Commentaire de Nicolas Proix
sur Liban, Pologne oriental ?
Voir l'intégralité des commentaires de cet article
La comparaison Liban-Pologne est intéressante et non dénuée de finesse. Mais elle oublie cependant quelques éléments :
- les partages de la Pologne ont été conclus sans que personne ne puisse intervenir en Occident. En tout cas dans les partages de 1772-1795 . Aujourd’hui, il serait gravement illusoire de croire qu’aucun pays ne peut s’interposer entre la Syrie et le Liban. A commencer tout simplement par l’ONU. Mais celle-ci est-elle vraiment libre de ses moyens ?
- La Pologne avait, au XVIII° siècle, suscité des siècles de rancoeurs chez les peuples qu’elle opressait (notamment Ruthènes, Lituaniens, Juifs et même Russes). Les Libanais n’ont jamais eu la moindre prétention hégémonique.
- La Pologne de 1939 était dirigée de manière assez autoritaire depuis la disparition de Pilsudski, seul élément capable de modérer un régime en risque de basculer vers le populisme. Le Liban, a contrario, a représenté depuis des décennies le régime le plus démocratique du Proche-Orient.
- La Pologne n’a jamais, du moins jusqu’en 1945, été un symbole d’une cohabitation paisible entre communautés. Sans même parler des Juifs, la relation avec les uniates à l’Est ou les Allemands protestants à l’Ouest n’était pas évidente. Alors que le Liban a été longtemps un symbole de bon voisinage entre sunnites, druzes, maronites, catholiques et autres.
Tout cela, avant que Syriens et Israëliens (mais soutenus par qui ? D’un côté comme de l’autre ?) mettent à feu et à sang cette cohabitation, et se mêlent de la politique intérieure de leur petit voisin. Chez qui ils feraient bien de prendre des leçons de pacifisme . Voire de démocratie.
Alors mourir pour Dantzig ? Mourir pour Beyrouth ?
De toute façon, je préfère Gdansk à Dantzig ; et je préfère vivre et choisir la paix à la guerre larvée qu’on veut imposer au Liban.
