jeudi 20 octobre 2016 - par moderatus

Les vieux

Nos vieux

Vous le verrez peut-être, vous la verrez parfois en pluie et en chagrin
Traverser le présent en s'excusant déjà de n'être pas plus loin

BREL

j'ai eu beaucoup de mal à me décider à écrire cet article. Peur du mal que j'allais me faire en l'écrivant, de la douleur que j'allais causer aux enfants qui mettent leurs parents en maison de retraite par obligation, du chagrin à ceux qui y sont et qui taisent leur douleur. Ce qui m'a décidé, la beauté d'un poème qu'un ami m'a envoyé, je ne savais pas qui l'avait écrit, je ne savais pas quand, mais quand je l'ai lu, l'émotion m'a saisie, j'ai pris un direct au cœur, puis je me suis dit, allez sois fort et généreux partage ton émotion. Parle des vieux, de nous tous, puisque c'est notre devenir à tous.

Prenez le temps de lire ce poème. Il vous touchera sûrement comme il m'a touché.

Le Papé 

Il se tenait assis tout au bout de la table

Et nous impatientait souvent par sa lenteur.

On le voyait si vieux, si courbé, pitoyable,

Que l’amour peu à peu cédait à la rancœur.

Je le suivais partout ! c’était là, dans ma tête !

Il me suivait des yeux lorsque je travaillais,

Proposait de m’aider, maladroit, l’air tout bête !

Il gênait nos projets, notre vie, le papé !

 

Au bout de quelques temps, prétextant les vacances,

Je le menais plus haut, au flanc du Lubéron

« Tu seras bien là-bas. Tu verras la Durance

Du haut de la terrasse de la grande maison.

Ces maisons-là, papé, sont faites pour les vieux.

Regarde comme ils semblent bien, ils ont l’air très heureux ! »

« Comme tu veux, petite, si c’est pour ton bien-être.

Monte de temps en temps, le dimanche peut être ? »

 

Je l’ai laissé tout seul, vivement, pas très fière.

L’air était encore chaud, pourtant je frissonnais,

Et le chant des oiseaux voletant sur le lierre

Me disait doucement : « Qu’as-tu fait du papé ? »

Les jours se succédaient, je cherchais la quiétude

Le travail me prenait, j’essayais d’oublier,

De noyer mes regrets au fil des habitudes,

Les souvenirs d’antan rappelaient le papé.

Même dans le mistral qui rasait la garrigue

Pour venir s’écraser au butoir de la digue

J’entendais cette voix qui ne cessait jamais

De dire à mon oreille : « qu’as-tu fait du papé ? »

Chaque brin de lavande, de thym, de romarin,

Me reprochait sans fin l’absence de l’aïeul.

Le murmure des sources dans le petit matin

Chantait sur mon cœur lourd des cantiques de deuil.

Le remord lentement s’installait dans ma vie.

Je revenais m’asseoir où il s’était assis,

Sur le banc de vieux bois, près du puits, sous le chêne,

Et je laissais errer mes pensées sur la plaine.

 

Alors, je l’ai revu, avant, lorsqu’il marchait

Jusqu‘au seuil de l’école, pour venir me chercher.

Je sautais dans ses bras, je l’embrassais, tout doux,

Et nichais tendrement ma tête sur son cou.

Il me portait un peu, puis, ma main dans sa main,

Il ajustait son pas pour bien suivre le mien.

Il m’expliquait les bois, les cabris, les moutons,

Les abeilles dorées et les beaux papillons.

Il cueillait aux buissons des réserves de mûres

Et m’offrait les plus grosses comme un présent de choix.

Il riait bruyamment en voyant ma figure

Barbouillée des reliefs de ce festin de roi.

Le soir près de mon lit, il venait me bercer

De chansons provençales, d’histoires de bergers.

Je m’endormais heureuse de sa chaude présence,

Pleine de rêverie, d’amour, de confiance.

