Commentaire de eric
sur Que maudite soit la guerre !
Voir l'intégralité des commentaires de cet article
Nauséabond ! Ce texte réussi l’exploit d’évoquer autant de fois la nom de Sarkozy que la mémoire des fusillés pour l’exemple. Belle instrumentalisation. Ce n’est pas le plus grave. Par son relativisme éthique, il appartient à la littérature qui justifie toutes les guerres.
Il n’y a pas de guerre justes. Il y a des guerres que l’on se résout à entreprendre la mort dans l’âme avec le pré-sentiment que s’abstenir aurait des conséquences plus grave que de les mener et toujours avec le risque de se tromper
C’est en gros comme cela que les théologiens du 12ème siècle ont tenté d’apporter une réponse au défi conceptuel que constituait la théorie de la guerre sainte musulmane. La guerre est toujours mauvaise, mais parfois il faut s’y résoudre.
Votre conception est plus proche des seconds. Il y aurait de bonne guerres. « Libération nationale », « antifascisme ».
Dés lors il serait bon de les faire. Et comme on est pas d’accord sur ce qui est juste....
Je me souviens du Pasteur Jacques Martin, objecteur avant la guerre ( quand c’était vraiment risqué), résistant pendant, qui me disait qu’a aucun moment, il n’avait eu l’impression d’être « juste ». Il essayait seulement de faire ce qu’il semblait devoir faire, sans jamais cesser d’avoir des problèmes de conscience.
Avec votre approche qu’est ce qu’on dit ?
Quand nous aidions les Tchadiens contre l’impérialisme libyen dans le nord, c’était juste. Quand on fait cesser les bombardement de populations civile à Bengazy c’était injuste ?
Parfois, on se dit que « il faut y aller ». Et dans les conflits genre guerre civile ou ethnique, soit on laisse le plus fort gagner très vite, soit on l’arrête rapidement, soit cela dégénère en guerre civile meurtrière et « durable » voir Liban et Yougoslavie. Dans ce dernier pays, on l’a joué pacifisme 15 ans pour finir par bombarder quand même. Personne ne sait vraiment si on bien fait ou pas, en attendant, maintenant il y a la paix.
Quand dans le choc de deux impérialismes au Vietnam, le vietmin massacrait pour l’exemple, les anti, les tièdes les indifférents, les militants, les divergents idéologiquement, leurs amis et leurs proches, ou simplement n’importe qui pour maintenir la discipline par la terreur, c’était quoi ?
Quand André Marty se gagnait le surnom de boucher d’Albacetes et massacrait les brigadistes fatigués à la prison de Castedefels c’était quoi ?
Quand Trotsky met en œuvre une discipline de fer en fusillant tous les hésitant, c’est de la guerre civile, de la guerre de libération de l’anti fascisme, de la guerre juste ?
Pourquoi pas célébrer la mémoire des quelques millions de russes qui ayant tâté des deux systèmes, on choisit l’armée allemande et se sont battus jusqu’à la mort et au suicide quand on leur a fait miroiter la promesse de les renvoyer chez eux ?
La mémoire de Pétain qui su mettre fin à la « barbarie » guerrière, pendant que de Gaulle s’obstinait à faire tuer des français alors qu’on aurait pu attendre bien tranquillement que les alliés fassent le boulot, donnant un bel exemple de pacifisme ( voir Jospin père) ?
« rendre justice à ceux qui ont dit non à la barbarie guerrière » Quel manichéisme ! 36% des jeunes de 19 à 22 ans sont morts dans cette inutile boucherie avec la conviction profonde qu’il se battaient contre une « barbarie guerrière » et pour la « survie de leur nation ». Il nous est facile aujourd’hui de les juger. Comme il est facile de coller des étiquettes contemporaines sur les fusillés pour l’exemple en vue d’intérêts aussi politiciens que contemporains. Ainsi, parmi eux, il en fût qui partageaient le sentiment des autres, mais considéraient que la méthode était mauvaise : d’accord pour battre Allemagne, mais pas par des « vagues humaines contre des mitrailleuses ».
Vous cherchez rétrospectivement à coller des « bons points » sur certains morts, ce qui revient à en donner de mauvais aux autres.
Facile, mais pourquoi pas.
Il y eut parmi les fusillés pour l’exemple des gens qui sont mort pour leurs idées. Parmi les 1,4 millions d’autre aussi. Vu d’aujourd’hui, cela devrait plutôt inciter au silence et au retour sur soi même. le fait que nos grand parents, qui étaient sensiblement des gens comme nous, aient pu en arriver là devrait plutôt être une incitation à nous poser des questions sur nous même.
Maintenant, du point de vue de l’État, faisons de la science fiction. Demain, nous décidons de ne pas payer nos « dettes odieuses » et une grande puissance à qui nous devons de l’argent décide de nous faire payer de force, ou une « petite puissance colonisatrice » décide que pour des territoires occupé, finalement, une solution finale aurait bien des avantages.L’ État français décide d’intervenir. La moitié des combattant décide que vu qu’en 14 le dit État a considéré que mourir en obéissant ou en désobéissant revenait au même, ce n’est peut être pas vraiment la peine de se fatiguer. Qu’est ce qu’on fait ?
Bien sur qu’il faut se poser des questions. L’armée française apprend à ses officiers à le faire. http://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/39-40-et-saint-cyr-jugements-74776. Elle leur apprend aussi à être prêt à en payer le prix.
Il n’est même pas besoin d’une visite à Verdun pour être rempli de compassion pour les fusillés pour l’exemple, qu’elles qu’aient été leurs motivations profondes.
Maintenant, dans une république démocratique, la justice, ce n’est pas un vague sentiment éthique, c’est le respect de la loi républicaine.
En ce sens, il serait antidémocratique de prétendre à une « injustice » en ce qui les concerne.
