samedi 7 mars - par Laurent Herblay

Préserver l’héritage architectural de Paris

Bien sûr, il y a beaucoup de sujets dans une élection municipale, des nombreux services publics que les mairies et leurs services gèrent, des écoles aux transports, en passant, pour partie, par la sécurité. Mais il en est un peu trop oublié dans notre ville, peut-être la plus belle du monde : les règles d’urbanisme pour les constructions neuves, un autre passif au bilan de l’équipe sortante.

 

Paris n’est pas un champ d’expérimentation pour architecte 

J’ai toujours été profondément choqué par les choix architecturaux des nouveaux quartiers de Paris, du quartier de la Bibliothèque François Mitterrand, au nouveau quartier des Batignolles, qui s’appliquent aussi malheureusement à bien des nouvelles constructions isolées dans les autres quartiers. Bien sûr, tout est plutôt fonctionnel et moderne, mais l’architecture des bâtiments est terriblement impersonnelle : les immeubles qui ont été construits pourraient l’avoir été outre-Atlantique ou en Asie. Rien ne marque le fait qu’ils ont été construits à Paris, une ville au style architectural pourtant reconnu dans le monde entier. Pire encore, dans ces deux quartiers, des immeubles très différents peuvent se suivre les uns les autres, sans le moindre élément en commun, dans une succession d’exercices de style purement uniques, sans la moindre unité, où Paris finit par singer les grandes métropoles sans rien ajouter.

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Pourtant, notre ville est riche de l’héritage que nous a donné le baron Haussmann, ces magnifiques immeubles qui se suivent dans une magnifique harmonie et une unité qui fait l’unité et la beauté de Paris. Je suis d’autant plus affligé par le laisser-faire architectural qui règne depuis trop longtemps que je sais qu’il existe des règles d’urbanisme, qui peuvent être très contraignantes pour les commerçants. Un commerce ne peut pas faire ce qu’il veut avec la vitrine de sa boutique, et c’est bienvenu, mais les architectes et les promoteurs semblent n’avoir aucune contrainte quand ils construisent un nouvel immeuble à Paris, au point qu’ils peuvent construire des immeubles sans grand rapport les uns avec les autres, à la suite les uns des autres, comme sur l’avenue de France dans le 13ème ou dans le quartier des Batignolles.

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Mais pourquoi donc la municipalité n’a-t-elle pas mis en place des règles architecturales très strictes qui auraient pu définir un style néo-haussmannien, cohérent et harmonieux avec les bâtiments de la deuxième moitié du 19ème siècle ? Au lieu du laisser-faire, il aurait été possible de renforcer l’identité de notre ville en s’assurant que toute nouvelle construction devait s’inscrire strictement dans la continuité de l’identité qui a fait que Paris est Paris aujourd’hui. Quel dommage que ces grandes avenues n’aient pas ajouter un chapitre de plus, de nouveaux quartiers qui auraient encore renforcé l’image de notre ville et auraient ancré l’identité haussmannienne dans le présent, tout en la propulsant dans le futur. Là, l’identité de Paris se dilue lentement, petit à petit gommée par un style architectural global et sans saveur. 

La municipalité sortante a fait de notre ville un champ d’expérimentation souvent peu inspiré pour les promoteurs et les architectes, qui répètent des partitions déjà vues à Sydney, Londres, Los Angeles, Bangkok ou ailleurs. Quels laisser-faire et acceptation passive et à courte vue d’une globalisation taille unique qui détruit toutes les spécificités historiques pour les fondre dans un tout fade et changeant sans guère d’identité ! Voilà l’héritage architectural misérable que nous laisse l’équipe municipale sortante, qui a balafré notre belle ville par des constructions esthétiquement impersonnelles et sans la moindre cohérence avec le beau patrimoine laissé par le Baron Haussmann. Combien de quartiers défigurés, malheureusement pour longtemps, par l’urbanisme périssable et dérisoire des dernières décennies ? 

Même si ce n’est pas mon seul critère de choix, couper avec ce laisser-faire architectural me semble critique. Et marquer une rupture avec la stratégie d’urbanisme actuelle est important pour moi, qui râle depuis si longtemps quand je vois un nouvel immeuble sans aucun rapport avec le passé, ni même avec les autres constructions proches dans le temps. Là aussi, il faut tourner la page.



13 réactions


  • Rinbeau Rinbeau 7 mars 14:58

    Rien n’est plus horrible et monotone que les constructions du baron Haussmann.. à Paris où Bordeaux.. Architecture ratée à mon avis quand on la compare avec celle magnifique par exemple de Sarlat..


  • Rinbeau Rinbeau 7 mars 15:03

    Les grandes villes du monde.. à gratte ciel.. Sont sans âmes.. Et abominablement angoissantes.. Pesantes en somme ! 


