré l’irréversibilité constatée de son état de conscience minimale (mais ce constat est en fait incertain, aucun spécialiste sérieux n’est prêt à donner dans des affirmations définitives en ce domaine).

Il est temps en priorité de tout faire pour que la vie de Vincent soit la plus confortable possible. Qu’on lui aménage son confort de vie sans lequel il ne pourrait jamais progresser, si jamais il pouvait encore progresser. Qu’il puisse parfois quitter sa chambre dont il est actuellement retenu prisonnier. Qu’il puisse bénéficier de soins de kinésithérapie. Qu’il puisse se déplacer en fauteuil roulant, se promener dans un jardin, voir la vie. Qu’il puisse jouir de tous les soins dont il a besoin et que, manifestement, cet hôpital de Châlons-en-Champagne ne lui procure pas parce qu’il n’est pas compétent dans le domaine de ses pathologies.

C’est pourquoi la décision du Conseil d’État est tant attendue par la famille et les proches. La vie de Vincent ne peut pas rester en l’état. Mais l’État ne peut pas se permettre, dans sa toute-puissance régalienne, d’arrêter sa vie. Le principe de solidarité, c’est au contraire de protéger les plus fragiles, pas de les sacrifier.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (14 avril 2019)
http://www.rakotoarison.eu


Illustrations : les peintures sont de Salvador Dali.


Pour aller plus loin :
Vincent Lambert entre la vie et la mort.
La tragédie judiciaire et médicale de Vincent Lambert.
Le retour de la peine de mort prononcée par un tribunal français.
Le livre blanc des personnes en état de conscience altérée publié par l’UNAFTC en 2018 (à télécharger).
Vincent Lambert et la dignité de tout être humain, des plus vulnérables en particulier.
Réglementation sur la procédure collégiale (décret n°2016-1066 du 3 août 2016).

Le départ programmé d’Inès.
Alfie Evans, tragédie humaine.
Pétition : soutenez Vincent !
Vers une nouvelle dictature des médecins ?
Sédation létale pour l’inutile Conseil économique, social et environnemental.
Vincent Lambert et Inès : en route vers une société eugénique ?
Le congé de proche aidant.
Stephen Hawking, le courage dans le génie.
Le plus dur est passé.
Le réveil de conscience est possible !
On n’emporte rien dans la tombe.
Le congé de proche aidant.
Un génie très atypique.
Les nouvelles directives anticipées depuis le 6 août 2016.
Un fauteuil pour Vincent !
Pour se rappeler l'histoire de Vincent.
Dépendances.
Sans autonomie.
La dignité et le handicap.
Alain Minc et le coût des soins des "très vieux".
Euthanasie ou sédation ?
François Hollande et la fin de vie.
Les embryons humains, matériau de recherche ?
Texte intégral de la loi n°2016-87 du 2 février 2016.
La loi Claeys-Leonetti du 2 février 2016.
La leçon du procès Bonnemaison.
Les sondages sur la fin de vie.
Les expériences de l’étranger.
Indépendance professionnelle et morale.
Fausse solution.
Autre fausse solution.
La loi du 22 avril 2005.
Chaque vie humaine compte.

_yartiDaliSalvador2019A09



47 réactions


  • Lonzine 15 avril 12:05

    depuis quand ?????


    • Séraphin Lampion P-Troll 15 avril 16:39

      @Lonzine

      La mort c’est le meilleur moment de la vie ; c’est pour cela qu’il est préférable de le garder pour la fin.


  • astus astus 15 avril 14:44

    10 ans de maltraitance imposée par une partie de sa famille (qui l’aime tant !) pour un état végétatif chronique jugé irréversible par toutes les expertises des médecins...

    10 ans de souffrance pour Vincent qui de son vivant avait donné son avis sur ce point (laissez moi partir)...

    10 ans de soins extrêmement couteux et totalement inutiles qui auraient permis de sauver des vies ou de mieux soigner beaucoup d’autres personnes...

    Avec un tarif (estimé, et probablement très supérieur) de 1500 €/ jour X 365 (jours) x 10 (ans) on arrive à 5 475 000 €. Sans compter les frais annexes à charge de la société (expertises, frais de justice).

