Commentaire de Dolores
sur Un appel à ma génération


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Dolores 7 mars 2008 23:55

 En Mai 1968, je venais d’avoir 22 ans et j’étais étudiante en lettres dans une fac de "province".

Les étudiants d’aujourd’hui n’ont absolument rien à m’envier ! Fille d’ouvrier ( 1% de la population étudiante à cette époque reculée), je n’ai dû d’avoir une bourse qu’au fait que j’étais orpheline de père et de mère.

Bourse insuffisante, comme elles le sont actuellement, pour vivre sans avoir un travail.

Dans la révolte étudiante je n’ai vu - et je ne vois encore - qu’une tentative d’établir un véritable humanisme.

Les gens qui vilipendent cette époque sans l’avoir connue ne savent pas ce à quoi " les jeunes d’alors" voulaient se soustraire.

Jusqu’à 21 ans, vous n’aviez aucun droit, même pas celui de choisir vos vêtement ou la couleur de vos chaussettes si vos parents ne le voulaient pas ! Si vous vous maquilliez ou si vous portiez un pantalon vous étiez jugée comme une "fille perdue".Tout était subordonné au bon vouloir des parents jusqu’à la majorité.

Imaginez : en 1969, un an après, un IDEN (inspecteur départemental de l’éducation nationale) faisait une conférence "pédagogique" pour expliquer qu’il était mal-séant pour les femmes de porter un pantalon et que cela était interdit aux enseignantes, sauf exceptionnellement par grands froids, si elles se déplaçaient à vélo, et à condition de porter une jupe par dessus ! De même il était interdit de faire l’amouravec son mari ( avec un petit ami ? inconcevable et exclus !!) les jours de classe, vous deviez réserver cela aux veilles de congés uniquement. Et les personnes à qui s’adressait ce discours étaient toutes des adultes de plus de 21 ans. C’était écrit en toutes lettres sur le manuel de droits et des devoirs des enseignants.

Comment réagiriez- vous "jeunes d’aujourd’hui" (et vieux de demain) à ces diktats si on les remettait au goût du jour ?

Mais là n’est pas le principal.

Mai 68 a fait souffler un vent d’espoir en une société plus juste, plus solidaire plus libre et plus épanouie.

Avec les progrès médicaux, techniques déjà réalisés depuis 1945 on pouvait espéré que toute la société pourrait en bénéficier et pas seulement les privilégiés, et que la misère serait bannie.

On espérait un monde meilleur. Et pendant quelques temps on a pu y croire.

Malheureusement les politiciens on fait des ratés et des dérive de 68 leur credo et les ont érigés en loi.

Cohn Bendit, le "meneur de 68" en est un parfait exemple, il a totalement retourné sa veste mais il continue de bénéficier de la popularité qu’il a acquise alors.

Nous avons trop gâté nos enfants et nous en avons fait de perpétuels insatisfaits en accédant toujours à leurs désirs sans leur avoir fait comprendre qu’ils ne seraient pas toujours réalisables. Nous avons échangé la rigidité que nous avions connu contre le laxisme.

Les politiciens sont responsables en grande partie avec les "psy" de ce qu’ils dénoncent aujourd’hui. Mais ils pensent qu’en dressant les "jeunes" contre les "vieux soixante-huitards" de parents, ils s’éxonéreront de leurs propres responsabilités car ce sont eux qui ont fait décréter que les enfants devaient être les roi de la sociéte. Cruelle désillusion ! Entre temps ils ont changé les règles du jeu et le monde pour en faire un lieu de compétition forcené et de luttes fratricides.

Ils entraînent ces "jeunes" à la haine des générations qui les ont précédés en les rendant responsables des choix de société qu’ils ont eux-même fait.

Dans l’émission "Ce soir ou jamais" j’ai entendu un jeune dire que non seulement il ne voulait pas payer les retraites des vieux qui étaient plus riches que lui mais qu’il faudrait les supprimer.

Malgré cela, en "soixante huitarde attardée", je continue à rêver à un monde meilleur générateur de progrès et non de régression comme c’est le cas aujourd’ui.

 

 

 

 

 

 


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