 

Au long des souvenirs, mon cœur plein de pitié

A trouvé le repos. J’ai repris le sentier

Pour revenir tout droit à la grande maison.

Retrouver le papé, lui demander pardon.

J’ai pris tout simplement sa main, sans rien lui dire.

Une larme brillait au milieu du sourire.

Et c’est moi, cette fois, tout au long du chemin

Qui ajustais mon pas, pour bien suivre le sien.

 

Un papé c’est précieux, c’est tant de souvenirs !

Si vous en avez un, jusqu’au bout de vos jours,

Gardez-le près de vous. Quand il devra mourir,

Vous fermerez ses yeux dans un geste d’amour.

Aujourd’hui, par hasard, si le chant des cigales

Me pose la question tant de fois redoutée,

Je peux, le cœur tranquille, en digne Provençale

Répondre fièrement : « il est là, le papé »

Auteur : Yolande VERCASSON

 

J'ai recherché qui l'a écrit, j'ai trouvé c'est Yolande Vercasson on a écrit sur elle et son poème.

Au départ elle a écrit pour s’apaiser.
C’était une nécessité.

Aujourd’hui elle exprime aussi bien le malaise de la société que les beautés de la Provence qu’elle aime tant.

Je vous laisse apprécier « Le Papé », témoignage douloureux sur le sort des anciens aujourd’hui.

Un axe de réflexion majeur pour les infirmiers, les médecins, les assistantes sociales, les dirigeants de maison de retraite, les centres de gérontologie

Mais un axe de réflexion surtout pour les enfants d’aujourd’hui trop souvent entraînes ou perdus dans un monde de profitabilité et d’égoïsme.

Et c'est le drame de notre société où les anciens sont remises au grenier de la désespérance. Loin de moi l'idée de culpabiliser les enfants, ils n'y peuvent rien, la vie est trop difficile, comme on dit, perdus dans un monde de profitabilité et d’égoïsmes.

Autrefois, mais dès que vous prononcez ce mot, on vous traite de réactionnaire, mais tant pis, autrefois, on naissait à la maison, on était malade à la maison, et on mourrait à la maison, dans sa famille. Puis après les enfants et les petits enfants venaient régulièrement se recueillir sur la tombe du papé ou de la mamé.

Mais c'était autrefois, quand les paysans laissaient leur terre à leurs enfants, et que la retraite n'existait pas, alors le papé avait sa place en bout de table, il présidait la repas familial. Autrefois aussi quand l'artisan, le commerçant laissait son entreprise à son fils, et vivait sa fin de vie, entouré de ses enfants et petits enfants.

Autrefois aussi, quand la plupart des femmes ne travaillaient pas à l'extérieur restaient à la maison pour s'occuper des enfants qui grandissaient avec un papé qui leur racontait son autrefois à lui, lui qui connaissait tant de choses sur la vie, amusantes ou tristes.

Mais les temps ont radicalement changé, deux salaires sont indispensables, cette sacrée société de consommation nous crée tant de désirs qui deviennent des besoins, on doit changer plusieurs fois de boulot, d'employeur, de domicile, de département, des fois on change aussi de compagnon ou de compagne, le lien familial est plus distendu, moins prégnant, on ne peut plus assumer une telle charge.

Alors au fil des années, de plus en pus nombreux, les vieux s'en sont allés dans les maisons de retraite finir leur vie, seuls, effrayés, transis de solitude, sans avenir bien sûr, et sans présent surtout.

Je ne veux pas vous donner de chiffres, mais nombreux sont ceux qui ont sombré dans la dépression ou la démence sénile.

C'est cruel, mais pas de regrets ni de remords, on ne peut ni ne doit revenir en arrière, mais améliorer ce qui est. C'est sur au fil des années des améliorations ont été apporté pour rendre vivable cette coupure affective.

Les anciens restent de plus en plus longtemps chez eux, des aides ménagères, des repas préparés livrés à domicile, des systèmes d’alerte en cas de problème de santé.

