Commentaire de Henri Masson
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Henri Masson 6 octobre 2007 12:16

À propos du «  brave dentiste utopique à l’origine de l’espéranto [qui] doit se retourner dans sa tombe », voici ce qu’il écrivait dans « Essence et avenir de l’idée d’une langue internationale » (Hachette & Cie, Paris 1907 ; extrait des pages 119 et 102 de « L’homme qui a défié Babel ».) :

"“Toutes les idées appelées à jouer un rôle important dans l’histoire de l’humanité, écrit Zamenhof, connaissent invariablement le même sort. Quand elles apparaissent, elles rencontrent chez leurs contemporains non seulement une obstination et une méfiance remarquables, mais encore une incompréhensible hostilité. Les pionniers doivent beaucoup lutter et souffrir pour leurs idées ; on les prend pour des fous, pour des nigauds puérils, ou même pour des gens franchement néfastes. Tandis que ceux qui consacrent leur temps à toutes sortes de bêtises sans objet et sans utilité, uniquement parce que cela est à la mode et conforme aux idées routinières de la foule, profitent de tous les biens de la vie autant que de l’honorable appellation de “gens cultivés” ou de “figures publiques estimables”, les pionniers des nouvelles idées ne recueillent que sarcasmes et attaques. Le premier demeuré venu qu’ils rencontrent les regarde du haut de son ignorance et leur déclare qu’ils perdent leur temps à des futilités”.

“Le premier plumitif venu écrit à leur sujet des articles et des commentaires “spirituels”, sans même se donner la peine de se rendre compte par lui-même de quoi il retourne ; et le public, qui suit toujours les braillards comme un troupeau de moutons, rit et s’esclaffe, sans même se demander, ne fût-ce qu’une minute, s’il y a une goutte de bon sens ou de logique dans toutes ces “spirituelles” moqueries. Il est bien vu “de ne parler de ces idées-là qu’avec un sourire ironique et méprisant, parce que A. et B. et C. le font” ; sachant d’avance qu’“il n’y a rien de sensé là-dedans”, chacun redoute d’être rangé parmi “ces imbéciles”, même si, pour une minute seulement, il prenait cette folie au sérieux. Les gens se demandent étonnés “comment, à notre époque, de tels énergumènes peuvent apparaître dans le monde et pourquoi on ne les enferme pas dans des asiles d’aliénés”.

Mais le temps passe. Après beaucoup de combats et de souffrances, les “excentriques” parviennent à leur fin. L’humanité s’est alors enrichie d’un trésor nouveau, dont elle va bénéficier largement de diverses manières.

Du coup, les circonstances changent. Ayant acquis de la force, l’idée nouvelle paraît aux gens tellement simple, tellement “évidente” de par elle-même qu’on ne s’explique pas comment on a pu vivre sans elle depuis des milliers d’années”.

Et à propos de « vieilles barbiches » (une manière presque polie de parler de vieux cons), l’auteur de cet article aussi naïf qu’imbécile devrait écouter et lire attentivement les paroles de Georges Brassens « Le temps ne fait rien à L’affaire ».

http://www.dailymotion.com/video/xyhd0_georges-brassens-quand-on-est-con_music

paroles :

http://musique.fluctuat.net/georges-brassens/le-temps-ne-fait-rien-a-l-affaire-t4416.html

Il y a des gens formidables à tous les âges, et un jeune con a de fortes de finir vieux con s’il ne se remet pas en question.


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