jeudi 12 novembre 2020 - par I.A.

De l’expression de la liberté à la liberté d’expression

 

Notre vernis social est en train de s’effriter. L'humour est éclipsé par l'injure, la vérité par la mise en scène. Aujourd'hui, ces écarts de conduite sont devenus délictueux, innombrables et multiformes, ils ne servent plus seulement la foire, mais encore toutes formes de turpitudes – à savoir intoxications télévisuelles, endoctrinements en tout genre, maltraitances de tout poil.

Notre société ne compose pas autant que nous le voudrions avec la liberté. Tandis que la liberté, de son côté, exprime volontiers ses différends avec la société…

Pourtant la vie "en communauté" reste bénéfique au plus grand nombre, même si les compromis qu’elle implique servent parfois de bénédiction à des comportements indignes. Je parle ici d’attitudes impunies, principalement en raison de leur caractère public, ou distant, qui les rend tout à fait impersonnelles.

Ainsi, brûler un gros billet sur un plateau de télévision est forcément discutable, mais réalisable, puisque indolore et anecdotique. Alors que perpétré parmi des indigents faisant la queue pour la soupe populaire, ce même geste s’avérerait risqué pour son auteur, dans la mesure où il provoquerait – enfin – des réactions logiques, spontanées, légitimes.

En fin de compte, exhibitionnismes vulgaires, insultes et viles scénographies, même controversés, se révèlent possibles s’ils sont couverts par la présence d’un très large auditoire. Tandis qu’au milieu des bois, en rase campagne ou au fond d’une impasse, ces mêmes excès se contiendraient soudain, finalement conscients d’attiser des aigreurs dont seule l’existence de témoins désintéressés les préserve…

Le comble étant qu’une société est précisément fondée sur des valeurs communes, lesquelles incluent, déjà habituellement, des écarts de conduite circonscrits par la dignité humaine. Malheureusement, la bousculade démographique et les nouvelles technologies ont constitué une association explosive : en décuplant l’audience, elles l’ont tirée vers le bas, de même qu’en médiatisant les surenchères bêtes et méchantes, elles les ont encouragées. Adultes, ados, célébrités ou inconnus ne se privent plus pour humilier ou mystifier, soit par écrans interposés, soit par-devant les foules – quand les ripostes des intéressés ne peuvent être que diluées, biaisées ou rapetissées par les mêmes vecteurs de communication, par l’omniprésence des témoins ou par la sacro-sainte liberté d’expression. Celle-ci n’étant que le mème popularisé de l’expression de la liberté – son ombre licencieuse, accessible au plus grand nombre, et n’intégrant pas, quant à elle, l’allégeance à la communauté humaine. Ce glissement sémantique-là est aujourd’hui définitivement consommé.

Dans le même temps, du fait de notre obsession à vouloir éradiquer à tout prix les éclats de voix et les représailles physiques, nous avons progressivement galvanisé l’avènement des mises en scène et des lâchetés. Et leur avons donné de tels moyens pour s’affirmer, qu’elles sont désormais en mesure de frapper à distance respectable.

 

Je reprends la première proposition de l’exemple cité plus haut, en lui ôtant cette fois le "plateau de télévision" : « ainsi, brûler un gros billet est forcément discutable, mais réalisable, puisque indolore et anecdotique ». La différence saute immédiatement aux yeux : dans le cercle privé – même élargi à quelques proches – ce que nous faisons, disons, écrivons ou dessinons reste confidentiel, dans la mesure où cela n’a pas de portée générale. L’expression de cette liberté ne s’adresse qu’à ceux qui nous ressemblent. Ici, des riches ou des débauchés, là des athées ou des agnostiques, voire des cyniques ou des racistes, qu’importe. N’est-il pas courant de constater, soit dit en passant, que les "meilleures" blagues racistes se font entre noirs ? Que le best of des plaisanteries misogynes se vocifère entre femmes ? Et ainsi de suite pour les arabes, les jambon-beurre ou les juifs ? Dans l’entre-soi, les barrières tombent d’autant plus facilement qu’il s’agit d’autodérision.

