Commentaire de Emile Mourey
sur La localisation de Bibracte toujours au point mort
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@ Antenor
Il faut revenir au bon sens paysan. Il est bien évident que les poutres insérées dans le soi disant rempart reconstitué par les archéologues du mont Beuvray sont condamnées à pourrir si cela n’est pas déjà fait. Il n’est pas nécessaire de sortir de Saint-Cyr pour comprendre cela.
Il faut revenir au bon sens paysan et oublier les traductions du Gaffiot. Il existe deux sortes de retranchement : celui qu’on construit dans l’urgence et qui n’est pas prévu pour durer et celui qu’on élève pour protéger durablement. Dans mon interprétation du texte césarien d’ Alésia, ce premier type de retranchement comporte, en façade le vallum et derrière, l’agger. Ce vallum, c’est le fossé et probablement aussi le devant, un devant le plus vertical possible depuis le fond du fossé. Il est constitué soit de pierres, soit de mottes de gazon. Derrière, l’agger ne peut être que du tout-venant. Quand en fin d’étape, les légions s’entourent d’un vallum, il faut comprendre que cela ne se limite qu’à un fossé dont on rejette la terre du côté du camp pour faire une butte que l’on surmonte parfois d’une palissade sommaire. Quand, au siège de Bourges, César élève un agger de presque 24 mètres de haut, il faut comprendre que c’est une rampe d’accès constituée d’un tout venant de branches de toute sorte maintenues dans un assemblage lié, ce qui explique que les Gaulois ont pu l’incendier. En ce qui concerne le deuxième type , beaucoup plus soigné, destiné notamment à être l’enceinte d’une capitale, ce ne peut être qu’un rempart à la grecque, c’est-à-dire en pierres cimentées au mortier de chaux. Un des types de mur décrit par Vitruve est constitué de deux parois de pierres en façade, à l’intérieur desquelles on entasse un tout venant de pierraille et de terre. C’est ce type de construction qui existait encore pour construire les châteaux du XVII ème siècle. A Avaricum, c’est ce type de construction que les Gaulois ont construit mais en le renforçant en façade par des longues poutres en bois horizontalement continues et séparées par des intervalles réguliers. C’est ce que César décrit sous le nom de murus gallicus.
Au mont Beuvray, la construction des grandes enceintes appartient au premier type : construction dans l’urgence et sans souci de durabilité, ce qui va dans le sens de mon interprétation : arrivée des Germains sur le site dans le contexte d’une opération militaire du type coup de main. Les véritables remparts de Bibracte, il faut les localiser à Mont-Saint-Vincent, et ceux de Gergovie, au Crest.
Briga désigne un pont. Le terme se retrouve en anglais et aussi en allemand.
