lundi 18 juin 2007 - par Bernard Dugué

Conception du vivant : réductionnisme ou globalisme ?

Dans un livre paru il y a un mois, coécrit par Mylène Botbol-Baum ("Des embryons et des hommes", PUF) Henri Atlan invite les citoyens intéressés par la bioéthique à une réévaluation des rapports entre biologie et philosophie, avec comme point de départ l’idée que les philosophes comme Habermas, Fukuyama ou Sloterdijk se fourvoient dans leur réflexion parce qu’ils assimilent la vie à un programme génétique, suivant de ce fait les réductionnistes. Or, la biologie se trouve aux prises avec des controverses théoriques depuis des années. Ce billet n’a pas pour objectif de critiquer cet ouvrage dont une recension est parue dans "Le Monde" mais de présenter quelques débats d’ordre théoriques portant sur la nature du Vivant.

 

 

Le grand public est parfois ignorant des controverses scientifiques se déployant dans les cercles savants où s’affrontent des initiés à une discipline. Même dans les facs, certaines questions fondamentales ne sont même pas enseignées, parce que ça coûte cher et que c’est largement inutile pour être technicien de la paillasse. Pourtant, des livres accessibles à un public suffisamment instruit nous avertissent de ces débats. Et pour le dire ouvertement, les questions savantes subissent le même traitement médiatique que la musique underground. Les grandes chaînes publiques ne diffuseront jamais un concert de Therion ou Van der Graaf, pas plus qu’elles n’offriront de plateau pour des débats entre scientifiques,portant sur des enjeux théoriques. Tout au plus, quelques reportages bien convenus seront diffusés sur Arte. Mais il faut le reconnaître, ces questions ne sont pas très sexy et pour une chaîne de télé, mieux vaut inviter Hulot pour pleurer sur la planète ou un écolo pour pester contre les OGM. 

 

 

En vérité, il y a peu de grandes controverses actuellement. Mais leur enjeu par contre est de taille. Laissons de côté les débats trop techniques entre les physiciens contemporains. Parmi les thèmes disputés ardemment, la question de l’interaction cerveau/esprit est assez connue. Un peu moins l’est celle opposant deux courants en biologie, le réductionnisme et le globalisme. Pourtant, cela fait plus d’une décennie qu’elle dure. Un opuscule de John Maynard-Smith, "La Construction du vivant", en atteste, écrit en 1998 et traduit en 2001 chez Cassini. Ce petit livre de 50 pages expose clairement l’alternative entre deux conceptions de la vie, appliquées au développement de l’organisme, autrement dit, l’ontogenèse. Maynard-Smith a raison de le souligner, l’issue des questions liées à la biologie du développement aura un impact sismique sur la théorique de l’évolution. Sismique, c’est un mot que j’emploie pour amplifier le constat de l’auteur qui depuis qu’il œuvre dans sa spécialité entend dire que lorsque les problèmes de l’ontogenèse seront résolus, la théorie de l’évolution en sera métamorphosée. Je ne peux que lui donner raison. Mais juste sur ce point. Car l’auteur pensait que les progrès de la génétique du développement allaient converger vers une solution de l’énigme de l’ontogenèse. Et ce n’est pas la tournure que prend le réductionnisme, empêtré selon moi dans des questions sans réponses.

 

 

De quoi s’agit-il ? De comprendre comment un organisme peut se développer à partir d’une cellule germinale. D’après Maynard-Smith, deux approches sont envisageables, l’une héritée de Mendel, donnant la préséance au programme génétique contenu dans l’ADN et l’autre, inspirée de Goethe, axant le développement sur des interactions dynamiques entre composants, avec auto-organisation spontanée sans qu’il soit nécessaire d’invoquer une quelconque prédétermination de chaque processus. Bref, une convergence spontanée, quasiment téléologique, des processus de développement de l’organisme. Il semble que les travaux scientifiques, réalisés depuis la parution de ce texte il y a dix ans, n’ont pas permis d’appuyer les espérances de l’auteur. La biologie réductionniste fait du surplace. D’après moi, elle se déplace dans un champ de pensée horizontal qu’elle croit franchir en déployant un arsenal informatique et expérimental mais ce n’est qu’illusion. Elle peut bien avancer dans l’analyse de la complexité moléculaire, l’horizon de l’énigme s’éloigne d’autant. Alors que Maynard-Smith pense qu’il s’agit « de problèmes avançant à une vitesse remarquable vers sa solution ». Tout en reconnaissant la complémentarité de deux approches.

