Commentaire de Xavier Lainé
sur Dialogue à venir sur deux systèmes du monde
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J’ai donc lu attentivement votre article, fort interressant car abordant avec profondeur la difficulté aujourd’hui à élaborer une épistémologie scientifique qui soit en mesure de s’ouvrir sur un nouvel humanisme.
Bien sûr l’état actuel, sinon que les inquisiteurs ont changé de camp, nous renvoie à ces dialogues des deux mondes qui ont valu en leur temps, le procès de Galilée. Bien sûr on peut toujours réduire la pensée à un affrontement entre l’ancien et la nouveau. On peut aussi opposer la physique et la métaphysique, les mécanistes et les biologistes...
Or, il me semble passionnant d’observer que ce qui se trame au contraire aujourd’hui, c’est une conception autre qui ouvre sur une nouvelle dimension de l’humanisme. Cette ouverture date déjà de presque cinquante ans avec l’apparition de la systémique et des théories de la complexité.
Cette ouverture, à laquelle peu de médias font référence, me semble porteuse de l’espoir de sortir enfin des dilemnes du passé, créant l’occasion d’une nouvelle intelligence des faits avérés, comme de ceux aujourd’hui encore incompréhensibles.
C’est en même temps l’occasion de quitter un mode de pensée strictement linéaire qui nous enfonce dans un morcellment mortel de nos analyses.
Regarder les choses , le mouvement des sciences et de la pensée sous le projecteur de la systémique et de la complexité permet de prendre du recul, de ne rien cataloguer, donc de ne rien condamner à priori, pour, au contraire, se nourrir avec avidité de toutes les recherches tant scientifiques, qu’épistémologiques.
Il ne s’agit pas d’opposer deux conceptions du monde, mais bien de conjuguer les approches pour aller plus loin dans les hypothèses.
Nous ouvrir à une telle dimension de la pensée nous permet de quitter nos spécialisations pour aller vers une connaissance ouverte à toutes les expérimentations. C’est aussi une occasion de quitter les miasmes imposées par la puissance inquisitoriale et s’ouvrir à une nouvel enthousiasme.
Il ne s’agit plus alors d’opposer la physique et la métaphysique, mais bien d’observer comment l’une peut nourrir l’autre dans un dialogue qui ne soit pas un dialogue de sourds.
C’est aussi l’occasion de reconnaître une certaine transversalité de la pensée, le droit d’emprunter des chemins de traverse, la possibilité enfin de ne pas se conformer aux seuls dogmes académiques pour se laisser emporter dans une poétique de la recherche qui ne soit pas assujettie aux seuls critères marchands en vogue.
Votre article donc me semble bien pessimiste en appelant à cette éternelle querelle, quand tout nous indique que nous aurions enfin l’opportunité d’en sortir, de renouer les rencontres et les ponts capables d’alimenter les humanités dont le siècle peut avoir besoin.
