Commentaire de Henri Masson
sur Défendons l'anglais !
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« Encore l’espéranto ! C’est formidable. »
Oui, voilà très précisément les seuls mots véridiques et constructifs dans tout ce commentaire : « C’est formidable ». Je connais partout dans le monde des gens qui m’ont dit et écrit cela. Bien d’autres pourraient en témoigner.
Il n’y a aucun doute que l’espéranto est formidable, et, entre beaucoup d’autres, le professeur Robert Molimard, que l’on a pu lire plus haut, est incontestablement bien placé pour le dire :
par molimard (IP:xxx.x33.153.19) le 5 octobre 2007 à 23H26
Ce n’est pas le cas de quelqu’un qui a de vagues et lointains souvenirs.
Je ne vois pas en quoi il y aurait contradiction dans l’usage de la lettre « i » pour les verbes à l’infinitif et aussi pour les pronoms personnels. Nulle part il n’est écrit que tout mot se terminant par un « i » est un verbe. Par contre, tout verbe à l’infinitif se termine par « i ».
Nuance !
Voir : les pronoms personnels (règle n° 5 du « Fundamento de Esperanto »)
http://www.akademio-de-esperanto.org/fundamento/gramatiko_franca.html )
5. Les pronoms personnels sont : mi (je, moi), vi (vous, tu, toi), li (il, lui), ŝi (elle), ĝi (il, elle, pour les animaux ou les choses), si (soi), ni (nous), ili (ils, elles), oni (on). Pour en faire des adjectifs ou des pronoms possessifs, on ajoute la terminaison (a) de l’adjectif. Les pronoms se déclinent comme le substantif. Ex. : mi’n ― moi, me (accus.), mi’a ― mon, la vi’a’j ― les vôtres.
Les pronoms personnels sont des mots invariables. Ils ne sont pas formés en ajoutant, par ex., le « i’ au »m« (mi), puis au »c« (ci), etc. Il n’y a donc pas de confusion possible, pas plus que de contradiction. Par contre, par ajout de la lettre »a", il est possible de créer les adjectifs possessifs en toute simplicité, comme expliqué ci-dessus. Les hommes tout comme les programmes de traduction (Distributed Language Translation : DLT http://fr.wikipedia.org/wiki/Traduction_de_langues_distribuée ) savent s’y retrouver sans se compliquer l’existence.
En Neo (Alfandari, Bruxelles, 1961), il y a 9 pronoms personnels qui sont finalement assez proches de ceux de l’espéranto et du français : mi, tu, il, el, it, so, nos, vu, zi, zel. Le choix de Zamenhof n’est en rien illogique, irréfléchi, incompétent. Quant au choix des radicaux du premier manuel (paru en 1887), il s’agissait bien d’un choix personnel établi sur la comparaison de racines de diverses langues, de racines choisies en fonction de leur degré d’internationalité. Par la suite, le vocabulaire s’est enrichi naturellement grâce à la communauté qui s’est créée autour de lui. Pour mieux comprendre cela, voici une lecture instructive parue chez L’Harmattan : « ABC d’espéranto à l’usage de ceux qui aiment les lettres » http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=numero&no_revue=&no=7346
. L’auteur, le professeur Gaston Waringhien, d’une très grande érudition, fut lexicologue et grammairien chez Larousse et il a fait énormément de traductions à partir de diverses langues dont l’espéranto. Son ouvrage « Lingvo kaj vivo » (Langue et Vie) mérite aussi d’être lu par tout « progresanto », de même que « 1887 kaj la sekvo » (1887 et la suite), tout comme « Pri lingvo kaj aliaj artoj » (À propos de langue et autres arts) de William Auld (proposé plusieurs fois pour le prix Nobel http://fr.wikipedia.org/wiki/William_Auld ) . Son oeuvre est considérable : http://fr.wikipedia.org/wiki/Gaston_Waringhien ou, en espéranto : http://eo.wikipedia.org/wiki/Gaston_Waringhien
Pour ce qui est de la comparaison des mots dans diverses langues, il n’y a pas mieux que « Langues sans frontières », de Georges Kersaudy, paru chez Autrement, coll. Frontières. Sa carrière de fonctionnaire international à travers le monde l’a amené à parler, écrire et traduire une cinquantaine de langues d’Europe et d’Asie, y compris l’espéranto. Dans cet ouvrage, il présente, décrit et compare trente-neuf langues de l’Europe. Donc, il ne s’est pas contenté d’une étude superficielle de cette langue qui a contribué à étendre son horizon linguistique et culturel et à stimuler son goût des langues. Il ne s’agit pas de ces personne qui prétendent déjà tout savoir et être aptes à émettre un avis autorisé après une vague et lointaine étude de la langue. Certes, les espérantistes connaissnt en principe ce proverbe de Zamenhof : « Inter blinduloj, reĝas strabuloj ( »Proverbaro Esperanta", La Laguna de Tenerife : Stafeto.1974. Voir aussi http://fr.wikipedia.org/wiki/Proverbes_en_espéranto ) . Autrement dit, parmi les aveugles, les loucheurs sont rois (en français, on dit borgnes). En clair, celui qui en sait à peine plus que les autres éprouve le besoin de se pavaner et se permet raconter tout ce qu’il veut et n’importe quoi à ceux qui ne savent rien.
