Commentaire de bcordelier
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bcordelier bcordelier 12 octobre 2007 15:00

@ Fanfan la Tulipe

En Kotava :

« Here is my bicycle » / « Jen mia biciklo » = « Tir jinaf tolkrafol », ou simplement : « Jinaf tolkrafol » « Bicycle trip » / « Bicikla ekskurso » = « Tolkrafolgozara », ou : « Tolkrafolafa gozara », ou bien : « Gozara kan tolkrafol » « He wants to bicycle » / « Li volas bicikli » = « In djutolkrafolur », ou : « In kan tolkrafol djulakil », ou encore : « In tolkrafolon djulakil »

On peut voir que le Kotava dispose de plusieurs façons d’exprimer les mêmes choses rigoureusement. J’y vois plutôt un atout qu’un handicap. A chacun d’utiliser les constructions qui lui plaisent le mieux. Mais au delà, je ne vois pas ce que cette démonstration apporte de tangible, que ce soit anglais, espéranto ou kotava. smiley

Le Kotava peut être une langue très contextuelle et relative aux locuteurs en présence, c’est à dire en sous-entendant tout ce qui est d’évidence aux interlocuteurs à l’instant où ils échangent : pronoms, possessifs, compléments attributifs, absence de répétitions. Un petit exemple, pris dans la traduction du « Conte du Serpent », légende coréenne :

- Renapanik, va vo is yasa djutolwí.

Se traduit en français par : - Ma bien-aimée, j’ai envie de revoir mon pays natal et ma famille. Tous les possessifs et les sexes sont occultés, car ils sont d’évidence pour les deux amoureux qui se parlent. La phrase pourrait sinon être :

- (Jinafa) renapanik(ya), va (jinafo) vo is (jinafa) yasa (jinye) dju(mé) (da) tolwí.

Inversement, si besoin, il peut être d’une précision extrême, notamment au travers de son très riche système prépositionnel, particulièrement en matière locative ou temporelle. Là où en français on serait obligé d’employer une kyrielle d’adverbes complémentaires. Et sinon, comme l’espéranto, l’usage appuyé des affixes permet une concision forte sur un petit nombre de radicaux ou des constructions hautement expressives. Non, ce que le Kotava n’aime pas, c’est l’ambiguïté. C’est à dire que si le contexte entre les locuteurs n’est pas suffisamment limpide et implicite, alors des constructions qui pourraient être interprétées différemment par les uns ou les autres seront proscrites. Elles seront perçues comme des barbarismes.

Quant au lexique, le Kotava est effectivement riche. Mais là encore, c’est plus un atout que l’inverse. Certains kotavophones se contentent de 500 radicaux. D’autres aiment manier bien davantage les synonymes. A chacun son mode d’expression. C’est justement cette souplesse, tant en matière de mécanismes grammaticaux que d’amplitude lexicale ou de niveaux d’expression qui constitue l’un de ses attraits majeurs. Je ne parle même pas de sa musicalité, chose éminemment subjective.

Enfin, le temps d’apprentissage du Kotava sera effectivement deux ou trois fois plus long que celui de l’espéranto pour ... un occidental. Question de lexique, uniquement.

* Juste une petite pointe sur la « prononçabilité » de l’espéranto. Prononcez d’un souffle : bicikla ekskurso (bitsikla ekskurso) ! Bonjour les suites de consonnes...


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