Commentaire de Internaute
sur Sarkozy, le guide suprême de la rupture va parler et la croisière s'amuse
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La constitution de la 5° république de 1958 séparait clairement le rôle de l’exécutif et du législatif. Le président est élu au suffrage universel et n’a de compte à rendre qu’au peuple. Il nomme le premier ministre qui forme son gouvernement, avec son aval et non pas avec l’aval des députés. Les députés ont un rôle purement consultatif et peuvent voter une motion de censure, seul point de force de l’Assemblée sur l’exécutif. Cette faiblesse apparente du président est immédiatement compensée par une autre. Il a le droit de dissoudre l’assemblée. Autrement dit, un député qui vote la motion de censure risque fort de repartir illico devant ses électeurs et de perdre sa gamelle. Vu l’état d’esprit des députés cela en refroidit plus d’un. Non seulement le président décide de tout mais en plus il peut prendre les pleins pouvoirs quand cela lui chante (ou presque) par l’Article 16.
Donc, il est établi dés 1958 que le président dirige le navire et vous vous trompez en écrivant « Le discours prononcé par M. Sarkozy face au Congrès revêt une seule signification, celle d’officialiser la position du président en tant que capitaine du navire France, celui qui décide à la fois des manœuvres à exécuter pour affronter la mer houleuse des crises économique, sociale et géopolitique. »
Le jeu de la 5° a été joué par de Gaulle et Pompidou lesquels n’ont jamais fait une présentation de politique générale à l’assemblée. Pompidou a même interdi à Chaban-Delmas de la faire puis l’a quand-même autorisé à présenter à la chambre son projet de nouvelle société à condition qu’il n’y ait pas de vote.
Les conférences de presse annuelles du président, lorsqu’elles sont bien menées, sont l’occasion de présenter au peuple son programme et les directions de sa politique.
Le grand absent de la réforme de Sarkozy est le peuple. Ce n’est pas aux députés que le président devrait présenter sa politique mais au peuple. La véritable rupture sarkozyenne est la rupture du lien constitutionnel qui unit le peuple et le président de la république. Il s’est d’abord comporté en chef de parti, allant donner des conseil et présidant les sessions de l’UMP pendant les campagnes électorales, et le voilà maintenant qui s’abaisse à discuter avec les députés de son programme.
Lire à ce sujet le livre de Marie-France Garaut « La fête des fous ».
