Commentaire de Bertrand Damien
sur Burqa-pitulation ou pas ?
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Et vous faites exactement la même confusion que les autres en lisant mal ce que j’ai écrit et en ne réfléchissant pas assez sur ce qu’est la liberté. Vous parlez du droit d’être, mais vous oubliez ce qu’est le droit de faire. Si vous vous contentez d’être tout ce que vous dites, sans que cela ait d’impact sur vos voisins, cela ne pose aucun problème. Vous pouvez revendiquer le droit à la connerie, sauf si votre connerie nuit aux autres. Non, vous n’avez pas le droit de TOUT faire dans une société démocratique d’inspiration humaniste.
Vous faites comme s’il ne s’agissait que d’interdire un vêtement, comme si l’on décidait du jour au lendemain que les chaussures rouges à petit pompon sont interdites pour des raisons esthétiques. C’est malhonnête ou simplement idiot que de refuser de voir ce qui est en jeu dans l’affaire de la burqa. Ce n’est pas le vêtement, mais l’oppression et la violence faite aux femmes contre leur liberté et leur dignité.
Vous citez Orwell et vous ne l’avez précisément pas compris. Faire de l’exercice de la liberté individuelle un projet philosophique constitutif d’une société décente aboutit à 1984, comme le rappelle Trolléon dans un commentaire plus haut. C’est exactement le sens de ce que dit Orwell, et je dis la même chose que lui. La liberté n’est pas un absolu, elle s’arrête là où commence celle des autres.
Orwell était un socialiste anti-totalitariste, et il détestait tout autant la droite conservatrice ou libérale (qui pourtant va récupérer politiquement 1984) que la gauche totalitaire et communiste.
Pour le philosophe français Jean-Jacques Rosat, « la leçon philosophique et politique de 1984, c’est que la liberté et la démocratie sont incompatibles avec le relativisme et le constructivisme généralisés ».
Qu’est-ce que ça veut dire ?
Le relativisme est un « mouvement de pensée qui traverse les siècles depuis l’antiquité gréco-romaine », pour désigner un ensemble de doctrines variées qui ont pour point commun de défendre la thèse selon laquelle le sens et la valeur des croyances et des comportements humains n’ont pas de références absolues qui seraient transcendantes.
Pour faire simple, qu’il n’y a pas d’éthique qui transcende l’homme et les sociétés. Et que par conséquent, on peut très bien envisager une société parfaitement légitime, qui au nom de la liberté religieuse par exemple, pourrait impunément enfermer toutes les femmes, décider de vie ou de mort sur elles en fonction des quartiers de lunes ou d’une couille qui gratte le maître de maison, déclarer que pour honorer Dieu il faut sacrifier 100 vierges par mois sur la place publique, ou n’importe quoi du même acabit. Voilà à quoi peut conduire les philosophies relativistes et les gens qui prétendent qu’il est interdit d’interdire quoi que ce soit, au nom du relativisme culturel, ou d’une liberté individuelle sans condition, sans limite.