 

Toutefois, dès lors où nous diffusons intentionnellement nos actes, nos paroles, nos textes ou nos dessins à l’ensemble de la communauté humaine, alors nous initions une propagande. Dans le commerce, ça s’appelle de la publicité. Touchant la religion, ça s’appelle du prosélytisme, ou de l’évangélisation… Voici quelques synonymes de diffuser  : propager, généraliser, universaliser, accréditer.

Si, tout en biffant le "plateau de télévision", nous étudions la deuxième proposition de notre exemple – «  alors que perpétré parmi des indigents faisant la queue pour la soupe populaire... »nous voyons que seule la présence d’un public concerné peut engendrer une réaction spontanée, verbale et/ou physique. C’est alors exactement comme si nous accomplissions nos excès au milieu des bois, en rase campagne ou au fond d’une impasse : si quelque offensé a la possibilité de réagir directement, alors le fait divers se termine plutôt trivialement, avec des cris et des bosses, des injures et des coups de pieds aux fesses… Sans morts, puisque d’une part la réponse n’est pas préméditée, d’autre part elle détient cette propriété d’étancher le courroux sur-le-champ. Ce n’est autre qu’une loi du talion, improvisée parce qu’instantanée, à savoir dépourvue des moyens ainsi que du temps nécessaires à une exacte réciprocité.

Or la salubrité de ces vrais réflexes-là a été remplacée par l’obséquiosité des réactions convenables, lorsque celles-ci sont seulement possibles. D’où tant de fusillades vengeresses, de suicides solitaires et de crimes furtifs. En étouffant les saines ripostes, nous en avons engendré d’autres, quant à elles hystériques, désespérées ou perverses.

Parce qu’au risque de nous répéter, il y a pire que ridiculiser les valeurs d’un groupe en direct, par un acte ou un autre :

  • primo, diffuser cet acte,

  • secundo, tout en se cachant officiellement.

Ça signifie que nous dénions au public ordinaire visé toute immédiateté de ripostes – lesquelles seraient d’autant plus apaisantes qu’elles seraient infligées en public. Dès lors, nous faisons naître un autre genre de ripostes, moins spontanées, chez un autre genre de public, moins ordinaire...

 

Pour sûr, il était prévisible que nos semblables commencent à se bouffer le nez, quand chacun s’escrime à sortir du lot comme il peut. Il faut vendre, il faut publier, il faut s’enrichir, il faut se distinguer coûte que coûte, pour ne pas rester ce pauvre chose caché par des tas de pauvres trucs.

Nous assistons par conséquent à une sorte de "course-en-sac-cathodique", qui a depuis longtemps dépassé le stade du délire collectif : journalistes, inconnus et personnalités en tout genre tentent de se démarquer comme ils peuvent, et tant mieux si ça passionne la planète, et tant pis si ça mystifie la réalité. Scientifiques et amuseurs publics, faiseurs d’opinion, bouffons et bipolaires en phase maniaque, ils participent tous d’un spectacle destiné à exploser l’audimat. Au point que le superlatif est en mesure de passionner et que l'insulte, pour peu qu'elle soit périlleuse, peut désormais rendre riche.Un tantinet pute-molle, le spectateur balance de l’épouvante à l’euphorie, de l’adulation à la haine. Ne sachant pas trop si le recordman en absorption de saucisses est un surhomme, un crève-la-faim ou un gros porc, il s'enthousiasme sans trop savoir pourquoi, en pointant du doigt la liberté d'expression comme un morpion tirerait la langue à des adultes... Jusqu’à applaudir des soignants faisant simplement leur métier, comme on ovationnerait des super-héros en train de sauver l’humanité. Pute-molle est également de toutes les marches blanches, de toutes les chapelles. Pute-molle est légion.

Hélas, dans une telle logique d’escalade, ce sont les émotions qui font recette, promouvant moqueries et déclarations d’amour, autant qu’angoisses, tragédies et cadavres… Le niveau est tel, qu’à ce rythme il est certain que « chacun aura son quart d'heure de célébrité mondiale », prévenait déjà Andy. Et pendant que l’un parcourt la France sans les jambes, l’autre traverse la Manche sans les bras, « waouh, super… ! » fait pute-molle, sans se demander lequel du sponsor, de l'infirme ou de la chaîne télévisée a eu cette brillante idée. Tandis que la quantité de gus capables d'accomplir une prouesse ou une autre "sans cervelle" devient à ce point phénoménale, que le tout fusionne en un salmigondis tragi-comique.