Puis quand leur santé ne leur permet plus de vivre seuls, alors ils partent en maison de retraite. Au fil des années ils ont intégré le fait que c'était inéluctable, ils s'en font une raison. Les maisons de retraite sont de mieux en mieux aménagées, certaines acceptent que les résidents amènent leur mobilier, le personnel est de plus en plus formé et à l'écoute.

Mais si les enfants n'ont plus la possibilité de les garder chez eux, ils ont un moyen efficace d'embellir un peu leur fin de vie, ne pas les abandonner, aller les voir avec leurs enfants.

Pour ces vieux ces enfants qui sont de leur sang, de leur chair représentent une part d'immortalité. Une partie d'eux même vivra dans leur descendance, ils en sont persuadés.

Allez avec ses enfants voir votre papé ou votre mamé, prenez les un dimanche de temps en temps chez vous si c'est possible, c'est pour eux un cadeau magnifique. Pour vous une action gratifiante, pour vos enfants une richesse et une leçon de vie indispensable.

Mais aussi on peut, on doit évoquer avec émotion le temps d'avant, celui que nous conte Yolande VERCASSON.



37 réactions


  • Parrhesia Parrhesia 20 octobre 2016 12:34

    Tant d’émotion d’une pureté, d’une bonté et d’une sagesse devenues si rares... Je vous remercie moderatus et Yolande Vercasson, et je vous envie...

    Adishatz, ou adiu, ou bonsoir, et à bientôt !!!


  • cevennevive cevennevive 20 octobre 2016 13:18

    Modératus, bonjour,


    C’est malin, vous m’avez fait pleurer. Et pourtant, je n’ai pas connu mes deux grand pères qui étaient déjà partis vers l’au-delà au moment de ma naissance.

    Mais j’ai toujours vénéré mes grand mères, mes vieux voisins et mon compagnon, plusieurs fois grand père, qui est parti lui aussi. maintenant.

    Ce poème est très émouvant, merci de nous l’avoir fait connaître.

    Toute proportion gardée, en voici un de ma plume, que j’ai intitulé « Crépuscule »

    Nous aurons des matins de trop vive lumière,
    Que nous cacherons de la main.
    Le soleil, au levant n’y renaîtra demain,
    Que si nous lui faisons prière.

    Les midis seront clairs, bien trop clairs à nos yeux,
    Sur eux tirerons les volets,
    Enfermant nos envies. C’est cela être vieux,
    Ne vibrer qu’au couleurs du passé.

    Et les paumières closes, revivrons tous ces jours
    De jeunes corps, de fraîche haleine.
    Referons à l’envers le chemin de l’amour,
    Disant les joies, taisant les peines.

    Tous ces après-midi à l’orée su sommeil,
    A cheval sur le temps présent,
    Avec seul mouvement le tic tac du réveil,
    Nous mèneront au soir des ans.

    Nos yeux n’auront plus mal sous la vive lumière,
    Quand nous irons sur le chemin.
    Le soleil, au couchant, malgré notre prière
    Ne nous reviendra pas demain.

    Et là n’aurons plus peur de la nuit et des heures,
    En cheminant sur le chemin.
    Plus rien n’existera, ni bonheur, ni malheur,
    Ni le temps, ni les lendemains.

    Cordialement.



    • doctorix, complotiste doctorix 20 octobre 2016 19:18

      @cevennevive

      J’i connu deux arrière grand-mères, c’est dire si j’en ai connu des aïeux.
      Eh bien pas un n’a fini au mouroir.
      Et je n’irai pas non plus.
      Moi, je vais les voir, les vieux, dans leur beau pré-cercueil bien propre qui sent le lilas.
      Le regards hagards qui ne voient plus rien, les visages dont le sourire est parti, et les maigres économies englouties à raison de 2000 euros par mois, qui ne laisseront rien aux enfants que des hypothèques.
      Très peu pour moi.