 

 

On peut se demander pourquoi une même chose, étudiée par la science, est conceptualisée selon deux approches différentes en substance. Maynard-Smith donne les raisons de cette situation où deux regards différents sont posés sur un même objet de science. C’est simple en apparence. L’approche réductionniste, fruit de la génétique du développement, étudie comment se forme l’organisme en analysant le rôle des gènes, notamment ceux qui mutent. L’approche globalisante fait appel à la dynamique des systèmes complexes et aux calculs informatiques. On voit apparaître des formes élaborées issues des interactions entre composants dotés de lois déterministes pourtant assez simples. On ne situe ici plus près de la physique que de la biologie. Il devient alors clair que les généticiens optent pour un modèle théorique conforme aux résultats qu’ils obtiennent dans un contexte d’hypothèses choisies et de vérifications expérimentales. Même situation pour les dynamiciens forgeant un paradigme globaliste parce que leur modélisation rationnelle donne des résultats tangibles. Il est évident que ces approches doivent se compléter car chacune recèle des déficits théoriques pouvant être comblés par l’autre, enfin, c’est du moins un présupposé intelligent. L’auteur déplore que les scientifiques de ses deux spécialités ne collaborent que peu. C’est en effet souvent le cas, comme par exemple dans l’analyse des structures moléculaires où l’on peine à associer cristallographie et spectrométrie. Ce genre de situation devrait être exposé selon la conjoncture de l’aveugle et du sourd. Dans une salle de cinéma, l’un entendra une histoire et l’autre verra un film muet. Mais aucun ne comprendra en totalité le scénario.

 

 

Dans les trois premiers et courts chapitres, Maynard-Smith expose les atouts de la conception réductionniste, basée sur la combinaison de deux choses : le gène et l’idée de programme. Au cours du développement, un gène A donne signal à B, qui induit C et D ; en retour, un produit issu de l’activation de D informe A qui activera autour de lui F et G et ainsi de suite. A cette idée de programme s’ajoutent quelques considérations sur l’évolution qui semble mémoriser certaines séquences d’activation. En fait, l’auteur raisonne à l’inverse et suppose que la conservation des « bon programmes » permet à l’espèce d’affronter la sélection naturelle, d’y jouer en quelque sorte. Le modèle algorithmique est illustré par le gène eyeless qui, s’il mute, chez la souris ou la drosophile, engendre des animaux sans yeux. Le gène Hox intervient au début de l’environnement. Il s’exprime progressivement et cette expression se déplace le long de l’axe céphalo-caudal, chez la souris et la drosophile. Hox fait partie d’une classe étendue de gènes baptisés homéogènes parce qu’ils s’activent dans des homéodomaines et participent à la genèse des parties du corps : pattes, organes etc. Voilà comment on peut résumer le modèle réductionniste qui, aussi, est déterministe. N’oublions pas cependant le rôle des gènes dans le fonctionnement du système vivant, notamment en relation avec le milieu. L’auteur, rappelant la découverte de l’opéron lactose par Monod, mentionne l’importance des régulations dites épigénétiques.

 

 

Dans le quatrième chapitre, plus long, Maynard-Smith expose les grandes lignes de la conception alternative dite globaliste, héritée des théories de l’auto-organisation élaborées dans les années 1970, quasiment en même temps que le réductionnisme génétique. L’auteur prend quelques exemples dans le champ de la physique pour ensuite affirmer que si le modèle auto-organisationnel peut éventuellement rendre compte de certaines observations, au bout du compte, ce sont les gènes et leurs programmes codés en gigabits auxquels on doit, pour l’essentiel, le développement des organismes vivants. L’enjeu, c’est de comprendre la morphogenèse, autrement dit la prise de forme et de structure par l’embryon et le déploiement de ce processus jusqu’à son terme. Et ce que dit l’auteur, c’est que la part imputable à un jeu dynamique entre molécules, cellules, gradients, auto-organisation, est presque nulle, alors que tout repose sur une succession de signaux codés dans les gènes. Il n’y aurait donc plus d’alternative mais une assimilation de quelques idées globalistes dans une conception réductionniste.