Avec Internet, certaines séquences ne sont autre chose que des cas de maltraitance avérée : animal domestique costumé, plongé dans l'eau, chutant d'un meuble, mis en boîte… Idem pour les enfants, des vrais bébés humains que l'on destine à devenir la risée de tous sur la toile mondiale, tandis qu’on entend distinctement les géniteurs se bidonner derrière la caméra… regardez, c'est pas un enfant, c'est un charlot, une plaisanterie vivante, un authentique poisson d'avril !... Il y en a tant et plus, que pute-molle n'a qu'à cliquer au hasard pour se rendre complice d'une quelconque forme de sévices : Et maintenant, mesdames et messieurs, nous avons le plaisir de vous présenter Lardon-deux-mains-gauches dans une de ses innombrables pitreries ! Applaudissez bien fort et faites passer la vidéo au voisin, c'est gratuit !

Notre vernis social est tout simplement en train de s’effriter. L'humour est éclipsé par l'injure, la vérité par la mise en scène. Aujourd'hui, ces écarts de conduite sont devenus délictueux, innombrables et multiformes, ils ne servent plus seulement la foire, mais encore toutes formes de turpitudes – à savoir intoxications télévisuelles, endoctrinements en tout genre, maltraitances de tout poil.



22 réactions


  • Arogavox Arogavox 12 novembre 2020 09:51

    La question « Covid-19 : approches scientifiques et enjeux sociétaux » , donne lieu, dans cette video - https://youtu.be/-Kua0POkcko -, à ces remarques ; cf instant 24:10 : "... ces discours opposés n’ont pas en ce moment leur place dans l’espace public ... Si on veut que la population soit capable d’avoir un jugement sur le vrai et le faux ... il faut leur donner les données nécessaires ... même la Presse ne reçoit pas les données sur lesquelles sont prises les décisions gouvernementales "


    • Arogavox Arogavox 12 novembre 2020 10:18

      alors, pourquoi ne pas se féliciter de ce constat au lieu de s’en plaindre :

      "journalistes, inconnus et personnalités en tout genre tentent de se démarquer comme ils peuvent, et tant mieux si ça passionne la planète, et tant pis si ça mystifie la réalité. Scientifiques et amuseurs publics, faiseurs d’opinion, bouffons et bipolaires en phase maniaque, ils participent tous d’un spectacle destiné à exploser l’audimat.

      « 

      Dès lors qu’on refuse d’approfondir, améliorer ou renouveler en mieux cette piste de travail collectif

      ... n’est-ce pas qu’on estime que »tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes«  et qu’il suffirait de mieux blablater comme d’hab. ?!

        Dont acte !

        Y a k’à considérer que le »compte personnel permanent de poids d’officialité Kdo" n’a pas à passer par une quelconque convention artificielle ; le temps dont dispose chacun est tout naturellement équitablement attribué à tous, c’est lui qui doit ce rôle !  Dès lors, que ceux qui veulent faire valoir leurs convictions et choix citoyens y mettent le prix : quitte à sacrifier éventuellement leur carrière pour intervenir là où il y a de l’audience ... et leurs ressources financières pour créer leur blog ou site Web politique, voire leur journal, ou leur parti politique !  N’est-il pas ?


    • I.A. 12 novembre 2020 11:21

      @Arogavox

      Il nous est très difficile à tous de ne pas donner un avis, sur tout, et en particulier sur ce qui nous touche ou nous interpelle.

      Effectivement, ça peut engendrer de la confusion.

      Le signal le plus important, selon moi, c’est que plus il y a d’avis ou d’intervenants, plus cela signe l’universalité et l’importance du sujet.


    • I.A. 12 novembre 2020 11:40

      @Arogavox

      Toute piste de travail collectif est bienvenue, à condition de tenir compte des déterminismes psychosomatiques humains, socioculturels et professionnels :

      Pour SARS-CoV-2, cette dernière condition aurait évité la situation catastrophique dans laquelle nous plonge la gestion par des « specialistes »... Tant d’un point de vue physiologique (psychosomatique), que d’un point de vue civilisationnel (socioculturel, profesdionnel, marchand, politique...)