    • moderatus moderatus 20 octobre 2016 23:53

      @cevennevive

      Votre réponse me remplit de bonheur,

      Votre émotion a été semblable à la mienne .

      vous avez en plus le don d’écrire des poésies, qui n’ont pas à avoir de « proportion gardée »

      elles aussi touchent au cœur.

      merci pour votre accompagnement dans cette recherche du beau et du tendre

      amicale salutations


    • cevennevive cevennevive 21 octobre 2016 09:48

      @moderatus, bonjour et merci !


      Les bons commentaires sous votre article sont unanimes et j’en suis heureuse.

      J’ai écrit un texte sur AV en 2011 sur le même thème : « vous avez dit Maison de Retraite » 
      Je viens d’y retourner pour en lire les commentaires. Eh bien, ils expriment les mêmes sentiments (ou ressentiments) sur la façon dont on traite nos très vieilles personnes.

      Merci à tous d’avoir témoigné. Pour vous, pour moi, la meilleure maison de retraite est la maison de notre famille, de notre enfance, ou celle que nous avons construite pour notre famille une fois adulte et où nous avons été heureux. Qu’importe le confort, la vieillesse doit être un « retour au nid ». Il n’y a qu’à cette condition qu’elle peut être heureuse et sereine.

      Bien à vous.


  • Piere CHALORY Piere CHALORY 20 octobre 2016 13:23

    Bonjour Moderatus,


    Texte d’une grande qualité, et poème réellement émouvant. Pas facile de faire passer l’émotion, ou m^me le rire : Bravo à vous et à Yolande VERCASSON. Eh oui, sauf accident nous finirons tous papés, papys ou mamys, et les papés sans enfants auront une fin encore pire, mais c’est comme ça.

    En tout cas merci pour le partage de ces lignes denses.

    celles-ci m’ont interpellé :

    Au bout de quelques temps, prétextant les vacances,

    Je le menais plus haut, au flanc du Lubéron

    « Tu seras bien là-bas. Tu verras la Durance

    Du haut de la terrasse de la grande maison.

    il se trouve qu’aujourd’hui, je réside dans une maison située dans le Luberon, non loin de Manosque, patrie de Giono. Et cette maison bien que modeste possède une vue assez extraordinaire sur la vallée de la Durance. Hier je me suis levé tôt, c’était mon anniversaire, et la vue de ce lever de soleil pas courant fut pour moi comme un cadeau du ciel :

    http://3d-art-ebooks.com/wp-content/uploads/2013/11/P1030488.jpg

    d’autres vues sont sur mon compte twitter :

    https://twitter.com/PiereC&nbsp ;















  • Arthaud Arthaud 20 octobre 2016 13:43

     Vous nous avez fait bien plaisir avec ce texte, nous les ceusses naturellement - et entre autres - voués au culte des ancêtres, voués aux cultes de la fécondation - c’est pareil


    Et derrière le thème, d’immenses débats ..

    NB : la peur ou le mépris de la maison de retraite est très-conventionnelle .. pourvu qu’on nous y laissera nos chats, nos poules, nos bouquins, le droit d’ouvrir les fenêtres, de dormir dans le jardin, de piccoler (à la place des sédatifs ..), éventuellement de titiconner ..

    Encore merci

  • juluch juluch 20 octobre 2016 14:01

    Un magnifique article et un très beau poème.....magnifique !  smiley


    Quand un vieux meure, c’est une bibliothèque qui s’en va....c’est pas de moi mais d’un vieil ami.

    J’ai travaillé longtemps en Maison de retraite.....et je comprends parfaitement votre article.

    merci encore.

