Commentaire de easy
sur Le paradoxe de la laïcité comme fondement de l'état
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En gros, je veux bien qu’on s’efforce d’aller vers la laïcité, ne serait-ce que dans la sémantique des discours politiques.
Mais ça sera forcément laborieux par notre langue n’est pas que latine, pas que grecque, pas qu’arabe, pas que normande, pas que germaine, de par ses racines ; elle est aussi religieuse, elle est aussi bourré de métaphysique, de croyances et de superstitions, par ses formes, ses expressions, sa rhétorique,
« Bonne mère ! » c’est quoi sinon une référence à Marie ?
« Aide-toi et le ciel t’aidera » c’est quoi sinon une référence à Dieu. Quand bien même on ne prononcerait plus cette expression explicitement, sa valeur, son sens, son concept transpirerait encore longtemps à travers ce que nous nous disons les uns les autres.
Comment un politique laïque doit-il nommer l’église Saint-Sulpice alors qu’il est censé ne pas croire aux saints ou en tous cas ne pas en perpétuer le concept ?
Et Jeanne D’arc, on en fait quoi avec ses voix ? Une schizophrène ?
Par ailleurs, je me demande si ce n’est pas en combattant le diable qu’on le fait exister. Je me demande si ce n’est en combattant activement le racisme ou la discrimination, par exemple à la manière de SOS racisme, qu’on maintient en vie tous les concepts racistes.
Enfin et surtout, je suis convaincu que l’homme a besoin de mystères. Que dénigrer systématiquement le mystique le pousse vers le matérialisme et vers l’égoïsme.
Je crois aussi que notre réflexe laïciste traduit notre incapacité à contrer proprement l’argumentaire des Eglises millénaires er ringardes d’autant. Nous devrions entreprendre un réexamen, une refonte complète des Livres mais conserver le principe d’une très haute parole paternelle qui nous dépasse.