      Se « mouiller » plus est toujours possible. Laissons ce choix-là aux intéressés.

      Je considère pour ma part qu’une simple contribution sur
      Agoravox ou un autre média alternatif, sous forme de commentaire ou d’article, c’est déjà ça : une bougie qu’on allume dans la nuit.

      Bien à vous


    • Arogavox Arogavox 12 novembre 2020 14:22

      @Arogavox (10:18)
      correctif :
        "... le temps disponible de chacun [...] c’est lui qui doit jouer ce rôle !  "


    • Adèle Coupechoux 12 novembre 2020 14:29

      @Arogavox

      Nous n’avons pas tous une « carrière à sacrifier », parfois seulement un « boulot alimentaire » permettant juste de payer son loyer et de quoi bouffer, ni des finances suffisantes pour intervenir avec indépendance...
      J’en connais comme vous dites qui ont « sacrifié » leur carrière...Une « carrière » permet de se mettre à l’abri avec de substantielles économies.

      S’indigner, ce n’est pas que du blabla dans le meilleur des mondes…C’est aussi en discutant autour de soi, provoquer chez l’autre l’interrogation. Un exemple récurrent, comme celui de l’entreprise citoyenne…Les enseignes sous couvert d’engagement citoyen qui vous rackettent régulièrement pour vous demander des dons, des achats supplémentaires pour les banques alimentaires, d’arrondir l’addition, etc…Le faire remarquer, c’est dénoncer l’Etat qui ne tient pas son rôle.


    • Arogavox Arogavox 14 novembre 2020 00:43

      @Adèle Coupechoux

       Si vous aviez pris la peine d’explorer un peu cette piste de travail collectif ... alors vous auriez probablement compris ma précédente réaction, et la votre aurait été plus constructive (à quoi sert de prêcher à au moins aussi convaincu que vous ?)


    • I.A. 14 novembre 2020 13:06

      @Arogavox

      Bonjour Arogavox 

      Je pense qu’Adele répond en même temps à une demande de P Samba 

      C’est sans doute ce qui a amplifié quelque peu sa réaction 

      Cordialement 


  • Adèle Coupechoux 12 novembre 2020 11:12

    Je suis tombée sur une video de TMP concernant les propos de Nicolas Bedos. 

    TMP choqué !!!!!! « on ne dit pas buter » ...

    https://www.voici.fr/news-people/actu-people/video-polemique-dans-tpmp-apres-les-propos-de-nicolas-bedos-sur-olivier-veran-691207

    Blanche Gardin qui soulève l’indignation après sa blague sur Samuel Pathy....

    Pierre Desproges est bel et bien mort.


    • I.A. 12 novembre 2020 14:35

      @Adèle Coupechoux

      Oui, c’est vrai, que ça ne se dit pas : aujourd’hui, on dit « j’ai envie de lui fumer sa race, à c’bâtard ! »

      C’est alors tellement enragé, que ça les fait rire...


    • Patrick Samba Patrick Samba 12 novembre 2020 16:55

      @Adèle Coupechoux
      « Blanche Gardin qui soulève l’indignation après sa blague sur Samuel Pathy.... »

      https://www.facebook.com/blanchegardinad2/posts/3686750841377755/
      ah, parce que, vous, vous trouvez cette « blague » drôle ?
      Le 2 novembre : « Samuel Paty Il ressemblait étrangement à Xavier Dupont de ligonès nan ? »

      Personnellement j’apprécie beaucoup Blanche Gardin, mais là elle dérape terriblement !!...

      Pierre Desproges se serait permis une ou plusieurs blagues sur les Juifs en 1945, peu de temps après avoir découvert les camps ???!!
      Non, mais ça va bien là...