    • doctorix, complotiste doctorix 20 octobre 2016 19:26

      @juluch

      .c’est pas de moi mais d’un vieil ami.
      Un très vieil ami, alors, l’esprit de la citation a plus de 3000 ans smiley


    • moderatus moderatus 21 octobre 2016 00:05

      @juluch

      merci pour votre contribution,
      on ne sait plus combien nos anciens ont de richesses à nous apporter
      quel gâchis

      amicalement


  • L'enfoiré L’enfoiré 20 octobre 2016 14:23

    Bonjour,


     Le poème « Papé » n’est pas mal, mais je préfère Jacques Brel qui en parle
     Lui n’est même pas arrivé à être vieux.
     Aujourd’hui, on est vieux très tôt. 
     Le jeunisme qui sévit dans les entreprises et qui envoie ceux qui accusent quelques rides, sont envoyés à la casse.
     Ils ne sont plus qu’un coût et plus un rendement.
     Pourtant, quand on regarde dans les bons restaurants, c’est eux qui invitent leurs progénitures à de multiples étages.

  • Osis Osis 20 octobre 2016 15:51

     

     
    Jadis c’était mieux.
    Forcément.
    On mourrait tranquillement, avec la vielle et fameuse recette familiale du bouillon de onze heures.
    Personne ne faisait d’histoires.

     
     
     

     


  • rosemar rosemar 20 octobre 2016 17:10

    Sur le même thème, il faut réécouter la chanson de Ferrat





    Bonne journée

    • moderatus moderatus 21 octobre 2016 10:55

      @rosemar

      Bonjour Rosemar

      merci pour cette chanson de Ferrat « tu verras tu seras bien » chanson que je ne connaissais pas.

      J’ai aimé son attitude à la fin de la chanson, tout le chagrin et la résignation qu’éprouvent les enfants à ne pouvoir faire autrement étaient sur son visage.

      Je vous ai lu et connais votre sensibilité, je suis heureux et surpris que beaucoup de lecteurs soient venus partager cette émotion, s’éloignant un instant de l’actualité et des tumultes politiques .

      merci encore pour votre apport.


  • Fergus Fergus 20 octobre 2016 19:49

    Bonjour, moderatus

    Superbe poème et très bel article que l’on ne peut lire sans émotion.

    Assurément, la vie moderne est le plus souvent responsable de cette douloureuse séparation des générations. Mais comment faire autrement lorsque les jeunes paient à prix d’or des logements trop petits en ville ?

    Au moins chez les paysans, la place était-elle suffisante pour garder le Pépé et la Mémé à la ferme, près de leurs enfants et petits-enfants, mais aussi près de leurs bêtes, et près de ces machines agricoles qui, comme les vieilles personnes, rouillent doucement dans un hangar. Dans ces familles, l’on vivait le plus souvent à trois générations sans que quiconque en soit affecté, malgré quelques inévitables frictions de loin en loin. Même le fils simple d’esprit vivait heureux dans cet environnement qu’il avait toujours connu et où il était parfaitement adapté, lui qui aurait été malheureux comme une pierre au sein d’un « établissement spécialisé », aussi redoutable pour lui qu’un EPHAD pour un vieux.

    Des lieux comme ceux-là, il y en a encore dans ma famille, au cœur des Monts d’Auvergne, y compris ce cousin trisomique toujours aussi ravi, jour après jour, d’aller nourrir les lapins et les poules ou donner le biberon aux veaux.

    Hélas ! cette France-là n’est déjà plus qu’un vestige, et c’est bien triste...


    • moderatus moderatus 21 octobre 2016 00:22

      @Fergus

      Bonsoir fergus

      Cette France là n’est plus,c’est une évidence, mais on peut essayer de redonner à nos ancien un peu d’amour et d’attention, un rien qui les aide à partir moins malheureux.

      j’espère.