 

 

A mon sens, le modèle réductionniste décrit des choses mais n’explique pas l’ontogenèse, pas plus que le fonctionnement de l’organisme. La part liée aux gènes est surestimée et si l’approche globaliste ne parvient pas à s’imposer, c’est qu’elle souffre d’un déficit conceptuel qui tient pour ma part à l’héritage mal assumé de la physique statistique qui, en quelque sorte, plombe la spéculation avec ses limites formelles liées par ailleurs à l’usage intempestif de la programmation et du calcul. Le modèle réductionniste attend d’être subverti par une approche globaliste où il apparaîtra que ce ne sont pas les gènes qui forment la vie mais la vie qui crée les gènes et s’en sert pour différentes finalités, reproductives mais pas seulement.

 

 

On l’aura compris, l’opposition entre réductionnisme et globalisme n’a de sens qu’au sein d’une conjecture sur le vivant. Comment ça marche et, surtout, pourquoi ça fonctionne. Dans le contexte scientifique actuel, une question dérivée en découle. Quelle est la part des gènes dans le fonctionnement du vivant ? On vient de voir comment s’en est tiré Maynard-Smith. Il se pourrait cependant qu’un autre regard puisse donner une autre idée du vivant. Vous connaissez tous l’histoire du type qui cherche ses clés sous le lampadaire parce que c’est là que c’est éclairé. C’est un peu la même chose. L’éclairage des gènes fournit une lumière suffisante pour que les scientifiques y cherchent la clé du vivant. Pourtant, d’autres éclairages devraient fournir une vision moins réductionniste. Au lieu d’étudier les êtres pluricellulaires, une simple paramécie offre suffisamment de détails pour que naissent des questionnements alternatifs. Je vous propose ce texte de René Misslim ("Revue de synthèse", 2003, pp. 205-221). L’auteur ne cache pas son parti pris globaliste. La description de la structure et des mécanismes propres à cet être unicellulaire, notamment les réponses de fuite, les calculs sur le milieu, les mouvements des cils, les transductions, montre qu’une détermination non génétique gouverne la cellule. Celle-ci est, selon les termes de l’auteur, plutôt concevable comme une totalité individuée et agissante que comme un sac de molécules, et, j’ajouterai, une suite d’impulsions algorithmiques.

 

 

La description de Misslim est assez technique. J’en livre un résumé métaphorique. Le génétique revient à la production de composants à travers des expressions des gènes contenus dans l’ADN de la paramécie. Ce qu’expose Misslim, c’est qu’une fois les composants synthétisés, selon les nécessités internes et externes, ces composants s’associent et deviennent quasiment automomes vis-à-vis du génome, répondant à des contextes physiologiques et mécaniques internes autant que liés au milieu, qu’un dispositif cognitif permet d’appréhender. Bref, les choses sont plus claires et évidentes à l’échelle d’une cellule. Les généticiens et les évolutionnistes se fourvoient sur l’essence du Vivant. Mais ils ont le succès parce qu’ils sont pragmatiques et peuvent fournir une liste de résultats. Ah, résultat, mais n’est pas un maître mot désignant, disons, une sorte de culture.

 

 

Alors, c’est quoi la vie ? Faute de savoir la réponse ultime, nous pouvons, en suivant la même démarche que la théologie négative exposant ce que Dieu n’est pas, nous prononcer sur ce que la vie n’est pas. Ou du moins, dire à quoi la vie ne se réduit pas ; à cette liste de choses : un programme génétique, un ensemble de composants auto-organisés... à compléter. La science du XXIe siècle verra sans doute naître une vision plus intégrale du Vivant, si les biologistes sont disposés à quitter le cours régulier d’une carrière au service de l’efficace réductionniste, pour explorer des zones obscures qui, peu à peu, s’éclaireront, tout simplement parce que l’Intelligence est lumière.