    • Adèle Coupechoux 12 novembre 2020 18:39

      @Patrick Samba

      Où ai-je écrit que j’avais trouvé ça drôle ? Elle est bien humoriste, Blanche Gardin ? Et son métier, c’est bien de faire des blagues...C’est vous qui décidez de ce qui est drôle ou ne l’est pas ? ou de qui doit rire ou de ne pas rire ?

      https://charliehebdo.fr/2020/11/societe/hommage-a-samuel-paty-ca-aurait-pu-etre-pire/

      Là c’est davantage correct ?

      L’humour même élaboré reste quand même spontané, il ne dépend donc pas du temps. Nous sommes en plein dans une dictature. Je ne vais pas attendre pour faire de l’humour ni m’indigner quand les autres en font pour décrire notre situation complètement concentrationnaire. Il est plutôt salvateur quand il détend les plus crispés.

      Quand Charlie Hebdo a dessiné Christiane Taubira en singe, ça m’a fait grincer des dents, je n’ai pas trouvé ça drôle non plus. En revanche, ayant pas mal lu Charlie, j’ai compris ce qu’ils avaient voulu dire. Même si cela m’a fait quand même penser à l’ignoble manif pour tous. Et je n’ai pas poussé des cris d’orfraies pour autant.

      Quant à Pierre Desproges, son humour ne s’est pas illustré qu’avec des blagues sur les juifs...

      Et dans l’humour, il y a des ratés.


  • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 12 novembre 2020 13:55
    Mohammed MADJOUR 26 septembre 19:04

    Les journalistes et l’ensemble des médias sont LE VÉRITABLE FLÉAU DE L’HUMANITÉ D’AUJOURD’HUI !

     « Ici » ou « ailleurs » ou nulle part ailleurs... Un journaliste reste un journaliste :

    Les peuples doivent se secouer afin de sortir de leur condition de somnambules !

    https://web.facebook.com/notes/mohammed-madjour/les-journaux-ninforment-pas-/5172225236136181/


    • I.A. 12 novembre 2020 14:47

      @Mohammed MADJOUR

      Vous avez raison.

      Le piège serait de les mettre tous dans le même sac : certains d’entre eux font encore un vrai travail d’investigation et d’information, même s’ils sont de plus en plus rares, en effet.

      Je pense que le journalisme « médiatique » va progressivement perdre de l’audience, au profit d’un journalisme « citoyen ».

      Ce qui est logique, dans la mesure où ils ne remplissent plus leur part
      du « contrat social » : ils font du spectacle, voire de la désinformation.


    • Adèle Coupechoux 13 novembre 2020 14:19

      @Mohammed MADJOUR

      Très peu de journalistes font aujourd’hui un travail d’investigation.
      Pour preuve hier soir, sur un plateau télévision, Yonathan Freud qui nous informe que beaucoup de patients sont en réa pour le COVID et qu’ils ont tous 30 ans et étaient en pleine forme.
      Quand le présentateur lui demande : « comme vous, la trentaine, en pleine forme ??? »
      Il répond, : « oui tout à fait comme moi...bien sûr, je ne risque rien. »

      Personne sur le plateau lui fera remarquer qu’il ment forcément à un moment donné.


    • Adèle Coupechoux 13 novembre 2020 14:31

      @Mohammed MADJOUR

      Impossible de retrouver cette émission, par contre j’ai retrouvé le nom de présentateur, Yves Calvi. J’ai comme l’impression que cela a été censuré...


  • troletbuse troletbuse 13 novembre 2020 17:29

    Les 10 pires lois passées en 2019 sous la gouvernance du Poudré

    https://www.contrepoints.org/2019/12/30/361086-les-10-pires-lois-passees-cette-annee-en-france


    • Adèle Coupechoux 13 novembre 2020 17:44

      @troletbuse

      Désolée pour la longueur, mais cela en dit long sur nos libertés.
      Il s’agit d’un communiqué de SUD SU. Je vous l’envoie en deux fois.

      Les libertés académiques : pour quoi faire ?


