Commentaire de Lisa SION
sur Les quant-à-soi


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Lisa SION 2 Lisa SION 3 novembre 2007 08:15

Bonjour,

Il y a une trentaine d’années, j’ai conduit un collègue portugais qui avait profité de la « prime au retour » pour se payer une voiture, mais n’avait pas le permis. Ces dix mille francs, accordés par le gouvernement Giscard pour inciter le travailleur étranger à rentrer chez lui, n’a, à ma connaissance, jamais été reconduit. Si l’on veut oeuvrer pour une politique en ce sens, il suffit de s’en donner les moyens. Mais, tellement d’actes vont dans le sens contraire...

Sitôt qu’une parabole s’installe dans un quartier ou un village reculé d’un pays en retard, bien des jeunes, dont les parents n’ont pas travaillé chez nous, rèvent immédiatement de devenir le prochain Thuram, Hamilton, Dessailly, Eddie Murphy ou Karambeu, autant pour les millions d’euros en jeu, que pour finir dans le lit d’Adriana...

Non seulement nous ne nous rendons pas compte de l’impact de la pub indécente que nous sommes fiers de diffuser dans cent vingt cinq pays, mais en plus, nous acceptons que les jeunes diplomés étrangers, venus faire leurs études chez nous...restent. La somme des actions contribuant à perpétuer ce retard envers de nombreux pays émergents est incalculable.

Il ne serait pas complètement idiot de notre part de réviser et surtout d’adoucir notre politique de l’immigration pour diverses raisons : Tout d’abord parce que notre poussive croissance est condamnée à descendre de quelques rangs chaque année face à quantité de pays dont nous aurions souhaité que jamais ils ne nous rattrapent. Car notre désir de croissance absolue n’est pas seulement motivée par notre envie de nous faire plus grosse que le boeuf, mais aussi nourrie par les plus values exorbitantes issues des commerces avec ces pays. Ensuite parce que s’ils ne nous rattrapent pas grâce à notre favorable contribution, ils nous rattraperont malgré nous, ce qui est tout à fait différent. En effet, nous ne pouvons pas dire que nous n’ayions jamais eu besoin d’aucun d’entre eux, tant nous sommes tous entourés d’objets exotiques de toutes origines, alors que bien d’entre eux ne nous doivent en rien leur formidable expansion. Mais surtout, vu la tournure des changements climatiques, il se pourrait bien que d’ici la fin du siècle, nous soyons tous contraints de leur demander de façon urgente..l’hospitalité.

Certes, ce raccourci temporel est un peu alarmiste, mais le virage à adopter est d’une telle ampleur qu’il vaut bien mieux l’entreprendre à l’avance. Et même s’il n’est rarement profitable d’avoir raison trop tôt, n’est-il pas bien pire encore d’avoir tort trop tard.


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