Commentaire de Tristan Valmour
sur Le chèque scolaire
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Bonsoir
Je suis absolument et irrévocablement contre tout monopole, y compris celui de l’Etat, y compris en matière d’Education.
Ceci étant posé, votre article se base sur une seule source, effectivement experte, mais juge et partie. Effectivement, je connais James Tooley. Cet homme a un intérêt personnel – il dirige des entreprises dans le secteur de l’Education – à essaimer le chèque éducation. Vous voulez un avis indépendant ? Allez questionner Norberto Bottani. En plus, c’est une taille au dessus.
D’autre part, dans l’un de mes articles, j’ai cité une étude comparative des systèmes éducatifs, avec des propositions pour améliorer l’éducation. Cette étude fut conduite par le meilleur cabinet d’audit international, McKinsey. Il ne va pas dans le sens que vous énoncez. Notamment sur la rémunération des profs. Au contraire, pour ce rapport (et pour tout ce que j’ai pu lire de la part de vrais experts), il faut recruter les profs parmi les meilleurs étudiants, et bien les payer. Ils doivent maîtriser leur discipline, avoir du leadership, savoir communiquer et disposer d’une solide culture générale. Tout le contraire des profs engagés par les écoles low cost de Tooley. Bullshit.
Il prétend que ses écoles obtiennent de meilleurs résultats que les écoles publiques. Selon quels critères ? Quelle méthode d’analyse ? Evaluer, c’est dominer. Quantité d’évaluations sont biaisées.
Vous dites qu’à Milwaukee, les parents sont plus mobilisés parce qu’ils paient directement, et vous en déduisez que c’est un effet du chèque éducation. Erreur. C’est culturel.
Je vais donc vous parler de Singapour que je connais extrêmement bien. Singapour est un petit pays multiculturel avec une forte population chinoise. On l’appelle le hub mondial de l’éducation. Actuellement, toutes les meilleures universités et grandes écoles du monde entier veulent ouvrir des antennes là-bas.
Singapour est un pays très centralisé, comme la France. Les écoles sont essentiellement publiques même s’il existe des écoles privées, très encadrées. Le niveau est excellent, le meilleur au monde, dans le primaire, le secondaire et le supérieur. Quoi que pour le supérieur, il leur manque la créativité. Mais je conseille sans l’ombre d’un doute aux parents de mettre leurs enfants dans les écoles à Singapour.
Figurez-vous que l’école publique ne coûte pas un rond, nada, des prunes ! Et tous les parents sont concernés. Vous savez pourquoi ? C’est culturel. Chez les occidentaux, il n’y a plus le souci du bien commun. Tout ce qui est public est sale, tout le monde se fiche de tout le monde. Là-bas, ce qui est public est respecté. Les gens sont respectés. Entre autres, parce que dans l’enseignement secondaire, on dispense des cours de Social and Emotional Learning. Et il y a plein d’autres trucs très bien au niveau de l’éducation dans ce pays. La France devrait s’en inspirer plutôt que de se pâmer benoîtement devant le modèle finlandais.
Oui, il est tout à fait possible de proposer un modèle éducatif centralisé et étatique sans chèque éducation. Singapour, n°1 au box office l’a fait.
