Commentaire de Paul Villach
sur Que vaut le témoignage d'un ex-collègue de Jérôme Kerviel, toujours en poste à la Société Générale ?
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@ Alpaco
Vous avez très bien compris les fondements de la « leurrologie ». C’est en effet ainsi qu’il convient de nommer l’approche de l’information que je développe : la science des leurres.
La relation d’information est constituée d’illusions et de leurres, structurellement et conjoncturellement.
C’est la raison pour laquelle le mot « mensonge » doit être écarté de cette analyse. Chargé négativement du point de vue moral, il interdit de percevoir la relation d’information comme obéissant d’abord au principe de survie qui dicte la conduite de ses acteurs.
Ce principe que j’énonce - « Nul être sain ne livre volontairement une information susceptible de lui nuire » - et que vous avez très bien compris en remarquant que chaque mot compte - est le même que celui qu’on prête à Churchill : « En temps de guerre, la vérité est si précieuse qu’elle devrait être toujours protégée par un rempart de mensonges ».
Le seul reproche à faire à Churchill est l’emploi « trivial » des mots mensonge et vérité. Le mot leurre, exempt de tout jugement moral, est donc préférable. La preuve ? Un « mensonge », comme dit Churchill, est positif puisqu’il peut préserver une stratégie qui garantit la vie d’une nation.
Nous agissons tous de la même manière y compris par temps de paix : les conflits d’intensité variable entre les hommes ne cessent pas.
Et tant qu’à aller chercher de grands classiques, Kant n’est d’aucun secours pour comprendre la relation d’information. En revanche, Jean de la Fontaine est une mine ! Ses 250 et quelques fables sont un manuel d’apprentissage de l’information, avec quelques lacunes, cependant, comme... le leurre d’appel sexuel ! Il l’a pourtant utilisé dans ses « Contes ». Paul Villach