    Que ces parents fassent donc preuve de responsabilité et prennent leur enfant chez eux ou assument intégralement le coût des soins de leur fils et que l’on cesse de parler de cette situation qui est un non respect de la dignité humaine telle que Vincent la souhaitait pour lui-même.

    Et à tous ceux qui ne le savent pas encore : remplissez vos directives anticipées de fin de vie tant que vous pouvez le faire !

    Quant aux opposants chroniques à l’euthanasie et à toute évolution de la loi qui n’arrêtent pas de faire lien odieux avec les nazis en faisant croire qu’on va zigouiller tous les vieux, alors que ce mot signifie « belle mort »,pétons que ce choix qui est fait par certaines personnes ne s’impose à personne et ne regarde qu’eux-mêmes et leur liberté propre. Ça les emmerde ?



    • foufouille foufouille 15 avril 15:03

      @astus
      il ne peut pas souffrir puisqu’il n’est pas conscient.
      ce n’est pas 1500€ par jour ........
      il n’a rien signé avant donc le but est bien d’euthazier sans consentement tous les autres 1500 patients.
      ensuite, ce sera le tour des autres invalides qui coûtent cher, des chômeurs ou des vieux.
      comme en 40.
      on pourra aussi revendre leurs organes comme dans certains pays libéraux. ce sera tout bénèf pour les assureurs escrocs.


    • lala rhetorique lala rhetorique 15 avril 15:49

      @astus
      Sauf que vous êtes bien prétentieux pour décider à la place de quelqu’un de la famille, de quel droit ? vous me faites penser à Hitler, en plus vous chiffrez la vie humaine, quelle honte ! De plus, vous semblez ignorer un décret, passé sous silence sous Holland, qui dit clairement qu’un chef d’établissement ou un médecin responsable, peut décider de débrancher un patient et n’est tenu qu’à informer soit le patient, soit sa famille, soit son référent, mais il ne s’agit que d’informer, ces personnes n’ayant pas droit au chapître. Vous comprendrez je pense mieux la raison pour laquelle la femme de Schumacher s’est dépéchée d’envoyer son mari alors dans la meme situation que ce Lambert, ailleurs qu’en France....


    • JulietFox 15 avril 16:02

      @astus
      Oui,mais, il n’y a que leur dieu qui a le droit de "rappeler Vicent à lui.
      C’est sur, que je leur ferait payer une partie de l’ardoise.


    • oncle archibald 15 avril 16:03

      @astus :

      Si Vincent de son vivant avait donné son avis sur le point de le laisser partir il y a longtemps que le problème serait réglé.

      Le reste de votre post est une ignominie comptable. Ainsi d’après vous dès qu’un diagnostic de fin de vie inéluctable serait posé il conviendrait de cesser de couvrir les frais de soins par la sécu, laissant aux proches du malade l’alternative de payer eux même pour des soins « inutiles » ou une euthanasie qui ferait faire des économies à la société !

      Vos propos feraient dégueuler un rat.


    • oncle archibald 15 avril 16:11

      @JulietFox :

      Dans quasiment toutes les civilisations, avec ou sans Dieu, le respect de la vie est un axiome fondamental. Tuer quelqu’un c’est mal, ça n’est pas permis. Comme Astus, signe du triste état de notre civilisation matérialiste à tout crin, vos faites de la vie et de la mort une affaire comptable. C’est à vomir !


    • arthes arthes 15 avril 17:04

      @oncle archibald

      Disons que le respect du droit à la mort peut aussi exister.
      Le problème étant ; Est ce que l’on doit s’acharner à maintenir une personne rendue légume en vie, et est ce bien charitable quand cela est mu par la culpabilité égoïste du « tuer c’est mal » et l’angoisse que l’on peut éprouver soi même face à la mort, ou doit on prendre pitié et lui permettre de se « libérer » et l’accompagner dans sa fin ?
      Bref, quel sens donner à cet acharnement qui puisse concerner la victime elle même, laquelle ne peut émettre aucune volonté ? Il est où le respect de l l’humain ?


    • Fergus Fergus 15 avril 17:12

      Bonjour, lala rhetorique

      Astus a évidemment raison sur tous les points qu’il a énoncés.