  • LeMerou 7 mars 15:12

    @Laurent Herblay

    Bonjour, 

    « Je suis d’autant plus affligé par le laisser-faire architectural »

    Je ne suis pas Parisien, loin de là, toutefois je souscrit pleinement à votre constat, concernant toutes ces horreurs sans goûts, mais qui semble combler certains, associant leur nom et celui de l’Architecte, ne pouvant satisfaire ses délires qu’ailleurs dans la Capitale détenue par une couleur, chantre de la culture et du bon goût. Comme si l’histoire les gênais profondément.

    L’on peut parfaitement concilier une harmonie de structure externe avec une fonctionnalité « moderne », mais cela serait d’un commun.....


  • jakem jakem 7 mars 23:46

    Tout à fait d’accord ! Les Pourris Socialeux et leurs complices Verdeux ont entrepris de saccager Paris et prévoient de continuer.

    La laideur pauvrement contemporaine et l’uniformité indifférenciée des bâtiments n’est pas la seule cause de ce saccage ; il-y-a aussi le mobilier urbain comme les fontaines Wallace, les colonnes Morris, les kiosques, les bancs, les grilles qui ont été retirées des parcs et des squares, etc .... 
    Le coloris vert empereur était en harmonie avec l’architecture.
    Le rouge des Verdeux est comme une diarrhée sur une nappe blanche.

    Sarah K. en parle de façon intelligente et précise. Elle est la seule à le faire.


  • jakem jakem 8 mars 08:33

    Quant à Notre-Dame ...

    Le Camarade Mélenchonovski, venu soutenir son candidat Mehmet Ozguner à Bondy le 4 mars, a dévoilé un secret ; LE secret concernant la construction de la cathédrale !

    Il a d’abord évoqué l’incendie qui l’a « beaucoup ému », la cathédrale étant « un exploit architectural et artistique ». 

    Puis il délivré son message, son savoir, sa théorie :  « Les penseurs de cette époque ont profité du savoir qu’ils avaient rapporté des musulmans et des croisades pour faire de la physique et des mathématiques, et faire de la chimie pour faire des vitraux, parce qu’ils n’étaient pas au courant, ils n’y connaissaient rien ».

    ______________

    Dommage que le grand gourou ne soit pas allé à ce happening vêtu d’une de ces élégantes chasubles aux couleurs de Lidl que portaient les prélats lors de la réouverture de la cathédrale.
    Cette tenue ressemble à une gandoura ou une djellabah ; et s’il avait, en plus, porté un petit chapeau rond, il aurait vraiment affirmé son identité de Maghrébin européen ...
    Et quelles belles photos on aurait eues !

    Inévitablement il-y-a toujours des contestataires, des critiques, des gens de peu de foi qui méprisent les grands penseurs !

    Ainsi Laurent Obertone a cité un honorable compagnon de route du chef-gourou, Thomas Portes :  « La négation d’une identité et de l’histoire d’un peuple est la première étape dans la légitimation d’un génocide. »

    Et ce n’est pas tout ! Une musicienne, violoniste de son état, Zhang Zhang ( de quelle diversité est-elle ? ), a osé ironisé en estimant que le camarade ayatollah Mélenchonovski pourrait succéder à feu l’honorable et très sage mollah Khamenei : « Apparemment, l’Iran se retrouve soudainement sans Guide suprême. S’il se dépêche, il pourrait bien décrocher le poste. »



