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Commentaire de Brisefer sur Sans-pap' vertu clandestine - AgoraVox le média citoyen

Commentaire de Brisefer
sur Sans-pap' vertu clandestine


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Ben Ouar y Villón Brisefer 10 octobre 2006 14:42

j@attali.com

M. Jacques Attali laisse un billet intéressant sur son blog.

"La confusion qui règne après l’expulsion des occupants du squat de Cachan (Val-de-Marne) est révélatrice de l’extraordinaire capacité de la France à ne débattre que des problèmes qui arrangent ceux qui la dirigent, politiquement ou médiatiquement. En 2003, 538 personnes occupent illégalement les 330 chambres d’étudiant d’un bâtiment abandonné de l’Ecole normale supérieure de Cachan. Les responsables, c’est-à-dire le Crous et la SCIC Habitat Ile-de-France, « oublient » ensuite de détruire ce bâtiment insalubre. Le 17 août 2006, les occupants sont encore 522 quand le squat est enfin évacué. 300 d’entre eux trouvent à se loger ici ou là. 200 sont encore parqués dans un gymnase. Le débat qui s’ensuit mêle dans la plus grande confusion trois problèmes totalement différents.

1. L’expulsion elle-même : elle était parfaitement légale et légitime ; elle aurait même dû avoir lieu plus tôt, comme le démontrent les tragédies hebdomadaires dues aux logements insalubres.

2. Le statut des expulsés : contrairement à ce qu’on raconte, la majorité d’entre eux sont des Français, des étrangers en situation régulière, des ressortissants de l’Union européenne ou des enfants d’étrangers ayant vocation à être français, parce que nés en France. Et, sur la minorité d’étrangers en situation irrégulière, seulement 25 ont été interpellés et placés en centre de rétention.

3. La disponibilité d’un vrai logement : l’Opac de Paris, gestionnaire d’HLM en proche banlieue, ne leur propose que dix logements sociaux dans le Val-de-Marne. Le maire de Limeil-Brévannes propose d’anciens locaux du CEA, c’est-à-dire un quasi-squat. Le préfet propose, lui, de les loger à l’hôtel, sans aucune stabilité. Toutes ces solutions sont insuffisantes. Le vrai problème, dont toute cette histoire dérive, est qu’il manque en France 1,5 million de logements, dont plus de la moitié en logements sociaux. Il est donc illusoire de prétendre décréter un droit au logement sans imposer un devoir de loger. Or il ne peut pas y avoir de « devoir de loger » sans nommer celui qui en a la charge. Soit c’est l’Etat, et il faut rendre le logement gratuit pour tout le monde, comme dans les sociétés communistes, ce qui ne semble pas aujourd’hui d’actualité. Soit c’est le marché, et il faut créer assez de logements sociaux et d’emplois pour que chacun puisse trouver un logement et payer son loyer. C’est évidemment beaucoup plus difficile que de faire des effets de manches, dans un sens ou dans un autre, à propos du statut des étrangers."


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