      LPR, des croquettes contre une muselière

        En septembre-octobre, le gouvernement a tenté de faire accepter par les syndicats son projet de loi LPR en proposant un « protocole d’accord » avec, à la clé, des primes pour les personnels titulaires : plusieurs syndicats, dont Sud Education, ont refusé ce protocole indécent.(*)

        Dans la nuit de mercredi à jeudi dernier, alors que chaque foyer focalisait son attention sur ses stocks de coquillettes, de farine et de papier hygiénique, et tandis que la communauté universitaire tentait de concrétiser de manière réaliste les directives issues des élucubrations stratosphériques de politiques communicants court-termistes, le Sénat débattait du projet de loi LPR. Non seulement les mesures renforçant les financements à court terme et la précarité des personnels ont été approuvées, mais plusieurs amendements proposés s’attaquent frontalement aux libertés académiques des enseignants du supérieur, et au contrôle interne des recrutements par les élus du CNU.

      Libres, mais pas trop

        La loi Savary de 1984 avait institué clairement les libertés académiques en introduisant l’article L952-2 du Code de l’Education : « Les enseignants-chercheurs, les enseignants et les chercheurs jouissent d’une pleine indépendance et d’une entière liberté d’expression dans l’exercice de leurs fonctions d’enseignement et de leurs activités de recherche, sous les réserves que leur imposent, conformément aux traditions universitaires et aux dispositions du présent code, les principes de tolérance et d’objectivité. ».

        L’amendement 234, proposé par la sénatrice LR de l’Essonne Mme Laure Darcos(**), ajoute la mention « Les libertés académiques s’exercent dans le respect des valeurs de la République »Par ces termes en apparence inoffensifs, la loi donnerait toute latitude à l’administration ou au pouvoir politique pour sanctionner un.e universitaire dont les propos leur déplairaient. En effet, l’expression « le respect des valeurs de la République » est suffisamment vague et indéfinie pour que la loi puisse inquiéter non seulement un.e universitaire tenant des propos argumentés mais peu orthodoxes sur la laïcité (ce qui est déjà inquiétant en soi), mais aussi tout.e universitaire critiquant publiquement des choix politiques « régaliens ». Ce coup de canif dans la liberté de parole des universitaires s’élargira à coup sûr pour contrôler aussi leurs prises de position sur des sujets scientifiques sensibles pour le pouvoir, comme les questions sanitaires, la gestion des risques industriels, etc. Dans le domaine des sciences politiques et économiques, un tel contrôle du pouvoir sur les travaux universitaires signifierait la disparition à moyen terme des politologues et économistes hétérodoxes, et la fin de la pluralité dans ces enseignements. A plus long terme, potentiellement, l’enjeu est donc la fin de la pluralité des expressions politiques et économiques dans le débat public, au seul profit de la pensée dominante.


    • Adèle Coupechoux 13 novembre 2020 17:44

      @troletbuse

      Suite 

      Jean-Michel, sors de ce corps !

        Le rapprochement s’impose avec les atteintes sans précédent contre l’autonomie des enseignant.es, de la part du ministre de l’Éducation Nationale Jean-Michel Blanquer. En particulier, l’article 1 de la loi « pour l’école de la confiance » de 2019, a instauré un devoir d’ « exemplarité » pour les enseignant.es. La généralisation des évaluations standardisées, le contrôle des méthodes pédagogiques dans les classes de CP-CE1 « dédoublées » des dispositifs d’éducation prioritaire (REP), la répression acharnée contre les syndicalistes opposé.es à la réforme du lycée, sont également des attaques profondes.


        C’est ce même Blanquer qui a sonné la charge contre la liberté des universitaires le mois dernier, par ses propos abjects sur les prétendus « ravages de l’islamo-gauchisme » dans les universités.(***)

      Vous avez le droit de garder le silence… ou pas !

        Puisque ceci est un billet syndical, profitons-en pour faire un rappel de notre droit d’expression, en tant que personnels, titulaires ou contractuels, de la Fonction Publique : BIATSS ou ITA, chercheur-es, enseignant-es ou enseignant-es-chercheur-es.

        Le « devoir de réserve des fonctionnaires », évoqué souvent à tort, n’existe pas dans les textes de loi, mais seulement dans la jurisprudence (décisions de justice précédentes, considérées comme référence pour juger de nouveaux cas). Il ne concerne en pratique que les fonctionnaires responsables d’une administration : par exemple, les préfet.es, recteurs/rectrices d’académie, directeurs/directrices de cabinet au Ministère sont tenus au devoir de réserve. En revanche, les enseignant.es, chercheurs/chercheuses, bibliothécaires, membres du personnel administratif, etc., peuvent, comme tout citoyen, s’exprimer librement, y compris à propos de leur propre administration, par voie de presse, pétition, réunion, etc. Ces droits sont garantis par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, article 10 : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi. ».