 

 

( Et si un éditeur veut éclairer ses lecteurs, qu’il pense à me contacter )

 

 



26 réactions


  • yoda yoda 18 juin 2007 11:32

    Bonjour,

    Histoire de donner un peu d’eau au moulin, il faut savoir que dans le milieu scientifique la controverse sur la notion de « programme génétique » date d’une trentaine d’annee. ELle est a ce jour un peu dépassée. Elle a motivé une lame de fond dans les sciences biologiques : « la biologique moleculaire » selon laquelle : genes -> ARNs -> proteines. Depuis une dizaine d’annees, les limites et archaismes de la biologie moleculaire ont conduit a l’emergence d’une nouvelle lame de fond incluant « systems biology » ou « computational biology » etc... qui met l’accent sur les notions d’interaction, de systeme, de dynamique, de reseau. D’un certain point de vue, ce courant est sensé joindre les points de vue reductionnistes et globalistes que vous décrivez.

    Cordialement,

    YOYO smiley


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 18 juin 2007 11:45

      Bonjour, seriez vous le Yoyo du forum futura

      Par system biology, vous entendez sans doute la biologie intégrative, largement présentée par le livre E Fox Keller ?

      En fait, cette biologie assume l’héritage du globalisme, option présenté dans le livre de Maynard-Smith. Il est question comme vous dites, de réseaux, dynamiques, émergences. J’ai essayé de montrer que l’étude de la paramécie, avec à l’appui le magnifique texte de Misslim, permet de bien comprendre ce qui a mon sens n’est pas tant qu’une controverse qu’un état des lieux de la biologie où l’on trace un constat sur qui est responsable de quoi, les gènes d’un côté, la dynamique des composants de l’autre


    • yoda yoda 18 juin 2007 12:29

      Désolé, ce n’est pas Yoyo de futura.

      « qui est responsable de quoi ? » Les genes ou la dynamique ? Dans des systemes non-lineaires telles que les systemes biologiques, la causalite multiple et circulaire necessite que l’on utilise les termes « determinisme » ou « responsable » avec des pincettes.

      Lors d’un match de foot, le responsable de la victoire d’une equipe, est-ce le buteur, l’esprit de groupe, les encouragements du public, la tactique de l’entraineur, la combativité des joueurs, les sauvetages du gardien de but, les erreurs d’arbitrage, la nullité de l’équipe adverse, etc... ?

       smiley


    • aurelien 18 juin 2007 12:52

      Futura Sciences, forum où dès qu’un regard critique est porté sur les OGM par exemple, un harcèlement généralisé s’effectue de la part des modérateurs (Messages privés, effacement de messages...), tout en laissant parler des « experts de service » tous acquis à la « bonne cause » et au « progrès de la science »...

      Quelques personnes ont d’ailleurs recensé ensemble ce phénomène, il y a quelques temps.


  • aurelien 18 juin 2007 12:16

    Globalisme ou réductionnisme ?

    Derrière cette dualité de principes se cachent, il me semble des enjeux idéologiques bien plus inquiétants dans le domain de la biologie.

    Le transhumanisme par exemple est une idéologie influente dans des milieux scientifico-industriels importants aux Etats-Unis, et cela au sein même d’un courant scientiste assez généralisé.

    Les OGM agricoles et l’idéologie génétique actuelle s’inscrit aussi dans un certain intelligent design « humain », dans lequel le scientifique agit à sa guise et selon sa volonté sur les organismes vivants à l’échelle macroscopique de nos écosystèmes, idéologie qui n’a rien à envier à des « sectarismes écologiques » que certains scientifques se plaisent assez régulièrement à critiquer.


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 18 juin 2007 12:24

      Je n’ai pas voulu alourdir l’article avec des considérations politiques, me réservant pour un prochain billet si cela est utile. Juste une remarque, pour MS, le réductionnisme serait de droite et le globalisme de gauche. Mais d’autres enjeux se dessinent, ne serait-ce qu’en lorgnant sur une récente controverse dans Philo magazine


    • jay 18 juin 2007 13:04

      « Le transhumanisme » : ç’est quoi au juste ? si vous avez un peu de temps, faîtes un petit post svp....


