Commentaire de Patrick Adam
sur Moines contre Mollahs : question tolérance 1 à 0 pour les moines


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

Patrick Adam Patrick Adam 11 septembre 2006 10:11

@ Ibraluz

Je prends bonne note de votre interrogation (et de votre bottage en touche) concernant votre comparaison des émeutes de Sétif avec le comportement de Mahomet. Comme vous le voyez j’aime bien aller au bout d’un raisonnement quel qu’il soit.

Pour ce qui est de la Mauritanie que je ne connais pas (mais je vis dans une société qui fonctionne sur les mêmes bases culturelles), les chiffres concernant l’esclavage parlent de 300 000 personnes, sans compter les esclaves qui se sont réfugiés au Sénégal dans les années 80 et qui n’ont toujours pas été admis à rentrer au pays malgré le changement de régime. Je n’ai aucune envie de m’étendre sur le sujet car je trouve particulièrement inhumains ces vestiges de sociétés basées sur un nomadisme que l’on présente depuis des millénaires comme s’apparentant au paradis perdu. Tu parles ! Y trouver un lien social ressort du même argumentaire qu’utilisaient les Sudistes américains au moment de la guerre de Sécession. Je me permets simplement de vous citer le proverbe qui a eu cours pendant longtemps en Mauritanie concernant les esclaves et que, d’après certains chercheurs du cru, on chante encore parfois dans les cours de récréation du pays ou dans la rue : « Trois choses ne disparaissent jamais chez l’esclave : dormir, voler et pisser au lit ».

Personnellement, je considère la société maure comme une société fossile au sein de laquelle on retrouve (j’ai eu plusieurs fois l’occasion de le constater) à peu près tous les défauts de structure des sociétés nomades du Proche Orient. Société de castes, de privilégés éhontés, de paresse sacralisée, de vide organisé, d’orgueil démesuré envers ses origines, etc... Ces sociétés sont terriblement archaîques et reposent sur la représentation (vous parlez de « jeu de rôle ») et non sur l’action. Les mots y ont plus d’importance que la réalisation qu’ils induisent. Voyez que le tableau que j’en dresse n’est pas du Le Clézio. Mais beaucoup de Marocains du Nord avec lesquels je m’entretiens partagent cette opinion, notamment les chleuhs.

Pour ce qui est des versions du Coran, maintenant que j’ai compris que vous fonctionnez avec des « fiches de lecture » et n’en confectionnant pas moi-même, je vais vous faire un aveu, je n’ai aucune envie de passer mon temps à fouiller dans des livres pour vous démontrer des évidences que vous balayez d’un revers du pied en bottant en touche. Je ne sais si vous avez lu Al-assiouty ou si vous avez « égaré » vos « fiches » le concernant, alors je vous livre une ou deux citations de cet auteur, et nous en resterons là car vous commencez à sérieusement me fatiguer : « Un hadith attribué au Prophète circulait durant les premiers siècles de l’hégire, attestant que le Coran a été révélé en sept haruf. [Ibn Abi Dawud donne au terme harf, le sens de recueil] Les divergences dans l’interprétation de ce hadith sont nombreuses, mais les uns interprétaient ce terme comme signifiant mushaf, recueil, et s’appuyaient sur ce hadith pour légitimer les recueils non canoniques. [...] Par ailleurs, Ibn Mas’ud refusa de livrer son recueil [à Uthman] pour être détruit. [...] Il recommanda à ses compagnons de cacher leur recueil et de le conserver en secret afin de compraître devant Allah aveccet acte louable, le jour du jugement. Le recueil d’Ibn Mas’ud devint ainsi un Coran apocryphe. Ibn Mas’ud fut destitué de ses fonctions [...] privé de toute ressource pour qu’il meure de faim : mort, il fut enterré de nuit. »