        Pour les personnels titulaires de la Fonction Publique, il existe des restrictions spécifiques (voir ci-dessous), mais avant tout, la liberté d’opinion des fonctionnaires est explicitement protégée par la Loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires (dite loi Le Pors), article 6 : « La liberté d’opinion est garantie aux fonctionnaires. Aucune distinction, directe ou indirecte, ne peut être faite entre les fonctionnaires en raison de leurs opinions politiques, syndicales, philosophiques ou religieuses, de leur origine, de leur orientation sexuelle ou identité de genre, de leur âge, de leur patronyme, de leur situation de famille ou de grossesse, de leur état de santé, de leur apparence physique, de leur handicap ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie ou une race. [...] »

        Il existe évidemment des obligations en matière d’expression :

      • Pour les personnels titulaires, l’obligation de neutralité des fonctionnaires (article 25 de la loi le Pors) : « Le fonctionnaire exerce ses fonctions avec dignité, impartialité, intégrité et probité. Dans l’exercice de ses fonctions, il est tenu à l’obligation de neutralité. Le fonctionnaire exerce ses fonctions dans le respect du principe de laïcité. A ce titre, il s’abstient notamment de manifester, dans l’exercice de ses fonctions, ses opinions religieuses. Le fonctionnaire traite de façon égale toutes les personnes et respecte leur liberté de conscience et leur dignité. ».

      • Pour tous les personnels, comme pour tout particulier, le respect de la Loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse et du Code pénal en matière de diffamation et d’injures publiques et non-publiques. Voir : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F32079.

      Quelles libertés académiques, pour quelle société ?

        Instrumentalisant l’émotion suscitée par le drame de Conflans-Saint-Honorine et agitant avec opportunisme l’épouvantail de « l’islamo-gauchisme », le gouvernement et ses soutiens parlementaires se proposent d’instaurer un contrôle des libertés académiques. Si nous l’acceptons, nous aurons bientôt à renoncer plus largement à la pluralité des expressions dans le débat public et au principe de la liberté de parole dans le débat universitaire. Celle-ci est pourtant une condition impérative pour qu’existe l’idée même d’Université, c’est-à-dire un lieu de construction et de mise en question des connaissances, appartenant à ceux qui y travaillent et qui y étudient, et obéissant uniquement aux règles du débat rationnel et argumenté.

      Par Sud Education 75, section Sorbonne Université
      sud.solidaires.su@gmail.com
      https://sud-su.fr/

      (*) Voir les liens suivants pour des compte-rendus et analyses détaillés :

      (**) membre du Siècle, club bien connu pour organiser la collusion entre les élites politiques, médiatiques et financières, et mariée à l’ancien ministre de l’éducation nationale Xavier Darcos dont le projet de réforme avait été retiré après un mouvement d’ampleur des lycéens et enseignants
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Xavier_Darcos#Parcours_politique

      (***) Voir le récent article d’Acrimed : https://www.acrimed.org/Islamo-gauchistes-une-chasse-aux-sorcieres


    • I.A. 13 novembre 2020 18:08

      @troletbuse

      Je pense qu’ils vont continuer à déconstruire nos droits, jusqu’à nous transformer en raie-publique, et ça va faire mal. Ces 10 lois-là ne sont qu’un début...

      La dissociation du foncier et du bâti par la loi Lagleize, c’est exactement ce qui prévaut en Angleterre. But avoué : lutter contre la pénurie de logement et freiner l’envolée des prix. Résultat réel : concentration de la propriété par une très petite minorité (en Angleterre).

      Macron ayant désormais peur d’un retour à l’Etat de droit, il va s’acharner à le démolir pour rester libre dans l’après-Covid...

      Notre Président nous a bien déclaré la guerre. C’est de la trahison au plus haut niveau de l’Etat, j’espère seulement qu’il le paiera très cher.


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