  • sls0 sls0 20 octobre 2016 20:06

    Merci pour ce rappel d’un monde oublié.
    Chez moi pas de maison de retraite, on s’occupe des vieux et les vieux s’occupent des jeunes.
    Avec une moyenne d’âge de 23 ans le vieux est une denrée rare, il est bien entouré.
    Un vieux seul c’est très difficile à trouver, Mota une vieille dame seule à mis une semaine à mourir, elle était chez elle, il y avait toujours une personne du village avec elle et surtout des enfants.
    Elle est morte entourée de visage connus.
    Ah la mort au naturel sans acharnement thérapeutique, c’est le pied après 60 ans. Pas de discussion de prostate ou autres maladies, on parle de vie, d’aujourd’hui, mañana est un autre jour.

    En Europe le fait que l’on ne voit plus la mort fait qu’on essaie de l’ignorer, ben non elle est là et le fait de le savoir fait que l’on a une vie plus intense, on ne compte pas trop sur une impression d’immortalité.


  • moderatus moderatus 21 octobre 2016 00:28


    Merci Sampiero

    merci pour ce poème Corse sur la mort du père.
    je n’ai pu profiter malheureusement que de la traduction.
    Mais combien l’âme Corse est riche du respect et de l’amour des anciens.

    encore merci


  • fred.foyn 21 octobre 2016 09:31

    « Les vieux »..l’exemple parfait de la régression de l’humanité..avant un vieux pouvait rester chez lui pour y mourir...plus de nos jours, ou les maisons de retraites aux prix exorbitants fleurissent plus vite que la chanson...faut que les enfants-esclaves aillent travailler pour remplir les poches des policards-mafieux...le pire est que la masse va à l’abattoir avec le sourire ?


  • ZenZoe ZenZoe 21 octobre 2016 09:38

    Article très simple mais très juste. J’ai revu mon père (décédé maintenant) et les souvenirs ont défilé dans un moment d’émotion.
    Les maisons de retraite ne sont pas seules en cause d’ailleurs. Je connais une aide à domicile qui visite essentiellement les personnes âgées chez elles. Elle me raconte souvent l’isolement, la solitude, la maltraitance par les proches, voire les vols purs et simples (mamie, j’emprunte le petit bureau, je te le rends dès que possible, papa, tu as toujours besoin de ta boite à outils, maman tu pourrais pas me prêter ta carte bancaire...). Il y a pire, comme les enfants qui envoient le vieux dans une EHPAD, vendent la maison et empochent les sous. A faire dresser les cheveux sur la tête.
    Je me demande souvent comment ils peuvent vivre avec une conscience si tourmentée sûrement. Après, beaucoup iront faire de la méditation ou des stages de potterie ou d’aquarelle ou explorer le bouddhisme parce qu’ils se sentent malheureux, coupés d’eux-mêmes... Ben tiens....
    Ceci dit, il ne faut juger personne non plus. Les relations parents-enfants sont souvent houleuses, les parents n’ont pas non plus été toujours exemplaires et certains vieux sont du genre Tatie Danielle.
    Enfin bon, mon père est quant à lui mort entouré, je n’ai pas de remords et c’est important, pas besoin de stage de potterie pour moi.


    • fred.foyn 21 octobre 2016 10:14

      @ZenZoe...peu importe le caractère des vieux..ils sont nos géniteurs et doivent recevoir respect des enfants.. !


    • ZenZoe ZenZoe 21 octobre 2016 11:48

      @fred.foyn
      Pas si simple fredo. Il y a des parents qui n’ont franchement pas respecté leurs gosses, et comment voulez-vous que les gosses aient appris le respect dans ces cas ? Pour autant, rien ne justifie les mauvais traitements infligés aux vieux. Question de décence.


    • fred.foyn 21 octobre 2016 12:28

      @ZenZoe...je parle de généralité, pas de k particuliers, juste un changement de mentalité avec le temps !


