Commentaire de HAL9000
sur L'arnaque du marché informatique : l'imposition insidieuse des OS propriétaires
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Si je perçois que les intentions derrière cet article sont très louables, je ne peux m’empêcher de le trouver totalement dénué d’objectivité
« Car que ce soit Darwin (cœur de Tiger) ou le soi-disant nouveau Vista, la convergence est là : vers Unix »
Cette affirmation aura déja été corrigée dans les commentaires précédents, mais voici quelques précisions :
- Bien que Darwin soit une variante Unix, son code n’est pas basé directement sur le code libre de linux, mais sur le code du système d’exploitation NEXTSTEP qui était commercialisé par la société fondée par Steeve Jobs. http://en.wikipedia.org/wiki/NEXTSTEP. Nextep est toutefois une variante Unix.
- S’il a fallu à Microsoft 5 ans pour sortir son nouveau système d’exploitation (Vista) avec aussi peu d’innovations (en effet lorsqu’on s’essaye a Vista, on est frappé par le peu d’éléments nouveaux, hormis l’interface graphique), c’est parce que ce système d’exploitation a été réécrit de zéro pour palier a des problèmes majeurs liés à l’architecture archaïque du code de Windows NT. Qui s’est essayé un tant soit peu à la programmation Linux et à la programmation Windows vous dira immédiatement que les interfaces de programmation n’ont rien du tout en commum.
On peut en revanche affirmer qu’UNIX a posé tous les fondamentaux des systèmes d’exploitations modernes. Prenons par exemple le système des droits d’accès sur les fichiers : Unix a créé un système qui attributs droits en lecture, écriture ou exécution sur un fichier, ces droits étant déterminés sur la base d’un nom d’utilisateur ou de son appartenance a un groupe d’utilisateurs. Si l’on développait aujourd’hui un système d’exploitation moderne, comment programmer une fonctionnalité similaire sans plagier le fonctionnement d’Unix, puisque celui-ci a été le premier a mettre en oeuvre un fonctionnement qu’on pourrait qualifier de « plus petit dénominateur commun logique » ?
On le voit donc, il n’y a parfois pas 36 manières de faire les choses en matière de logiciel, a moins de développer des fonctionnalités en proposant à l’utilisateur des manipulations détournées de la logique et du bon sens commun. Ceci nous amène d’ailleurs au problème des brevets logiciels, ou Microsoft a par exemple déposé sans scrupules un brevet « sur le clic droit » pour les assistants personnels ou Amazon.com avec son brevet de « l’achat en 1 clic ». Ces brevets logiciels sont une hérésie et une dégénerescence marketing de l’industrie logicielle, que les lobbies américains tentent continuellement d’imposer au parlement Européen, sans succès jusqu’ici.
Mais alors, qu’est-ce qui cloche, qu’est ce qui fait que l’on a d’un coté un système d’exploitation libre à 0€ (Linux) et d’un autre un système d’exploitation à 300€ (Vista ou MacOS). La 1ère raison est l’abus de position dominante, que ce soit pour Microsoft dont le système d’exploitation est présent sur 90% des PCs du marché, ou Apple dont la plateforme est fermée dont le système d’exploitation est livré sur 100% de ses propres machines. Ensuite Microsoft réalise une marge de 87% (! !) sur chaque copie de son système d’exploitation vendu (source : Wikipoedia).
On le voit, le vrai problème ici n’est pas de savoir si Linux et mieux que Windows ou inversement, mais le fait que les lois antitrust ne jouent pas leur rôle et/ou ne sont pas appliquées correctement.
Enfin, la dernière fois que j’ai installé Linux sur mon poste de travail, il m’a fallu recompiler le noyau du système d’exploitation et le pilote de ma carte graphique pour pouvoir l’installer. Bilan de l’opération : 2 heures de travail (et de prise de tête) pour faire marcher correctement l’affichage !
Même si de grands progrès ont été réalisés ces 4 dernières années, Linux a encore du chemin à faire pour aller au grand public, et son déploiement ne s’entend à mon sens pour l’instant que dans les entreprises, les administrations ou les serveurs web, ou l’environnement informatique est maîtrisé et où des techniciens sont à disposition.
Même si je suis moi aussi pro-libre, bien que j’administre des serveurs Linux, je travaille au quotidien sous Windows car l’ergonomie est a des années lumières en avant de Linux, ou des initiatives certes louables existent, mais où les efforts sont très dispersés et le chemin a parcourir reste long.
Donc Linux c’est bien, mais ce n’est pas aussi évident que l’auteur de cet article voudrait le laisser penser.
