Commentaire de Gazi BORAT
sur Le cadeau empoisonné
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@ Icks Pey
En se plaçant en position d’empathie et en adoptant le point de vue de la victime, on ne peut que convenir que tout génocide est unique.
L’un d’entre eux peut être choisi comme emblématique, et la Shoah représenterait alors pour tous les génocides ce que le soldat inconnu inhumé sous l’Arc de Triomphe représente pour les soldats tombés en 1914... mais ce soldat a ici la particularité d’être anonyme, ce qui renforce son poids symbolique..
Le risque de banalisation, me direz-vous ? Le risque est plus grand qu’un génocide exemplaire, unique paradoxalement ne puisse rendre inopérante toute tentative de transférabilité et qu’un enfant du futur, témoin d’exécutions en cours ne se voit expliquer que cela n’a aucun rapport avec la Shoah car aujourd’hui, ce sont des méchants que l’on tue..
Le danger, plus encore que la banalisation, serait qu’une hiérarchie ne s’opère entre les victimes de génocide et que le martyre des uns efface la tragédie vécue par d’autres..
Démonter rationnellement les mécanismes qui ont conduit à de telles atrocités pour éviter qu’elles ne se reproduisent plus tard me semble plus importants qu’instituer passionnellement des démarches mémorielles dont l’impact pédagogique me semble bien incertain..
gAZi bORAt