      Quant à « décider à la place de quelqu’un de la famille », ce n’est pas le cas : c’est la famille de Vincent Lambert  et notamment son épouse  qui demande depuis des années que soit mis fin à cet état végétatif irréversible. Seule la mère s’y oppose réellement, et fait preuve en cela d’un manque de compassion de fait d’autant plus ahurissant que sa position est dictée uniquement par un aveuglement religieux frisant l’intégrisme.


    • foufouille foufouille 15 avril 17:17

      @Fergus
      il n’a rien signer, c’est donc bien de l’euthanazisme. ce n’est pas de la compassion puisqu’l ne sent rien maies ça dérange les euthanaziste qui voudront ensuite les 1500 autres puis tous ceux qui les dérangent.


    • astus astus 15 avril 17:19

      @oncle archibald, lala rhéthorique, foufouille

      On approche du point Godwin mais je ne réponds jamais aux insultes, insinuations calomnieuses, ou remarques franchement désobligeantes.
      Celles-ci sont à l’harmonie ce que la musique militaire est à J.S. Bach. 
      Toutefois je sponsorise financièrement ce site pour que vous puissiez donner votre avis même si je ne ne le partage pas, ce qu’il m’arrive parfois de regretter.
      Et je ne saurais trop vous conseiller de vous informer davantage sur la réalité de l’euthanasie qui ne s’impose qu’à ceux qui font ce choix libre : https://www.admd.net


    • foufouille foufouille 15 avril 17:29

      @astus
      point goldwin car c’est ton admd qui l’est. tu devrais relire le texte fondateur avec sa culture de la mort, la demande que le suicide permette de recevoir une assurance vie.
      il a rien signer donc ton admd ne devrait rien avoir à dire mais ce n’est pas le cas car le but caché est le même que celui des admd d’autres pays : achever tous ceux qui dérange .......


    • Aristide Aristide 15 avril 18:02

      @astus

      Je n’arriverai visiblement jamais à comprendre comment on peut se positionner aussi fermement dans une affaire d’une telle complexité. Je passerai donc sur votre argumentation moraliste.

      Mais laisser passer ce calcul du coût est vraiment trop pour moi. Votre accusation non dissimulée de dépenses inutiles me laisse assez .. perplexe sur votre vision de notre médecine.

      Existerait-il donc une classification des malades à soigner pour dire ce qui est inutile ou pas ? Comment peut-on écrire de telles inepties qui ouvrent la porte au tri du malade, à l’évaluation économique des soins, ... enfin j’ose espérer que c’est plus surement un argument à peine réfléchi ... enfin ... 


    • Xenozoid 15 avril 18:08

      @Aristide

      au pays bas il y a un service qui emmenent les futur mort qui ont choisit vers leur dernier voyage/souvenire comme voir la mer une derniere fois,avant leur dernier voyage qui sera payé par solyent green l’assurance qui vous veut du bien.....

      je rigole


    • PUCK 15 avril 18:43

      @arthes Il n’y a en fait aucun acharnement à maintenir Vincent en vie .Il n’a pas d’assistance respiratoire ,on doit simplement lui donner à boire et à manger tout comme les soins d’hygiène nécessités par bcp de grabataires qu’on ne propose pas d’euthanasier .

      Les parents proposent de le mettre dans un établissement mieux conçu que cet hopital qui veut le supprimer , pourquoi ne pas les suivre ? J’ai vu une video de cet homme , il parait bien vivant ....


    • arthes arthes 15 avril 19:51

      @PUCK

      Il est vivant...Et végétatif....On l’arrose et le nourrit comme une plante verte donc, sauf que la plante, on peut la voir croitre, pousser et embellir, mais un humain....Ma question reste entière ; Cela apporte quoi dans sa vie d’humain à ce garçon , que de vivre comme un légume, quel sens cela a t il cette épreuve ?
      Du bonheur à ses parents que de le maintenir comme une momie vivante ?
      Pourquoi pas, ils ont peut être raison, peut être a t il assez de conscience pour vouloir vivre sa vie grabataire même s’il ne peut le dire, ou ...Pour vouloir désirer mourir , mais même s’il le demandait, même s’il suppliait ses parents, ses derniers lui feraient ils cet ultime concession ?
      Pourquoi ne pas assumer leur décision et le prendre chez eux alors ?
      Puisqu’ils l’aiment tant.


