Commentaire de Éric Guéguen
sur Les dindons de la farce : Barack Obama et la peine de mort aux USA


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Éric Guéguen Éric Guéguen 25 novembre 2012 18:55

Victor Hugo (et ses délires extatiques autour de tables tournantes) ne fait pas partie de mon Panthéon, je lui préfère Balzac ou Flaubert, beaucoup plus fins et attentifs à la bêtise humaine. Avec Hugo, l’on tombe systématiquement dans le pathos. Mais, bien évidemment, décider de la mort d’un homme ne se fait pas à la légère. C’est la raison pour laquelle je puis avancer que, en tant que partisan d’un retour à la peine de mort, je me remets bien plus souvent en question que nombre d’abolitionnistes attachés au progrès par principe. Je n’ai pas pour habitude de prendre parti sans avoir décortiqué au mieux les tenants et aboutissants d’une affaire.

Vous ne souscrivez pas au parallèle que j’opère entre l’individu que l’État envoie, contraint et forcé, au casse-pipe et la violence légitime exercée à l’encontre d’un ignoble criminel ? Le rapprochement me semble pourtant aisé : dans un cas comme dans l’autre, le tout passe avant les parties, le sort d’une nation avant celui de l’un de ses ressortissants. M’est avis, d’ailleurs, que la vie prise à un criminel devrait posait moins de problèmes que le fait de demander à un innocent le sacrifice de la sienne. Quant aux scrupules des amoureux de la vie lorsqu’il s’agit de celle d’un criminel, je trouve pour le moins étonnant qu’ils n’en aient pas une once eu égard à celle d’un fœtus, mais bon, vous bottez en touche à ce sujet et je respecte ce geste.

Par ailleurs, à vous lire, on a l’impression qu’un criminel n’est jamais responsable de rien, que c’est la société qui exerce nécessairement une violence symbolique sur lui ; ainsi parvenez-vous à faire de l’être humain une simple enveloppe que remplirait aussi bien Gandhi que Staline. Permettez-moi de dire qu’à mes yeux l’homme est autre chose que le bipède de chair et d’os sur lequel se posent nos yeux. Certains de ces bipèdes, eu égard à leurs actes, ne font pas partie - j’ose le dire - de l’humanité digne, pas davantage qu’un animal ou qu’une huitre. Bien entendu, le fait qu’un être humain puisse dégénérer à ce point est en soi inquiétant et pose problèmes... bien plus que de savoir s’il mérite ou non la mort.

Enfin, ultime question de ma part (car je sais que vous n’aimez pas cela). Savez-vous qu’il y a aux USA, ce pays de cow-boys attardés, une littérature pro et une littérature anti peine de mort ? Bien sûr, nous ne vivons pas, quant à nous, dans un État fédéral, mais... trouvez-vous normal - voire sain - qu’il n’y ait, en France, jamais le moindre livre pro peine de mort, lors même qu’un Français sur deux (au bas mot) est favorable à son retour ? Comment expliqueriez-vous cela et, honnêtement, est-ce... dé-mo-cra-tique ??? smiley

Sur ce, bonne fin de week-end. J’espère au moins, humblement, vous avoir convaincu que l’on peut être partisan du recours à la peine capitale et être doté quand même d’un cerveau, fût-il plus étriqué que celui d’un officiant des Droits de l’Homme. Heureux que le net permette encore aux gens qui pensent comme moi de s’exprimer librement à ce sujet.

PS : je vous conseille un film pour finir : Le droit de tuer, de Schumacher. Mais j’ai beaucoup aimé aussi La vie de David Gale et La dernière marche, inutile de me les conseiller en retour.

EG


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