Quant aux accusateurs de l’accusatif, ils reprennent tout simplement l’argument majeur des adeptes de projets avortés tels que le Neo, le Novial (pourtant proposé par l’un des plus grands linguistes du siècle dernier : le professeur Otto Jespersen !), l’Occidental (nommé par la suite « Interlingue », et pour cause !), l’Interlingua (que certains attribuent faussement à l’International Auxiliary Language Association, IALA, à laquelle ont collaboré de très éminents linguistes, alors que l’auteur en fut Alexander Gode... lâché par tous ls autres !), et surtout les idistes (Bertrand Russel, qui s’est intéressé à la question de langue internationale, avait demandé avec humour pourquoi on ne les nommait pas plutôt « idiots ») qui se sentent toujours obligés de se référer à l’espéranto, le vrai, en faisant passer l’Ido pour un espéranto « réformé » ou « amélioré », etc. alors que ce n’en est qu’un plagiat. Le faux marquis Louis de Beaufront (né de père inconnu et d’une malheureuse nommée Chevreux), qui s’était attribué la paternité de l’Ido lors de manoeuvres visant à porter la confusion, fut manipulé par le véritable auteur de l’Ido, Louis Couturat qui se sentait gêné de reconnaître son rejeton. Cocasserie à l’état pur ! Ah ! s’il avait révélé que Beaufront n’était pas du tout un marquis !... L’Ido est donc un projet de langue non seulement sans prestige, sans support social, qui pourrait apparaître comme sorti d’un magasin de farces et attrapes, mais qui se prêterait en plus comme sujet d’une pièce de théâtre comique. Il n’y a pas mieux pour ridiculiser l’idée de langue internationale construite. De grâce, il y a déjà eu assez du Volapük !
Apprécié par les traducteurs, les poètes et les écrivains, l’accusatif offre une souplesse syntaxique que n’ont pas les langues vivantes et les projets avortés qui ont tenté de concurrencer l’espéranto. C’est une ressource utile, et même indispensable, dès que l’on veut respecter l’ordre des mots dans une traduction. En français, comme en anglais et dans bien d’autres langues, l’ordre est rigide. En espéranto, rien n’empêche de commencer une phrase pas un verbe ou par le complément d’objet direct. Effectuée par le professeur Gaston Waringhien, la traduction des « Robayyat » d’Omar Khayyam (Téhéran : Padideh Publishing. 1987), que je possède en ouvrage luxueux en trente langue, est reconnue par les spécialistes comme l’une des plus brillantes et les plus fidèlss. L’ouvrage comporte deux préfaces, l’une en espéranto, l’autre en anglais.
L’accusatif a aussi un intérêt propédeutique pour faciliter l’apprentissage d’autres langues, par exemple l’allemand : http://www.esperanto-sat.info/article413.html
Certes, il n’est pas question de dire que l’espéranto est une, et encore moins LA langue parfaite (voir « La recherche de la langue parfaite », Umberto Eco, éd. Seuil, coll. Faire l’Europe. 1994). Mais que celui qui prétend faire mieux veuille bien s’atteler à la tâche, et on se donnera rendez-vous dans 120 ans (donc moins que l’âge de Mme Jeanne Calment, qui, de par son mari, avait touché à l’espéranto 
Pour illustrer ceci, voici une fable écrite par le professeur Théophile Cart http://fr.wikipedia.org/wiki/Théophile_Cart :
EO
La Fosiloj
Malnova franca fabelo (1)
Antaŭ multaj centjaroj ia franca reĝo venigis tri laboristojn kaj diris al ili :
« Gravan premion mi donos al tiu, kiu fosos plej longan sulkon ! »
La du unuaj laboristoj komencis disputadi pri la meritoj de siaj fosiloj.