    • oncle archibald 15 avril 22:11

      @astus

      L’euthanasie ne s’imposant qu’à ceux qui ont fait ce choix pourquoi disserter à l’infini sur le cas de Vincent Lambert qui n’a pas fait ce choix lorsqu’il était en état de faire connaître sa volonté ? En l’absence de dernières volontés exprimées pourquoi choisir à sa place, en invoquant des « économies » faciles à faire pour la sécu, ce qui est à mes yeux proprement innommable.


    • Aimable 16 avril 05:41

      @JulietFox
      Tant que les autres payent pourquoi arrêter .
      De toute manière ses parents sont lâches ( être « croyants » les arrangent bien) parce qu’ils ont peur de leur propre mort .


    • Fergus Fergus 16 avril 08:47

      Bonjour, Aimable

      Toutes les croyances religieuses sont basées sur la peur de la mort. En cela, les athées ont une immense supériorité sur les croyants : ils ne se font aucune illusion sur ce qu’il advient d’eux après le décès et ne sont donc pas accessibles au doute !


    • lala rhetorique lala rhetorique 16 avril 09:19

      @oncle archibald Suis pas un rat mais... Bref, si on comprend bien, un bébé nait, après avoir échappé à l’avortement, et à peine sorti de l’oeuf, il faut qu’il signe son accord ou désaccord pour être débranché .... Lambert était si jeune, je pense que son objectif n’était pas de se retrouver ainsi aussi vite... La vie devient vraiment difficile, si on doit penser à peine nés à la mort !


    • Aristide Aristide 16 avril 09:20

      @Fergus

      Que de certitudes en si peu de mots ? L’origine des religions en deux phrases. La peur de la mort en base de toutes ces croyances !!!! La supériorité de l’athée qui ne craint pas la mort !!! 

      Serait-ce donc que l’absence de croyances religieuses vous exonère de la crainte de la mort ? C’est bizarre de poser en certitudes vos propres fantasmes et visions sur les croyances religieuses. 


    • Aristide Aristide 16 avril 09:27

      @arthes

      Ma question reste entière ; Cela apporte quoi dans sa vie d’humain à ce garçon , que de vivre comme un légume, quel sens cela a t il cette épreuve ?

      Pour éclairer votre position, peut être il faudrait que vous réflechissiez sur la situation de millions de personnes handicapées qui n’ont pas conscience de leur état et à qui la vie n’apporte que souffrances et malheurs dans leur entourage. Faudrait-il donc se poser aussi votre entière question ? 

      Je n’ose vous rappeler quels régimes politiques ont traité ce problème comme vous le souhaitez.


    • Aristide Aristide 16 avril 09:30

      @Aimable

      Tant que les autres payent pourquoi arrêter .
      De toute manière ses parents sont lâches ( être « croyants » les arrangent bien) parce qu’ils ont peur de leur propre mort .

      De l’analyse fergussienne aux propos les plus obscènes. Le pas est franchi.


    • Fergus Fergus 16 avril 09:42

      Bonjour, Aristide

      « Serait-ce donc que l’absence de croyances religieuses vous exonère de la crainte de la mort ? »

      La peur de la mort existe évidemment aussi chez les non-croyants. Ai-je prétendu le contraire ? Mais au moins n’y ajoutent-ils pas la crainte  agitée par les prêtres  du « salut de leur âme » !

      Pour ce qui est de la peur de la mort, origine de toutes les croyances depuis les plus anciennes, c’est une évidence qui n’est niée par aucun philosophe : lorsque les hommes ont pris conscience du fait qu’ils étaient destinés à perdre la vie tôt ou tard, ils se sont bâti une vie après la mort censée les aider à trépasser !


    • Aristide Aristide 16 avril 17:03

      @Fergus

      c’est une évidence qui n’est niée par aucun philosophe 

      Un sujet aussi complexe ferait l’unanimité ? Il existerait une évidence ? Allons, vous croyez vraiment à ce que vous écrivez ? Les religions ont de multiples causes, psychologiques, mais aussi sociologiques, anthropologiques, ... Enfin une multitudes de phénomènes qui s’entremêlent et aboutissent à des formes de croyances aussi différentes que de conditions sociétales, culturelles, ...

      La mort ? Bien sur que toutes les croyances en interprètent le sens, essaie d’en dépasser la simple condition humaine, mais aucune raison d’en tirer une conclusion aussi simpliste sur une prétendue supériorité de l’athéisme. 

      ils se sont bâti une vie après la mort censée les aider à trépasser !