  • Sigurdhur Sigurdhur 8 mars 11:15

    Architecture militaire et responsabilité publique
    Je faisais récemment le même constat à propos de l’architecture militaire contemporaine.
    Il fut un temps où, en se promenant dans des villes comme Limoges ou Saumur, on reconnaissait immédiatement une implantation de l’armée française. Les casernes, les bâtiments administratifs, les logements de troupe obéissaient à une architecture claire, sobre et identifiable. Cette homogénéité n’était pas le fruit du hasard : elle répondait à une logique de fonctionnalité, de discipline et d’économie publique.
    Aujourd’hui, la situation semble avoir radicalement changé. Lorsqu’on observe certaines casernes récentes, on peine parfois à distinguer s’il s’agit d’un équipement militaire, d’un centre administratif expérimental ou d’un établissement médico-social. L’architecture paraît souvent guidée par la recherche d’originalité ou de signature architecturale, comme si chaque projet devait constituer une œuvre unique.
    Or l’armée n’a pas vocation à servir de laboratoire esthétique.
    Historiquement, la standardisation des bâtiments militaires remplissait plusieurs objectifs essentiels. Elle permettait d’abord de réduire considérablement les coûts de construction, en reproduisant des plans éprouvés et des techniques maîtrisées. Elle facilitait ensuite la maintenance et l’entretien, puisque les infrastructures reposaient sur des systèmes similaires d’un site à l’autre. Enfin, elle garantissait une organisation rationnelle des espaces, essentielle pour la circulation des troupes, la sécurité et les évacuations.
    Cette logique industrielle et fonctionnelle répondait à un principe simple : l’argent public doit être utilisé avec sobriété et efficacité.
    La multiplication actuelle de bâtiments singuliers produit l’effet inverse. Chaque construction devient un objet architectural particulier, avec ses propres solutions techniques, ses matériaux spécifiques et ses contraintes d’entretien. Les coûts de maintenance augmentent mécaniquement, car les techniciens doivent intervenir sur des systèmes différents d’un bâtiment à l’autre. Les infrastructures deviennent plus difficiles à adapter, à rénover ou à agrandir.
    Autrement dit, on remplace une logique de standardisation efficace par une logique de complexité coûteuse.
    Ce phénomène soulève une question de responsabilité publique. Dans une institution financée par l’impôt, la priorité devrait rester la fonction militaire et non l’expression architecturale. L’armée a besoin de bâtiments robustes, lisibles, reproductibles et faciles à entretenir — pas d’objets architecturaux uniques destinés à enrichir les portefeuilles de projets.
    Une architecture militaire responsable pourrait reposer sur quelques principes simples :
    des plans types reproductibles, adaptés aux différents usages (logements, commandement, stockage, formation) ;
    une standardisation des matériaux et des équipements techniques afin de réduire les coûts d’entretien ;
    une organisation spatiale claire, pensée pour la sécurité et la rapidité des déplacements ;
    une esthétique sobre et identifiable, permettant de reconnaître immédiatement une implantation militaire.
    Une telle approche ne signifierait pas un retour à une architecture austère ou dépassée. Elle représenterait simplement un choix de discipline budgétaire et de cohérence institutionnelle.
    L’armée française est une institution fondée sur la rigueur, l’efficacité et le sens du collectif. Son architecture devrait refléter ces mêmes principes, plutôt que céder à une mode de singularité permanente.
    Car lorsque chaque bâtiment devient une exception, ce sont souvent les contribuables qui en paient durablement le prix.


  • jakem jakem 9 mars 08:25

    Il faudrait aussi retrouver l’ambiance de Paris !

    Certains lieux sont devenus des dépotoirs ; certaines rues sont exactement comme celles d’un pays du tiers-monde où règne la RAPT ; de nombreux espaces ( non mis en valeur par les Pourris Socialeux et les Verdeux ) sont abandonnés aux clandestins ; on voit des hordes d’entorchonnées, d’encagoulés, d’encapuchonnés ..., et toutes sortes de tarés qui ne représentent absolument pas une aimable diversité exotique ni même nationale mais des métastases d’un cancer anthropologique, social et sociétal, en développement.

    Hier des islamiques agitant des drapeaux de terroristes et hurlant des slogans anti-juifs avaient pu occuper les rues ! grâce à l’accueil bienveillant et la complicité des féminhystériques gauchistes.

    J’ai vu une photo montrant la devanture d’un magasin sur laquelle avait été écrit à la peinture rouge et sur toute la longueur : « sale juif » !

    Une résurgence de la SA de Röhm à Paris !

    Les seules personnalités qui ont exprimé leur indignation sont de Droite.


  • Buzzcocks 9 mars 08:49

    Je suis surtout très étonné du nombre de bureaux totalement vides qui poussent partout. Ce n’est pas forcement Paris mais la petite couronne, c’est rempli de bureaux vides. On prend Clichy La Garenne, ils ont construit des milliers de m² de bureaux totalement déserts. Je me demande qui a touché pour faire bâtir tout ça. 

    Ceci dit à Paris, il y a la tour triangle en cours de construction, là encore, à quoi ça sert ??? Et qui se sert au passage ? 


    • ZenZoe ZenZoe 9 mars 10:02

      @Buzzcocks
      Une enquête du PNF est en cours, soupçons de favoritisme....L’enquête traîîînnnne depuis des années... Quand elle sera bouclée, la Tour sera terminée, et les protagonistes tous morts ou à moitié....


  • ZenZoe ZenZoe 9 mars 09:56

    Entièrement d’accord avec le constat de l’auteur, à une exception près : le dézingage ne date pas de l’époque de l’équipe actuelle. Pour moi, il a commencé dès les années 60, avec la destruction du quartier des Halles comme point culminant... Et on continuera gaiement avec les barres d’immeubles hideuses en bordure du périf, l’utilisation massive du trio infernal béton verre partout intramuros... Une prise de conscience viendra enfin dans les années 80-90, mais le mal était déjà fait. Il suffit d’un cube en verre, un seul, pour détruire toute l’harmonie d’une avenue haussmanienne !


  • Mustik 9 mars 10:40

    De tanzantan, il faudrait pendre un architecte illuminé du sommet de la Tour Eiffel, ça calmerait les ardeurs de certains confrères...

    Hugh, j’ai dit !


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