- Bona fosilo devas esti longa, diris unu.
- Ĝi devas esti larĝa, diris la alia.
Dum ili disputadis, la tria per pli-malpli bona fosilo fosis sian sulkon kaj gajnis la premion.
---
Esperantistoj, karaj kunbatalantoj, ni ne perdu nian tempon, babilante kaj diskutante : Ni fosu nian sulkon !
Vivu nia Zamenhofa Esperanto !
Théophile CART
(« Lingvo Internacia », 1907)
1 - Dirita de la aŭtoro en Cambridge dum la dua teatra prezentado de la Tria Kongreso.
(reproduit dans « Vortoj de Profesoro Th. Cart ». Pro Esperanto. Vienne, 1990.)
FR
Les bêches
Ancienne fable française (1)
Voici de nombreux siècles, un roi français fit venir trois travailleurs et leur dit :
« Je donnerai un prix important à celui qui creusera le sillon le plus long ! »
Les deux premiers travailleurs commencèrent à se disputer sur les mérites de leurs bêches.
-
Une bonne bêche doit être longue, dit le premier.
-
Elle doit être large, dit le second.
Pendant qu’ils se disputaient, le troisième, avec une bêche plus ou moins bonne, creusa son sillon et ganga l prix.
---
Espérantistes, chers compagnons de combat, ne perdons pas de temps en bavardant et en discutant : Creusons notre sillon !
Vive notre espéranto zamenhofien !
Théophile CART
(« Lingvo Internacia », 1907)
1 - Raconté par l’auteur à Cambridge lors de la seconde représentation théâtrale du Troisième Congrès.
(reproduit dans "Vortoj de Profesoro Th. Cart. Pro Esperanto. Vienne, 1990.)
Quoi que l’on fasse, on trouvera toujours des m’as-tu-vu incapables d’apporter quelque chose de constructif et toujours prêts à dire que ça ne peut pas marcher, qu’ils ont de meilleurs idées que ceux qui ont inventé ou conçu telle ou telle chose, même si celle-ci a fait ses preuves, etc..
Il ne faut pas oublier que, même si l’on parvenait à créer une langue très supérieure à l’espéranto, et même quasi parfaite (car la perfection est impossible en ce domaine), il y aurait toujours l’obstacle POLITIQUE.
Et c’est bien ce qu’a compris le professeur Umberto Eco : “Parmi toutes les objections, celle qu’avait déjà formulée Fontenelle, à laquelle fait écho le discours d’introduction de D’Alembert à l’Encyclopédie, sur l’égoïsme des gouvernements, qui ne se sont jamais distingués dans la détermination de ce qui était bon pour l’ensemble de la société humaine, est encore valable. “ (La recherche de la langue parfaite", p. 378)
Le sujet des obstacles politiques du présent a déjà été évoqué. Pour celles et ceux qui veulent se rendre compte de ceux du passé, il existe un ouvrage que peuvent lire déjà beaucoup de gens puisqu’il est paru en plusieurs langues :
Espéranto : La danĝera lingvo. Studo pri la persekutoj kontraŭ Esperanto. Gerlingen : Bleicher, 1988. - Second édition avec postface de Detlev Blanke et Sergej Kuznetsov. Moscou : Progreso, 1990. 568p.
Allemand : Die gefaehrliche Sprache. Die Verfolgung der Esperantisten unter Hitler und Stalin. Gerlingen : Bleicher, 1988. 326p.
Japonais : Kiken na gengo. Hakugai no naka no esuperantop>
Italien : La lingua pericolosa. Storia della persecuzioni contro l’esperanto. Trad. Giordano Formizzi et G. Barelli. Piombino : TraccEdizioni, 1990. 382p.
Russe : Opasnyj jazyk. Kniga o presledovanijah esperanto. Trad. Viktor Arolovich, Lev Vulfovitch et Ludmila Novikov. Moscou : « Prava cheloveka » et « Impeto », 1999. 576p.
Lituanien : Pavojingoji kalba. Esperantininku persekiojimai. Trad. Vytautas RINKEVICIUS. Vilnius : Mokslo ir enciklopediju leidybos institutas (Institut d’édition de livres scientifiques et encyclopédiques), 2005. 462 p.
Présentation en français sur : http://www.esperanto-sat.info/article451.html