      Vous ignorez surement que de très nombreuses croyances qui se basent sur la réincarnation, la voient comme une succession de réincarnation jusqu’à la libération par la non-existence absolue. 


    • Fergus Fergus 16 avril 17:51

      @ Aristide

      Vous confondez l’origine des religions et l’évolution des dogmes.

      Ce sont ces derniers qui ont de multiples causes, pas l’origine des religions, toutes construites sur un concept universel basé sur la peur de la mort  !

      Un concept décliné de différentes manières : ici la vie éternelle, là la réincarnation, ailleurs la métempsycose. 


    • Aristide Aristide 16 avril 18:07

      @Fergus

      La seule constante est dans la vision de la mort qui nous différencie de tous les autres êtres vivants. Le propre de toutes les civilisations humaines, des plus simples et primaires aux plus avancées est dans l’élaboration de rites funéraires. C’est cette conscience de la mort qui nous fait différent des autres espèces animales.

      Nul besoin de solliciter la peur ou la crainte, c’est la conscience d’une fin certaine.


    • arthes arthes 21 avril 16:57

      @Fergus

      C’qu’il faut pas lire comme conneries !!!
      La c’est le pompom.

      Je suis chrétienne et je ne me fais aucune illusions sur ce qu’il adviendra de moi car j’accepte complètement que cela échappe à l’entendement, c’est comme la résurrection, c’est un trip complètement incompréhensible, personne n’est revenu d’entre les morts pour raconter et JC est un trip complètement mystique..

      Je connais beaucoup d’athées ou qui se prétendent ainsi qui font les kadors en se foutant de la g. des croyants mais qui flippent comme des dingues envers la mort , tout simplement parce que athée ou croyant, le phénomène de la mort nous est totalement inconnu et incompréhensible, car comme celui de la vie il ne dépend pas de nous « il nous est comme donné » .

      Tu parles d’une immense supériorité, l’athéisme !

      Etr les croyances du rationnel scientifique, pour les scientistes qui veulent « vaincre la mort » et repousser les limites c’est quoi l’idée ? « Mort à la mort »
      Ce qui nous fait un « occis mort » 

      La même peur de la mort, alors que croyant ou non, c’est juste une question de l’accepter, une philosophie de vie à cultiver individuellement.


    • foufouille foufouille 21 avril 17:25

      @arthes
      je suis athée, j’ai croisé la mort de près souvent mais je n’est pas encore envie de crever malgré ce fergus l’euthanaziste appelle déchéance.
      en plus, il perd la mémoire ........


    • arthes arthes 21 avril 17:58

      @foufouille

      Plus on avance dans l’âge, plus on la croise la camarde, moi non plus, je ne suis pas pressée, ensuite, hors de toutes considération religieuses/superstitieuses ou de tentatives de justifications  pratiques et économiques pour un recours à l’euthanasie, il se joue des drames humains où la question qui doit se poser est : Dans un cas si particulier que celui du sujet le laisser vivre où le laisser mourir , qu’est ce qui est le plus cruel humainement ? Et surtout ; Pour qui et pour quoi est ce cruel ?
      Mais cela concerne le sujet et sa famille, qui se déchirent.

      Je pense que l’indécence a consisté surtout à l’instrumentalisation médiatique de cette histoire.


    • arthes arthes 21 avril 18:07

      @Aristide

      Mais j’espère bien que l’entourage se pose cette question !

      Vous croyez quoi ? C’est comme cela que l’on trouve un sens à la vie et aux épreuves, la force de les affronter avec de l’amour puisé en soi même et non du dogmatisme d’endoctrinement , en se posant LA question.

      Votre connerie infâme de la fin, genre je suis une nazie, vous pouvez vous la rembarrez in the slibard !


    • foufouille foufouille 21 avril 18:24

      @arthes
      pour moi ça date de quand j’avais 22 ans en 92. elle ne m’a jamais lâchée depuis. j’en ai aussi vu quelques uns qui sont mort jeune.
      le but de ces assos est de tous nous pousser au suicide.


    • arthes arthes 21 avril 20:13

      @foufouille

      De toutes manières elle nous lâche jamais,...De quelles assos voulez vous parler ?


