Le grand panda reprend du poil de la bête
Une nouvelle espèce rare ou disparue vient, en ce début d’année, de faire parler d’elle au travers d’une dépêche AFP. Cette fois, elle ne concerne pas un animal dont, inconsciemment, on a tendance à croire qu’il mérite son sort pour sa « stupidité », tel le dodo, mais au contraire, l’emblème numéro 1 de la préservation des espèces menacées, son excellence le grand panda, Ailuropoda melanoleuca (traduction étymologique : patte-de-chat noir et blanc, c’est beaucoup moins ronflant, mais on s’en contentera). Judicieusement choisi par le WWF pour son logo, le grand panda jouit d’un capital de sympathie enviable auprès du grand public.
En l’occurrence, l’objet de la dépêche nous pousse à l’optimisme, puisqu’elle constate que malgré la très grande difficulté de la reproduction de cet animal, ses effectifs vont croissant dans l’empire du Milieu. Certes, il reste tragiquement rare, mais vu la disparition presque totale de son habitat naturel et sa libido désespérément atone, un tel résultat était loin d’être acquis, malgré les efforts déployés en vue de sa conservation. Mais au fait, qu’est-ce qui vaut à cette espèce tant d’égards, tandis que le sort du scarabée pique-prune de nos contrées (tout à fait au hasard) ne suscite guère les mêmes bouffées d’attendrissement ?
Lui aussi bien équipé pour susciter l’instinct de sympathie de l’humain, le petit panda ressemble à un ourson, excepté que sa queue est longue et annelée. Nettement moins célèbre que son grand cousin, il fait peu parler de lui, malgré sa magnifique robe rousse et sa bonne bouille, qui devraient lui valoir une popularité au moins équivalente à celle du koala. Il est peu commun dans les zoos, dans lesquels il passe souvent inaperçu. (Celui de Beauval, en France, est l’un des rares à en héberger.)
Les deux pandas ne sont carnivores que sur le plan de la classification -qui se doit de refléter les liens de parenté généalogiques entre espèces, et non leurs ressemblances superficielles. Pour le reste, ils sont essentiellement végétariens, en particulier le grand panda, dont la dépendance au bambou est à l’origine de la rareté et de la grande vulnérabilité. Mais c’est là que se situe, à mon sens, l’intérêt majeur du grand panda par rapport à toutes les autres espèces de mammifères : pour se saisir desdites graminées, le grand panda a développé une sorte de sixième doigt, constitué en réalité d’un os du carpe devenu mobile et opposable. Le terme « opposable » désigne un appendice pouvant se placer en face des autres pour s’agripper, mais aussi pour saisir ou manipuler des objets. Il est souvent le préalable à un développement de l’intelligence, et ce n’est pas par hasard qu’on retrouve un tel appendice chez quelques-unes des espèces les mieux dotées sur ce plan : ratons laveurs, éléphants (un ou deux appendices digités de la trompe), perroquets, etc., et bien sûr, singes, avec le succès que l’on sait pour le plus industriel d’entre eux.
Reprise par Yahoo News
Le zoo de Beauval :
http://www.zoobeauval.com/
Grand panda (de plus en plus souvent appelé panda géant,
contamination anglo-saxonne, ou surenchère sensationnaliste ?)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Panda_g%C3%A9ant
Petit panda
http://fr.wikipedia.org/wiki/Panda_rouge