    • aurelien 18 juin 2007 13:21

      Bonjour,

      Le sujet a été un peu évoqué dans une discussion, en commentaire d’un autre article de Bernard dugué :

      « Faut-il craindre les nanotechnologies ? »

      voir le lien suivant :


    • jay 18 juin 2007 13:35

      Merçi beaucoup smiley


  • Ozar21 18 juin 2007 15:13

    Pour revenir à cette idée de dire que l’on ne sait pas, mais que nous savons ce que ça n’est pas :

    - De plus en plus de biologistes affirment que notre biodiversité aurait pour origine une seule et même cellule qui aurait mutée au cours de l’évolution.
    - Le système génétique de toutes les espèces sur cette planète est le même, l’ADN et l’ARN sont codés de la même manière pour un virus et pour un être humain.
    - Il y a des différences sur le nombre de gènes dans les espèces mais le codage est le même
    - Toutes les espèces sur cette planète descendent probablement d’un même ancêtre
    - Exemple : la pomme de terre possèdent 46 chromosomes tout comme nous

    Aujourd’hui, cette théorie est confrontée à certains problèmes :
    - L’étude des gènes nous révèle que sur les 30 000 gènes de l’être humain, 223 n’ont aucun prédécesseur évolutionnaire (Lire paragraphe La Génétique).
    - Certains comme le professeur Chang découvre des « Alien gènes ».
    Anne Dambricourt-Malassé propose de nouvelles idées. Pour elle, l’évolution de l’Homme porte essentiellement sur le développement crânio-faciale qui aurait permis à notre cerveau de se développer. Un gène apparemment serait responsable de se développement.

    Conclusion :

    Devant les incohérences de la science moderne et son mutisme, ne nous étonnons pas de voir aujourd’hui ressurgir les thèses des théologiens reprises par tous les charlatans qui sévissent actuellement dans le monde.

    Combien de temps faudra-t-il encore avant que les scientifiques ne prennent en compte dans leurs expériences l’expression première cher à Merleau Ponty  ? (« La phénoménologie, c’est d’abord le désaveu de la science »)


  • Bernard Dugué Bernard Dugué 18 juin 2007 15:30

    «  »« De plus en plus de biologistes affirment que notre biodiversité aurait pour origine une seule et même cellule qui aurait mutée au cours de l’évolution. »«  »

    Je verrais plutôt la tendance inverse. Mais là, vous présentez une caricature de l’évolution. Il y a les mutations, les recombinaisons de matériel génétique et la mystérieuse sélection naturelle, tout cet ensemble se complète pour expliquer, en surface certes, la genèse des espèces.

    Il n’y a pas d’incohérences mais plutôt des déficits conceptuels que certains utilisent à des fins détournées. Quant à la phénoménologie, elle concerne plus la philosophie du sujet que la science et sert de bouclier contre les intrusions des méthodes scientifiques dans le domaine de la conscience. Les choses ont évolué depuis. Les sciences cognitives ont tenté d’annexer la phénoménologie, et l’on sans doute dénaturée, mais c’est encore un autre sujet, très complexe


    • Ozar21 18 juin 2007 17:01

      Copier/Coller de l’article du palais de la découverte :

      Comment s’est formée la première cellule ?
      - Une cellule est composée de milliers de molécules organiques inertes : eau, lipides, glucides, protéines et acides nucléiques en sont les essentielles.
      - Ces molécules constituent la structure de la cellule et participent à l’ensemble des réactions chimiques nécessaires à son fonctionnement.
      - On trouve également d’autres molécules qui sont présentes en petite quantité mais qui sont essentielles à la survie de la cellule : vitamines, ions, sels minéraux...
      - Une des grandes caractéristiques du vivant est la capacité à se reproduire.
      - Sur la terre primitive, une molécule a probablement acquis, petit à petit, cette capacité. Une protocellule (cellule primitive) a pu se former par enfermement de cette molécule dans une petite vésicule.
      - LUCA (Last Universal Cell Ancestor), la cellule à l’origine de tous les êtres vivants actuels, était alors formée.
      - Cette hypothèse est confirmée par de nombreuses observations : tous les êtres vivants actuels ont un matériel génétique constitué d’ADN, et le code génétique (système utilisé pour fabriquer des protéines à partir d’ADN) est le même pour tous.