Je vais vous donner encore la possibilité de rafraîchir une de vos « notes de lecture » en vous citant un dernier passage : « Les hommes morts, leurs recueils ne périrent pas de si tôt. Encore à la fin du IVè siècle hijri, le recueil d’Ibn Ma’sud circulait en plusieurs exemplaires. Et, à ce qu’il semble, Ibn Ma’sud comptait des partisans jusqu’au Vè siècle hijri, car l’auteur du Kitab Al-Mabaâni (425/1033) consacre de longues pages pour réfuter les arguments du recueil d’Ibn Mas’ud. Avec le temps, lesrecueils apocryphes du Coran sombrèrent Actuellement, il n’en reste que des passages disparates cités par divers auteurs anciens, tout comme il en fut de l’Evangile des Egyptiens ou de l’Evangile de Marcion. Dans les deux cas, ces sont les recueils des PARTIS DES PAUVRES qui furent submergés. »

Partis des pauvres... Coran des pauvres... ça ne vous rappelle rien de ce que je vous disais il y a quelques jours. Vous croyez que je vais passer mon temps à me justifier derrière vous qui jouez les savants ? Je suis peut-être moins ignorant que vous le supposez. Bien sûr, si quand vous parlez d’islam à un Européen, vous prenez soin de ne le faire qu’avec quelqu’un qui ne s’est jamais penché sur la question, vous pouvez leur raconter n’importe quoi, comme vous pêtes en train de le faire avec d’autres. Mais voyez, ça ne marche pas toujours. « Subterfuge » - « tour de prestidigitation » - « manipulation » « apparitions d’anges sauveurs » amusez-vous tant que vous voudrez avec ces quolifichets métaphysiques. J’ai passé l’âge, et il y a très longtemps que je me suis engagé dans une autre voie.

Voilà donc pour vous remettre en face de votre « indigence ». Je crois donc que je vais vous planter là avec votre « savoir » qui me paraît un peu trop imbriqué dans une foi aveugle pour des textes trafiqués comme le sont tous les textes dits « sacrés ». Et dire que vous m’envoyez le Pentateuque à la figure comme pour me meurtrir. Mais mon pauvre monsieur si vous saviez ce que je me fous de la « pertinence » du Pentateuque, vous n’auriez pas commis cet impair de gamin dans la cour de récréation, qui dit « c’est toi qui l’a fait le premier »... Bof ! D’ailleurs ces « fameux » textes, quand ils ne sont pas trafiqués, commandent à un style de vie primitif, clanique, orgueilleux et privatif de liberté dont chaque homme, sur terre, mérite de se débarrasser au plus tôt. Entendre citer Adam, Enoch, Jacob ou Abraham au début du XXIème pour les donner en exemple à l’humanité me fait bouillir le sang devant la perpétuation de cette entreprise d’asservissement à des « castes supérieures » qui a si bien marché au fil des siècles. Je vous laisse donc naviguer dans ce monde primitif, qui proclame des vérités imbéciles et qui oblige les « gens de foi » à les triturer dans tous les sens pour tenter de les faire avaler à ceux qui s’accrochent encore à un bout de raison. D’ailleurs, vos fondus-enchaînés sur les prophètes de la Bible m’ont bien diverti. Mettre Abraham et Moïse dans un même sac n’a aucun sens, ni historique ni religieux. Parler de loi abrahamique est un non-sens, alors qu’il existe effectivement une loi mosaïque. Abraham est à l’origine d’une alliance, ce n’est pas un codificateur. Et pour ce qui est de son rapprochement avec Moïse, l’un était un nomade sémite, l’autre très certainement un artistocrate citadin égyptien qui s’est vu interdire l’entrée de la Terre Promise en raison de cette non-judéité. Mais vos rafistolages ne m’étonnent guère. A lire le Coran dans ses passages empruntés à la Bible, on reste effaré par le bricolage du copier-coller accompli par Mahomet.

Patrick Adam


Voir ce commentaire dans son contexte
https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/