Commentaire de ibraluz
sur Moines contre Mollahs : question tolérance 1 à 0 pour les moines


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ibraluz (---.---.84.214) 25 août 2006 14:13

(suite du précédent qui a été tronqué)

Enfin, vous avez fini, mon p’tit monsieur, par m’échauffer les yeux avec vos prétentions historiques. En renonçant à les rectifier à tout bout de champ, il me semblait épargner, aux autres débatteurs, la lecture aride de précisions techniques. Mais trop, c’est trop. En insistant dans vos approximations, vous générez des confusions qui gauchissent le forum. Vérifiez, je vous prie, avant d’asséner. Ainsi, sans revenir sur le chapelet, interminable, de vos étourderies, voici un échantillon de ce qu’il faudrait reprendre. Cheikh Sidiyya, de la tribu des Awlad Abyayri, fut, au début du 20ème siècle, un des leaders les plus influents - sinon le plus influent - c’est à dire : médiateur - de la tariqa qadiriyya dans le Trarza et le Brakna. Il n’a aucun lien, ni de parenté, ni de confrérie, avec Cheikh Mélaïnine, de la tribu des Ahl Attalib Al Mukhtar, éminent maître de la tariqa fadhiliyya, fondée par son père dans le Sahara septentrional. Vous confondez certainement Cheikh Sidiyya avec Cheikh Sa’ad Bû, grand frère de Melaïnine.

Pour comprendre, dans la relation aux français, l’apparente contradiction familiale, que vous interprétez, inconsidérément, d’un très superficiel point de vue religieux, il convient de situer la problématique stratégique locale de l’époque. Au début du 20ème siècle, la route occidentale du commerce saharien (du fleuve Sénégal à Goulimine, au Maroc) est la dernière échappant à l’emprise coloniale. Elle a pris, de ce fait, une importance considérable : Coppolani, lui-même, évalue, à quelque vingt millions de francs de l’époque (1899), le volume des échanges transitant par cette voie. Celle-ci comporte, notamment, quatre secteurs vitaux : les débouchés marocains et sénégalais ; la région des pâturages camelins, centrée sur le Zammour et le Tiris ; le massif montagneux de l’Adrar, étape capitale des caravanes. Cheikh Melaïnine, que vous soupçonnez, fort légèrement, de fanatisme dénué de toute ouverture d’esprit (cf., à ce sujet, le fort intéressant article « Sheikh Melaïnine » de Norris, in « Encyclopédie de l’islam » - Maisonneuve et Larose / Brill - Paris / Leiden - 1960 / 1998) a su fédérer tous les grands éleveurs de chameaux du Nord, et, contrôlant le Zammour et le Tiris, tient, fermement, « l’outil de circulation » des hommes et des marchandises. Son grand frère, en s’installant à proximité immédiate de Saint-Louis, et travaillant la carte française, vise à implanter la tribu, via la confrérie, au plus près des débouchés méridionaux et de leurs plus puissants maîtres de l’époque ; les français, quant à eux, les favorise, espérant contrecarrer l’influence idaw’ali, de la confrérie tijaniyya, qui fait tache d’huile au Sénégal... La liquidation de Coppolani - chef de guerre, nonobstant toutes ses qualités humaines - ne doit pas être attribuée à Cheikh Melaïnine et à la fadhiliyya, mais plutôt à Cheikh Al Khalifa, de la tribu des Idaybussat, chef de la confrérie ghudfiyya, rivale de la fadhiliyya pour le contrôle de l’Adrar : on est assez loin, Patrick, de vos raccourcis abrutissants, mais tout le monde comprendra, à la lecture de ce que je viens d’expliquer, qu’il ne saurait être question de les rectifier tous, « on en finirait pas »,comme je vous le disais dans un précédent post. S’il vous plaît donc : soyez prudents dans vos futures allégations. Cela dit, bien sûr que je vous serais gré de divulguer, pour tous vos lecteurs, vos plus remarquables sources. Au nom de tous, merci d’avance.

Un petit mot à l’intention de Kâ et de Wrisya. Bravo pour votre constance. Certaines de vos positions mériteraient plus ample discussion, d’un point de vue religieux. Mais je crains, en des débats manifestement centrés sur les relations entre musulmans et non musulmans, déplacer le discours vers des considérations pas forcément intéressantes pour les autres débatteurs. Cela dit, je compte ouvrir, prochainement incha Allahou, un espace « rédacteur » sur Agoravox. j’espère vous y retrouver, ainsi qu’un certain nombre de nos contradicteurs, qui ont tous en commun d’avoir de l’humain dans le coeur, n’est-ce pas, Patrick, Damien et consorts ? A bientôt donc et bon courage ! Oua salam.


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