      Lire aussi article origine de la vie et vie extra-terrestre

      Ce qui est mystérieux est en fait une inconnue. Nier l’expression première en voulant étudier la vie est pour ma part une absurdité absolue.

      Quand la théorie n’est pas capable de se vérifier dans la pratique, j’appelle cela une incohérence.

      « Ils étaient fait pour s’entendre et aucun pour s’écouter »


    • Ozar21 18 juin 2007 17:35

      Concernant la phénoménologie, il me semble qu’au contraire d’être un bouclier, elle est une invitation à un changement radical des méthodes scientifiques d’aujourd’hui.

      Ces méthodes « scientifiques » ont aujourd’hui montré leur limite, ils sont dans une impasse abyssale. Il serait grand temps de le reconnaître ouvertement et de changer de cap.

      Si la science d’aujourd’hui veut rester légitime vis à vis de l’humanité, elle devra nécessairement modifier ses méthodes d’investigations vieille de plusieurs millénaires.

      L’héritage, voilà ce qui mine aujourd’hui nos scientifiques bornés.


    • Hume Hume 18 juin 2007 18:05

      « tous les êtres vivants actuels ont un matériel génétique constitué d’ADN, et le code génétique (système utilisé pour fabriquer des protéines à partir d’ADN) est le même pour tous. »

      N’oubliez pas les virus a ARN... meme la notion d’etre vivent pour un virus est tres controversee.


  • Hume Hume 18 juin 2007 18:04

    Merci pour cet article.

    C’est en effet tout le probleme d’une approche scientifique. Je crois cependant que les molecularistes sont en train de se rendre compte de leur erreur : ils viennent de redecouvrir la proteine et la proteomique... avec un peu de patience, ils devraient bientot arrriver juste qu’a l’organisme vivant !

    Mais je pense que la dominance de l’approche reductionniste en Science et notamment en biologie est du a certains de ces facteurs (enfin je dis ca mais je ne suis pas epistemologue...) :

    1) Pus facile de controler une experience et l’utilisation d’une technique avec cette vision-la.

    2) C’est egalement intellectuellement plus facile, permettant d’etablir des modeles simples.

    3) On a tue la Physiologie soit-disant demodee a l’aube de la Biologie Moleculaire, qui est de part sa nature, plus enclin a des approches holistiques, notamment en Neurosciences

    Resultat ? les neurophysiologistes s’arrachent comme des petits pains dans les labos USs. Pas pour une question d’habilite technique, mais parce que les chercheurs de labo qui vont par exemple etudier l’addiction dans des petites boites de petri manquent cruellement de concepts et d’approches intergratives.


  • rod 18 juin 2007 21:50

    Neurophysiologists rule...


  • aurelien 19 juin 2007 09:24

    Je pense qu’il serait assez facile de déconstruire le dogme du tout génétique, en étudiant de plus près la biophysique informationnelle.


  • docdory docdory 19 juin 2007 12:13

    @ B Dugué

    J’ai l’impression que vous avez , dans votre article , une approche ou une conception mystique de la biologie .

    Essayons une comparaison informatique :

    Ce qui fait marcher un vieux poste de radio d’après-guerre ou les superordinateurs de la météo , ce sont des transistors . Dans le deuxième cas , il y en a beaucoup plus , avec des connections bien plus subtiles , mais le principe de fonctionnement du transistor est le même . Donc principe unique , applications multiples .

    Une autre comparaison est possible : les premiers jeux vidéos ( le tennis avec un trait blanc qui figurait la raquette et un point blanc qui figurait la balle ) étaient faits avec peut-être quelques centaines de ligne de programme ( je ne suis pas informaticien ) . Les jeux vidéos actuels ultra-perfectionnés doivent comporter probablement des millions de ligne de programme , mais le principe de base est le même .

    Donc , certes le génome des métazoaires est infiniment plus complexe que celui des bactéries mais les principes de fonctionnement sont les mêmes . Une des grandes interrogations quand j’ai commencé mes études de médecine , c’était comment un organisme dont le génome , dont la taille permettait de programmer en théorie quelques dizaines de milliers de protéines , arrivait néanmoins à fabriquer plus d’un million de sortes d’immunoglobulines . Ce problème ardu a néanmoins été résolu par Susumu Tonegawa ( qui en a obtenu le prix Nobel de médecine ) . ( Se reporter aux travaux de cet auteur ) .