  • petit gibus 21 octobre 2016 12:11
    Les vieux ça sent mauvais
    ça râle tout le temps
    ça revient cher à la communauté
    Ils empoisonnent par leur égoïsme
    la vie de leurs enfants
    Sils avaient un temps soit peu de respect
    envers eux mêmes et les autres
    ils partiraient sans se faire remarquer en toute simplicité


  • moderatus moderatus 21 octobre 2016 12:45

    Ma première réaction a été de penser que parfois il y a des avortements que l’on aurait du pratiquer.
    ma seconde est de me dire que pour tenir un tel langage, vous avez du traverser une histoire bien particulière.
    dommage d’avoir gâché un moment particulier si riche.


    • petit gibus 21 octobre 2016 12:55
      @moderatus

      touchante réac égoïste d’un vieux

    • petit gibus 21 octobre 2016 19:53
      @Jeekes

      Rassures toi smiley
      j’ai dépassé largement les 70 balais
      et mes articulations commencent sérieusement à craquer

      Calancher pour faire de la place aux autres est tout à fait naturel smiley

      Faire du vieillisme est aussi ridicule que de faire du jeunisme

      J’ai comme la plupart d’entre vous des enfants et petits enfants...
      que j’aime et qui m’aiment autant que les vôtres

      Regarder envisager la mort sans tabou dans un dernier acte
      de liberté et de courage ( ce qui nous est interdit aujourd’hui )
      est plus moral que toutes vos pleurnicheries





       




    • petit gibus 21 octobre 2016 20:52
      @Jeekes

      t’inquiète smiley
      le moment venu,
      je n’implorerai pas ton aide smiley

  • zygzornifle zygzornifle 21 octobre 2016 19:26

    les vieux .... sont considérés comme des furoncles par les 7 mercenaires de la droite vont s’empresser de presser si un des leurs est élus , quand a la gauche ça ne sera pas mieux , tout ce qui ne rapporte pas est mauvais pour eux sauf eux .....


  • moderatus moderatus 21 octobre 2016 20:10


    Bonsoir

    je ne sais qu’elle colère vous a animé, mais elle vous fait émettre des contradictions

    Vous avez largement dépassé les 70 balais, dites vous, donc vous êtes vieux comme ceux que vous décrivez comme

    Vous sentez mauvais
    vous râlez tout le temps
    vous empoisonnez par votre égoïsme la vie de vos enfants
    c’est ce que vous écrivez

    et plus loin vous dites


    j’ai comme la plupart d’entre vous des enfants et petits enfants...
    que j’aime et qui m’aiment autant que les vôtres.

    je pense que cette dernière phrase est juste, et que eux aussi doivent vous aimer, que vous ne râlez pas tout le temps, et que vous ne leur empoisonnez pas a vie,mais vous avez voulu jouer les durs , les cyniques, faire le Buzz quoi.




    • petit gibus 21 octobre 2016 20:47
      @moderatus

      Aucune contradiction
      aucune envie de jouer les durs et les cyniques
      aucun besoin de passer sur le divan de papa Freud

      seulement du bon sens,
      une réflexion non mievreuse sur ce qu’est la vie

      A nos âges,
      ne pas maitriser notre instinct naturel de survie,
      le confondre avec de l’amour
      Désolé ,
      mais c’est toi qui est en pleine contradiction

  • doctorix, complotiste doctorix 21 octobre 2016 20:51

    Les vieux, c’est utile partout.

    Sauf...
    Au sénat.
    Quant à la présidence, on va se farcir une momie pendant cinq ans. Il aura 76 ans.
    Tout ce petit monde nous emmènera vers de nouvelles guerres.
    L’autre choix est un jeune con de 38 ans.
    C’est toujours trop ou pas assez.

  • petit gibus 22 octobre 2016 10:54
    Une pratique ancestrale Inuit
    qui m’a toujours marquée

    Quand leurs vieux deviennent un poids pour la communauté
    ils « partent sur la glace pour se laisser mourir »

    Avec l’arrivée du christianisme et de l’argent
    ce rite a tendance à être remplacé
    par de l’eau bénite d’un prêtre sur un caveau !

    Triste évolution et perte
    d’un admirable sens et amour de la Vie



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