    • foufouille foufouille 22 avril 08:01

      @arthes
      les équivalent de l’ADMD française dans les pays qui sont le plus en avance sur l’euthanasie.
      en france, c’est pas mal aussi pour pousser au suicide même ceux qui ont peur de la mort.


  • arthes arthes 15 avril 15:39

    Et pourquoi on pourrait pas en profiter de ce contexte juridique complexe pour le cryogeniser ?

    Hibernatus !!!

    On sait jamais, comme ça , on en parle plus, il est dans la glace, et au bout de 100 ans, on voit ce que ça donne, fonction des progrès scientifiques et toussa.


  • ZenZoe ZenZoe 15 avril 15:45

    « Vincent Lambert entre la vie et la mort »

    Et nous entre la consternation et l’écoeurement par tant d’acharnement et si peu de miséricorde.


    • amiaplacidus amiaplacidus 15 avril 18:21

      @ZenZoe
      De deux choses l’une :

       1) Vincent n’a aucune conscience et dans ce cas ce n’est plus une personne humaine, mais un corps humain maintenu artificiellement en état de fonctionnement.

       2) Vincent est conscient, mais il est totalement prisonnier de son corps.
      Dans ce cas, ceux qui veulent absolument continuer à faire fonctionner son corps sont des tortionnaires de la pire espèce.
      Imaginez, durant des jours, des mois, des années, penser, penser, penser .... sans pouvoir même cligner tant soi peu d’un œil. Je pense qu’il ne doit pas exister pire supplice. Ceux qui veulent maintenir Vincent dans cet état sont de parfaits salauds.
      .
      .
      J’ai lu plus haut « seul Dieu peu rappeler Vincent ... ». Admettons, c’est une hypothèse, que Dieu existe ; dans ce cas, Dieu aurait depuis longtemps rappelé Vincent sans les machines à respirer, à déclencher les contractions cardiaques, à manger, etc.


    • PUCK 15 avril 18:46

      @amiaplacidus
      Justement ,il n’est branché sur aucune machine ...


  • Clocel Clocel 15 avril 18:50

    Allez, comme au cirque, le pouce en l’air, la vie, le pouce en bas, la mort !

    Vous êtes répugnant...


  • Esprit Critique 15 avril 20:00

    Si j’étais dans le coma depuis des années, je serais, je pense peut être ? , assez fort, pour en sortir d’un coup, et foutre sur la gueule violement a toutes les merdes exploitant ma situation.

    Est ce que je suis assez clair ?


  • monde indien monde indien 16 avril 09:44

    Beaucoup de blablas pour dire quoi ?

    Quand il s ’ agit d ’ euthanasier votre chien vous ne faites pas tant de chichis !

    Pourtant je sais bien que vous l ’ aimez votre chien , et qu ’ il vous aime !

    Quant à ceux qui refusent d ’ autoriser ce qu ’ on appelle horriblement le « suicide assisté » , ce sont des gros cons qui font chier .

    Pour moi , je sais comment je voudrais mourir si la douleur et la maladie m ’ interdisait de vivre . Certainement pas comme une putréfaction moribonde en état de morve inconsciente au fond d ’ un hopital .

    Je voudrais mourir sur la plage , face à la mer et au soleil du matin , m ’ emplir encore une fois de cette beauté , de ces odeurs , du bruit des vagues , sentir encore l ’ amour pour tout ça et pour tous ceux que j ’ aime , dire adieu , peut-être au revoir ( qui sait ? ) et quitter la vie , entrer dans l ’ existence des choses , dans l ’ ordre des choses .

    Ils font chier ceux qui se trainent trop dans la tristesse ou la peur de l ’ après vie .

    Peut-être un jour les humains comprendront-ils que l ’ existence ne se limite pas à la vie .

    Bien amicalement à vous tous ,

    http://mondeindien.centerblog.net/


  • crabo21 16 avril 18:38

    comme quoi ETRE EN VIE est une expression incomplète et insatisfaisante.

    Il n’a aucunement une existence d’etre humain et les frais inutiles le seraient utiles pour d’autres hélas.


  • jeanpiètre jeanpiètre 21 avril 18:56

    on ne dit plus paradoxe du chat de schrödinger, on dit vincent lambert


  • C’est quoi être en vie ? Après la mort, les ongles continuent à pousser,....


Réagir