    Par ailleurs , les problèmes de morphogénèse des organes sont en voie de résolution et comportent des solutions simples , si l’on prend par exemple le cas du Syndrôme de Cartagener , qui associe une inversion de la position des organes ( coeur , foie ) , une immobilité des spermatozoïdes à l’origine d’une stérilité , et des bronchites à répétition par dysfonctionnement des cellules ciliées bronchiques . Cette inexplicable association a reçu pourtant une explication simple : au début de l’organogénèse , un organe cilié et glandulaire , le noeud de Hensen , sécréte un certain nombre de substances morphogénétiques dont le cil du noeud de Hensen assure , par sa rotation , un gradient de concentration gauche droite , d’ou message concernant la latéralisation des organes . Une anomalie génétique des cils entraîne un immobilité de ceux-ci ( y compris au niveau du noeud de Hensen ) et donc l’ensemble des symptômes disparates sus-décrits . Donc , anomalie génétique très simple , mais vastes conséquences morphologiques et fonctionnelles dont l’explication , difficile à trouver , paraît maintenant triviale , sans aller chercher midi à quatorze heures comme vous semblez le faire dans votre article ...


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 19 juin 2007 15:48

      Cher Doc, merci pour ce commentaire auquel il m’est facile de répondre

      Sur l’approche mystique, je ne dis rien, j’ai tout fait pour ne pas dévoiler ma conviction en présentant rien de plus que ce que deux auteurs ont écrit

      sauf la fin, mais si j’opte pour un parralèle avec la théologie négative, c’est un parti pris philosophique, voire métaphysique mais pas du tout mystique

      Votre appel aux métaphores informatique vaut pour questionner mais se trouve limitée dès lors qu’il faut prendre en compte la différence d’origine, le computer est assemblée par l’homme, pas la nature et tout approche de ce type est vouée à être subvertie, comme par exemple la montre et Paley


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 19 juin 2007 15:50

      Dernier point, vos approches solutionnées sont des pathologies. C’est exactement le pb épistémologique de l’approche réductionniste que de comprendre la vie à partir de son dysfonctionnement. Par exemple, un gène défectueux égale une pathologie. On comprend commment une mauvaise pièce induit un dysfonctionnement mais on ne comprend pas comment l’ensemble des pièces s’assemble et coopère pour constituer le vivant.


    • docdory docdory 19 juin 2007 19:04

      La montre et Paley ??? A quoi faites vous allusion ?


    • docdory docdory 19 juin 2007 19:07

      « on ne comprend pas comment l’ensemble des pièces s’assemble » ??

      Mais si , on le comprend de mieux en mieux , je ne vois pas ce qui vous permet d’affirmer le contraire ...


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 20 juin 2007 11:09

      La réponse est pourtant simple, tapez montre et Paley sur Google et vous tombez sur ceci, ce texte sur lequel je ne ferais aucun commentaire

      Dans sa Théologie naturelle, William Paley part d’un constat simple : les organismes sont à la fois très complexes et bien adaptés à leur milieu. Examinés de plus près, ils font de plus montre d’une incroyable solidarité : autrement dit, chaque partie contribue de manière indispensable au tout. À ce phénomène, Paley propose deux explications :

      - soit les organismes en question ont été créés pièce par pièce par un Dieu ingénieur ;

      - soit ils proviennent de la rencontre fortuite et incroyablement productive entre matière inerte et forces physiques.

      http://www.reflexiences.com/dossier/127/les-fondements-de-l-intelligent-design/2/l-intelligent-design-de-william-paley/


  • rod 20 juin 2007 18:30

    Ehh faut arrêter les tisanes à la marijeane...


  • rod 21 juin 2007 02:20

    Pardon j’avais pas vu mais je corrige :

    En passant, moi je sais ce que votre ami Paley défend comme théorie, c’est l’Intelligent Design...

    La grosse débilité des créationnistes américains.

    Et la un lien pour voir qui est le TROLL ici !!!!!

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Dessein_intelligent

    SVP ARRÊTEZ DE LIRE LES TEXTES DE CE GAS C’EST UN CREATIONNISTE....


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https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/