Commentaire de Henri Masson
sur Défendons l'anglais !
Voir l'intégralité des commentaires de cet article
Certains prétendent, et parmi eux l’auteur de cet article dans son chapô, que « la communication à l’échelle internationale est rendue plus facile que jamais grâce à l’anglais ». D’autres vont dans le même sens en affirmant que l’anglais a (déjà) résolu la problème de la communication linguistique, qu’il n’y a pas mieux, et que, de ce fait, il n’y a pas lieu de chercher mieux. Ils le croient religieusement, tout comme les enfants croient en tel ou tel Dieu puisque c’est le seul dont on lui a fait croire à l’existence. Il n’y a que le Dieu English dans le ciel de la plupart des élèves, collégiens, lycéens et même étudiants, et ceci partout dans le monde, sauf en Hongrie (Sarko est un croyant du Dieu English
.
Dans les faits, la communication est rendue bien plus difficile, coûteuse en temps et donc en argent, et surtout inéquitable qu’elle aurait pu l’être avec l’espéranto. Encore faut-il se débarrasser de ses oeillères : les usagers de l’espéranto, surtout parmi les jeunes, ont pratiquement tous étudié l’anglais dans le cadre de l’enseignement. Inversement, la majorité de ceux qui ont appris l’anglais dans le cadre de l’enseignement ne savent rien de l’existence de l’espéranto. Un sondage effectué en 1984 par SAT-Amikaro durant les douze jours du Salon de l’Étudiant, à Paris, sur 409 visiteurs interrogés, aussi bien étudiants (très majoritairement) qu’enseignants ou parents, avait montré que 45% ne savaient rien de l’espéranto, 29% n’en avaient qu’une idée assez vague, et 26% en avaient une idée plus précise (quelques uns le connaissaient assez bien ou même le parlaient).
Le ministère de l’EN se garde bien de leur ouvrir les yeux, sinon, ce serait comme en Hongrie... Lorsqu’ils dispensaient des cours d’espéranto aux universités de Clermont-Ferrand et d’Aix-en-Provence, où ils avaint pu faire admettre l’espéranto comme unité de valeur, les professeurs Janton et Duc-Goninaz étaient obligés de refuser des inscriptions. Donc, contrairement à ce que certains affirment, l’espéranto intéresse. J’ai eu l’occasion de le confirmer dans un autre domaine pour avoir été le maître d’oeuvre, sur France Inter, le 1er juin 1998, d’une émission d’une heure, animée par Brigitte Vincent, une remarquable animatrice. Son succès, en début d’après-midi, donc pas à une heure de très grande écoute, avait débouché sur un cours express de 10 mn chaque matin durant tout le mois d’août. Les deux animateurs en furent un jeune Anglais qui avait découvert l’espéranto par une émission de la BBC, et Brigitte Vincent dans le rôle d’élève. Il y avait eu pas moins de 5000 appels téléphoniques, lettres et cartes postales, et, si tout ceci n’avait pas eu lieu, « Le Monde Diplomatique » n’aurait pas, depuis quelques années, de version réticulaire en espéranto : l’un des nombreux auditeurs qui ont alors commencé l’apprentissage de la langue, Wilhelm Luttermann, a en effet pris l’initiative de proposer cette version au Monde Diplo : http://eo.mondediplo.com/
