Commentaire de Mirèio
sur Zidane, Noah, etc., hélas !


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Mirèio (---.---.112.145) 4 janvier 2007 21:02

Cher M. Bilger,

De quoi vous étonnez-vous ? Le monde politique a fait de l’argent la valeur positive de ce début de siècle. Régardez les programmes de TV, les inaugurations, les réunions de « personnes importantes », le lobbying... Tout tourne autour de l’argent.

Aussi, malheureusement, pour nombre de jeunes, l’argent est devenu la valeur positive suprême qu’a pû être, par exemple, la Croix pour les militants du christianisme primitif. Monstrueux, mais vrai et imputable à ceux que vous semblez défendre.

Et, tel un Constantin à qui une apparition montre la Croix avec l’annonce « In hoc signo vinces » (avec ce signe, tu vaincras) d’après les récits latinisés, le jeune (ou moins jeune) français de 2006-2007 voit l’image de l’argent dans les apparitions télévisées, largement cautionnées par le monde politique et par des vedettes que ce dernier a aidé à promouvoir, et entend en somme la même annonce que Constantin jadis.

Ces vedettes populaires ne sont pas seulement « sympathiques » : elles constituent aussi le « modèle » de la société actuelle. Des gens qui ont gagné beaucoup d’argent, théoriquement avec leur travail et leur débrouillardise. Le jeune ne s’arrêtera pas, en général, à la question de savoir s’il ne s’agit pas de mirages fabriqués par le système. Il ne sait pas très bien, non plus, dans la plupart des cas, ce qu’est l’OLIGARCHIE, le GRAND CAPITAL, car personne ne lui en parle. Mais il constatera, en tout cas tel qu’on le lui montre, que ces vedettes gagnent plus que les politiques que, de toute façon, il n’apprécie guère.

La voie de l’argent, tel qu’il est divinisé de nos jours, conduit donc à l’adoration de ces vedettes qui « passent devant » des politiques dont la population ne reçoit que des coups de pied du haut de leur cheval. Qu’y a-t-il de si étonnant ?

« Poderoso caballero es Don Dinero », écrivait au début du XVII siècle le poète castillan Fernando de Quevedo. Mais quand Sire Argent devient un dieu...

Dans Mirèio, Mistral écrivait que les « félibres » chantaient pour les bergers et les « gens des mas ». Ils furent sans doute parmi les derniers.


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