Les technologies de pistage en temps réel font boule de neige
Le pistage électronique devient une réalité quotidienne pour un nombre croissant d’individus. Non seulement il est possible de savoir en temps réel où ils se trouvent, mais en plus l’intrusion en temps réel dans leur intimité est tout aussi possible. Qui peut prédire jusqu’où cela ira ?
La simple possession d’un téléphone cellulaire nous rend vulnérables. Par exemple, en Grande-Bretagne, un site Web offre la possibilité de suivre, presque pas à pas, les déplacements de tout individu muni d’un cellulaire qui y consent. Le hic est que quelqu’un ayant accès à votre cellulaire peut, en cinq minutes à peine, vous inscrire à votre insu à ce service (Ben Godrace, How I stalked my girlfriend).
Comme on le sait, aux États-Unis, le président Bush a autorisé la surveillance électronique sans mandat judiciaire. Quiconque se promenant avec un cellulaire étant susceptible d’être repéré dans l’espace, nous n’en sommes plus à la banale écoute des conversations téléphoniques !
On estime qu’il y a de deux milliards et demi à trois milliards de cellulaires en service dans le monde. Les modèles évoluent. On peut y stocker de plus en plus d’informations personnelles (noms, adresses, numéros de téléphone, courriels, photos, etc.). Bien tentant que tout cela !
Ajoutons géopositionnement par satellite (GPS), puce électronique à radiofréquences (RFID) et biométrie, et nous obtenons un quatuor infernal. Certes nous ne vendons pas, comme Faust, notre âme pour jouir des avantages que procurent ces technologies. En revanche, nous donnons à nos gouvernements et à nos employeurs la possibilité de nous surveiller comme jamais ils n’avaient pu le faire auparavant.
Le gouvernement chinois se prépare à émettre plus de 1,3 milliard de cartes d’identités munies de puces électroniques à radiofréquences et de renseignements biométriques (InfoWord. China to issue 1.3 billion RFID identification cards). Il ne viendra bien sûr à l’esprit de quiconque l’idée saugrenue que cela pourrait servir à augmenter la surveillance et le contrôle.
Autre exemple, celui-ci dans un pays démocratique : les Américains peuvent payer leur droit de passage sur certaines autoroutes au moyen d’une E-ZPass munie d’une puce RFID. D’une part, cela laisse des traces sur leurs trajets automobiles, d’autre part, les informations recueillies au passage sont susceptibles d’être piratées.
Toujours aux États-Unis, il y a aussi le projet PASS (People access security service) qui promet (Christophe Guillemin. Avec la puce RFID, tous vos déplacements seront fichés). Les passeports avec puce RFID et données biométriques ne sont pas loin.
En Angleterre , le gouvernement rêve de pouvoir suivre jusqu’au dernier mètre chaque parcours automobile. Vive le GPS ! Le but est noble : rendre le trafic routier plus fluide. Incidemment, cela rend possible de savoir en tout temps où se trouve un automobiliste, mais ce ne sont là que balivernes.
Parlant de balivernes justement, il se trouve que certains réclament un débat public sur l’utilisation croissance de ces technologies de pistage.
Doit-on s’inquiéter de ces merveilles technologiques ? Qu’en pensez-vous ?
William A. Herbert. No Direction Home : Will The Law Keep Pace With Human TrackingTechnology to Protect Individual Privacy and Stop Geoslavery ?



