Le libéralisme est un ploutocratisme
L'époque actuelle vit un moment d'une gravité extrême.
Ils nous imposent une politique dont nous ne voulons pas.
Au nom d'un mythe, derriére lequel se cache le pire.
Il est aujourd'hui évident que le libéralisme nous mène dans le mur.
Sauf que ce n'est pas le libéralisme, et que ce n'est pas un mur.
Le libéralisme.
Le régime actuel impose à la population des choix qu'elle n'a pas fait. Tous les reculs antisociaux nous enfoncent davantage, sans que notre avis de cons cernés ne soit pris en compte. La liberté implique un choix, et celui-ci n'existe pas.
Le seul choix qui nous reste est celui de consommer telle ou telle marque, mais le produit est le même, comme pour les lasagnes. Nous ne décidons pas de son contenu.
De Sarkozy à Hollande, le paquet diffère, mais le contenu ne varie pas.
Moins de santé, plus de travail, mois payé et plus longtemps pour ceux qui en ont, plus de radiations pour ceux qui sont au chômage, moins d'éducation pour les pauvres, et plus de taxes pour eux.
Les droits du travail sont bafoués, reniés, les vies se délitent, les liens se dénouent entre les humains. Les exigences toujours plus extravagantes du patronat ôtent tous les droits, transformant le travailleur en esclave, tandis que de l'autre côté on radie les chômeurs et on veut transformer le RSA en travaux forcés.
L'absence de liberté n'est pas universelle. une minorité, oligarchie, détient au contraire le pouvoir de décider ce qui est bien pour elle.
La réalité du système à l'apparence démocratique, c'est le gouvernement des riches, pour les riches, par des valets aux ordres des riches. La ploutocratie.
Nous, citoyens ordinaires, ne comptons plus. Nos choix, nos envies, nos besoins, nos désirs, sont sans valeur, hors celle récupérable en terme économique via la consommation. Ou la sommation des cons.
Et si cela ne suffit pas, si nous résistons, ils nous prennent directement notre argent, comme à Chypre. De quelle liberté le "libéralisme" peut il bien être le porteur ?
Ni liberté, ni démocratie, donc.
Quant au mur, ce n'en est pas un.
Les décisions prises jour après jour ne sont pas un coup brutal.
C'est jour après jour, mauvais coup après mauvais coup, partie d'une population après l'autre, pays par pays, progressivement chaque matin un peu plus, que nous nous enfonçons dans un marécage sans fond.
Nous nous habituons progressivement à tout perdre, tout ce que des générations de luttes ont pu arracher aux puissants, depuis le moyen âge. En une demi-génération, il ne reste quasiment rien. Il ne restera rien.
À l'ancienne lutte des classes s'est succédée un écrasement. Mais un écrasement progressif, sans violence, sans heurt, sans sang versé. Comme un endormissement de la population, via les médias, la consommation, les jeux, les consoles.
Et nous nous retrouvons dans une spirale infinie qui va de la dette à l'austérité en passant par la récession qui fait accroître la dette. Et Wall Street exulte ! Triomphe des ploutocrates.
La compétitivité n'a jamais autant été au coeur de la gouvernance. Elle qui justifie tout. Elle qui est le vrai moteur de la crise, sa cause et la justification de sa poursuite via toutes les coupes anti-sociales possibles.
Mais ces politiques sont délibérées. Elles organisent la destruction sous anesthésiant de la population. destruction sociétale, économique, politique, sanitaire par épuisement. Destruction justifiée par la non rentabilité des humains ainsi sacrifiés.
Pour l'instant la destruction physique n'est pas en acte, quoique le Japon, où un ministre suggère le suicide des anciens pour faire des économies, ouvre la boîte de Pandore de l'euthanasie sociale ou économique.
En un mot, le fascisme est au bout de cette logique qui transforme la salarié en esclave et le citoyen en sujet d'un système qui le broie.
Si une prise de conscience ne voit pas le jour, cette démocratie fantomatique où le citoyen n'est plus, déjà devenue ploutocratie, pourrait bien se transformer en thanatocratie, où le seul pouvoir est celui de la mort donnée aux exclus de l'oligarchie.
Révoltons-nous !
Mais n'est-il pas trop tard ? L'état de la population, anesthésiée, des syndicats, entre ceux aux bottes du MEDEF et ceux qui crient dans le vide, des politiques, compromis, donne peu d'espoirs. Les grèves, manifestations, blocages, s'ils sont importants symboliquement, ne servent en définitive à rien. Tout continue comme si rien ne se passait.
Il faudrait une révolte massive, dure, puissante, déterminée et consciente des enjeux réels. Autrement dit, c'est impossible.
Alors, sauvons-nous !
Ce qui nous reste lorsque tout s'écroule, la solidarité. Sans cela, nous pourrions rapidement retourner à la barbarie que nous avons un instant pu croire oublier avec l'Europe, celle justement par qui l'infamie nous arrive.

