Octave Lebel

Retraité de l’Education Nationale, enseignant puis personnel d’encadrement, j’ai vu comme vous monter l’emprise des médias sur nos vies grâce au cheval de Troie qu’est la publicité devenue un levier économique majeur avant d’être un outil de persuasion. Sa capacité à tout réduire à la satisfaction et la rentabilité immédiates, son pouvoir quasi sans résistance de pervertir les relations humaines en singeant nos valeurs ou aspirations pour en faire des marchandises vouées à l’obsolescence, de nous infantiliser, d’appauvrir le langage et la richesse de nos échanges est redoutable.
Une lutte est engagée autour des outils de diffusion du savoir et de la culture qui sont puissants comme jamais. Comme le sont aussi les outils de communication et d’influence et leur capacité paradoxale à servir ou asservir l’aspiration des êtres humains à l’autonomie, la responsabilité, la coopération, la solidarité, l’équité et le respect mutuel.
 Sans illusion, je pense qu’il s’agit d’un combat sans merci au vu de la puissance jamais rassasiée de ceux qui s’imaginent définitivement supérieurs parce qu’ils ont capté à un moment de l’histoire les leviers de l’économie et du pouvoir tout en s’en disputant férocement entre eux comme leurs prédécesseurs la jouissance et la maîtrise. Le peuple, ses élites les plus nombreuses, toute la richesse et la diversité humaine qui le compose, son intelligence collective, finiront par imposer une véritable démocratie dans laquelle il se sentira complètement citoyen, écouté et respecté. De plus en plus de citoyens ont décidé que cela suffit et que la résignation n’est pas un avenir.
Pendant des années, j’ai envoyé des commentaires aux différentes radios du service public à partir de ce que je croyais possible et souhaitable, l’existence d’une référence implicite à une éthique partagée fondée sur une forme d’honnêteté intellectuelle. Sans effet. Il paraît que nos interpellations sont publiées sur le site de la médiation. A force de chercher sans trouver, j’ai fini par trouver le site Agora-vox.
Comme quoi, même endiguée, l’expression de la démocratie, comme l’eau, s’infiltre partout.